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TEST

Paper Mario : The Origami King, ou de l’intérêt d’un test avec 85 jours de retard

Rozzo par Rozzo,  email
Développeur / Editeur : Nintendo Intelligent Systems
Support : Switch
Et voilà, je suis dedans. Après avoir lutté de toutes mes forces et de toute mon âme, j’ai chancelé face au Factor-Time, cette saleté de monstre spatio-temporel à l’entropie inversée quantiquement, aussi incompréhensible que Tenet, et pourtant diablement efficace lorsqu’il s’agit de rendre tout ce qu’on fait à la bourre. Du coup, on s’active pour sortir enfin notre papier alors que la seule chose dont on a envie, c’est continuer à mourir sur Spelunky 2 ou Hades.
Que voulez-vous, parfois, la vie nous amène des choses autrement plus importantes que de tester des jeux vidéo, mais foutrement moins rigolotes aussi. On se réveille, hagard, un soir du 14 octobre, alors que le jeu est sorti le 17 juillet. Frostis me regarde depuis le bureau d’en face, l’air de me dire « Hé mec, on a eu la clé une semaine avant la sortie, fais un effort ». En juillet, je n’avais pas encore de cheveux blancs et BGE : 2 était encore un naufrage silencieux. On ne connaissait pas le prix des consoles et les bars étaient ouverts dans Paris. C’est dommage, parce que maintenant tout ce qu’on va raconter de Paper Mario n’intéressera plus grand monde, et pourtant, il y en a des choses à dire. 

L’Univers (de la) Presse Papier

Cela faisait déjà quelque temps qu’on n’avait plus aperçu notre moustachu à casquette préféré dans sa version recto verso papier glacé. Le dernier opus, Color Splash, rentre dans la longue liste de ces jeux ignorés, car sortis sur une Wii U dont même Nintendo semble vouloir gommer l’existence. Les opus sortis sur consoles portables, quoique très sympathiques, témoignaient d’une série qui, malgré d’évidentes qualités, souffrait d’une stagnation confortable, mais peu enthousiasmante. 

Sous ses plis et sa mouture papier kraft, on pensait, chemises cartonnées que nous sommes, retrouver dans ce nouvel épisode un nouveau Mario imprimé d’une dimension jeu de rôle. Et au début, le jeu semble même y croire lui-même. 



Comme d’habitude, tout se passe pour le mieux (jusqu’à ce que ça parte en sucette) : Mario et Luigi se rendent à toute blinde, les limitations à 30 étant encore à l’essai là-bas au Royaume Champignon, vers le château de « la princesse à coup de hanches dévastatrices sur smash ». Quelle ne fut pas la surprise de nos héros que de retrouver une ville vide, et un château désert ! Lorsque Peach apparaît, c’est en relief, avec des yeux rouges : elle semble être devenue une vilaine « Origareine ». S’ensuit une fuite du château alors que de gigantesques rubans-tapis en papier Canson se jettent et enroulent les lieux importants du Royaume comme autant de Christos & Jeanne-Claude en puissance. 

Jeu Nintendo oblige, les premiers instants du jeu sont assez... contemplatifs. À l’heure des titres qui ne jurent que par la prise en main immédiate et l’apprentissage empirique, se retrouver guidé toutes les trente secondes par Olivia, notre bonne étoile et notre guide, a de quoi rebuter. Mais soit, après tout, une partie du public du jeu reste nos chères têtes blondes. 

Beau comme un napperon

S’il y a bien un territoire sur lequel le titre est difficilement attaquable, c’est sur le terrain de la technique. Non sans rappeler un certain Tearaway de Media Molecule (jouez-y !), le jeu aligne des couleurs chatoyantes et des effets visuels charmeurs. L’immersion dans cet univers fait de papier plat et d’origami se fait sans le moindre mauvais pli.



Sans parler juste de la technique, c’est toute la direction artistique qui est un ravissement et une surprise permanente. En jouant sur les échelles et en imposant une grande variété dans les environnements, Origami King prouve que chez Intelligent Systems, on sait faire du pliage et du collage. Les confettis pètent dans tous les sens, et souvent, le sentiment d’être embarqué dans une fanfare nous prend et on aurait presque envie de sortir les trompettes et les serpentins en entamant un « Road To Nowhere » bien raccord avec l’histoire et avec notre époque.

Là où le titre surprend, c’est dans sa propension à faire sourire, allant parfois jusqu’à provoquer un rire franc. Si la narration reste dans les grands classiques du canon Plombierougien, les dialogues entre Mario et les habitants du Royaume sont très bien écrits, avec plein de références cachées. On y reviendra. 

Dart'Agnan

Si sa direction artistique, sa technique et son écriture vont mettre même nos lecteurs les plus aigris d’accord, c’est au niveau du gameplay que le clivage semble inévitable. 

En voyant les bandes-annonces et autres Nintendo Directs, on s’attendait à un Mario avec une dimension RPG, le tout dans un système de combat ressemblant grosso modo à une cible de fléchettes. 

Et en un sens, c’est le jeu. Tout est affaire d’équilibre : la dimension logique et énigme prend très largement le pas sur la composante tactique, jeu de rôle au tour par tour. Ici, pas de prise de niveau, pas de statistiques à gérer. L’équipement n’a d’équipement que le nom et fait office de bonus qui finiront par se briser. Dans Origami King, ce sont vous, et vos méninges qui permettront de triompher du mal, et (presque) rien d’autre. 



Chaque affrontement se déroule selon une série de rounds divisés en différentes phases. 
On arrive dans l’arène, nos ennemis sont déjà placés sur l’échiquier circulaire. En deux temps, trois mouvements, ils se séparent. C’est ensuite à nous, joueurs, de manipuler ou bien les différents cercles de la cible de fléchette, ou bien les différentes colonnes pour placer les ennemis d’une manière efficace. Histoire de mettre la pression, un timer se déroule, et le nombres d’actions sur l’échiquier est limité. 
Une fois nos adversaires replacés, on choisi dans quel ordre les attaquer, et Paper Mario oblige, on doit appuyer au bon moment quand on saute sur eux pour faire plus de dégâts. 

Ensuite, s’ils ne sont pas déjà morts, les ennemis nous attaquent. Puis ils se dispersent à nouveau, on les replace, etc. 

C’est là que l’exercice du test devient complexe pour votre serviteur. Si je trouve que le concept des combats est intéressant et son exécution bien foutue, je n’accroche pas. Je ne ressens pas de plaisir dans leur déroulement, la logique m’embrouille et en toute honnêteté, je suis vraiment nul. Ce qui m’amène dans une situation un peu ambiguë que l’on pourrait donc résumer simplement par : « Ils sont bien, mais je n’aime pas et peut-être que je ne suis pas le seul ». 

Et c’est dommage pour moi, puisque malgré cette composante ô combien essentielle, tout le reste de l’œuvre enchante. Le voyage dans ce Royaume Champignon-Carton-Pâte est très agréable. Mieux, à la manière des noix Korogus de Breath Of The Wild, les développeurs ont jonché le jeu de Toads à libérer. Parfois en haut d’un arbre, parfois rebondissant comme des criquets, quelquefois pliés en boule dans une cheminée. Ça a l’air gadget raconté comme ça, mais le fait d’être toujours sur le qui-vive permet au joueur de se concentrer sur ce qui se passe à l’écran et les dénicher donne des petits pics de satisfaction réguliers. La cerise sur le gâteau étant les remarques rigolotes qu’ils vont formuler à chaque fois qu’on les trouve. On aimerait voir ce genre de mécaniques plus souvent.

Paper Mario : The Origami King est un titre particulier. Son système de combat et sa dimension RPG réellement infime risquent d’en rebuter plus d’un. C’est dommage, parce que ses qualités sont ailleurs : son écriture est au top, l’aventure est prenante et la direction artistique vraiment chouette.
Sur ce, on va tranquillement refermer cette brèche ouverte sur le Factor-Time et on va mettre les bouchées doubles. 
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