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Crysis 2

Zaza le Nounours par Zaza le Nounours,  email  @ZazaLeNounours
Il y a un peu plus de trois ans, Crytek nous offrait Crysis, un titre qui, aussi incroyable que ça puisse paraitre, reste encore aujourd'hui le benchmark ultime, celui que l'on lance en premier lorsque l'on s'offre un nouveau PC pour voir ce que celui-ci a dans le ventre. Accessoirement, c'était aussi un très bon FPS. Après un Crysis: Warhead assez dispensable, Crytek nous revient aujourd'hui avec le véritable Crysis 2, qui pour la première fois va s'aventurer également sur les terres des consoles de salon.

Le scénario de Crysis 2 prolonge comme il se doit celui des précédents épisodes. Les vilains aliens réveillés dans Crysis premier du nom semblent bien décidés à raser New-York et à transformer ses habitants en mélasse rosâtre, et le personnage incarné par le joueur, un Marine surnommé Alcatraz, est envoyé avec ses compagnons bidasses faire le ménage. Bien évidemment, tout foire dans les grandes lignes dès les premières secondes, le sous-marin dans lequel se trouve l'escouade coule, Alcatraz parvient tant bien que mal à rejoindre la terre ferme et se fait ramasser par Prophet, l'un des super-soldats en nano-armure moulante du premier jeu. Celui-ci est au bout du rouleau, file son joli costume à Alcatraz et se colle un balle dans la tête. Une fois notre avatar revenu à lui, il va devoir combattre les aliens mais également les soldats du CELL, qui veulent lui faire la peau sans trop que l'on sache pourquoi, tout en suivant les indications de Nathan Gould, un savant qui connaissait Prophet et pense savoir comment enrayer la menace extra-terrestre.

Ce scénario, assez classique mais toujours plus sympa que le "toi, soldat de l'Oncle Sam, va dégommer les Communistes Chinois enturbannés pour défendre le Monde Libre" dont on nous gave depuis des années, est malheureusement gâché par une narration complètement tordue et des retournements de situation incessants ("Je suis un gentil ! Non, en fait je suis un méchant ! Et puis je suis avec la CIA ! Mais je suis déjà mort ! Alors qu'en fait j'étais vivant ! Et puis je suis un NINJA !"). En plus, sans qu'on sache trop pourquoi, Crytek a décidé de nous faire incarner un héros qui ne décrochera pas un mot durant tout le jeu, alors que les personnages de leurs précédents jeux l'ouvraient quand il fallait. On se sent du coup complètement détaché de cette histoire d'invasion extra-terrestre qui aurait pu être plutôt chouette si elle avait été correctement mise en scène. Mais à la limite, on ne s'en formalisera pas outre mesure puisqu'il s'agit d'un FPS et qu'on est là pour mettre des gens dans un viseur et les faire passer de vie à trépas.

De ce côté-là, il y a du plutôt réussi et du franchement raté. Les armes sont assez nombreuses et variées, et certaines sont même plutôt originales : pistolets, mitrailleuses lourdes ou légères, fusil à pompe, fusil de snipe, lance-roquettes, lance-grenade, mais également des armes plus expérimentales comme celles lançant de l'électricité. On trouve aussi un petit panel d'explosifs, comme des grenades ou du C4 accompagné de son détonateur. Toutes ces armes ou presque peuvent être customisées à l'aide de différents accessoires : lunettes de visée, lance-grenade, silencieux... Malheureusement, la nano-combinaison étant plutôt chiche pour ce qui est des rangements, vous ne pourrez transporter que deux armes principales, un petit stock d'explosifs et un lance-roquettes. Il faudra donc bien choisir quel équipement avoir sur soi en fonction de la situation, mais rassurez-vous : le jeu le fait de toute façon très bien pour vous en laissant trainer un type d'arme précis là où vous risquez d'en avoir besoin.





La nano-combinaison, apparue dans le premier Crysis, a vu son fonctionnement drastiquement simplifié. Elle ne dispose plus que de deux modes, un mode Armure qui vous rend plus résistant aux tirs et explosions, régénère votre santé plus rapidement et rend votre visée plus stable, et un mode Invisibilité, qui (surprise !) vous rend invisible. Vous disposez aussi d'une nano-vision, qui vous permet de voir dans le noir et de repérer facilement les sources de chaleur (les ennemis, barils explosifs et caisses de munitions). Le super saut est désormais toujours disponible et peut être utilisé n'importe quand, tout comme le sprint, contrairement au premier Crysis où il fallait être respectivement en modes Force et Vitesse. Toutes ces fonctionnalités consomment de l'énergie, qui se vide plus ou moins vite selon votre utilisation. Celle-ci a tendance à descendre assez rapidement mais se régénère encore plus vite, et vous vous retrouvez donc très rarement complètement à poil. Petite nouveauté : l'armure peut désormais être customisée en débloquant des perks en cours de partie, qui vous permettront par exemple de voir plus facilement les tirs ennemis, de consommer moins d'énergie ou de voir celle-ci se régénérer plus rapidement. C'est assez gadget et globalement ça reste bien trop timide pour être véritablement utile et changer radicalement l'expérience de jeu en fonction des choix faits par le joueur comme pouvaient le faire les modifications de Deus Ex, par exemple.

Toujours au rayon des nouveautés, on notera l'arrivée de la glissade, déclenchée en se baissant tout en courant, qui permet d'aller se mettre rapidement à couvert tout en continuant à tirer. Et puisqu'on parle de couvert, le jeu utilise un système assez proche des derniers Killzone afin de palier à l'absence de lean : si vous êtes baissé derrière un élément du décor, en appuyant sur le bouton de visée, vous ferez automatiquement dépasser votre tête au dessus ou sur les côtés de votre protection. Le jeu vous précise quand ceci est possible et malheureusement avec ce genre d'automatisme, si ça marche dans l'ensemble plutôt bien, certains éléments du décor pourtant totalement anodins ne seront pas considérés comme étant des couverts et ne permettront pas d'utiliser ce système.

Mais finalement, tout ça est gaché par un défaut absolument impardonnable, surtout de la part de Crytek : l'IA des ennemis. C'est bien simple, celle-ci est tout simplement lamentable. Ils se mettent certes à couvert, et si les astres sont correctement alignés vous pourrez peut-être même en voir un tenter une manoeuvre de contournement. Mais globalement ce que vous verrez le plus souvent ce sont des adversaires qui ne réagissent pas quand vous dégommez avec une arme à silencieux un de leurs frères d'armes situé à un mètre d'eux, des ennemis qui veulent absolument aller à un endroit parce qu'un quelconque script le leur ordonne alors que vous êtes tranquillement posé à côté d'eux à vous rouler une clope, ou encore d'autres qui ne vous voient tout simplement pas alors que vous vous agitez juste sous leur nez. Entre les bugs et l'abus de scripts ridicules, le plaisir qu'on aurait pu tirer des affrontements se retrouve sacrément amoindri. Il faudra donc ne pas hésiter à jouer en difficulté élevée : les ennemis seront toujours aussi cons, mais au moins vous serez beaucoup plus fragile et devrez donc vous montrer un peu plus mobile et un peu plus précis si vous comptez voir la fin du jeu.





Il reste maintenant à aborder la réalisation de ce Crysis 2. Pour faire simple, on peut dire qu'on est très loin de la claque que mettait (et met encore) le premier à sa sortie. Le jeu est globalement très beau, propose quelques nouveaux effets bien sentis, mais on note quand même quelques régressions vraiment flagrantes, avec notamment des textures pas toujours très fines, ou des visages et des animations beaucoup moins réussis que ceux de Crysis. Crytek a beau ne pas lésiner sur les termes techniques aux noms barbares pour vanter son moteur, on ne sent pas vraiment de véritable prouesse technologique quand on est face au jeu. La contrepartie, c'est que là où Crysis risque encore de donner du fil à retordre à une configuration moderne pour peu que l'on se montre un peu trop gourmand dans les options graphiques, sa suite s'accomode d'une configuration finalement assez modeste.

Crysis 2 présente pourtant de bien belles choses, avec une gestion de la lumière toujours aussi réussie, et des environnements par moments vraiment impressionnants. On notera aussi que les décors ne sont pas figés et on ne compte plus le nombre de routes ou de gratte-ciel qui s'effondrent sous votre nez de bien belle manière. Le jeu a beau se passer uniquement à New York, les environnements traversés parviennent à suffisamment se renouveler pour que l'on n'ait pas l'impression d'arpenter toujours les mêmes rues : égouts, rails de métro, toits et intérieurs d'immeubles, gare, tels seront quelques uns des lieux que vous traverserez. L'ambiance est à chaque fois très travaillée et les petits détails sont nombreux, ce qui donne un cachet véritablement réaliste à ce New York en ruines et en proie à une invasion alien. De ce côté-là, le jeu est vraiment réussi. La bande-son n'est pas en reste : les explosions font boum, les flingues font pan-pan, les voix françaises sont atroces et mal calées avec les mouvements des lèvres dans les cinématiques, et la musique composée par Hans Zimmer finit de donner au jeu un côté super-production Roland Emmerich-Michael Bay.

Malheureusemnt, un autre élément vient une fois de plus tout gâcher : le level design. Le premier Crysis, au moins durant sa première moitié, proposait un environnement ouvert où le joueur pouvait globalement se balader un peu librement et aborder les situations comme bon lui semblait. Tout ça passe à la trappe avec ce Crysis 2 : les niveaux sont tous plus étriqués les uns que les autres, et vous passerez une bonne partie du jeu à arpenter des couloirs ne laissant pas la moindre marge de manoeuvre. Et le terme "couloir" n'est vraiment pas usurpé puisque certains passages se résument à des lignes droites de plusieurs centaines de mètres, où vous avancez sans vous poser de question en canardant des ennemis idiots. Un désastre.





De temps en temps, le jeu vous emmènera dans des sortes d'arènes, un peu plus ouvertes et où vous pourrez choisir en gros de passer par la gauche ou par la droite (ou même, soyons fous, par au dessus). D'ailleurs, si votre petit cerveau embrumé n'avait pas percuté que le couloir s'est subitement élargi, cette foutue nano-combinaison ne manquera pas de vous le rappeler. Ces zones parviennent un peu à rehausser le niveau, mais on est quand même à des kilomètres de Crysis où vous aviez le choix entre foncer dans le tas à pieds ou en jeep, arriver discrètement par la forêt, ou contourner par la mer à la nage ou en bateau. Les véhicules sont d'ailleurs presque complètement absents de cette suite, et vous n'aurez droit en tout et pour tout qu'à un passage ou vous contrôlez un blindé (sour une route en ligne droite) et une ou deux phases de rail shooting perché derrière la tourelle d'un tank.

Il ressort donc de ce Crysis 2 un sentiment de potentiel inexploité à tous les niveaux. On sent bien que Crytek a bridé son jeu, tant au niveau de la réalisation que du gameplay, ce qui se révèle d'autant plus frustrant. Le jeu est beau, mais il aurait pu l'être beaucoup plus. On prend part à un affrontement dans une des plus grandes villes du monde ravagée par les une menace extra-terrestre, mais on ne voit finalement pratiquement rien, coincés que l'on est dans de petits couloirs étriqués. Les combats sont finalement à très petite échelle, et opposent au mieux une petite poignée de Marines à quelques aliens. On n'assite à aucune scène de panique générale comme on pouvait par exemple le voir dans Prototype. Le dernier niveau à Central Park, qui semblait promettre un retour du gameplay et des environnements du premier Crysis pour un final grandiose, n'est finalement qu'un autre joli couloir avec trois arbres qui se battent en duel où l'on doit accomplir un objectif déjà réalisé par deux fois dans la campagne. Frustration, frustration... Il serait évidemment facile de fustiger les consoles comme étant la cause de ce terrible nivellement par le bas, mais comment ne pas faire ce genre de raccourci quand tout le jeu semble avoir été pensé avant tout pour rentrer au chausse-pied dans du hardware vieillissant et s'adapter aux règles du "FPS consoles", abandonnant au passage ce qui faisait sa spécificité dans les épisodes précédents ?

Une fois le solo plié, vous pourrez toujours vous tourner vers le multi, qui propose un classique système d'affrontements avec plusieurs classes de personnages et de gain d'expérience en fonction de vos prestations, assez proche de celui de Call of Duty, en moins riche quand même. La combinaison apporte bien sûr un peu de variété et permet des combats un peu plus dynamiques et aériens, ce qui est toujours bienvenu. En revanche, on pointera du doigt en riant (jaune) le fait qu'il soit possible de cheater sans vergogne en modifiant quelques variables dans un fichier local, ce qui est une sacrée aberration et l'ultime preuve que ce Crysis 2 n'est plus le fer de lance du FPS PC dans toute sa splendeur qu'il aurait dû être, mais un bête portage de plus d'un jeu console.

Gâchis, déception, frustration... Les termes sont forts mais avec un grand frère tel que le sien, qui plaçait la barre si haut en terme de réalisation et proposait un gameplay assez riche et frais, ce sont pourtant les premiers qui viennent à l'esprit en évoquant Crysis 2. Le jeu n'est pas franchement mauvais en soi mais on espérait beaucoup plus de lui et on reste forcément sur notre faim. Ceux qui découvriront la série avec cet opus auront droit à un jeu correct, un peu au dessus de la moyenne et globalement bien réalisé, mais malheureusement plombé par certains défauts vraiment ahurissants, notamment au niveau de l'IA ou du level design très peu inspiré.

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