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The Longing : Waiting Simulator

Rozzo par Rozzo,  email
Support : PC
Une clairière en automne que l’on ne verra qu’un instant, alors que la descente commence. En dessous, la terre. Puis vient la roche, dure comme l’acier. Ploc… Ploc… Le bruit d’une goutte d’eau qui s’écoule. On distingue une série de cavernes, taillées à même la roche. Une statue gigantesque s’anime.
Ploc… Ploc… Au creux de sa main, comme une partie d’elle, un être naît. Il est d’une peau noire, d’eau croupie, il ressemble à une sculpture d’enfant dans la terre glaise. Cette statue, c’est le Roi, et cette Ombre, c’est votre compagnon. « Tout ce que je te demande, c’est d’attendre. Et ne jamais quitter ces cavernes ». Après quelques instants, à bout de force, Le Roi s’endort. Dans quatre-cents jours, l’Ombre devra réveiller le Roi. En attendant…



Ploc… Ploc… Cette Ombre, dernier être vivant dans le royaume souterrain, n’a même pas de nom. De toute façon, il n’y a personne pour l’appeler. Dans une petite « salle », austère, à peine un tapis, une bibliothèque, ainsi qu’une table et un fauteuil, elle patiente. Quatre-cents jours, dans une grotte, c’est long. Elle se met à parler, pour elle-même, puisqu’elle n’a même pas conscience de votre présence à vous, main invisible qui dirige cette marionnette des tréfonds.

Ploc… Ploc… Pour s’occuper, elle s’amuse à dessiner. Son autoportrait n’est qu’un gribouilli. Évidemment, elle ne s’est jamais vue dans un miroir ou dans le reflet de l’eau. L’opération aura pris trois minutes, c’est toujours ça de gagné. Bien vite, la curiosité d’explorer les environs gratte dans un coin de sa tête, et la nôtre. Plus le temps passe, et plus l’idée nous obsède. Le Roi a dit de ne pas quitter les cavernes. Mais il n’a jamais interdit l’exploration du royaume souterrain.

« Il est inutile de courir, j’ai bien assez de temps pour pouvoir me permettre de marcher. ». L’Ombre est lente, elle se traîne d’un pas lourd en quittant sa chambre. Ici, une volée de marches à escalader, là une salle aux multiples entrées. Un pas, puis l’autre. 

En l’absence de carte, l’Ombre se fie à sa mémoire. Elle se souvient des endroits où elle est allée et comment s’y rendre à nouveau. Peu à peu, avec elle, c’est un plan mental du royaume souterrain que l’on se fabrique. Et quelle désolation ! Avec rien d’autre à regarder que la pierre brune, on se surprend à regretter le peu de verdure aperçue au tout début du voyage.
 

Ploc… Ploc… À défaut d’avoir quelqu’un à qui se confier, elle se parle à elle-même, sans se rendre compte que c’est à vous, au final, qu’elle raconte ses peurs, ses envies, ses déceptions. Ami imaginaire, esprit caché, c’est votre rôle de l’occuper. On la fait dessiner, se perdre dans les couloirs. Au détour d’une pièce, on ramasse un livre qu’on rapporte à la maison. On lit avec elle Moby Dick. Chacune de ses pensées est un mélange de candeur et de désespoir. On l’écoute, on la comprend. Puis peu à peu, on se met à accepter la dure vérité, de celles qu’on esquive jusqu’à devoir s’y confronter : on n’arrivera jamais à lui trouver une occupation pendant quatre-cents jours.

Devant ce temps qui s’écoule en temps réel, on se retrouve à la laisser assise dans son fauteuil, à scruter dans le vide, après avoir réuni quelques bouts de charbons pour allumer un feu.

Puis on l’oublie, ce petit être piégé dans un monde qui ne nous amuse pas, où le moindre pas suffit à nous lasser. Puis on se met tout d’un coup à se sentir mal, un peu morveux d’abandonner de la sorte un être qui, tout numérique qu’il soit, ne mérite pas de souffrir d’une attente aussi longue, aussi morne. On relance le jeu, puis on le met dans un petit coin de notre écran, pour l’avoir près de nous et pour que, peut-être, il sente qu’on est près de lui. Jusqu’à la fin de l’attente.

The Longing est presque un non-jeu, un titre qui nous confronte à l’épreuve du temps qui passe. Certains y verront un coup de maître du Studio Seufz, d'autres un coup d'épée dans l'eau. Le gameplay y est limité à sa plus simple expression. Tout cela est voulu, cohérent et au service d’une atmosphère unique. Un titre à ne pas mettre en toutes les mains, tant l’isolement que subît notre protagoniste trouve un écho très étrange en cette époque troublée.

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