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Phantom: Covert Ops

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : nDreams Oculus Studios
Support : Oculus Quest
Ah elle a bon dos la réalité virtuelle ! C'est toujours LA bonne excuse pour les studios en manque d'inspiration. La bonne excuse pour transposer un genre de jeu non VR en réalité virtuelle avec plus ou moins de succès. La bonne excuse pour faire à nouveau passer à la caisse les pigeons sur la version VR d'un jeu surrentabilisé. La bonne excuse, aussi, pour repomper des scénarios kitchs et y coller un gameplay VR en espérant changer la donne. Et c'est cette voie-là qu'a choisi nDreams avec son <insérez ici une musique de danger> Phantom: Covert Ops.
Dans le genre script de nanar direct-to-video pas pitché depuis l'ère PlayStation 2, le jeu en tient en effet une sacrée couche. 1991, alors que le bloc soviétique est sur le point de s'effondrer, le soldat d'élite de l'OTAN nom de code Phantom-02 est dépêché en pleine nuit dans une ancienne base militaire désaffectée en bordure de la mer noire, afin y effectuer une mission de renseignement. Quelques rebondissements plus tard, on fait la connaissance du présumé mort général Nikolai Zhurov (doublé par David Hayter, s'il vous plait), un dissident du régime bien décidé à faire tout péter à l'ouest de Minsk en s'aidant d'un vieux sous-marin nucléaire bourré à craquer d'ogives mortelles. La simple reconnaissance se transforme en action de sabotage lorsqu'il devient impossible au Phantom de rejoindre son point d'extraction. Et puis, allez, puisqu'on est plus à un twist scénaristique près, ce shooter à la première personne se joue assis, à bord... d'un kayak militarisé. Véritable couteau suisse du soldat moderne, cette périssoire fait à la fois office de HUD minimaliste et de sac à dos.

Un radar en son centre indique là où regardent les ennemis proches et si l'on est caché ou à découvert. Sur ses côtés, la pagaie, un fusil de sniper, mais aussi quelques sacoches contenant des chargeurs supplémentaires et plus tard des grenades sonores et pains de C4. Enfin, l'attirail est complété par un pistolet silencieux, une mitraillette beaucoup moins discrète et une paire de binoculaires permettant de taguer les ennemis et suivre les objets interactifs dans l'environnement. Equipés comme jamais, la mission peut commencer.

Durant les trois petites heures de la campagne, le jeu va nous faire pagayer, pagayer et accomplir divers objectifs : désactiver une tour de communication, faire exploser des batteries de missiles SAM, prendre des photos, etc. Mais on passera le plus clair de son temps à s'infiltrer entre les hautes herbes, sous les pontons et surtout à l'abri des ennemis et leurs satanées mag-lites dont on voit les cônes se dessiner sur la surface de l'eau dans la nuit. Et c'est là que les développeurs britanniques spécialistes de la VR sortent leur épingle du jeu.

La VR l'assomme de toutes les peurs

On sait les problèmes physiologiques associés aux FPS en réalité virtuelle. Les studios doivent ruser en employant des artifices comme des déplacements par téléportation pour éviter de déclencher une crise de cinétose.

Or ici, confortablement assis dans notre fauteuil et en contrôlant physiquement la pagaie virtuelle en agitant nos bras comme dans la vraie vie, le jeu arrive presque à tromper notre cerveau. Seuls les arrêts brutaux lorsque l'on vient frapper un mur de face génèrent des sensations désagréables. Le reste du temps, les mouvements naturels de moulinets combinés à une retranscription fidèle de la vitesse du kayak en font un titre très agréable. Il propose en outre quelques détails réalistes comme le fait de pouvoir freiner en mettant la pagaie à la verticale dans l'eau ou pousser le kayak en prenant appui sur un mur avec la rame. Toujours dans le registre des interactions, on peut parfaitement attraper des poignées dans le décor et "glisser" avec son embarcation à l'aide de nos bras. Un kayak d'ailleurs qui tangue naturellement lorsqu'on se penche à gauche ou à droite.

On peut même effectuer des virages serrés en maintenant une touche enfoncée tout en pagayant. C'est simple, malin et on se trouve immédiatement à l'aise après 5 minutes de navigation. Toujours dans un souci de confort, le jeu propose une option permettant de faire tourner sa barquette par paliers de 15° plutôt que de manière fluide. Bref, tout est fait pour mettre le joueur à l'aise et sur ce point, le jeu est irréprochable. Et c'est tant mieux parce que de notre dextérité de kayakiste va dépendre notre survie. Ce ne sont pas les ennemis qui manquent, des troufions aux soldats en armure, snipers, patrouilles en bateau moteur ou carrément un Hind qui survole la base. Malgré cela, Phantom: Covert Ops n'est pas un shooter décérébré comme on en voit trop souvent en réalité virtuelle.

A vrai dire, c'est plutôt l'inverse et après avoir été repéré, on a que peu de temps pour réagir. On préfèrera recharger le dernier point de contrôle et se glisser doucement sur les flots, passer de cachette en cachette, tirer sur un extincteur, un projecteur ou un baril d'essence pour distraire les gardes et se faufiler toujours plus loin jusqu'à notre objectif, plutôt que d'aller vers l'affrontement direct qui mène inlassablement à la mort.

L'union sauve l'équipe

On devra donc déjouer les rondes d'IAs forcément prévisibles et permissives, éviter de passer dans une zone baignée de lumière, écouter les conseils de son pote russe Leon et sortir son fusil à lunette pour aligner un type au bon moment (en visant comme le ferait un sniper avec un oeil fermé représenté par un des écrans noir pendant l'opération, classe !). Le level design du jeu est lui un peu plus ouvert qu'il n'y parait. Les niveaux contiennent de multiples tunnels secondaires et offrent de nombreuses interactions : cadenas à casser, grilles à découper, caméras de sécurité à désactiver, mines. Il y a même un petit côté Metroid dans cette base qui s'ouvre au fil des gadgets récupérés, mais forcément cela va de pair avec un monde pas si grand que ça. La faute à une campagne courte qui ne se développe pas assez et qui se répète pas mal. Heureusement, en plus des 7 missions de l'histoire, le jeu offre des cibles prioritaires à abattre, 14 défis à débloquer en terminant les missions dans un rang élevé, un mode libre, des classements en ligne et même quelques collectibles à dénicher.

En ce qui concerne la partie technique, si le jeu est il faut bien l'avouer assez mignon sur Rift, la version Quest paraît vraiment à la traîne : pas de brouillard volumétrique ni d'illuminations avancées, textures basse résolution, végétation bien moins fournie, pas de bump mapping et effets aquatiques appauvris. Pour un peu on s'y croirait presque, sur PlayStation 2 (voir la bande-annonce ci-dessous et la seconde série de copies d'écran). Les deux versions profitent en tout cas du contexte nocturne pour enchaîner les cache-misères, souvent des zones à la limite de l'obscurité aux textures assez baveuses.

Malgré tous ces compromis indispensables pour conserver une fluidité surtout sur le petit casque autonome, les personnages conservent des animations plus que correctes. Par contre, si vous disposez d'un Quest et d'un PC capable de faire tourner le jeu, vous pouvez parfaitement commencer une partie en mobilité et la continuer avec l'Oculus Link (ou l'inverse, merci le cross-buy/cross-save). Une astuce qui ne fonctionne hélas pas si vous exécutez vos jeux Rift via Virtual Desktop car dans ce cas, l'application Oculus n'est pas sollicitée et ne synchronise pas les sauvegardes avant le lancement du jeu. On termine en parlant de l'ambiance sonore du jeu qui est une vraie réussite. On sent le gap entre les précédentes productions de nDreams et celle-ci, chapeautée par Oculus Studios. Des effets sonores aux nombreuses discussions entre les gardes en passant par une bande originale dans le ton d'un film Tom Clancy, ça renforce forcément le sentiment d'immersion.

La nouvelle exclusivité Oculus Phantom: Covert Ops possède des atouts indéniables : un très bon confort de jeu pagaie virtuelle en main, l'originalité de son concept d'espionnage kayakiste à la sauce infiltration et une réalisation de bonne facture... en tout cas dans sa mouture Rift. On sent toute la bonne volonté des développeurs qui vont même jusqu'à proposer quelques bribes d'une exploration dans un monde pseudo-ouvert. Un mélange à creuser sur une potentielle suite qui devrait alors s'affranchir du trop timide format imposé "3 heures de jeu" pour gagner en profondeur et éviter la répétitivité.

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