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Un Rédacteur Factornews vous demande :

 
TEST

Le ROG Kithara se la joue hi-fi

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : HiFiMAN
Supports : PC / Mac / PS5 / Switch 2 / Casque audio
​Avec sa marque gaming ROG, Asus n'en est pas à son premier coup d'éclat en matière de pari osé. C'était le premier à s'associer à Microsoft pour sortir la ROG Xbox Ally X il y a huit mois. En ce début d'année, le constructeur secoue donc à nouveau les idées reçues en sortant un casque gaming qui fait deux pas en arrière, s'écartant de la course au sans-fil de ses concurrents pour proposer une bonne vieille solution analogique, conçue en partenariat avec l'un des leaders de l'audiophilie grand public, HiFiMAN. Mais si les audiophiles, vous savez, ceux qui payent leur câble d'enceinte 40 € le mètre. Eh oui, je n'étais pas prêt à tester ça, à me retrouver avec des grappes de câbles entre les mains et à rechercher le port jack sur mon Mac Mini en déballant la bête.
À l'intérieur de l'imposante boîte, on est tout d'abord accueilli par une connectique complète, à savoir des fiches jack 6,35 mm, 4,44 mm et mini-jack 3,5 mm qui permettront de connecter le casque sur toutes les entrées audio, de l'ampli au smartphone. À leur côté, un petit DAC USB-C maison assure la liaison avec les sorties audio/micro sur un PC, un Mac Mini dans mon cas ou une PS5 puisque le casque est aussi vendu comme compatible avec la console de Sony.

Sous l'imposant casque, on retrouve une double câblerie : un câble torsadé symétrique double jack d'1,80 m relié à un embout permettant d'enficher la fiche jack de son choix, et un autre tressé lui aussi d'1,80 m, plus dans ce qui se fait habituellement dans le monde du gaming. Il relie lui le microphone MEMS détachable côté gauche et l'entrée audio sur la droite à une double connectique jack 3,5 mm, passant par un petit boîtier en plastique permettant de régler le volume et de désactiver le micro. C'est la solution privilégiée dans une configuration gaming, et on viendra l'insérer dans le DAC pour plus de simplicité. Enfin, bien planqués sous les mousses au fond de la boîte, on trouve également deux pads en velours, en plus de ceux en simili cuir déjà présents sur le casque.



Le casque en lui-même est assez imposant. Ceux qui donnent dans l'audiophile sont habitués à des designs qui sortent de l'ordinaire et le ROG Kithara est tout à fait dans le moule. La prise en main commence par un sublime double-arceau en aluminium brossé ultra fin, ce qui tranche avec ceux plus gros de ses concurrents.

Pour éviter que la tête ne repose directement sur ces lames en métal, un bandeau mélangeant texture respirante sur le dessous et simili cuir sur le dessus est suspendu comme un hamac sur l'arceau. C'est d'ailleurs lui qu'on vient ajuster de haut en bas de chaque côté à l'aide de cliquets, eux-aussi en métal, pour ajuster la hauteur des oreillettes. C'est un peu étrange, mais ça fonctionne super bien et les cliquets ont des crantages très satisfaisants. Le double-arceau se termine par deux fourches, là encore en métal, qui sont rivetées sur l'arceau. Celles-ci courent tout le long des oreillettes et permettent de les faire pivoter de 90° sur l'axe vertical, afin de reposer le casque sur les épaules entre deux sessions d'écoute ou de jeu.

Mais il est temps de passer à l'élément le plus imposant du casque : les énormes oreillettes qui abritent les transducteurs planaires magnétiques de 100 mm, le tout dans une construction ouverte, qui laisse donc échapper quelque peu le son à travers des lames en métal protubérantes sur l'arrière de l'oreillette, arborant un logo ROG sérigraphié. D'ailleurs, on imagine qu'elles donnent son nom de cithare au Kithara car elles font un bruit métallique caractéristique lorsqu'on les frotte du bout des doigts.

À la différence des drivers dynamiques communément utilisés dans l'industrie, la membrane y est beaucoup plus fine, couplée de circuits et prise en sandwich entre deux électro-aimants. Cette construction permet théoriquement de gagner en précision sur une gamme de fréquence plus large (dans notre cas de 8 Hz à 55 kHz, ce qui est commun sur de la hi-fi, mais pas sur du gaming). Une autre caractéristique technique intéressante est son impédance assez faible de 16 ohms qui promet de pouvoir le piloter avec à peu près n'importe quelle entrée. Le tour des oreillettes est vite fait puisque, casque analogique oblige, on ne retrouve que deux connectiques jack d'un côté et de l'autre permettant de brancher le microphone et l'entrée audio. On se retrouve donc avec un câble qui court de chaque côté de la tête, à l'ancienne. L'intérieur des oreillettes repose enfin par défaut sur des pads en simili cuir qui sont super confortables.

De manière générale, et c'est pour moi la plus grande qualité du casque, le confort est assez exceptionnel. Une fois posé sur la tête, même lorsqu'on la secoue, on n'entend aucun mouvement de pièce, tout ça transpire la qualité. Mieux encore, malgré un poids conséquent, on parle de 447 g avec le micro tout de même plus la longueur de câble derrière, le casque repose de manière harmonieuse sur la tête, sans gêner pendant nos longues sessions de Diablo IV: Lord of Hatred. On reconnaît là la construction d'un grand nom de la hi-fi.



Avec HiFiMAN aux commandes, on espérait que le casque soit bien réglé en sortie d'usine, sans besoin de passer par un logiciel tiers pour ajuster l'égalisation du son. Surtout qu'analogique oblige, le casque n'offre aucun réglage particulier, il n'y a même pas de logiciel dédié chez ROG. On a pu le tester sur toute la campagne de la dernière extension de Diablo IV ainsi que sur ARC Raiders et on a été assez agréablement surpris. Le marketing précise que les Stealth Magnets de HiFiMAN sont optimisés par ROG, on imagine donc qu'ils le sont pour le gaming. Et dans les faits, on retrouve une signature équivalente à ce qu'on attend d'un casque gaming. Des basses et infra-basses prononcées lorsque le besoin s'en fait sentir, qui ne viennent pas écraser le reste du spectre, des bruits de pas bien audibles, et au global un son qui n'est pas flat en sortie de boîte, comme chez la concurrence. Je n'ai jamais ressenti le besoin d'aller bidouiller les paramètres EQ de la console.

La spatialisation est également assez bonne, sans égaler selon moi celle du SteelSeries Arctis Nova Pro Omni. En écoute musicale, j'ai ressorti mon bon vieux Where the Light Is - Live in LA 2007 de John Mayer pour profiter de tous les instruments sur les parties acoustiques et trio du concert, et comme je m'y attendais, c'est un vrai régal. Les voix sont également particulièrement claires. Branché en direct sur mon bon vieux Marantz PM-6005, le casque délivre là aussi une excellente performance en faisant ressortir tous les détails dans la voix d'Eddie Vedder sur Save It For Later par exemple.

En ce qui concerne le micro, c'est là aussi le grand écart en terme de fréquences, de 20 Hz à 20 kHz, et une petite cellule MEMS omnidirectionnelle cachée derrière une bonnette. Pour l'anecdote, la documentation précise de bien positionner le micro du bon côté, mais c'est si difficile de retirer la bonnette sans l'abîmer qu'on ne peut pas vérifier sans faire un essai de micro. La tige, elle, est d'une flexibilité à toute épreuve et obtient le même label que celle du Cloud III S Wireless de HyperX. En termes de qualité de captation, le micro est dans la bonne moyenne des micro-casques gaming. Il semble toutefois dépourvu d'algorithmes étouffant le son, ce qui permet d'obtenir une relative clarté. Surtout, il est assez puissant et on aura tendance à l'écarter plus de la bouche qu'à l'accoutumée sur ce genre de matériel pour éviter de trop capturer les respirations.

En bonus, même s'il n'est pas officiellement compatible, j'ai tenté de brancher le casque via son DAC directement sur la Switch 2 et le casque comme le micro sont nativement compatibles. L'occasion de redécouvrir les cliquetis du menu de la Switch 2 qui ressortent avec pas mal de punch sur le ROG Kithara.



Au registre des petits désagréments, ce qui est malheureusement le cas avec plein de casques analogiques, la molette de réglage de volume sur le petit boîtier en plastique est ultra sensible et a tendance à parfois atténuer un côté ou l'autre lorsqu'on veut régler trop finement. On préférera mettre le volume à fond et faire les micro-réglages sur le PC/Mac/console. Autre truc tout bête, mais le passage d'une source à l'autre implique de se trimballer une grappe de câbles. D'ailleurs, quitte à en avoir qui se baladent dans le salon, on aurait pas craché contre un mètre supplémentaire de câble tressé pour pouvoir le faire courir entre les ports USB-C avant de la PS5 Pro et le canapé, plutôt que devoir trouver une rallonge USB-C… Dernier détail sur le matériel : le casque étant de construction ouverte, il laisse passer tous les bruits ambiants.

Et puis il reste immanquablement la question du prix. À 320 €, le casque se positionne en tant que produit premium et entre directement en concurrence avec l'Arctis Nova Pro Omni ou le fraîchement annoncé Turtle Beach Stealth Pro II, qui eux proposent une solution quasi sans compromis, et permettant de basculer entre les sources très simplement. La niche visée est donc triple : des joueurs à la fois friqués, curieux de l'audiophilie et qui n'ont pas peur de manipuler des câbles.
On avait peu de doutes sur la qualité sonore du casque lorsqu'on a découvert le petit sticker "Powered by HiFiMAN" et effectivement, le ROG Kithara délivre un son de très bonne qualité, que ce soit en gaming ou lors de l'écoute musicale, là où il est clairement le plus à l'aise. Mais malgré un poids record, c'est sur son confort inégalé et cette impression de qualité qu'il m'a vraiment bluffé. Par contre, pour l'apprécier, il faudra faire une croix sur la praticité du sans-fil (et son PEL), ce qui va être compliqué pour de nombreux joueurs, notamment sur consoles.

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