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Un Rédacteur Factornews vous demande :

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Le DLSS passe la cinquième
GTB
Membre Factor
Membre 2222 msgs
kakek a écrit :
Bah tu vois ce que tout le monde reproche au filtre DLSS 5 de lui rajouté ? Ben moi je le percevai de base. Apparemment quand on dit que le filtre l'hyper-sexualise, pas de problème. Quand je dis que c'était déjà le cas, et que que ce filtre ne rajoute rien qui n’était pas déjà dasn le design, c'est mal.


Hm, tu me sembles prendre des raccourcis là. Du peu que j'ai perçu des retours du DLSS5 sur Grace, ça ne parle pas d'hypersexualisation non présente sans, mais de l'application d'un filtre normatif. C'est pas la même chose. Elle a un certain visage sans, et un autre visage avec...qui relève (par définition de l'outil) non pas d'une volonté d'artiste, mais d'une application automatique non controlée de modifications...bref l'application d'une estimation de ce qu'une "upgrade" de son visage devrait être (par un outil). Et s'interroger sur le fonctionnement de l'algo qui décide de ça me semble légitime, puisqu'il peut conduire à une standarisation/uniformisation par défaut.
Perso, ce que je me suis dis en premier devant la vidéo, c'est qu'elle n'avait pas le même visage. Que c'était pas la même Grace. Comme beaucoup j'imagine. Et ça veut bien dire que ça veut dire.
Avec DLSS5, Grace a des lèvres plus pulpeuses. Plus rouge également. Son regard est modifié, elle a les yeux légèrement plus grands. Son maquillage ressort un peu plus, un peau moins blafarde. C'est pas le jour et la nuit, on est d'accord, mais il y a pas besoin de ça pour qu'un visage ne soit plus vraiment le même et dégage autre chose. En design le détail c'est pas anodin. De la même manière que tu peux prendre un visage sans maquillage, le même légèrement maquillé, et le même avec un max de maquillage "à la mode". Même structure de base, pas le même rendu, pas les mêmes impressions.
DLSS5 ou pas, Grace n'est pas un personnage féminin sexualisé. Et tomber sur la tronche de l'originale juste parce qu'elle est pas dégueu à regarder...pour moi c'est franchir la frontière du regard attentif pour basculer sur quelque chose de moins glop. On peut peut-être éviter de passer de "sois belle et tais toi" à "interdiction d'être belle". De mon point de vue c'est pas la même chose. Râler dès qu'un perso féminin est un tant soit peu jolie ne me semble pas être une approche plus moderne que de râler dès un personnage ressemble à Jordan d'Intergalactic ou qu'Aloy a un visage plus rond.

Elle est pas jolie. C'est un top modele, elle est completement hors norme. Il ont juste été un peut subtils sur la sexualisation. Ça a visiblement marché, il a fallut le filtre de nvidia pour que ca saute au yeux.


Mouai, là on va pas être d'accord. Tu peux le penser, mais c'est de l'opinion. Grace est une belle, certes, mais faut pas déconner. Comme je le disais, rien dans le design cherche à venir titiller le mâle, et rien dans la façon dont elle est traité ne porte un regard sexualisant. Maintenant si certains fantasment sur elle....bah écoute j'ai envie de te dire que la règle34 te prouve qu'on peut fantasmer sur tout et n'importe quoi, même une fougère, donc bon. C'est côté spectateur que ça se passe parfois, tout simplement. Et shamer ce genre de design, sous couvert de sexualisation insidieuse, c'est prendre le chemin glissant de shamer les femmes jolies juste parce qu'elles sont jolies (avec toute la subjectivité que ça porte en plus, perso la plupart des top-model ne sont absolument pas dans mes canons).
Avoir des persos féminins jolies n'est absolument pas un problème en soi, faut-il le rappeler ? Le problème des persos féminins dans les jv, entre autres, ne se situait pas là. Il n'y avait pas d'autres modèles, ça c'était un problème. Et la manière de représenter de la beauté (que ce soit dans le traitement écriture et l'imagerie, où elles n'existaient que par et pour cette beauté), ça c'était un autre problème.
Grace n'a aucun de ces problèmes. Elle est juste assez joli, c'est tout. Il y a rien de plus. Et vu le passif de la licence avec les persos féminins, c'est pas rien comme pas en avant.

En fait au début j'ai eu cette impression. Mais a bien regarder, ca applique un rendu aussi photoréaliste que l'IA sait faire. Ni plus ni moins. Ca respecte les DA, dans le sens ou ça ne vas pas transformer les architectures, les costumes, les environnements ... La lumiere, un peut, c'est peut etre ce qui gene le plus en fait. Mais d'un autre coté c'est le but ...
Mais en revanche, si la DA n'est volontairement pas photorealiste, bah la oui, par essence ca ne vas pas coller je suppose.
Il faudrait que ce soit appliquer a un jeu qui ne se voulait pas photoréaliste pour se rendre compte. Mais pour l'instant, ils n'ont evidement choisi que des titres qui visaient ca, avec plus ou moins de succés.


Le DLSS5 applique un filtre qui modifie plus ou moins, fonction de la base et de ce qu'il estime avoir à upgrader. Sur Grace ça donne donc un résultat pas tout à fait dans la DA d'origine, parce qu'il applique ce qu'il a appris. Sur les environnements, idem, il vient réhausser les lumières et accentuer les contrastes (sûrement par définition du beau selon son apprentissage), et ce même quand ça n'a aucun foutu sens. Parce que le DLSS5 reste un outil qui n'a pas de conscience de l'image dans son ensemble, il applique c'est tout. C'est impressionnant techniquement. Et ça aura très probablement son utilité. Mais aussi ses limites. On en voit déjà, et il y en aura d'autres. La question est : est-ce qu'il aura plus d'utilité que de limites. Pour l'heure, ça reste à démontrer. Est-ce que c'est pas juste un gadget "laisse moi faire à ta place" qui sera du good enough un peu gourmand pour pas grand chose ?
 
kakek
Membre Factor
Membre 1862 msgs
Je peut te rejoindre.
J'ai eu trois phase de changement d'opinion sur DLSS5 / Grace.
1er temps : Wow, ca la transforme en appeau a obsédé. Premier reflexe instinctif.
2eme temps : Quand j'y réfléchit, j'avais tiqué sur le fait qu'elle était un peut trop top model dés les premières images du jeu. Mais je m'en foutait un peut, autant que leon, donc je n'avais pas relevé plus que ca. Par contre, je me suis dit que peut etre il ne fallait pas reprocher au DLSS 5 de ne faire que révéller ce qui etait déjà là et juste subtil.

et là a re-regarder encore ca ce soir 3eme temps : Ouais mais non, le DLSS5 en remet bel et bien une couche. Elle est trop belle pour son rôle ( je trouve, je le maintient ) c'est une chose. Mais aprés tout c'était limite, mais trés subtilement dosé pour ne pas devenir abusé. En fonction du rendu, elle restait assez pale, pas maquillé. C'est bien le DLSS 5 qui rajoute un leger gloss, un teint plus maquillé.
Alors peut être qu'il arrive a ca en partant d'un modele qui, de base, s'y prettait ( le filtre n'a pas inventé les proportions quasi parfaites et la coiffure trés mode ). Mais la sexytude avait été dosée en tenant compte du rendu final. Si les devs avaient voulu que ce soit evident comme le rend le DLSS5, il l'aurrait fait de base. Ils pouvaient tout a fait.

Donc OK, même si c'etait presque la même chose avant ... ben ca l'etait presque seulement. Et ca n'etait pas un accident. Même si le DLSS5 ne trahit pas fondamentalement le modele d'origine, il le fait basculer au delà de la limite que les dev avait soigneusement frolée.
 
Fernand
Membre Factor
Membre 135 msgs
Bistoufly a écrit :
Mais Fernand, ça fait combien de temps que le terme "Art" ne désigne plus nécessairement des chefs d'oeuvres d'originalité qui bouleversent l'Humanité ? (merci, entre autre, à l'usage de l'anglais US qui bourrine toutes les notions et rend tout amazing)
Tu donnes l'impression de ne pas l'avoir encore intégré.

L'art n'a jamais désigné ce dont tu parles, ou alors peut être chez certains auteurs que je ne connais pas. J'en profite pour rappeler qu'aucun de mes posts ne mentionne la notion de nouveauté ou d'originalité, ni ne cherche à établir une hiérarchie quelconque entre les choses.
Le dernier basculement sémantique marquant date du XVIIIème. C'est à cette époque qu'il a cessé de désigner une maîtrise technique - ou son produit - pour catégoriser des pratiques (peinture, sculpture, architecture, etc..) auxquelles le jeu vidéo a officieusement été intégré par le ministère de la culture lorsque ses deux plus illustres représentants français ont été décorés de l'ordre des arts et les lettres. Je m'avance là dessus mais il me semble que cela coïncide avec le moment ou le vocabulaire employé pour parler des jeux, notamment par ceux qui les testent, délaisse le champ lexical technique pour y introduire la panoplie de termes d'autorité auxquels nous sommes aujourd'hui habitués (graphisme>direction artistique, scénario>écriture).
Cette compréhension du mot peine à me convaincre, je ne trouve son usage ni opportun ni fertile. Il me semble qu'il vise surtout à définir ce qui est légitime ou pas selon les institutions qui le décident, non en considérant l'objet produit mais la conformité d'une pratique: puisqu'il y a des artistes dedans, c'est bien de l'art, n'est ce pas?
Le mot "art" désigne surtout des choses très différentes suivant les individus. Je m'efforce de ne pas en faire usage car il est la garantie d'empêcher tout consensus sur le sujet qu'on voulait éclaircir, et bien sur de s'engueuler : l'art, personne ici n'en aura la même définition. Pour moi, ce qui distingue un divertissement d'une œuvre d'art, c'est que le premier comble un désir quand la seconde en ouvre un.

Maintenant on a des "Prompt Artists", ça fait relativiser, hein?

Je n'ai vraiment aucun problème avec ça. La pratique raisonnée du prompt ravive celle de l'ekphrasis, ce que je trouve intéressant et peut être même salutaire à notre époque où l'on produit un nombre absolument vertigineux d'images, et je n'adhère pas du tout au consensus selon lequel l'autonomie du modèle serait une fatalité. J'entends que les expérimentations qui méritent le coup d'œil sont noyées dans un océan de caca, mais ce n'est certainement pas une raison pour les y confondre ou les ignorer.

@Hell Pé
Je n'ai aucun grief contre Resident Evil. J'ai fait le 4 il y a longtemps, et je n'ai pas le souvenir qu'il fasse partie des quelques jeux que j'ai fini afin de pouvoir les haïr pleinement, comme ce fut le cas avec Expédition 33, ou, sainte purge parmi les purges A plague tale.
Je suis d'accord avec la majorité des points que tu énonces. Je ne nie pas la qualité de réalisation de la série, ni son caractère innovant, novateur ou inspirant pour d'autres titres du même genre. Je dois même pouvoir dire que je suis sorti satisfait de mon expérience, qu'elle était conforme qualitativement et quantitativement à mes attentes. Il se passe, je crois, plus ou moins l'inverse quand on traverse une œuvre d'art.
 
Bistoufly
Membre Factor
Membre 410 msgs
Fernand a écrit :

Beaucoup de mots pour dire que, toi-même, tu n'es pas bien sûr de ce qui ce cache derrière le mot "Art".

Et puis quand je parle de Prompt Artists, c'est juste pour mettre en évidence le fait que l'on plaque le mot artist sur tout et n'importe quoi.
Mais manifestement, tu n'as pas l'air d'y voir un quelconque problème ¯|_(ツ)_/¯

Je m’arrête là, et je m'en excuse mais ça me demande trop d'effort de te lire.
 
Fernand
Membre Factor
Membre 135 msgs
Merci pour tes remarques constructives.
Six pages de commentaires auront été déversées ici sans qu'aucun de ceux qui se disaient outrés par le massacre opéré par l'IA ne soient foutus d'exprimer précisément en quoi consistait la perte. Seul kakek s'y est risqué, non sans une certaine maladresse.
J'ajouterai qu'il est inutile de m'adresser personnellement une question si c'est pour jeter la réponse sous prétexte que "c'est trop d'efforts" de la lire.
 
Le vertueux
J'aime les films de karaté
Membre 6937 msgs
Tu ne veux pas employer le mot art, mais on voit bien que tu interprètes le mot à ta manière et tu lui attributs, chez les autres, un sens qu'ils ne cherchent pourtant pas à lui mettre.

Lorsque les gens ici utilisent le mot art, non ça n'est pas pour parler d'un "truc qui ouvre un vide" comme tu l'as dit avant d'éditer ton message. Ni même un truc qui ouvre un désir ou quelque chose qui fait l'inverse de satisfaire à des attentes.
Je dirais même que tu confonds ta définition personnelle du terme chef d'œuvre avec celui d'œuvre d'art à cause de la perception populaire que le terme œuvre d'art implique forcement une certaine valeur.
Mais non, dessiner des petits bonhommes sur son cahier pendant une réunion comptable, c'est bien de la pratique de l'art.

Quand le sculpteur 3d réalise le visage du personnage de resident evil par rapport à des dessins de référence d'un chara designer, c'est de l'art. Le mot n'est pas mal employé par les gens ici.

C'est pour ça que tu veux remettre en question l'idée que les intentions artistiques sont alternées, c'est parce que tu as un biais sur le terme.
Je pense que l'art dans son expression la plus simple ne t'intéresse pas du tout et qu'au final, une forme de visage plutôt qu'une autre te semble trivial car tu considères que l'art c'est autre chose.
Mais dans cette discussion, avec les autres personnes ici présentes, ça n'est pas le cas, si tu as des difficultés à te mettre à la place des autres, sache que certaines personnes sont sensibles à l'art dans ses formes les plus simples.
 
Sir_carma
Fils de pute ©
Redac 1315 msgs
Fernand a écrit :
Six pages de commentaires auront été déversées ici sans qu'aucun de ceux qui se disaient outrés par le massacre opéré par l'IA ne soient foutus d'exprimer précisément en quoi consistait la perte.


Tu te fous de la gueule du monde ? Plein de gens y ont répondu. Perso, j'ai pris le temps de te répondre courtoisement, de te donner mon point de vue de DA dans le JV pour essayer de t'expliquer pourquoi pour nous c'est une insulte/perte, pour essayer d'ouvrir le dialogue avec toi, et tu n'en as pas voulu.
Mais bon, continue de faire l'offusqué. Tu m'as perdu là.

Et surtout je sais pas pourquoi tu as commencé un nouveau débat sur l'art, c'était pas le sujet.
Ton ton condescendant ne joue pas en ta faveur non plus. Pète un coup mec.
 
Fernand
Membre Factor
Membre 135 msgs
Le vertueux a écrit :


Tu as raison, dans l'usage courant "art" désigne effectivement la pratique technique, le savoir-faire, le geste. C'est un usage légitime et ancien, c'est même l'usage originel que j'ai moi-même rappelé.

Le problème c'est que tu utilises cette définition large et humble pour défendre la notion d'"intention artistique" dans un contexte où elle était invoquée avec des prétentions beaucoup plus élevées. Max ne disait pas "le sculpteur 3D a fait des choix techniques", il parlait de culture abyssale et de goût inexistant. On n'invoque pas la culture abyssale pour défendre des petits bonhommes sur un cahier.
Tu fais un glissement de définition en cours d'argument. On a commencé avec une acception haute pour justifier un jugement de valeur, tu te replies sur l'acception large pour me faire porter élitisme et déficit d'empathie.

Ce faisant tu me prêtes des positions que je n'ai jamais tenues, voire je j'ai déjà contredites. A aucun moment je ne dis que l'oeuvre d'art est supérieure au divertissement, je dis qu'il font des choses différentes. Un divertissement qui comble parfaitement un désir est une réussite dans sa catégorie. Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est une distinction fonctionnelle. Distinguer n'est pas hiérarchiser. Comme si nommer une différence impliquait automatiquement une condescendance envers le terme inférieur de la distinction. Ce qui est une façon de rendre toute pensée conceptuelle suspecte moralement, et donc de l'interdire sans avoir à y répondre.

@sir_karma
Je t'ai répondu plus haut sans agressivité.
 
Xerxes1138
Membre Factor
Membre 5 msgs
Le vertueux a écrit :
Quand le sculpteur 3d réalise le visage du personnage de resident evil par rapport à des dessins de référence d'un chara designer, c'est de l'art. Le mot n'est pas mal employé par les gens ici.


C'est ce que j'allais dire également !

Pour ma part ce que je mets derrière le mot art c'est, artisanat, savoir-faire, technique, qui au final constitue une œuvre créer par une personne avec ses biais et ses filtres de perceptions.

La littérature est un art, tout comme le théâtre, le cinéma ou la peinture etc et à mes yeux le jeu vidéo aussi.

Le problème fondamental pour moi des IA génératives n'est pas tant que ce soit des machines à régurgiter mais qu'on perd cet aspect artisanal.

En tant que personne travaillant dans ce milieu depuis plus de 15 ans c'est difficile pour moi d'entendre que quelque chose produit par une IA générative vaut autant que le travail d'une ou plusieurs personnes, ça n'a pas de sens.

Qu'on s'en serve pourquoi pas, que ce soit un outil utile pourquoi pas, je n'ai rien contre en soit mais qu'on nous vende ça comme le truc qui va tout changer et dont on ne pourra plus se passer je ne suis pas d'accord.

Pour reprendre l'exemple de la 3D, quand je modélise une arme par exemple je ne prétend pas que ce soit une œuvre ou une master piece qui aura sa place au Louvre c'est pas vraiment le sujet mais je fais bien de l'art, j'exerce mon art pour produire quelque chose.

Même chose quand je programme un shader pour reproduire le rendu de la lumière à travers de la peau pour des personnages, je vais observer mon environnement, faire ma synthèse, ce sera bourré de biais et le résultat ne sera surement pas aussi parfait mais peu importe ça vient de moi, j'ai exercé mon art pour faire quelque chose.

C'est ce qui me plait quand je lis un livre, une BD ou que j'écoute de la musique ou que je regarde un film, ce sont des gens derrières.

Je trouve ces outils intéressants mais je ne souhaite pas qu'ils remplacent la partie humaine sous prétexte que c'est mieux ou plus jolie ou autre.

C'est ma vision après, je crois aussi qu'il faut essayer de voir les nuances dans tout ça et cela pose la question de la finalité de l'usage des IA génératives dans la création.

Qu'est-ce qu'on veut faire ? Produire plus pour vendre plus ? Allez plus vite pour faire plus ?
 
Bistoufly
Membre Factor
Membre 410 msgs
Fernand a écrit :
J'ajouterai qu'il est inutile de m'adresser personnellement une question si c'est pour jeter la réponse sous prétexte que "c'est trop d'efforts" de la lire.

Une question rhétorique n’attend pas de réponse, en fait.

Je t'ai cité pour qu'on sache à quoi et de qui je parlais. Tout simplement. Et surtout pas pour partir sur des grosses logorrhées qui finissent systématiquement par me perdre et me lasser. Mais j'aurai dû m'abstenir, effectivement.

J'arrête là (pour de bon ^^)
Je te laisse le plaisir de finir l'échange, ça semble important pour toi.
 
Sir_carma
Fils de pute ©
Redac 1315 msgs
Moi aussi j'arrête là. Le débat aurait pu être intéressant mais avec autant de mauvaise foi et ce peu d'empathie, j'abandonne.
 
Le vertueux
J'aime les films de karaté
Membre 6937 msgs
Le problème c'est que tu utilises cette définition large et humble pour défendre la notion d'"intention artistique" dans un contexte où elle était invoquée avec des prétentions beaucoup plus élevées. Max ne disait pas "le sculpteur 3D a fait des choix techniques", il parlait de culture abyssale et de goût inexistant. On n'invoque pas la culture abyssale pour défendre des petits bonhommes sur un cahier.


Je ne crois pas que les prétentions étaient beaucoup plus élevées, je pense que c'est toi qui minimise l'effet que peut avoir l'art dans son expression la plus simple. Je ne crois pas que Max prétend voir dans le visage du personnage de Resident Evil l'expression de l'art dans sa forme de culture la plus ultime, mais il considère que c'est une expression artistique suffisamment importante pour qu'une alternation aussi profonde soit un problème, à la fois par empathie pour les artistes sur le projet, mais aussi par rapport à ses gouts en matière d'art.
Alors que pour toi, tu t'en fout, tu as même besoin qu'on t'explique quelles sont les intentions artistiques tellement ça n'a pas d'importance pour toi, c'est un divertissement comme le foot, ça n'est pas de l'art.


A aucun moment je ne dis que l'oeuvre d'art est supérieure au divertissement [...] , je dis qu'il font des choses différentes.


Une œuvre d'art peut avoir pour fonction de divertir, je dirais même que dans l'Histoire de l'art c'est globalement sa fonction principale. Divertir, plonger dans un univers, s'évader, passer le temps, c'est bel et bien l'une des fonctions potentielles, mais pas obligatoires, de l'art
Donc non, ils ne font pas forcement des choses différentes, on ne peut pas faire une telle généralité. D'autant plus si l'objet en lui même, le divertissement, est composé d'élément résultant de l'expression artistique.
 
Fernand
Membre Factor
Membre 135 msgs
Le vertueux a écrit :

"L'art dans son expression la plus simple": le visage modélisé de l'héroïne d'un jeu dont le budget dépasse les 80 millions de dollars, inaccessible pour raisons économiques à plus de deux tiers de la planète, et qui se paye le chic de se faire passer pour de l'art populaire. "Dans un monde intégralement renversé, le vrai est un moment du faux", disait Debord.
Quant à l'empathie pour les créateurs, on peut tout à fait défendre leurs conditions de travail, dénoncer leur précarité face à l'automatisation ou militer pour que soient garanties pour tous des conditions de vie décentes, sans pour autant valider la revendication d'un statut artistique qui sert surtout l'industrie qui les emploie et les institutions qui l'ont imposée comme une évidence.
 
Le vertueux
J'aime les films de karaté
Membre 6937 msgs
"L'art dans son expression la plus simple": le visage modélisé de l'héroïne d'un jeu dont le budget dépasse les 80 millions de dollars, inaccessible pour raisons économiques à plus de deux tiers de la planète, et qui se paye le chic de se faire passer pour de l'art populaire


Ce que j'entends par l'expression artistique simple n'implique pas l'absence d'un éventuel cout, d'un effort, d'une formation pour le produire ni pour y avoir accès. Ici concrètement, ça reste des coups de stylets sur une tablette graphique pour produire une forme en fonction de choix esthétique filtré par les tics gestuels et biais de l'artiste. L'expression artistique est simple, les moyens eux, effectivement sont complexes, techniques, couteux.


Quant à l'empathie pour les créateurs, on peut tout à fait défendre leurs conditions de travail, dénoncer leur précarité face à l'automatisation ou militer pour que soient garanties pour tous des conditions de vie décentes, sans pour autant valider la revendication d'un statut artistique qui sert surtout l'industrie qui les emploie et les institutions qui l'ont imposée comme une évidence.


Oui, je crois que c'est ce qu'on te reproche, peut être as tu de l'empathie pour un travailleur en tant que force de travail, mais tu n'as pas d'empathie pour les sentiments de l'être humain vis à vis de ce qu'il produit, ce qu'il a contribué à faire au sein d'une équipe quand bien même le produit en question est industriel selon ta définition du divertissement.
 
Latium
Membre Factor
Membre 264 msgs
Mais moi, je n'ai jamais eu cette échelle de valeurs, je ne me suis jamais considéré comme un artiste. Graphiste, infographiste, illustrateur, etc.. La recherche de la vitesse et de l'homogénéité en équipe sont incompatibles avec ma conception profonde et sacralisée de l'art. Je suis surement vieux jeu.
On travaille dans des domaines artistiques variés, mais sans être des artistes.
Dans les années 2000 on parlait de "créatifs" pour tous ces métiers, je trouvais ça plus juste.
Mais depuis les années 2010 il y a a eu une anglicisation avec les concepts artistes et autres.
Je ne compte pas les fois dans ma carrière ou quand les huiles passaient nous voir ils se gargarisaient de dire "voila nos artistes" et où on trouvait ça un peu gênant.

Moebius refusait qu'on le décrive comme artiste, il n'acceptait que le titre d'auteur dessinateur. "Artiste" n'a pas toujours été une médaille.
Pour moi et c'est très subjectif, il y a une notion de sacrifice dans l'artiste qui accouche d'une œuvre en souffrant.
 
Le vertueux
J'aime les films de karaté
Membre 6937 msgs
Latium a écrit :

Pour moi et c'est très subjectif, il y a une notion de sacrifice dans l'artiste qui accouche d'une œuvre en souffrant.


Oui voilà, ce sont des visions romancées véhiculées par des débats d'opinions issus en partie de la période contemporaine et renforcées par un imaginaire historique autour de quelques figures de l'artiste en souffrance.
Mais la vérité c'est qu'il n'y a pas beaucoup d'artistes qui ressortent en souffrance de la création d'une œuvre.
Ça n'est pas que c'est subjectif, c'est que tu amènes une condition arbitraire, illégitime pour la validation de l'utilisation du mot artiste.

Et l'argument d'autorité avec Moebius ne vient pas appuyer la thèse, mais vient montrer à quel point les débats d'opinion ont inculqué cette notion de noblesse au point de briser l'envie de se revendiquer comme artiste.
 
Fernand
Membre Factor
Membre 135 msgs
Merci Latium.
Tout le jargon - complexe, pour le coup - dans lequel Le Vertueux essaye de me noyer n'exprime aucune idée. Ce qu'il décrit, c'est qu'un être humain a modélisé ce visage et pas un autre humain.
Ce qui est vrai de n'importe quel geste humain. C'est vrai du maçon qui pose ses briques, du chirurgien qui suture, du flic qui matraque et du Vertueux qui pose une pêche. Il s'empare de l'héritage conceptuel du XXème siècle - l'idée que le geste de désignation suffit, que l'intention de faire art fait art, que la frontière entre l'art et le non-art est une construction institutionnelle arbitraire -, mais évacue complètement la charge critique et subversive qui en faisait la raison d'être.

L'empathie a des limites raisonnables. Celle-ci en est une : quand quelqu'un utilise simultanément le vocabulaire de l'art pour se valoriser et le vocabulaire de la menace existentielle pour se victimiser, autour d'un objet qui est factuellement un produit industriel à 80 millions de dollars, l'empathie demande un effort qu'il n'est pas évident de justifier.
 
Le vertueux
J'aime les films de karaté
Membre 6937 msgs
Je ne vois pas pourquoi tu le remercies, des gens qui considèrent que l'art doit remplir certaines conditions de noblesses y en a des tas. Bistoufly l'a d'ailleurs fait remarqué.
Ils peuvent tous venir exprimer leur opinion ici sur ce qu'est l'art, ça ne changera rien au fait que c'est une définition non académique.

Ce qu'il décrit, c'est qu'un être humain a modélisé ce visage et pas un autre humain.
Ce qui est vrai de n'importe quel geste humain. C'est vrai du maçon qui pose ses briques, du chirurgien qui suture, du flic qui matraque et du Vertueux qui pose une pêche.


Bah non, car il y a bien un processus créatif de la part du modeleur où il injecte l'ensemble de ses connaissances, sa perception, sa dextérité, sa culture avec un objectif artistique en tête, celui de créer un rendu graphique qui va directement influencer l'atmosphère dans laquelle le spectateur va être plongé. Ça n'est pas le cas du maçon, du crs, ni de mes passages aux toilettes.

mais évacue complètement la charge critique et subversive qui en faisait la raison d'être.


Ah encore une nouvelle condition, l'art doit être subversif. Pourtant l'Histoire de l'art n'a que très rarement était subversif. Mais peut être que la plus part des courants artistiques ne sont pas de l'art ? Retirons les des livres sur l'Histoire de l'art, requalifions les en divertissement.

Mais cela dit, rien n'empêche d'utiliser des qualifiants péjoratifs autour du mot art. Je n'ai pas de problème avec ça. Je peux très bien accepter l'idée que l'on trouve une œuvre d'art médiocre.
Mais vouloir absolument trouver une définition vaseuse du mot en y rajoutant tantôt des notions un brin étrange d'ouverture d'un vide ? tantôt De l'opposition à la satisfaction, tantôt de notion de souffrance, puis maintenant du subversif, empêchera toujours un consensus. Il y a des définitions dans le dictionnaire, académiques, c'est celles ci qu'il faut utiliser, elles sont très simples.


Ici pour revenir un poil sur le sujet, ces visages sont bien une expression artistique, que l'on peut considérer comme médiocre, ça n'a pas d'importance, mais qui légitime l'idée que le filtre AI vient altérer intensément cette expression.

quand quelqu'un utilise simultanément le vocabulaire de l'art pour se valoriser et le vocabulaire de la menace existentielle pour se victimiser,

Pas compris cette phrase.

L'empathie a des limites raisonnables.


Soit on le ressent, soit on n'a pas la capacité à se mettre à la place des autres, au final ça n'est pas un choix, on n'y peut pas grand chose.
 
Fernand
Membre Factor
Membre 135 msgs
Le vertueux a écrit :
Je ne vois pas pourquoi tu le remercies...

Je remercie Latium pour deux raisons.
La première, c'est que son bref rappel de l'histoire du mot dans les milieux créatifs clarifie le glissement lexical dont je parlais plus haut, et l'identifie comme stratégie institutionnelle et industrielle, non comme reconnaissance spontanée d'une réalité.
La seconde, c'est que la position qu'il prend demande une certaine honnêteté sur soi-même, et que c'est un geste qui coûte quelque chose socialement lorsque qu'on parle depuis le milieu que l'on décrit.
Ce qui en fait le seul interlocuteur du fil qui ait répondu à ma question initiale par quelque chose qui ressemble à une pensée personnelle plutôt qu'à une défense de territoire.

Bah non, car il y a bien un processus créatif...

Je ne disais pas que le geste du modeleur et celui du maçon sont identiques dans leur nature, je disais qu'ils partagent la même propriété d'être humains, donc individualisés, ce que tu présentais comme suffisant pour définir l'"artistique". C'est cette propriété là que je réduis à l'absurde.
Sur le fond de ta réponse, "processus créatif, connaissances, perception, dextérité, culture", le chirurgien et le maçon remplissent exactement ces critères. Ils injectent l'ensemble de leurs connaissances, leur perception, leur dextérité, leur culture, avec un objectif précis en tête qui va directement influencer l'expérience de quelqu'un. Si l'on retire le processus créatif - quoique -, le flic n'est pas très loin de répondre aux critères. La seule différence que tu introduis, c'est l'"objectif artistique", mais c'est précisément ce qui est en question. Utiliser "artistique" pour définir ce qui est artistique, c'est une pensée circulaire.
Enfin, "créer un rendu graphique qui va influencer l'atmosphère dans laquelle le spectateur va être plongé", c'est aussi l'activité du décorateur d'intérieur, du concepteur de supermarché qui choisit l'éclairage pour favoriser les achats impulsifs, du scénographe d'un parc d'attractions ou du publicitaire chargé de communiquer les vertus d'un gel douche au grand public.

Ah encore une nouvelle condition, l'art doit être subversif...

Je n'ai jamais dit que l'art doit être subversif. J'ai dit que Duchamp et Beuys, dont tu travestis l'héritage, l'ont été en dynamitant la notion d'art. Et s'ils ont accompli ce geste, ça n'est certainement pas dans l'espoir qu'un siècle plus tard l'industrie culturelle et ses représentants s'invitent à flanquer le mot "art" sur de la modélisation 3d sous contrat pour Capcom.
Tu transformes une observation historique en prérequis que je n'ai pas formulé - c'est la troisième ou quatrième fois que tu me fais dire ce que je n'ai pas dit. C'est habile rhétoriquement, cela exaspèrera un peu plus ceux qui n'ont pas encore lâché ce fil, s'il en reste. Bien joué.

Mais vouloir absolument trouver une définition vaseuse du mot en y rajoutant...

C'est savoureux de s'entendre accuser d'utiliser des définitions "vaseuses" et "non académiques" alors que ta propre définition opératoire tout au long de la conversation n'a jamais été académique une seule seconde. Elle est entièrement construite pour les besoins de ta position: tu décris une sorte de phénoménologie du geste créatif bricolée à partir de vagues réminiscences, probablement des cours d'arts appliqués, peut-être un peu de Merleau-Ponty, certainement beaucoup de culture professionnelle du milieu. "Tics gestuels", "biais de l'artiste", "processus créatif où il injecte l'ensemble de ses connaissances", ça n'est dans aucun dictionnaire, dans aucune académie.
J'ai par ailleurs assumé plus haut cet écart avec l'académisme. Il y a tant de propositions plus fécondes et moins normatives que celles proposées par les dictionnaires (lesquels, d'ailleurs?) chez les philosophes ou les historiens de l'art.
 
peolio
Membre Factor
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Je remercie Latium pour deux raisons.
La première, c'est que son bref rappel de l'histoire du mot dans les milieux créatifs clarifie le glissement lexical dont je parlais plus haut, et l'identifie comme stratégie institutionnelle et industrielle, non comme reconnaissance spontanée d'une réalité....


https://www.youtube.com/watch?v=ZTeqM5gciH8&list=RDZTeqM5gciH8
 
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