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The Legend of Zelda: Link's Awakening

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Nintendo Grezzo
Support : Switch
Lorsque je découvre The Legend of Zelda: Link's Awakening sur le chemin des vacances à l'été 1994, c'est le coup de cœur immédiat. Exit Hyrule, la Triforce et la princesse Zelda, cette première tentative d'aventure portable fait la part belle à l'originalité en introduisant un tout nouvel univers insulaire à explorer et de nouveaux mystères à résoudre. Je garde de cet épisode un souvenir impérissable pour des raisons bien personnelles et je ne suis manifestement pas le seul puisque c'est lui qu'a choisi Nintendo lorsqu'il fut temps de sélectionner celui qui aurait droit au ravalement de façade sur Switch. Et en bons contrôleurs des travaux finis que nous sommes, on va de ce pas vérifier si le boulot a été bien fait.
Ganon vaincu, Hyrule est enfin en paix et Link peut désormais reprendre son activité favorite, l'exploration. Le jeune aventurier enfile donc son plus beau costume verdâtre et part à la dérive sur les flots vers des territoires inexplorés à l'aide de son radeau de fortune. Bientôt pris dans une tempête, le héros tombe à l'eau et perd connaissance... pour retrouver ses esprits sur une plage ensoleillée. Accueilli par une étrange jeune fille ressemblant à s'y méprendre à la fameuse princesse, Link découvre qu'il a échoué sur Cocolint, une île mystérieuse avec en son centre une montagne surplombée d'un gigantesque oeuf blanc et rose. Rapidement, il fait la connaissance d'un hibou qui lui confie une mission : aller battre la campagne pour retrouver les 8 instruments de musique, sésames indispensables au réveil du Poisson-Rêve en sommeil sous la coquille, et à l'annihilation des forces du mal qui ont envahi l'atoll. Je me garderai bien de vous dévoiler ici tous les secrets de cette aventure car si vous ne l'avez pas encore fait, vous ne connaissez pas votre chance ! Link's Awakening est tout simplement la plus enchanteresse des histoires de la légende, pleine de personnages inoubliables et de lieux différents à arpenter, sans parler de ses donjons qui tranchent avec le classique temple au design anguleux des précédents opus.

Tal Tal Gem

Quand on y réfléchit bien, c'est assez incroyable de se rendre compte à quel point ce petit projet est passé de "prototype de jeu d'action-aventure sur console portable" à véritable jeu charnière, faisant un lien habile entre la structure intemporelle de A Link to the Past et ce qui serait plus tard le premier épisode en 3D Ocarina of Time. Et malgré cela, Link's Awakening reste l'univers Zelda le plus original et le plus facétieux de la saga, allant jusqu'à piocher dans les autres mondes de la firme japonaise lors de ses séquences de plateforme ou dans une partie de son bestiaire : des mignons Goombas à la peluche Yoshi. Seul l'autre excellent épisode portable Minish Cap, développé conjointement avec Capcom (et qui mériterait lui aussi son remaster !) a essayé d'apporter un grain de folie supplémentaire tout en composant avec le cahier des charges strict imposé par le board de Nintendo. Mais son côté osé ne s'arrête pas là, les donjons par exemple ne se résument pas à des enchaînements de pièces dans un tombeau ou un temple au code couleur différent du précédent. Certains sont plus orientés sur le combat avec des structures de salles originales, d'autres sur l'agilité ou encore les puzzles. Ils prennent place sous l'eau, au coeur d'une montagne ou même dans une immense tour de pierre. De même il ne sera pas rare au détour d'une salle de tomber sur des portes menant à l'extérieur du donjon, pour reprendre une bouffée d'oxygène avant de repartir en vadrouille jusqu'au boss.



Il est aussi à noter que comme avec toutes les régions de l'île, ces challenges ont tous leur identité propre liée au boss qui fait office de gardien de chacun des instruments de musique. Le jeu ose tout, jusqu'à réintroduire les phases de plateforme 2D en vue de côté qui avaient tant fait souffrir les joueurs sur Zelda II. Ici encore, on fait le ménage dans le gameplay, simplifiant le tout pour le rendre au final très agréable (bien que foncièrement anecdotique). C'est fou tout ce qu'on a pu stocker sur une cartouche Game Boy à l'époque ! Le contenu à la disposition du joueur est lui aussi conséquent : en plus des équipements parfaitement accessoires comme le boomerang que l'on peut récupérer si l'on va assez loin dans les interactions avec les PNJs, il y a les coquillages planqués partout qui permettent de gagner des quarts de coeur et autres objets, la possibilité de descendre les rapides en contrebas du Mont Tartare avec plein de bonus à la clé, le fameux système d'échanges avec les habitants de l'île tout au long de l'histoire, l'ocarina et ses mélodies à apprendre, tous les téléporteurs à dénicher sur la carte... Pfiou, ce sont pas moins de 15 heures de jeu qui vous attendent avant de voir le bout du bout du générique de fin. Quoi ? Vous en voulez encore plus ? Le remaster embarque tout le contenu de la version DX sortie en 1998 sur GBC.

Du Palais des Couleurs, avec à la clé deux nouveaux costumes, aux easter eggs musicaux (chut, je ne vous ai rien dit), ce ne sont pas les secrets qui manquent dans cette réédition. Oh, et en lieu et place de la hutte du photographe, on découvre la toute nouvelle cabane d'Igor le tailleur de pierre et designer de donjons, véritable nouveauté de cette mouture 2019. Vu par tous comme un simili-Zelda Maker lors de son annonce, cette fonctionnalité n'est finalement qu'un gadget pas très sérieux bricolé entre deux assets et rajouté à la cartouche pour justifier son prix. À chaque visite de son échoppe, Igor se nourrit de vos précédentes pérégrinations pour proposer des tuiles directement copiée-collées des donjons visités dans un éditeur ma foi dépouillé et tristounet. à partir de là, dans un premier temps, il vous sera demandé de suivre un tutoriel franchement long et beaucoup trop simple : placer une tuile entrée, un boss et des salles aux multiples embranchements pour atteindre les coffres imposés. Une fois ces bases assimilées, l'outil débloque le mode libre qui permet de réaliser ses propres créations en intégrant des soubassements avec des escaliers et tous les pièges déjà rencontrés en jeu, en plus des morceaux de "carrélite" achetés à prix d'or au Village des Mouettes et renfermant certains designs de tuiles uniques.

Le mastre des donjons

D'une part, c'est vraiment très simpliste et limité : les casse-têtes proposées par Igor sont trop limpides, le jeu fait lui-même les liens entre les escaliers et assigne automatiquement la clé du boss au dernier coffre ouvert par le joueur. Mais surtout on se sent à l'étroit dans ce petit éditeur somme toute très rudimentaire où on tourne rapidement en rond, et ce malgré une impressionnante collection de tuiles (une fois le jeu terminé). Enfin, pour enfoncer le clou, il est impossible de partager ses créations autrement qu'une par une en les téléchargeant à la main sur ses Amiibo. Bonjour la galère pour défier ses potes à l'autre bout de la France... Allez, on oublie vite ce raté et on se concentre sur ce que le jeu fait de bien, à savoir son travail de home staging. Le prestataire Grezzo en charge de la refonte a eu la lourde tâche de reprendre le squelette original du jeu sans toucher au design mais en retapant tous les assets. Ils se sont pour cela inspiré du travail fait par HAL Laboratory sur Kirby and the Rainbow Curse. Ainsi, ce Zelda-là a donc un petit look pâte à modeler Play-Doh/Le Manège Enchanté qui n'est pas pour nous déplaire. Le Link nouveau est adorablement dodu et se taille une bouille à nous en faire vomir des arcs-en-ciel. Il en va de même avec tous les protagonistes amis ou ennemis de l'aventure, tous plus charismatiques les uns que les autres (Monique la Lunatique, Wart et son gang de crapauds rappeurs, les lapinous dans le Village des Animaux).



Link's Awakening peut se targuer d'être le plus musical des jeux de la série. Les compositeurs ne devaient évidemment pas se planter et réalisent ici un quasi-sans faute (exception faite de deux ou trois réinterprétations en deçà comme la Forêt Enchantée). S'ils respectent globalement l'échelle et la logique du matériel original, les développeurs en ont tout de même profité pour faire quelques actualisations de game design indispensables en 2019 : déjà, le nombre de boutons sur la Switch aidant, plus besoin de peiner des heures durant dans les menus à switcher entre l'épée, le bouclier, le bracelet de puissance et les bottes de Pégase. Ces quatre-là sont maintenant équipés en permanence ! Autre petit détail amusant concernant les items, on peut désormais racheter la pelle après avoir récupéré le boomerang et ainsi se balader avec les 2 items dans notre besace. Toujours dans les menus, la carte de l'île est bien plus détaillée qu'avant et offre à la manière de Breath of the Wild un niveau de zoom qui permet de se repérer bien plus facilement. On y retrouve également des marqueurs que l'on peut positionner à tel ou tel endroit pour ne pas oublier un coffre inaccessible par exemple. Enfin et c'est peut-être là la grosse différence avec le jeu original (et la cause de bien des soucis techniques) les déplacements hors des donjons ne sont plus découpés en écrans fixes comme auparavant.

On peut désormais naviguer librement dans tout Cocolint, sans chargements. Ces quelques ajustements rendent le jeu moins austère, plus proche de l'expérience idéale d'un Zelda 2D moderne sans pour autant dénaturer l'épisode GB. Cependant, cette relative ouverture crée de nouveaux problèmes dont on se serait bien passés : un aliasing prononcé sur tout ce qui bouge dès qu'on sort des donjons et ce même (surtout !) en docké. Et quand le jeu ne pique pas les yeux, il se permet même de ramer sévère dès qu'un texte nous informant de l'arrivée dans telle ou telle région apparaît en fondu sur l'écran et/ou qu'un groupe d'ennemis nous balance des projectiles sur la tronche. Oui OK, ça ne dure qu'un instant mais après 10 à 15 heures de balade, ces couacs se voient comme le nez au milieu de la figure. Alors on prend son mal en patience, on rumine et on se dit que comme avec BoTW, Nintendo patchera son jeu après la sortie. Autre affaire un poil gênante, les sticks des Joy-cons qui manquent de répondant par rapport à ceux d'un Pro Controller. Link ne tourne pas facilement autour de son axe et vu qu'il est aujourd'hui impossible de jouer avec la croix directionnelle, on vous invite vraiment à investir dans l'excellente manette Pro de la Switch avant de vous lancer dans ce jeu.

Peut-être avez-vous refait The Legend of Zelda: Link's Awakening avec délectation à sa sortie sur l'eShop de la 3DS ? Ou bien avez-vous préféré garder vos souvenirs d'enfance intacts ? Enfin, vous le découvrez peut-être aussi aujourd'hui ? Dans tous les cas de figure, difficile de ne pas vous recommander cette version Switch tant il reste malgré les années (un quart de siècle tout de même) à la fois novateur, fondateur et passionnant. L'exercice du remaster aidant, le jeu se trouve un charme ravageur. Et s'il n'est pas parfait à sa sortie avec en outre un mode création de donjons secondaire et des cahotements techniques étonnants pour une production Nintendo, nul doute que l'éditeur viendra corriger tout ça rapidement.

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