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Bugsnax

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Young Horses
Supports : PC / PS5
Parce qu'on avait adoré la physique déglinguée et le propos loufoque de Octodad: Dadliest Catch, on s'attendait au pire avec la nouvelle production de Young Horses. Ce à quoi on ne s'attendait par contre pas, c'est de les voir à nouveau portés par Sony qui les met cette fois-ci en avant pour le lancement de la PlayStation 5. En plus de Sackboy, Miles Morales et du héros de Boletaria, il faudra donc aussi compter sur une bande de bestioles à poil ras qu'on pourrait croire tout droit sortis du Jim Henson's Creature Shop : les monstres gentils du délicieux Bugsnax.
Lorsque le héros, journaliste total au Grumpus News Network bataille le bout de gras avec sa rédactrice en chef pour partir couvrir une traque mythique sur une île perdue montée par l'exploratrice farfelue Elizabert Megafig, forcément je me reconnais un peu. C'est vrai quoi, ça me rappelle quand j'ai émis l'hypothèse de couvrir l'EGX il y a 2 ans. Je me souviens parfaitement de la tête que m'a fait Nicaulas à cette époque et de ses yeux aussi globuleux que ceux de la patronne du canard dans la séquence d'introduction du jeu. Voilà comment est introduite la seconde aventure loufoque des poulains de Chicago. Quelques secondes plus tard, on se retrouve dans un genre de ballon dirigeable en approche finale de notre destination : l'Ile aux Zenkas quand soudain, un mystérieux oiseau géant vient percuter notre vaisseau et nous projette par-dessus bord.

Quelques péripéties et un tremblement de terre plus tard, on se réveille au beau milieu de la jungle entouré d'étranges bestioles : les Bugsnax. Plus précisément de la famille des Fraiserons. Des espèces de... fraises sur pattes avec deux grands yeux qui hurlent "straaaaawbyyyy" (leur nom en anglais) en fuyant devant notre présence.

Rapidement on fait la connaissance de Filbo Flanquignol, un Grumpus bleu dépressif qu'il va falloir tant bien que mal remettre sur pied. Le pauvre n'a plus la force de se lever et nous demande d'aller attraper des bugsnax pour le requinquer avant de nous remettre notre premier outil, l'Attrape-snax. Ce panier à crabes télécommandé peut se refermer sur ses proies lorsqu'elles passent dans son rayon d'action. Et c'est là que débute vraiment le jeu. Avant de déployer notre piège, il faut d'abord analyser la routine de la bestiole à l'aide de notre appareil photo intelligent, le Snaxoscope. Il nous donne de précieuses informations sur son mode de vie (mise en surbrillance de sa boucle de déplacements, choses qu'il aime, qu'il déteste et pourquoi pas caractéristiques particulières, sa famille, etc.). Le Fraiseron par exemple est du genre craintif. Dès qu'il aperçoit un Grumpus, il file se terrer quelques secondes dans le bosquet le plus proche avant de reprendre son train-train quotidien. A partir de cette petite fiche descriptive, on établit une stratégie pour attraper la créature en question. Par exemple ici, on installe le piège sur son chemin et on attend sagement qu'il passe dedans pour le déclencher.

Pokémon Snax ?

Après avoir piégé notre premier insecte-aliment, le jeu nous présente la seconde partie de sa boucle de gameplay : le gavage de Grumpus. En donnant le Fraiseron à manger à Filbo, une interface nous propose de choisir l'un de ses membres qui est instantanément "transmuté" en snak. Cette transformation est définitive et ainsi, au fil de l'aventure on va voir le look des PNJs rencontrés évoluer au rythme de leurs repas. Après avoir redonné un peu de courage à Filbo, il nous propose de l'accompagner à Snaxburg, le village monté par les expéditionnaires qui est déserté depuis que... oh surprise, Lizbert a été portée disparue ! Il nous demande donc de l'aider dans ses activités de maire, à savoir rabibocher le reste de la petite troupe disséminée sur l'ile à sa place et pourquoi pas retrouver l'Indiana Jane en perdition.

C'est donc dans un déroulement de jeu assez classique entre trame principale et quêtes secondaires qu'on va faire le tour de la petite dizaine de biomes différents à la recherche des 12 Grumpus qu'il faudra rameuter au bercail avant de les interviewer pour espérer en savoir plus sur l'étrange disparition de leur cheffe et les secrets que renferme cette île tout aussi mystérieuse.

Ce faisant, on va récupérer de nombreuses inventions qui nous permettront d'attraper toujours plus de bugsnax de nature et de comportements différents. Là où le jeu est excellent, c'est qu'il nous demande de nous creuser les méninges et de combiner des objets entre eux pour dénicher les bêtes les plus exotiques. Par exemple, les Ananaraignées (exactement ce à quoi vous vous imaginez) de la famille des fouisseurs se planquent dans le sable dès qu'ils voient un objet sur leur route. Les Carapommes eux aiment déterrer des objets et raffolent également du chocolat. Il faut donc utiliser le Lance-sauce, marque déposée, pour enduire le premier de chocolat, poser une pierre sur son chemin et attendre que le second passe à proximité au bon moment pour qu'il le déterre, attiré par l'odeur de la sauce. On comprend mieux pourquoi ses développeurs citent Bioshock comme source d'inspiration. Ce gameplay émergent se retrouve dans tout le jeu et il y a plus d'une manière d'arriver à ses fins. Plus tard, l'Entraveur est un canon qui lance un fil électrique pouvant assommer temporairement les snax. Accrochez le fil à une surface glacée et il conduira également cet état, ce qui pourra servir à attraper des bébêtes enflammées sans se bruler les doigts par exemple. Etc.

Microcouscous, le peuple de l'herme

L'autre force du jeu, c'est la qualité de l'écriture des relations entre les Grumpus. Les personnages ont à peu près tous un à priori sur leurs compagnons d'infortune (à part le benêt Filbo) : Beffica Truffeluette est une fouineuse à la langue bien pendue qui parle comme une influenceuse millennale et cherche des potins sur tout le monde. Cromdo Trogne est un commerçant-arnaqueur souvent de mauvais poil. Tous deux se détestent. Gramble Dodeluquet lui est un timide amoureux des animaux qui tente de domestiquer la faune de l'île, ce qui met le fermier bourru Wambus Saperligot hors de lui. Et ainsi de suite. Leurs histoires se télescopent et puisent leur propos dans des problèmes très actuels (perte de confiance en soi, coming-out, théories du complot et j'en passe).

On sert le plus souvent de médiateur auprès des uns et des autres. Les quêtes oscillent entre la récupération de tels ou tels insectes et la participation à de petits puzzles, toujours en vue à la première personne. A de (trop) rares moments, Filbo prend son courage à deux mains et réunit les villageois pour une veillée autour du feu dans des séquences de narration très réussies. Les doublages des Grumpus, comme les onomatopées des 100 snax répartis sur l'ile, sont tout aussi impressionnants. On ne compte plus les stars qui prêtent leur voix au jeu (Yuri Lowenthal, Debra Wilson, Helen Sadler entre autres), mais le travail est fait toujours avec amour. Enfin, impossible de ne pas tomber sous le charme de sa direction artistique. Prenez par exemple les adorables Grumpus avec leurs grandes bouches pleines de dents, leurs yeux globuleux qui vous suivent du regard et leur pelage flashy, on a juste envie de les attraper et de les câliner. Quant au design des bestioles, c'est un déluge de bonnes idées : le Sandopede qui ressemble à un sandwich Subway coupé en morceaux sur pattes, la brochette insectoide Shish Kebug, la dangereuse empanada épicée Meximante, les canettes de Crustasoda qui jettent de l'eau sur toutes les sauces qu'elles voient, non, mais vraiment !

Les biomes aussi sont assez différents les uns des autres (désert de dune, forêt, plage, haute montagne) et ont un look et une population différente en fonction de l'heure de la journée. Ainsi on ne voit pas le temps passer et on boucle l'aventure en une douzaine d'heures sans vraiment se lasser des séquences de chasse qui pourraient être rébarbatives à la longue. Le studio a su savamment doser l'aventure et mélanger les gameplays pour qu'il y ait toujours quelque chose de nouveau à découvrir. Côté technique, le jeu tourne comme un charme en 1440p sur PC et semble être architecturé pour profiter à fond du bus mémoire spécifique de la PS5 puisqu'il garde tout ce qu'il charge en RAM, tant et si bien que si on le relance après l'avoir quitté, les niveaux se chargent beaucoup plus vite.

Entre Viva Pinata, Ape Escape et... le Muppet Show, la nouvelle création feel good des tarés de Young Horses est un excellent remède à la morosité ambiante en cette période de confinement. Il fait également bonne figure au milieu du lineup de lancement de la PS5 avec sa bouille adorable et ses couleurs chatoyantes. Mais quand on creuse un peu, on y trouve quelque chose de plus sérieux qu'il n'y parait, dans son gameplay combinatoire comme dans son propos en lien avec notre société. A noter que les abonnés PlayStation Plus pourront profiter du jeu gratuitement puisqu'il fait partie des nouveautés de novembre. Il serait donc dommage de ne pas s'y essayer.

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