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Sin Episode 1: Emergence

Niko par Niko,  email  @nik0tine  
Lorsqu'on lance Sin Episode 1: Emergence pour la première fois, on est un peu surpris par le thème principal chanté. Un pompage sans subtilité de The World is not enough de Garbage, bande originale du James Bond éponyme. Un titre pas désagréable, mais avec un fort air de déjà entendu ; une musique de circonstance.

Le jeu commence alors que Blade, le héros, reprend graduellement conscience sur une table d'opération, une mystérieuse substance dans les veines injectée par Elexis Sinclaire et son complice Viktor Radek. Libéré in extremis par notre équipière avant de subir les derniers outrages, nous voilà parti dessouder du méchant pour tenter d'arrêter les deux compères et obtenir le précieux antidote au mal qui nous ronge. Une fois posé ce simili-scénario digne des pires James Bond pendant l'intro du jeu, l'intrigue n'avancera plus d'un iota pendant les quatre à cinq heures que durera ce premier épisode.


Blade, chasseur de vamp


Voilà donc l'ami Blade lâché dans un complexe portuaire, une astuce de level designer pour nous coller à la fois des entrepôts, des bureaux désaffectés, des caisses en bois et des bidons qui explosent, tous les poncifs du FPS s'il en est. Pas franchement laid, le jeu n'a rien de très impressionnant graphiquement, et on sent que les artistes n'ont pas le niveau de maîtrise de Valve sur le moteur Source. On avance donc à bonne allure dans les couloirs des bâtiments et les extérieurs confinés, en dépassant sans regret les multiples portes que l'on croise : elles ne s'ouvriront pas. Emergence est un jeu-couloir, il n'y a qu'un seul chemin, parfaitement évident. Cérébralement très reposant.

Autant le dire tout de suite, ce ne sont pas les ennemis qui affoleront vos neurones : l'intelligence artificielle se résume ici au minimum syndical du moi-vois moi-tue, parfois agrémenté d'un jet de grenade pour vous débusquer - la seule initiative contextuelle dont l'IA fera preuve. Quand les hommes en jaune arriveront à vous surprendre, ce sera par leurs lieux de spawn complètement improbables : certains débarqueront des faux-plafonds, tandis que d'autres surgiront en rappel des bouches d'aération. C'est un peu n'importe quoi, mais c'est probablement la seule chose qui, bon an mal an, tient le joueur en haleine : des vagues d'ennemis continues, à occire avec les trois armes disponibles. Trois armes un brin décevantes : un pistolet format agrafeuse de bureau, précis mais un peu mou, un fusil à pompe à la précision des plus douteuses, et un fusil d'assaut qui arrivera bien tard pour une puissance de feu bien insuffisante.


Shoot assisté par ordinateur


Comme Ritual aime à le rappeler, Sin Episode 1: Emergence est doté d'un système d'ajustement automatique de la difficulté, qui l'adapte à l'habileté du joueur. En pratique, la chose agit comme un marchepied lorsqu'un obstacle est difficile à franchir : si le joueur meurt plusieurs fois à un endroit donné, elle remplace les gros bills par des ennemis plus faibles, moins bien équipés, visant moins bien. A l'inverse, vous risquez fort de vous retrouver devant des mitrailleuses lourdes si le système estime que vous vous baladez trop facilement dans les niveaux. Depuis le dernier patch, la chose fonctionne plutôt bien, mais il faut avouer que le challenge en prend un coup, de même que la satisfaction d'avoir réussi un passage ardu. Il est bien heureusement possible de désactiver le système au début du jeu et de choisir sa difficulté manuellement, mais mieux vaut être sûr de soi : il est alors impossible de modifier le niveau en cours de partie. On se retrouve alors confronté à une autre faiblesse du jeu, l'équilibrage raté : un début trop simple et une fin trop difficile, comme si arrivé au trois quart du jeu Ritual s'était rendu compte que son titre serait trop court.

Quoi qu'il en soit, une fois habitué à la maniabilité un peu étrange de Blade (notre avatar ne marche pas, il glisse), on prend quelque plaisir à foncer dans le tas en tentant d'aligner le plus de headshots possibles (les seuls dégâts localisés gérés par le jeu, les vétérans de Sin en pleurent encore), avant de revenir au stade de l'ennui profond qu'inspire un level design vraiment trop monotone, trop déjà vu, trop sans intérêt.

Entièrement autofinancé par Ritual, distribué en ligne sous Steam, suite d'une licence surtout connue par les hardcore gamers, Sin Episode 1 disposait probablement d'une marge de manœuvre supérieure aux productions sortant à l'heure actuelle. Il est triste de constater que le développeur n'a pas du tout profité de cette liberté de mouvement, et nous sert ici un jeu formaté, sans surprise, déjà vu. Emergence n'est pas mauvais, il est juste mortellement ennuyeux. A 5 euros de l'heure, on ne peut pas le conseiller.

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