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XIII

toof par toof,  email
S'il existe une plaie dans les jeux vidéo, il s'agit sans nul doute des adaptations de licenses, que ce soit de film, série télé ou autre média grand public. A vrai dire, la liste de navets est tellement longue que je ne vais citer que les FPS réussis qui me viennent à l'esprit : Terminator Future Shock et Alien versus Predator. Rares sont donc les jeux à licence qui ne sont pas uniquement appuyés sur le nom écrit sur la boîte pour se vendre. Tout cela pour dire que XIII est l'adaptation d'un genre peu représenté dans les jeux vidéo : la bande dessinée.

Attention, ce MT ne contient pas de jeu de mot à base de XIII.


C'est donc sur le succès de messieurs Vance et Van Hamme que s'appuie le nouveau jeu de Ubisoft. Il reprend les cinq premiers volumes, le tout bien entendu adapté pour nous offrir de quoi massacrer une bon nombre de petits gars. Pour rappel, XIII est l'histoire d'un homme qui reprend connaissance sur une plage et se trouve totalement amnésique. Il découvre peu à peu qu'il est mêlé à un complot mais également victime de ce complot qui a abouti à l'assassinat du président. Notre cher numéro doit alors se démener contre les méchants tout en en essayant de découvrir qui il est et ce qu'il a commis (ou pas). Avouez que si le scénario était peut être original à l'époque (quelque part vers 1985), il n'y a aujourd'hui guère plus usé comme thème que celui du complot et de l'amnésie. De plus, le déroulement du jeu est à l'image de la BD : constellé de pirouettes scénaristiques souvent lourdingues. En fait, XIII est un peu comme X-Files : c'est globalement ennuyant sauf lors des épisodes avec l'homme à la cigarette. Et bien XIII en jeu vidéo, c'est un peu comme si on avait que ces épisodes là. Et c'est tant mieux. Première entorse à l'original, XIII n'est plus recueilli par un couple de personnes âgées à son réveil, mais par une babe sortie tout droit d'Alerte à Malibu, ça commence bien... Qui a dit que les joueurs de jeux vidéo étaient des ados attardés libidineux ? Mais heureusement, une fois l'introduction sous forme de flashback et de réveil douloureux pour notre héros, la donzelle se fait copieusement descendre pour laisser place à l'action.



Let's rock !


Mélangez ça à toutes les situations de FPS déjà vues dans d'autres jeux et vous aurez un bel aperçu de ce qui vous attend dans XIII. Même si les phases de jeux abordées sont plutôt variées, elles ne sont pas originales pour un sou : escorter un NPC pour l'aider à s'enfuir, pénétrer un lieu sans se faire repérer, sortir d'un autre sans tuer le personnel qui y travaille (mais tout en décortiquant la tête du personnel surveillant et armé). En lisant tout ça, on peut en arriver à la conclusion que XIII est banal et ennuyant. Mais ce serait être un peu prompt car c'est dans le détail que XIII brille par son efficacité. En effet, il ne faut pas oublier que XIII est une bande dessiné. Ce point là, les développeurs ne l'ont pas mis de coté et ont tout simplement illustré leur jeu, dans le sens propre du terme. Rester planqué comme dans Thief, c'est prenant, mais ici on voit littéralement l'environnement sonore, prétexté par le 6ème sens du personnage. Les attitudes des ennemis, leurs pas, leurs alertes, leurs cris, tout apparaît sous forme d'onomatopées. Apparemment un peu gadget dans un premier temps, il s'agit d'un véritable élément de gameplay pour celui qui veut jouer le jeu. Il est possible de stupidement bourriner pour avancer, mais ce serait gâcher le plaisir que ce titre a à offrir. Une véritable mise en scène est également mise en avant sous forme de vignette pour illustrer une cinématique, un élément scénaristique ou encore un ennemi qui s'approche. Très bien pensé, très réussi et efficace. Exemple, le "arrrg" distinctif d'un joueur qui a reçu un coup létal : plus besoin de se demander si l'ennemi qu'on shoote à longue distance est mort ou pas, on s'en rend compte de suite.



Tap... Tap... Tap... !? *BLAM* Ooooh


Afin de mener ses objectifs à bien, XIII dispose d'un panel de mouvements classique mais complet : regarder autour de soi, sauter, ramper et grâce au stick analogique, il est possible de doser la vitesse de course. D'autres mouvements sont disponibles, certains grâce à des objets comme le grappin, d'autre grâce à certaines situations particulières telles que la prise d'otage. Cette dernière, originale dans la forme, se révèle assez efficace si on pense à s'en servir. Il est également possible de ramasser un corps afin de le cacher, même cela s'avère assez inutile au final. Assommer des ennemis par derrière est aisé et bien souvent vital si on ne veut pas finir dans un sac plastique lors des missions discrètes. Les armes offertes font aussi dans le conventionnel, armes de poing, fusils, mitrailleuses, lance roquettes, rien ne manque. Une ombre malgré tout sur le gameplay, l'IA est par moment très idiote et même si les ennemis détectent la présence du joueur de manière assez réaliste grâce à la vue ou au son, leurs réactions laissent parfois perplexe. Fuite inexpliquée d'ennemis en surnombre, par exemple. Le jeu est également très scripté et ne laisse que peu de place à la surprise. Certaines séquences de jeu sont parfois très décevantes comme ce canyon qu'on doit parcourir alors qu'il est bordé de tireurs d'élite ou de bazooka. On passe son temps à recharger jusqu'à connaître la position de chacun des fourbes qui nous canarde. Doté d'une durée de vie confortable, XIII propose un jeu très bien rythmé, agrémenté de séance de snipe, de bourrinage en règle mais aussi de passages avec sueurs froides et grosses tensions. Canarder une pluie d'ennemis, planqué dans une vieille cabane ou attendre que ce foutu garde passe enfin derrière la porte pour l'assommer avec une chaise, ça stresserait même le plus zen des moines bouddhistes.



Crayons de couleur et pinceaux


Un domaine dans lequel XIII brille également : le moteur graphique. Tiré de celui d'Unreal, force est de constater qu'il n'y a plus aucun point commun visible. Doté d'une technique de cell shading, plus proche de Jet Set Radio que de Zelda : Wind Waker, XIII nous offre un rendu complètement fidèle à la BD. La sensation de dessin animé est totale, renforcée par les vignettes et les onomatopées. Même si les personnages dénotent un peu comparés aux décors, l'ensemble reste assez homogène et surtout complètement réussi. Si ce style de graphismes ne peut pas laisser indifférent, tout le monde n'est pas susceptible d'aimer. La faible résolution de la PS2 ne gâche rien, les décors aux textures simplistes se mariant bien au cell shading. Toutefois, les temps de chargements sont un peu longuets, surtout lorsqu'on reprend une sauvegarde, mais rien d'inhabituel à cela pour une PS2. Le seul gros défaut technique de cette version réside dans la maniabilité par toujours évidente au pad. Les mouvements vifs souvent nécessaires sont assez périlleux à réaliser avec le pad de la console de Sony. Gageons que ce genre de soucis disparaîtra totalement dans la version PC du jeu. Les doublures françaises des personnages sont excellentes, avec des voix connues comme celle de Schwarzy qui donne vie à XIII et qui a servi également à Sam Fisher dans Splinter Cell. Les musiques sont quand à elles sans surprises, à savoir style cinéma à grand spectacle. Un petit mot sur le multijoueurs pour finir, qui propose les habituels Deathmatch, Team Deathmatch et Capture The Flag. La version PS2 propose deux modes de jeu spécifiques (chacune des consoles accueillant XIII en aura), à savoir La faucheuse et Power Up. Le tout jouable à quatre sur écran partagé ou à six en ligne.

L'équipe de développeurs d’Ubisoft qui a conçu XIII a donc réussi le challenge de transformer un thème de base pas forcément passionnant en un jeu prenant et efficace. Partant d'un fond assez peu original, XIII transforme l'essai avec une forme et une mise en scène hors norme ! Pas le FPS du siècle, mais au moins un jeu qui méritera allègrement une place sur l'étagère des hits de la fin d'année.
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