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Deus Ex : Human Revolution

Zaza le Nounours par Zaza le Nounours,  email  @ZazaLeNounours
"Deus Ex : Everytime you mention it, SOMEONE will reinstall it". Plus de dix ans après sa sortie, le jeu de Ion Storm Austin fait toujours partie de ces quelques titres que l'on peut qualifier de "cultes" sans exagérer. Alors que l'on fait tout pour oublier l'indigne Invisible War, le jeune studio d'Eidos Montréal nous a enfin livré sa version de Deus Ex, avec un troisième épisode prenant place avant le Deus Ex original.

Adam Jensen, grand brun ténébreux, ancien flic ayant rendu son badge et son arme à la suite d'une opération ayant mal tourné, bosse en tant que chef de la sécurité chez Sarif Industries, une des boites de biotechnologie les plus en vue en 2027. Il faut dire que celle-ci, grâce au talent de quelques uns de ses chercheurs, dont Megan Reed, l'ex d'Adam, est sur le point de prendre une avance considérable sur ses concurrents dans le domaine des augmentations biomécaniques. Bien loin des nano-augmentations du Deus Ex de 2001 (Human Revolution se place après tout vingt ans avant les aventures de JC Denton), ces prothèses en ferraille bien voyantes sont l'apanage des plus riches, les seuls à pouvoir se les offrir et surtout à pouvoir ensuite se payer les médicaments nécessaires pour empêcher le rejet par leur corps de ces implants.



Ironie du sort, Adam Jensen, pas un fervent défenseur de ces augmentations, va pourtant se faire copieusement charcuter et "augmenter" par ses employeurs à la suite d'une attaque contre les locaux de Sarif qui l'a laissé en bien piteux état : nouveaux membres, nouveaux organes, la totale. Devenu moins qu'un homme ou plus qu'un homme, selon le point de vue, Adam a pourtant eu plus de chance que Megan Reed et quelques autres scientifiques, qui n'ont pas survécu à l'attaque. Notre vigile en chef va donc se lancer dans une enquète pour découvrir qui se cache derrière cette attaque et, Deus Ex oblige, se retrouvera bien vite à faire le tour du globe, coincé au milieu d'une intrigue mêlant diverses mafias, industriels véreux et autres conspirateurs de l'ombre.


Le choix dans l'Adam


Si les premières minutes du jeu nous feront incarner un Adam encore en possession de tous ses membres de chair et de sang, c'est une fois que ceux-ci auront été remplacés par leurs équivalents mécaniques que le gameplay va se débrider. Ces augmentations pourront être toutes améliorées, afin par exemple de rendre Adam plus performant lorsqu'il pirate des ordinateurs, de le faire courir plus vite ou sauter plus haut, ou encore de voir les ennemis à travers les murs. Ces améliorations dormantes pourront être activées au moyen de points Praxis, achetés à prix d'or dans les cliniques Amplib ou obtenus après avoir gagné un certain nombre de points d'XP. Vous accumulerez ces points d'XP pour tout et n'importe quoi : réussir une mission, bien sûr, mais aussi effectuer des headshots ou épargner un ennemi en l'endormant plutôt qu'en le tuant, explorer les moindres recoins des environnements où encore accomplir un objectif d'une manière plus ou moins détournée. A contrario du premier Deus Ex, il ne sera pas ici question de faire face à des choix cornéliens au moment de choisir quelle augmentation améliorer, puisque les points Praxis peuvent être dépensés sur n'importe quel organe augmenté. Néanmoins, même en la jouant finaud, il ne faut pas espérer récupérer assez de Praxis pour améliorer tout à 100%, et il faudra bien à un moment ou un autre choisir quelles augmentations privilégier en fonction de votre style de jeu : les bourrins qui tirent d'abord et interrogent ensuite les cadavres choisiront de renforcer leur résistance aux balles et de s'offrir le canon Typhon, alors que les geeks pacifistes boosteront leurs compétences de piratage et leur furtivité.

Si certaines de ces améliorations ne coûtent rien en terme de consommation énergétique, les autres en revanche videront vos batteries à grande vitesse - des batteries dont il sera possible d'augmenter la capacité ou la vitesse de rechargement à l'aide d'augmentations. Les barres à grignoter pour faire le plein étant de plus relativement rares, il faudra savoir utiliser ses augmentations avec parcimonie, pour ne pas se retrouver à sec à un moment forcément inopportun.



Ainsi, pour atteindre son objectif, il sera possible de bêtement foncer dans le tas en tirant sur tout ce qui bouge, d'y aller plus en finesse en passant par la ventilation ou en désactivant les systèmes de sécurité en piratant les ordinateurs au moyen d'un mini-jeu plutôt bien pensé, ou même de la jouer diplomate en employant les bons mots auprès de la bonne personne, éventuellement en s'aidant des augmentations facilitant les interactions sociales. Bien sûr, ces possibilités récurrentes finissent par avoir un petit côté assez artificiel, mais on se réjouit néanmoins du sentiment d'avoir le choix d'avancer un peu comme on le souhaite plutôt que comme les créateurs du jeu l'ont voulu. D'autant plus que comme dans tout jeu se voulant un minimum RPG, les actions du joueur auront la plupart du temps des répercussions à plus ou moins court terme : là aussi parfois un peu artificielles, celles-ci parviennent néanmoins à donner le sentiment de ne pas évoluer dans un monde figé où rien n'a de conséquence.

Enfin, au delà des missions de la storyline, il sera possible d'accomplir un certain nombre de quêtes annexes. Certains NPC, croisés plus ou moins par hasard dans les villes, vous confieront des missions que vous pourrez tout à fait refuser, au risque alors de manquer des pans entiers de l'histoire - sans parler des précieux points d'XP. Assez peu nombreuses, ces missions annexes ont néanmoins le mérite de ne pas avoir été baclées et ne se limitent pas à des quêtes Fedex bouclées en cinq minutes.


Padam ta gueule


À moins de se fixer comme objectif de ne tuer personne, les gunfights occupent une place très importante dans Deus Ex : Human Revolution. On se rappelle que ceux du premier épisode n'étaient pas spécialement brillants, la faute à une IA aux fraises et à des flingues sans aucune sensation de puissance. Les affrontements sont en revanche ici un peu plus agréables, même si il ne faut pas non plus se lancer dans le jeu en espérant prendre part à des affrontements dantesques.

Comme il faut bien vivre avec son temps, Eidos a rajouté dans son jeu une barre de vie qui remonte toute seule en quelques secondes, et un système de couverture piqué sur celui de Rainbow Six Vegas : Adam peut se coller à n'importe quel mur et ce faisant, la vue passe alors à la troisème personne, ce qui permet d'observer plus aisément quels danger nous attendent. D'une pression sur un bouton, on fait sortir sa tête et son bras armé pour canarder les vilains ; avec un autre bouton, on effectue une petite glissade pour passer au couvert suivant. C'est efficace, ça marche bien et on ne prend presque jamais ce système en défaut... mais forcément, ça rend aussi le jeu beaucoup plus facile. On aurait préféré une vue bloquée à la première personne, avec éventuellement un système de couverture à la Killzone, d'autant plus qu'Adam est quand même loin d'être dépourvu de gadgets facilitant sa progression : de base, son radar indique la présence des ennemis alentours, la direction de leur regard ou encore leur état d'alerte, et des augmentations permettent d'augmenter la portée de ce radar ou encore de voir à travers les murs. On regrettera également les cut-scenes en vue à la troisième personne qui interviennent lorsqu'on se lance dans une attaque au corps-à-corps, celles-ci ayant tendance à vite se répéter.



Malheureusement, même si vous avez choisi de vous la jouer Gandhi mécanique, vous serez quand même obligés de sortir votre flingue de son étui lors des affrontements contre les bosses. Assez mal foutus avec leurs petits niveaux étriqués et globalement inintéressants, on se demande un peu ce qu'ils viennent faire ici, d'autant qu'il n'existe presque aucun moyen détourné d'en venir à bout.

Pour venir à bout de ses ennemis, le joueur amateur de flingues aura à sa disposition un joli catalogue d'armes : petit pistolet ou gros revolver, fusil à pompe, canon scié, pistolet-mitrailleur, fusil d'assaut, fusil de snipe, arbalète et fusil tranquillisant, et même quelques armes plus expérimentales vers la fin de l'aventure, sans oublier quelques explosifs. À l'instar du héros, il sera possible d'améliorer la plupart d'entre elles afin de les rendre plus précises ou plus discrètes, quand ces améliorations ne rajoutent pas des fonctions comme des balles explosives ou à tête chercheuse. Il ne sera pas possible de tout emporter avec soi : bien que lui aussi puisse être amélioré, l'inventaire reste assez limité, et il faudra donc là aussi faire des choix, en tenant compte également de la place prise par les munitions. Des munitions que l'on trouvera régulièrement dans les niveaux, si bien qu'on se retrouvera rarement avec des armes vides, à moins bien sûr d'avoir la gachette un peu trop facile.


Adam de sagesse


Bien qu'aucun personnage ne soit réellement attachant ni ne dispose d'un background très développé comme ça pourrait être le cas dans un "vrai" RPG, la narration est dans l'ensemble excellente et les nombreux dialogues très bien écrits, ce qui permet de s'immerger dans cet univers futuriste-mais-pas-trop très travaillé et cohérent. Entre deux missions, on pourra ainsi déambuler à peu près librement dans les villes-hubs, malheureusement assez peu nombreuses mais néanmoins relativement vastes (n'attendez pas un GTA futuriste quand même), afin de se lancer dans une des missions annexes, de parler avec les nombreux NPC, ou de glaner des informations et de récupérer du matériel. Là encore, le joueur a le choix, et pourra explorer les niveaux de fond en comble s'il le souhaite, tout comme il pourra foncer en ligne droite d'un objectif à l'autre sans se préoccuper de ce qui l'entoure.



Cet univers est rendu d'autant plus immersif grâce à la formidable direction artistique dont bénéficie le titre. Bien sûr, il faut aimer l'orange et ses déclinaisons, étonnament nombreuses, mais il est indéniable que Deus Ex : Human Revolution bénéficie d'un style unique, qu'il s'agisse des environnements traversés ou des personnages clefs du scénario. On regrettera néanmoins le manque de réelle différenciation entre les lieux traversés par Adam : de ce côté-là, le premier Deus Ex faisait mieux.

Malheureusement, l'aspect purement technique de Deus Ex : Human Revolution dessert son esthétique bien lêchée. Le jeu n'est jamais vraiment laid, mais son moteur fait très vieillot, avec ses textures bien peu fines et ses personnages assez grossiers et pas très bien animés. On se demande un peu pourquoi Eidos Montréal n'a pas choisi de suivre les traces du premier Deus Ex, qui à l'époque tournait sur la première version de l'Unreal Engine : bien maîtrisée par des artistes indéniablement talentueux, la dernière version du moteur d'Epic aurait incontestablement fait des merveilles et aurait très probablement transcendé l'aspect artistique au lieu de le tirer vers le bas. La partie sonore n'a en revanche pas été baclée : à condition de jouer en VO et à quelques exceptions près, les dialogues des très nombreux personnages sont déclamés avec conviction. Mais la vraie star reste la bande son elle-même : les compositions sont vraiment superbes et parfaitement appropriées à cet univers. Les amoureux du premier épisode ne manqueront pas d'ailleurs de reconnaitre dès la première note les quelques extraits des musiques d'ambiance de Deus Ex que l'on pourra entendre en quelques occasions dans ce Deus Ex : Human Revolution.

Autant ne pas tergiverser : malgré quelques points noirs comme des combats de bosses ratés et un aspect technique assez limite, Deus Ex : Human Revolution est une incontestable réussite, le digne descendant d'un titre mythique que l'on attendait depuis plus de dix ans. La jeune équipe d'Eidos Montréal nous livre une jeu d'une très grande qualité, doté d'une richesse dans son gameplay qu'on pensait ne plus jamais retrouver à l'heure des grosse productions sans âme où tout est prémaché pour que le joueur en prenne plein les yeux sans se fatiguer. Ici, la profondeur du jeu ne se révèlera qu'à ceux qui iront la chercher, et les différents aspects du gameplay s'imbriquent de bien belle manière pour former un tout cohérent, parvenant à embarquer pendant une vingtaine d'heures le joueur dans un scénario bien ficelé tout en lui laissant suffisamment de liberté pour lui donner l'impression d'être un véritable acteur et non pas simple spectateur.
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