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Mouse: P.I. For Hire : pas de quoi en faire tout un fromage

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Fumi Games PlaySide Publishing
Supports : PC / PS5 / Xbox Series / Switch 2
Je ne sais pas vous, mais malgré ses prouesses modernes mélangeant 2D et 3D, je suis assez nostalgique de l'animation brute du début des années 30, avec ces personnages aux expressions exagérées qui se dandinaient dans des mouvements certes imparfaits mais incroyablement charmants. Et je ne suis visiblement pas le seul puisque le jeune studio polonais Fumi Games a sorti il y a quelques semaines un énième boomer shooter, mais cette fois-ci aux accents rétro, puisqu'il combine esthétique en noir et blanc et personnages animés à la main dans le plus pur style des premiers Disney. Oh et des rongeurs aussi, plein.
Quelque part sur Terre 2, dans les faubourgs de Mouseburg en pleines années 30, le détective aux grandes oreilles Jack Pepper s'enfile cul sec son cinquième verre de fondue, assis nonchalamment dans le confortable fauteuil de son bureau. Tout va à vau-l'eau depuis son retour de la guerre. Le monde qu'il a connu n'est plus. Il a laissé la place aux magouilles politiques, à la montée inexorable de l'extrême droite du GSR, au show-business exubérant et à la violence, partout. Mais lorsque son amie journaliste Wanda Fuller toque à la porte, c'est pour lui proposer une affaire qu'il ne peut refuser. Son ancien frère d'armes reconverti en magicien d'opérette Steve Bandel a disparu et vu ses fréquentations, on ne donne pas cher de sa peau. Alors, même désabusé comme un boomer devant une conversation avec Claude, Jack ne peut pas abandonner un ami, enfile son trench-coat et part à l'aventure.

Et voilà comment débute la campagne de Mouse: P.I. For Hire. Un boomer shooter à l'ancienne, certes, mais qui a pour lui une esthétique unique. Les niveaux et décors sont en effet créés en 3D, alors que l'interface du jeu et les ennemis sont de "simples" animations dessinées à la main qui jouent en boucle, et qui sont toujours tournées vers le joueur, à la manière des sprites de Wolfenstein 3D.

 
Le jeu est également très bavard, que ce soit en jeu, dans ses petites cinématiques ou entre les missions dans le hub autour du bureau de Jack. Les développeurs ont eu le bon goût de se payer Troy Baker pour doubler le détective et déblatérer des lignes de dialogues plus cyniques les unes que les autres, mais toujours ponctuées de jeux de mots autour des champs lexicaux du fromage et des surmulots. Le casting est également composé de voix attachantes comme Adrian Vaughan, Debra Wilson ou encore Fred Tatasciore. La musique n'est pas en reste avec des compositions jazzy vraiment réussies. D'ailleurs tout le traitement audio a eu droit à un soin particulier puisqu'on peut activer divers compresseurs dans les options permettant de rendre un effet vinyle ou micro d'époque qui étouffe le son, c'est léger mais c'est appréciable. Mais revenons au gameplay action en lui-même, ce qui va nous occuper la plupart du temps dans une campagne finalement assez longue d'une quinzaine-vingtaine d'heures. Déjà, le jeu est assez généreux dans sa proposition de niveaux. On traversera pêle-mêle un ancien asile psychiatrique, un cirque, des studios de cinéma, un manoir hanté et j'en passe. Les niveaux sont articulés autour d'arènes reliées par des couloirs qui vont se fermer soit temporairement soit définitivement après notre passage. C'est d'ailleurs l'un des petits reproches qu'on peut lui faire, on a parfois pas la possibilité de revenir en arrière pour fouiner à la recherche de secrets, une porte fermée nous barrant le passage.
 
Les arènes comme les couloirs font la part belle à la verticalité dans des niveaux étudiés pour. Notre souris est elle aussi parfaitement à l'aise dans ces situations, possédant un double-saut, la possibilité de planer ou se balancer dans l'environnement à l'aide de sa queue, et de toute façon, en bon boomer shooter, le jeu nous demandera de rester mobile autant que possible, car les ennemis auront la fâcheuse tendance à sortir d'un peu partout. Le bestiaire d'ailleurs, s'il n'est pas extraordinaire, possède une dizaine d'archétypes tous différents. Ainsi, on sait que le plus gros balourd du roster aura tendance à nous foncer dessus, les voyous volants voleront en escadrille de trois, et le vicieux sniper se planquera au loin dans l'environnement.

Ca permet d'anticiper autant que possible, dans un jeu à la difficulté finalement légèrement piquante et dans lequel la barre de vie fond rapidement sous le feu ennemi. Pour se dépatouiller de ces situations, le jeu met à notre disposition un panel d'une douzaine d'armes qui vont de la pétoire classique à la Thompson M1928 d'époque (ma préférée), en passant par une tronçonneuse (coucou DOOM) et des bâtons de dynamite pour exploser certains murs.

 
Mais le jeu part rapidement dans le farfelu avec un lance-boulets de canon, un rayon désintégrateur de cerveau et surtout un lance-poison qui vient décomposer les ennemis, un vrai hommage à la tremmmmpeeeette du chef d'oeuvre Roger Rabbit. Et si les débuts sont poussifs, la faute à une pétoire qui fait un peu pistolet à bouchon, le jeu s'étoffe après la première heure et le gameplay devient plus agréable. On récupère des plans qui permettent d'améliorer les armes et le jeu fait des efforts pour varier les plaisirs, offrant quelques séquences en arène dans lesquelles Jack délaisse ses armes pour du combat aux poings, par exemple après s'être enfilé une boîte d'épinards à la Popeye. Ailleurs, avaler un expresso lui fait faire piou-piou avec les doigts pour tirer ses ennemis. Le level-design tente aussi des trucs, comme des mini-puzzles.

De même, les boss se renouvellent tout le temps. Le studio sait que de par son essence même, le jeu est et restera répétitif. Alors il sort autant que possible le grand jeu. Ca passe également par un déluge d'artworks tous plus sublimes les uns que les autres et qui pourraient être édités au format A2 et affichés dans mon salon sans problème. Enfin, le jeu propose plusieurs enquêtes à suivre en parallèle et à picorer au fil de ses envies.
 
Vous l'aurez compris, Mouse est avant tout un jeu d'artistes et ceux qui en ont leur claque des boomer shooters n'y trouveront pas ici une expérience plus rafraichissante qu'ailleurs. Techniquement, même si le titre a la sauvegarde généreuse, il n'empêchera pas de tomber dans l'un des trop nombreux bugs qui viennent casser le rythme de l'aventure, scripts qui ne se déclenchent pas et n'ouvrent pas les portes d'une salle, chargements qui ont tendance à s'allonger avec le temps (et déjà très longs sur Switch 2), personnage qui se coince dans le décor... On a trop de fois l'impression de marcher sur des oeufs avec le jeu et il m'est arrivé plusieurs fois de le quitter et de le relancer pour me débloquer. Les performances sur ma version Switch 2 sont plutôt honorables. Un mode Qualité qui vise les 30 images par seconde, mais qui passe de temps en temps dans la vingtaine, et un mode Performances à 60 fps, mais qui fait une croix sur certains éclairages dynamiques et ombres.

Bref, Mouse: P.I. For Hire sait sur quoi capitaliser pour gommer les défauts inhérents au genre. Et si on a la fibre nostalgique des débuts de l'animation, le jeu fonctionne bien. Il fait aussi beaucoup d'efforts pour se renouveler pendant toute l'aventure, ce qui fera oublier des affrontements qui, mis à part les combats de boss, se ressemblent finalement tous.

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