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Trials of Mana

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Square Enix Xeen
Supports : PC / PS4 / Switch
24 novembre 1994 : alors que l'Europe s'extasie devant la sortie de Secret of Mana, Squaresoft est déjà à l'oeuvre sur ce qui sera l'une des pierres angulaires de la Super Famicom : Seiken Densetsu 3. L'action-RPG de tous les superlatifs sort en 1995 au Japon et les critiques sont dithyrambiques. Pourtant jamais l'occident n'aura la possibilité de l'apprécier (hors import) et il faudra attendre 2000 pour qu'une traduction non officielle sous la forme d'un rom-patch permette aux curieux de découvrir ce chef d'oeuvre.
On ne sait pas trop ce qui s'est passé ensuite, mais la licence Mana s'est retrouvée baladée entre petites productions sans grand rapport avec la trilogie originelle et titres mobiles douteux. Il faudra finalement attendre 2017 pour que Square Enix se décide à compiler Collection of Mana sur Switch et se faisant produise enfin une traduction anglaise officielle du troisième épisode, avec l'annonce dans la foulée de deux nouveaux jeux.

D'un côté un "remaster HD" de Secret of Mana qui s'avèrera être une immense déception, car réalisée avec le moteur 3D mobile mou du genou de l'éditeur japonais. De l'autre, un véritable remake de Trials of Mana sous Unreal Engine 4, et c'est celui-là auquel on a pu s'adonner de long en large sur PC. Autant le dire tout de suite, 25 ans après l'original, on peut dire qu'on a eu chaud, mais que ce léger remake s'en sort plutôt bien et il y transpire l'essence de la série. Tout juste les développeurs se sont contentés de rajouter du contenu additionnel post-grand finale, des collectibles supplémentaires planqués ici et là et un new game + accompagné d'une classe bonus pour les acharnés du stick.

Si on entre dans les détails, qui dit transition vers la 3D dit forcément bouleversement par rapport à la traditionnelle vue top-down de la saga. Les combats typés action-RPG de la série gagnent encore en vivacité avec ce passage à la troisième personne, nos héros pouvant désormais sauter et rouler-bouler pour éviter les attaques ennemies. Mais on y gagne surtout des combos et deux attaques différentes qui ne seront pas du luxe face à la pléthore de monstres (et de boss !) qu'il va falloir occire durant la vingtaine d'heures que dure l'histoire principale. D'ailleurs la grande majorité du bestiaire use de techniques de combat basées sur des attaques de zone. Il faudra apprendre à repérer les prochaines attaques des monstres symbolisées par des rectangles ou des cercles concentriques rouges au sol pour les éviter au bon moment avant d'effectuer une roulade revancharde et d'assener une estocade ou une attaque spéciale. Les braves soldats disposent en effet de jauges AC qui se chargent cette fois-ci avec des cristaux lâchés par les adversaires.

AC d'essais

Une fois une ou plusieurs barres remplies, on peut déclencher des attaques dévastatrices. Pour le reste, le jeu est très fidèle à Seiken Densetsu 3. Comme dans l'original, on contrôle une équipe de trois héros (parmi les 6 disponibles). Chaque avatar pourra régulièrement changer de classe. A chaque échelon, on désignera une orientation : lumière ou obscurité. En fonction de ses choix (six variantes au total par personnage), on façonnera un archétype spécialisé ici dans le debuff d'ennemi, là dans le soutien de groupe ou encore dans la guérison des alliés. On débloquera ce faisant de nouveaux slots pour y enficher des boosts de compétences, de nouvelles options dans l'arbre de talents à débloquer à chaque niveau et de nouvelles tenues uniques pour nos protagonistes !

Enfin, ce remake dépoussière un peu le système d'IAs avec des options stratégiques assez poussées (attaquer les monstres proches, éloignés, faibles, dépenser plus ou moins de mana, utiliser ou conserver les potions, etc.). Un système de combat donc, on le disait, quasi-irréprochable auquel s'ajoute la gestion de l'équipement qui coutera bientôt des dizaines de milliers de pièces d'or... 

Alors oui, on peut reprocher aux rixes de Trials of Mana leur relative simplicité, tout au plus se contente-t-on d'un bourre-pif en ping-pong d'un autre temps. Mais ça n'est pas si gênant que ça, la 3D apporte plus de fluidité à l'ensemble et on reste avant tout captivés par l'histoire. Car oui, ceux qui ont adoré le jeu sur Super Famicom peuvent se rassurer tout de suite, Trials of Mana n'a rien perdu de ce qui faisait sa force, une aventure grandiloquente aux multiples embranchements qui nous tient en haleine jusqu'au générique de fin. En fonction du trio défini avant même de commencer la partie, le jeu va automatiquement sélectionner différents grands méchants (un ninja de l'ombre, le bouffon, Isabella) que l'on croisera tout au long de l'histoire. Ca passait presque pour de la magie à l'époque pour nos yeux d'adolescents incultes, mais les scénarios des membres de l'équipe seront toujours raccords. Il nous arrivera même de croiser un ou deux autres personnages du roster à quelques occasions, tout ce petit monde se rencontrant au détour de leurs quêtes respectives.

Mananarama

Bien évidemment la trame du leader définira l'antagoniste principal qui deviendra évidemment le dernier boss du jeu. Pour ce qui est de l'histoire en elle-même, il faudra à nouveau trouver le moyen de se rendre au sanctuaire pour y déterrer la fameuse épée Mana et pourquoi pas sauver l'arbre et la déesse. Mais également suivre les intrigues personnelles de chaque interprète dans cette grande pièce de théâtre à la japonaise qui se renouvelle sans cesse avec des cliffhangers toutes les heures. Une guerrière amazone qui recherche son petit frère kidnappé, une enfant elfe chouineuse aux origines mystérieuses, un voleur emprisonné à tort par son suzerain, etc. C'était déjà le cas en 1995, mais Trials of Mana ne manque pas de phases de dialogues pour raconter son aventure et c'est le plus souvent via des saynètes téléphonées façon shōnen.

Ah bah oui, pas touche au mythique script écrit par Hiromichi Tanaka ! Malgré le côté un peu kitsch, en sélectionnant le très bon doublage japonais, l'ensemble possède un charme indéniable. Puisqu'on en est à parler de sa plastique, on est ici face à un rendu moderne dans la veine des productions Yūji Horii qui fait surtout écho à Dragon Quest XI, lui aussi développé sous UE4. Si les personnages et les monstres ont eu droit à un traitement de faveur avec de beaux drapés, des couleurs vives et de nombreux détails notamment dans la chevelure, on ne peut pas en dire autant des décors au travail trop souvent inégal. On ne compte plus les copier-coller d'intérieurs aux textures fadasses durant tout le jeu. Comme si les développeurs avaient manqué de temps ou d'argent pour finir le jeu. On regrette également l'absence d'un mode coopératif (jusqu'à trois joueurs sur SNES) là encore coupé au montage pour des raisons budgétaires.

Par contre on remercie Square Enix d'avoir convaincu Hiroki Kikuta de venir donner un coup de main pour la réorchestration sonore de cet épisode. Sans surprise, la monumentale bande originale reste impeccable et seul le thème de l'arbre Mana nous semble en retrait par rapport au reste.

25 ans plus tard, Trials of Mana n'a rien perdu de sa superbe et reste un jeu vidéo culte au rythme effréné. Que l'on ait dévoré l'original en son temps ou que l'on soit novice sur la série, si on accepte le shōnen à tous les étages et certains renoncements dans ses aspects purement technique, on passera à coup sûr un bon moment sur ce remake qui nous surprend à rêver, pourquoi pas, de nouveaux épisodes canoniques...

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