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Game of Thrones : le bilan

kimo par kimo,  email
 
Le temps passe et beaucoup de choses ont changé. Qui aurait pu s'imaginer que Telltales deviendrait le fournisseur officiel de produits dérivés pour d'autres séries et d'autres jeux ? La saison 1 de leur Game of Thrones s'étant achevée récemment, il est temps de faire le bilan.
Malheureusement (ou heureusement), ce qu’on craignait lors du test du premier épisode s’est trouvé confirmé par la suite. Telltale n’a finalement pas tenté de construire un jeu de stratégie ou de diplomatie autour de la série et de l’histoire qui y est racontée, mais s’est contenté d’adapter la recette de The Walking Dead à un autre univers.


 
Sauf qu'entre un road-movie intimiste centré sur un petit groupe de survivants où le joueur dirige un seul personnage, et une histoire aux multiples enjeux géopolitiques impliquant des royaumes entiers au travers de plusieurs personnages dirigeables, la différence d'échelle est notable. Si Walking Dead peinait déjà parfois à rendre son univers suffisamment crédible, à cause d'un gameplay limité et d'une mise en scène parfois poussive, Game of Thrones ne parvient pas à donner substance à un univers bien plus consistant.

Ainsi, malgré la pléthore de personnages que le joueur est amené à diriger, le mécanisme cause/conséquence reste ici le même que dans TWD. Les décisions sont toujours ramenées à un système de choix plus ou moins binaires dont les conséquences sont rapidement connues et n’entrent jamais en interaction avec celles prises par les autres personnages. On est donc libre de faire tout et n’importe quoi sans se soucier de coordonner une quelconque stratégie globale. Cette profusion de personnages semble plus là pour multiplier les rebondissements que pour donner l’illusion d’un monde bâti sur des relations et des décisions qui s’intriquent et s’influencent les unes et les autres. Pour le joueur, peu importe donc les parallèles entre les histoires, le jeu se déroule et se joue d’une façon purement linéaire. Le scénario tente ensuite de rassembler tout ça dans une continuité narrative qui peine un peu à agencer de façon cohérente tous ces bouts de récits hétéroclites. Sans cette articulation critique entre les actions et les motivations des différents personnages, le jeu perd en intensité, et il est bien difficile de s'intéresser également à chacun d'entre eux.



Le jeu ressemble d’ailleurs à un montage de séquences mal ajustées les unes avec les autres. Le principe d'écriture se résume à la fabrication d’un suspense bon marché, le plus souvent au dépend du rythme global de notre progression ou de notre immersion dans le récit. Dans les faits, ça se résume généralement à couper les scènes avant leur climax, histoire de produire une sorte de chantage à la suite. Les situations gratuites se multiplient alors pour renouveler constamment un effet d’attente sans jamais faire vraiment avancer un récit qui patine puis avance par à-coup. Si bien qu’après six épisodes, moult rebondissements et des détours un peu gros à avaler, le dernier épisode, qui ne fait que repousser la fin de l’histoire à une seconde saison à venir, n'est pas très surprenant mais fait quand même grincer des dents.

D'autant que le jeu ne parvient pas à compenser la faiblesse de sa narration par son gameplay, qui semble de plus en plus incohérent et erratique. Réduites à peau de chagrin, les séquences qui donnent au joueur le contrôle de son personnage sont anecdotiques et parfois même simplement affligeantes - comme celles qui nous font marcher 20 secondes en ligne droite dans un couloir. Au final, cette multiplication des points de vue dessert donc le jeu sur tous les tableaux. Elle ne permet pas l'invention d'un gameplay ni ne modernise la mise en scène poussive des productions Telltale. Au contraire, elle met en avant les incohérences du récit, la faiblesse du système de décision et le manque de moyens et de solutions du studio face à des récits de grande envergure. Pour un jeu censé faire la chronique d'un royaume, tout semble étriqué et raide, entaché d’approximations techniques et fait preuve d'un manque flagrant de moyens et de solutions.
Soyons honnête, il est toujours possible d'apprécier le jeu GoT, pour peu qu'on soit très indulgent. Mais pour nous, les vrais gamerz, même en solde, ça ne vaut plus le coup.
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