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[Unplugged] Isle Of Skye

javierulf par javierulf,  email  @javierulf
 
Tous les spécialistes le disent, passer 24h/24 devant un écran est moyennement bon pour le teint. Mais ce serait dommage de devenir productifs en arrêtant de jouer pour autant. Pour vous aider à mettre ce temps à profit, Factor propose sa chronique Unplugged. On y cause jeux de plateaux, de cartes, et autres machins impossibles à télécharger sur Steam.
Vous avez toujours rêvé de devenir Roi d’Écosse ? Non ? Moi non plus. Pourtant c’est ce qu’Isle of Skye - de Laird à Roi, tente de vous vendre. Le thème ne fait pas fondamentalement rêver, mais il est tellement peu présent qu’on n’y prêtera pas plus attention que cela. C’est le genre de jeu qui repose sur une mécanique bien pensée et une rejouabilité importante plutôt que sur une immersion via un thème fort. Un jeu à l’allemande par un Allemand dispo en français depuis quelques semaines grâce à l'éditeur parisien Fun Forge. Son auteur, à l’origine de l’excellent Mombasa et du plus accessible Broom Service, élu Kennerspiel des Jahres en 2015, a des idées en or ces dernières années. C’est d’ailleurs certainement pour cela qu’Isle of Skye vient d’être nominé à son tour au Spiel des Jahres de cette année.

Pour faire simple, Isle of Skye est un jeu d’enchères et de pose de tuiles avec objectifs à suivre et bonus à récolter.

Chaque joueur va avoir la possibilité d’acheter une tuile chez un de ses voisins parmi 3 tuiles présentes devant le paravent de chacun. Secrètement, chaque joueur fixe un prix pour 2 de ces tuiles, matérialisé par des pièces récoltées durant la phase de revenus. La troisième tuile sera défaussée, un jeton hache est placée devant pour l’indiquer. Une fois révélée, le premier joueur peut choisir d’acheter une tuile chez un adversaire ou de passer son tour. C’est à ce moment que vous croisez les doigts pour qu’un de vos adversaires achète ce qui est devant vous. Ou pas. C’est cette mécanique qui fait tout l’intérêt du jeu. Si il décide d’acheter chez vous, il paye le montant indiqué, vous récupérez ainsi la totalité des gains, vous fixez une tuile à 3 sous, le joueurs vous paie 3 sous, vous avez 6 sous et donnez la tuile. Par contre, si à la fin du tour il vous reste une ou deux tuiles, vous les gardez pour vous mais devez défausser l’argent ! Or si personne ne les a achetées à la base, c’est que ces tuiles sont certainement d’un intérêt limité, ou alors que vous les avez fixé à un prix trop cher. Bref, vous pouvez facilement faire faillite si vous êtes trop gourmand. L’équilibre entre deviner ce qui va intéresser vos adversaires et fixer le prix juste sera crucial pour ne pas se retrouver avec des tuiles inutiles et sans le sous. 



Une fois vos tuiles achetées, il faudra assembler votre île en accolant les 3 terrains possibles ensemble (mers, prairies, montagnes). Contrairement à un jeu comme Carcassonne, le fait que les routes ne soient pas connectées n’est pas un problème, bizarre, mais c’est ainsi.  

Isle of Sky

Le jeu vous rappelle que vous êtes en Écosse car le seul moyen d’augmenter ses revenus est de connecter votre châteaux, seule tuile en votre possession au début du jeu, avec des distilleries de whisky. Dans ce cas particulier, il faut que les routes soient connectées. Toutes les distilleries connectées au château vous apportent 1 or en phase de revenu. 

Le choix des tuiles et la construction de votre île ne se fera pas par hasard mais en s’inspirant des 4 objectifs communs présents sur le plateau central. À chaque tour, il faudra remplir dans la mesure du possible 1, 2 ou 3 de ces objectifs afin de remporter des points de victoire. Chacun de ces objectifs sera au final décompté 3 fois pendant les 6 tours de jeu. Malgré une liste explicative, on peut parfois regretter le manque de clarté de certains de ces objectifs parfois sujets à interprétation. 



En dernière position, à partir du troisième tour, vous remportez plus d’argent en phase de revenus pour vous aider à revenir dans la course. Hélas, cela ne semble pas être suffisant, la personne prenant la tête va avoir tendance à la conserver un bon moment, souvent jusqu’à la victoire finale. Souvent, car des bonus de fin de parties sont décomptés à la toute fin. Ces bonus sont inscrits dans des parchemins présents sur les tuiles en jeu. Il suffit qu’ils soient dans une « zone complétée », c’est-à-dire une zone de terrain fermée, et les points rapportés seront alors doublés. Ces tuiles sont très demandées et auront tendances à être défaussées même si certaines passeront par les mailles du filet.

Vous verrez sur la boite qu’il est possible de jouer de 2 à 5 joueurs. Il est fortement déconseillé d’y jouer à 2 joueurs, dans cette configuration, le jeu n’a aucun intérêt. 
Au final, la nomination de ce jeu au Spiel des Jahres est logique, Isle of Skye est un jeu accessible qui pourra se jouer en moins d’une heure. Pas très complexe mais qui pourra se renouveler facilement grâce aux très nombreuses tuiles objectifs. À caler dans la catégorie filer/gateway game.