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Gears Tactics

Rozzo par Rozzo,  email
Développeur / Editeur : Splash Damage The Coalition
Depuis son annonce, Gears Tactics était resté plutôt discret. Si l’on nous avait dit en 2019 que la série à la tronçonneuse légendaire allait venir marcher sur les plates-bandes de XCOM et se permettre lui claquer une petite torgnole, on n’en aurait pas cru mot. Et pourtant…
La deuxième licence phare de Microsoft, juste derrière celle du grand bonhomme vert, était cependant en perte de vitesse. Après avoir façonné le jeu de tir à la troisième personne et fait vibrer les joueurs de Xbox 360 grâce à trois opus de qualité, mais sans évolutions majeures, le saut à la next-gen ne s’était pas fait sans accrocs. Après un passage de flambeau de Epic Games à The Coalition, studio spécialement monté pour "faire du Gears", les épisodes 4 et 5, très beaux, mais au gameplay ronronnant, avaient fait de la série une ritournelle de notre médium adoré, loin de la place de fer-de-lance qu’elle voulait s’octroyer. (On se contentera poliment d'oublier Gears of War Judgement, épisode de transition, sous-traité par People Can Fly, sans vrai intérêt.)



Finalement, connaître la licence ou non n’aura pas vraiment d’importance, puisque Gears Tactics se situe chronologiquement avant Gears of War premier du nom (dont le scénario se résume de toute façon à « allons mettre une bombe sous terre et faisons la péter »). Soit quelque temps après l’Émergence, ce fameux évènement cataclysmique où toute la planète Sera a été envahie par les locustes, gros costaux un peu pâlots et surtout très violents. On y suivra Gabe Diaz, sorte de Marcus Phénix sans bandana et sans Dom pour l'accompagner (mais papa d’un des personnages de Gears 4 et 5), qui est appelé pour une mission qu’il ne peut refuser : abattre Ukkon, chef scientifique de l’ennemi, qui fabrique génétiquement des armes et puis… Et puis on s’en fout assez vite. Divisée en trois actes et peu intéressante, l'histoire se permet d’envoyer pas mal de cinématiques, mais dans son ensemble reste très largement oubliable. Ça tombe bien, on n’est pas vraiment là pour ça !

Dilatation Temporelle 

En regardant les captures d’écran du titre, le fan de XCOM - celui qui a l’habitude d’assister, impuissant, à la mort des soldats qu’il aime sous les coups critiques en difficulté iron man - sera peut-être surpris de trouver un jeu qui dans sa vue isométrique, son interface et son apparence ressemble tant à sa licence préférée. Autant abattre d’un tir à 80 % de précision le Brumak dans la pièce : oui, Gears Tactics s’inspire de XCOM. Oui, on va beaucoup le citer dans ce test, car c’est très difficile de faire sans : il en récupère beaucoup des mécaniques globales comme le mode « vigilance », le fonctionnement des tours, le système de points d’action, la personnalisation poussée des troupes et bien d'autres. Mais nous allons voir que très vite, on oublie la série de Firaxis, qui sert de socle et l’on accepte enfin le jeu pour ce qu’il est : Un Gears dont on aurait éclaté la temporalité.

Chaque mission dure une quinzaine de minutes, pendant lesquelles on va commander notre escouade de 4 hommes et femmes bodybuildés sur des champs de bataille reprenant la direction artistique de la saga. Chaque unité possède trois points d’actions (soit un de plus que dans XCOM). Chaque point d’action peut-être dépensé pour se mouvoir, tirer, ou utiliser une compétence. Autre différence fondamentale par rapport au maître, le fait de faire feu ne met pas fin au tour. Un soldat bien placé pourra donc appuyer sur la gâchette trois fois d’affilée si nécessaire. Ces deux choix de game-design déterminants font de Gears Tactics un jeu bien plus dynamique que son aîné. L’une des autres idées malines de Splash Damage est de « téléphoner » souvent les attaques des opposants, à la manière de Into The Breach. Les combattants ennemis auront une zone de vigilance, les rampant un cercle d’attaque autour d’eux.



Avoir réussi à transmettre le dynamisme de Gears of War dans un jeu tactique force déjà le respect. Mais là où le titre marque son empreinte, c’est dans sa capacité à toujours nous pousser vers l’avant. Là où XCOM 2 forçait le joueur en limitant les missions à un nombre de tours maximum sous peine d’échec, Gears Tactics est beaucoup plus malin. Comme dans le jeu de base, tirer sur les adversaires les fait tomber à terre. Il convient alors d’aller les achever au sol : on se met donc potentiellement dans une situation risquée. Sauf que dans Tactics, achever l’ennemi permet à tous les camarades de notre soldat de regagner un point d’action bonus pour le tour ! Le jeu incite donc toujours à aller vers l’avant de manière subtile, chaque prise de risque étant une opportunité qui en vaut la chandelle.

Parfois, à certains moments, on sent presque une dimension puzzle-game, dans laquelle on réfléchit aux mouvements optimaux à faire pour éliminer un maximum d’ennemis sur le tour sans trop s’exposer. Le côté de temps à autre aberrant de XCOM avec ces tirs à 96% qui échouent se ressent beaucoup moins ici, en partie parce que le tir est moins sacralisé. Même la présence d'un mode "iron man", dans lequel chaque action est définitive, semble moins soumise aux aléas des dieux du hasard. Si Didier, artilleur, rate son tir de sulfateuse à 89%, on peste, puis on re-clique pour retenter une nouvelle fois. 

Massacre à la tronçonneuse 

Et autant dire que rayon engins de mort, il y a de quoi s’amuser. Lanzor, Destructor, Retro-Lanzor, Sniper, mitrailleuse lourde, tout l’arsenal de Gears est là. Divisé en cinq classes (soutien, sniper, éclaireur…), disposant chacune d’un type d’arme prédéfinie ayant une utilité particulière, la composition d’équipe est primordiale. Cinq, cela paraît peu, mais chacune possède un arbre de compétence très touffu, qui propose environ quatre manières de jouer. Ainsi notre héros, estampillé « soutien » pourra tout autant être un médecin pur jus, qu’un appui feu capable de doper ses camarades et achever facilement les ennemis à terre. Ou bien être un peu des deux. Cette personnalisation ne s’arrête pas là : chaque Gears peut être modifié à volonté, équipé d’armes, d’armure proférant des bonus divers, mais aussi de cicatrices, bandanas et autres joyeuseries. 

La mécanique d’obtention de ces différents équipements est un peu archaïque. Sur le champ de bataille se trouvent des caisses que l’on peut récupérer, et qui après s’ouvrent dans l’intermission comme des loot-boxes. Même si l’on comprend que c’est un autre moyen de pousser le joueur à prendre des risques pour les récupérer sous le feu, on aurait préféré un système moins aléatoire et plus précis. Au rayon des petites déceptions, il faudra de plus citer une interface lourde, des menus peu ergonomiques. À vouloir en faire un produit qui puisse être joué aussi bien à la manette qu’au clavier-souris, les développeurs ne satisfont personne. Dommage.



Mais la plus grande absence, celle qui fait mal au coeur au fan de tueurs d’extraterrestres, c’est l’omission de tout le pan stratégique à l’échelle globale. Là où XCOM nous laisse une importante marge de manœuvre dans la manière de mener la guerre, en nous permettant de faire des investigations, aller chercher des survivants, sauver l’Afrique du Sud ou autres, Gears Tactics ne propose qu’une suite de missions, certaines principales, d’autres, facultatives, réunies autour d’une base mobile, dont on ne pourra rien personnaliser et c’est bien dommage. C’est sûrement pour cette raison qu’au bout d’un moment, ce Gears finit par lasser. Passé la découverte du système de combat et sa maîtrise, on perd l’effet de surprise et l’ensemble du bouzin commence à être redondant, malgré sa charmante qualité graphique.

Ici, on sent vraiment l’apport de The Coalition, le jeu étant très fidèle a la saga. On retrouve avec plaisir certaines des animations de mise à mort des précédents épisodes, les thèmes musicaux qui nous sont chers, les grognements et autres gargouillis. Il arrive toujours à rester lisible malgré tout, et même si on ne lance pas ce genre de titres pour ses graphismes, c’est un plus non négligeable que d’avoir de belles choses qui se déroulent sous nos yeux. 

Là où l’on pensait que la tactique tour par tour avait atteint une sorte de pinacle avec XCOM 2, le petit dernier de Splash Damage et The Coalition vient faire chanceler le château de cartes pour mieux les rebattre. Pour le moment, il manque encore à Gears Tactics une campagne plus fournie en matière de choix globaux et une interface digne de ce nom. Mais ce n’est pas bien grave, puisque l’essentiel est déjà là : un système de jeu solide, fidèle à ses origines, et diablement dynamique. Vivement la suite, qu’elle mette tout le monde d’accord. 

(Gears Tactics est disponible dans le XBOX GAME PASS sur PC, qui est, on le rappelle, à 4 €/mois en ce moment.)
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