Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.

Un Rédacteur Factornews vous demande :

 
TEST

Good Job!

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Nintendo Paladin Studios
Support : Switch
Le paladin est par définition versatile. Pas étonnant donc de retrouver les Suédois du studio éponyme à la production d'une exclusivité Switch alors qu'on les avait plutôt étiquetés faiseurs de freemium à grosses licences. Vous savez ceux du genre qu'on installe sur son téléphone "juste pour voir" et qu'on désinstalle quelques heures plus tard lorsqu'ils nous demandent de passer à la caisse.
Ils ont toutefois su mener leur barque jusqu'à bon port. Surtout, on imagine que les coproductions à succès avec le nouveau meilleur ami de Nintendo, DeNa, ont permis de les mettre en lumière auprès du géant Kyoto-ite. Les voilà qui plus est sur l'avant-scène avec un titre original et qui ne lorgne pas du côté de l'achat de monnaie virtuelle. Good Job! vous met donc dans la peau du fiston d'un grand patron du CACOLAC40. En bon businessman et papa aimant, le boss a compris qu'il lui faudrait bientôt céder les rênes de l'entreprise familiale à sa progéniture. Mais il ne compte pas pour autant lui offrir de passe droit et il va falloir gravir les échelons (ici les étages jusqu'au boudoir du PDG) pour prouver sa valeur et espérer siéger à la tête du conseil d'administration. Oubliez les tâches administratives ennuyeuses, les bilans comptables interminables et le graissage de patte de clients, le fils prodige va devoir se mêler au petit peuple et accomplir des tâches dans chacune des différentes divisions de l'entreprise, de l'accueil jusqu'à la robotique en passant par le marketing, la production ou la sécurité.

Si les tâches peuvent sembler assez simples : rassembler des agents d'entretien dans une salle de briefing, livrer 20 colis dans l'open-space, changer le vidéoprojecteur dans la salle de réunion, nourrir les plantes vertes, elles sont rapidement complexifiées par l'élément perturbateur du jeu : la physique. En effet, presque tous les éléments de bureautique sont soumis à la physique, ils bougent lorsqu'on les percute, sont soumis à la mécanique des fluides, se cassent pour certains tant et si bien qu'il faut continuellement faire attention où on met les pieds pour ne pas renverser un vase Ming, une fontaine à eau ou des étagères pleines de dossiers.

Surtout que vos talents de stagiaire seront soumis au jugement de vos supérieurs qui vous décerneront une note une fois l'objectif accompli en se basant sur trois facteurs : le temps de réalisation, le nombre d'objets brisés et la valeur de la casse. Bon que l'on se rassure tout de suite, on joue le fils de khalife donc la note ne sera jamais discriminante à l'embauche. Preuve en est la note globale attribuée arbitrairement en prenant en compte le meilleur des trois scores.

Fissa papa

Après avoir accompli les trois tâches et terminé le bac à sable de chaque service, on décroche un sésame qui nous permet de monter à l'étage suivant et ainsi de suite jusqu'au rooftop du 9e. A partir de là il y a donc deux manières de faire : jouer le jeu de l'employé modèle en gênant le moins ses collègues et en faisant attention à ne rien déranger dans les espaces de travail ou se la jouer Guerre sur Terre en pleine apocalypse et envoyer tout balader. Surtout que le jeu fait tout pour qu'on déclenche des micro-chaos sur notre passage.

On peut par exemple tendre des câbles électriques entre des extrémités d'un cabinet et les utiliser comme catapultes pour envoyer valdinguer sofas et autres guéridons à travers les cloisons en contreplaqué, ce qui permet de transbahuter cette foutue photocopieuse d'un bout à l'autre du service sans encombre. Dans un autre niveau de la division recherche, on nous demande de passer la lessiveuse électrique sur les sols pour nettoyer une substance visqueuse, sauf que tout dégénère et on se retrouve propulsé dans de gigantesques cubes avec la lessiveuse incontrôlable à bout de bras.

Et c'est à partir du moment où l'on fait une croix sur le travail bien fait qu'on découvre à la fois ce que Good Job! fait de bien et de moins bien. Parce que oui, c'est tout d'abord l'humour des situations improbables, des petites animations du personnel irrité par vos gaffes, mais qui ne peuvent rien faire d'autre que constater que le rejeton du patron fait n'importe quoi que Good Job! est un objet délicieux à observer. Et les dizaines de réactions en chaîne non prévues qui parfois arrivent à vous faire terminer un objectif dans un temps record en font un titre qu'on a plaisir à parcourir. Et puis il faut aussi reconnaître que Paladin Studios a fait un vrai boulot d'ingénierie sur son level design et à pensé l'agencement des niveaux comme le feraient de vrais architectes d'intérieur. Ce qui fait que chaque mission est vraiment unique et on ne s'y ennuie presque jamais. Presque oui, car il faut tout de même reconnaître des soucis dans le moteur de collisions qui fait que l'on se retrouve à de nombreuses reprises obligées de redémarrer le niveau, car tel ou tel objet indispensable est bêtement coincé dans un autre.

Employé du mouais

Il en va de même avec le jeune héros du jeu, d'ailleurs dans un aveu de faiblesse, les développeurs ont ajouté une option permettant de réinitialiser sa position à l'entrée... On regrette également qu'il n'y ait finalement que peu de manières distinctes d'arriver à nos fins sans tout casser dans l'environnement. Enfin, si les situations ne sont jamais les mêmes, le programme proposé tourne aussi beaucoup autour du transport d'objets façon Fedex : jouer les facteurs avec son petit caddie de courrier, accrocher x tableaux au mur pour une exposition, ranger tout le matériel de piscine, etc. Par contre lorsque Good Job! fait dans l'originalité, c'est souvent avec ingéniosité : aligner des répéteurs Wi-Fi les uns à portée des autres pour connecter des employés, construire et jouer avec les vraies IAs de robots, irriguer un biome, utiliser les forces vives d'un entrepôt pour optimiser l'envoi de colis à un client comme un vrai petit Jeff Bezos Jr. De plus l'utilisation des différentes machineries à disposition (grues, chariots élévateurs, etc.) est très satisfaisante.

En ce qui concerne l'enrobage du jeu, on apprécie l'utilisation astucieuse d'une palette de couleurs flashy sans fioritures qui au-delà du parti pris graphique, permet de reconnaître rapidement les nombreux objets dans les scènes, surtout après y avoir mis le bazar. Ca aidera notamment à dénicher les dizaines de collectibles planquées partout : chapeaux, sacoches, cravates et j'en passe. C'était également un choix technique évident alors que le jeu connait quelques ralentissements dès lors qu'on le pousse dans ses retranchements, par exemple dans les derniers niveaux où un aspirateur explosif vient mettre à mal le nombre d'images par seconde.

On aime aussi la myriade d'effets sonores de qualité qui ponctuent chacun de nos gestes et une bande originale digne des meilleures musiques d'ascenseur, donc totalement raccord avec le sujet, composée par Antonio Teoli que l'on reverra à l'écriture musicale cette année sur le thriller Dolmen. Enfin dernier petit détail qui aura toute son importance en cette période de confinement : la présence d'un mode coopératif à deux joueurs qui simplifie grandement les tâches, puisqu'on peut déplacer les plus gros objets à plusieurs, mais aussi causer plus de dégâts...

Si on fait abstraction des problèmes qui vont de pair avec ceux qui misent tout sur leur physique destructive, Good Job! reste un jeu très agréable qui saura à coup sûr combler ce vide en vous qui passiez vos journées entières à vous envoyer des boulettes en papier entre collègues dans des open-spaces impersonnels. (Courage, tenez bon !)

SCREENSHOTS

Rechercher sur Factornews