TEST
Le kit PXN VD6 : Moza a de quoi avoir la PXHaine
Ce qui est intéressant avec le fait d’écrire de plus en plus de tests de matos, c’est de pouvoir comparer. L’automne dernier, j'ai pu essayer les PXN V10 Ultra et le VelocityOne Race KD3, de puissances équivalentes, et cela avait été une manière de se rendre compte des différentes philosophies possibles sur un même type de produit. Les deux volants font des choix radicaux les distinguant très clairement. Maintenant, rappelez-vous, il y a fort longtemps, je vous parlais du Moza R5, un Direct Drive de 5 Nm très sympathique. Alors, quand PXN m'a proposé de tester leur équivalent nommé VD6, j’ai naturellement sauté sur l’occasion pour étancher ma curiosité.
Le PXN VD6 est donc le milieu de gamme de la nouvelle flopée de volants Direct Drive de la marque chinoise, coincé entre le VD4 et le VD10 et uniquement compatible PC. Vendu seul à 340 € ou 419 € en kit avec volant et pédales, PXN annonce 6 Nm constants et jusqu’à 7 Nm en pique. En comparaison, le Moza R5 propose lui 5.5 Nm en crête mais je n’ai pas trouvé l’info pour le couple constant. Petit point pédagogique, ce dernier représente le couple que le moteur peut encaisser sans surchauffer pendant de longues périodes et le couple en pique est la puissance maximale que le moteur atteindra de temps en temps. Saluons donc la franchise de PXN là-dessus, là où certains constructeurs (comme Moza donc) préfèrent communiquer sur la puissance en crête. 
Tout comme le V10 Ultra, le packaging est propre, composé en majorité de carton. Le kit comprend la base, le volant, le pédalier, un accessoire pour incliner la base ainsi qu’une paire de serre-joints pour accrocher le volant à une table. Les câbles USB-C sont évidemment fournis ainsi qu’une généreuse visserie. À part le support incliné, tout est déjà assemblé. Il suffit de brancher et fixer la base, le volant et en avant Michel Vaillant.
La base : Standard and Lourd
Ce beau bébé d’environ 6 kg est composé en majorité de métal, à l’exception des faces avant et arrière arborant un plastoc qui fait toc-toc lorsqu'on tape dessus. L’arbre de rotation est imposant et bien usiné. Il est équipé d'un Quick Release standard D1 Spec, vous permettant donc d’utiliser des volants custom ou de concurrents tout en assurant une bonne rigidité. L’arrière de la base dévoile la connectique. Tout se fait en USB-C pour la liaison avec l’ordinateur et les pédales, l’adapateur secteur étant lui de taille raisonnable.
Niveau fixations, la base possède quatre points en-dessous mais l’ajout du support incliné en ajoute quelques-uns, en plus de permettre de la fixer sur les côtés. Le support propose aussi des serre-joints pour accrocher le bazar à un bureau. Cela commence à être un peu limite et c’est du matos qu’il vaudrait mieux fixer à un cockpit ou un stand, surtout si votre table est légère, mais le système est bien costaud si vous avez un bureau en fonte.
Le volant : The AS of Speed
Peut-être ma partie préférée de ce kit, ce volant W AS de 280 mm n’est pas beaucoup plus large que celui du V10 Ultra mais il est autrement plus qualitatif. Sa construction est robuste, les boutons sont agréables et le revêtement est bien plus satisfaisant au toucher. Il enterre déjà donc bien le volant ES du Moza R5, une roue sympa sans plus. Il se permet quand même une pelleté en sus en offrant des palettes magnétiques ainsi qu’une deuxième paire analogique, proposant des palettes bien rigides, en aluminium et plus satisfaisantes que celles de mon Moza KS à 300 balles.
Le volant arbore en façade 15 boutons, une croix directionnelle ainsi que deux encodeurs rotatifs cliquables. Ils sont tous un peu mollassons et en plastique mais font le boulot, en particulier les encodeurs dont le crantage est précis. Une petite bande de LED est présente pour l’affichage du régime moteur. Malheureusement, je ne suis pas parvenu à la faire fonctionner à cause d'un problème logiciel. Je reviens là-dessus plus loin.

Je m’étais pas mal plaint de la qualité du cuir et des coutures du volant du V10 Ultra. Si nous retrouvons malheureusement des coutures brouillonnes pouvant devenir désagréables à la longue pour les mains, un grip a été ajouté de part et d'autre de l’arceau, rendant son maintien beaucoup plus agréable. Le volant en lui-même est rigide, composé de métal et de plastique.

Pour terminer, le Quick Release est robuste et facile à opérer. Pour le prix du kit, la qualité de ce volant est assez impressionnante et permet de faire face à beaucoup de situations. Néanmoins, son diamètre réduit de 280 mm le réserve à la conduite de voitures de courses modernes.
Les pédales : toutes proportions gardées...
Pour les pédales, cela va être relativement simple pour moi car se sont exactement les même que le kit V10 Ultra. Si vous avez la flemme d’aller me relire, ce sont deux pédales tout à fait compétentes et bien construites avec capteurs magnétiques. Ce n’est pas un Load Cell mais PXN offre le petit accessoire pour améliorer la sensation de freinage, option payante chez Moza. J’avais pointé du doigt le fait que ce pédalier était peut-être un peu hors de propos pour le V10 Ultra mais il est ici tout à fait proportionné.Le logiciel : crash et plantage
J’étais passé assez vite sur le logiciel de PXN dans le test du V10 Ultra. Je n’avais parlé que de l’appli mobile et de l'utilisation des pré-réglages de base. J’essayais de me mettre dans la peau d’un débutant total. Modèle plus avancé oblige, je me suis penché sur l'appli PXN SimRacing qui est une copie du Moza Pit House, une référence dans le milieu. Le programme propose beaucoup de réglages pour la base, permet d’éditer des pré-réglages pour beaucoup de jeux et de procéder aux mises à jour de la base, des pédales et du volant. Malheureusement pour ce dernier, l'update a toujours planté et ce sur deux ordinateurs différents, m’empêchant d’activer la compatibilité bienvenue avec SimHub pour profiter des LED au changement de vitesses.
Aussi, sur mon ordinateur principal, le logiciel finit invariablement par planter, ce qui n’est pas un drame une fois le preset envoyé dans la base. Cela sent tout de même encore fort la peinture fraîche.
En jeu : spatisfaction de tous les instants
Il vous faut savoir un truc, ma base perso, c’est un Moza R12 de 12 Nm en pique. J’en suis pour l’instant très content, j’ai la force et les détails qu’il me faut, je ne ressens pas du tout le besoin d’avoir plus. Je suis alors toujours un peu embêtée quand je teste des bases plus faiblardes car je dois y jouer longtemps pour perdre la mémoire musculaire que j’ai sur le R12 pour ensuite passer des heures avec un retour de force un peu frustrant. Je vous raconte tout cela parce que je n’ai pas eu ce problème avec le VD6 !Effectivement, si le manque de puissance peut se ressentir sur les virages en appui, cette base retransmet très bien les informations essentielles tout en ayant du caractère. J’ai ainsi pu enchaîner les courses sur iRacing, notamment de la Truck Series et de la LMP3, qui sont des voitures exigeantes nécessitant de la finesse dans le retour de force. Tous les autres jeux testés, Assetto Corsa Rally et Competizione ainsi que Le Mans Ultimate, offrent de belles expériences. Les profils pré-enregistrés sont bons et évitent de devoir trop bidouiller dernière, ce que je dois souvent faire avec les profils sur ma base Moza.
Le meilleur indicateur finalement, c’est qu’une fois lancé, je ne regrettais pas tellement mon R12. Comme toujours, le petit diamètre du volant aide beaucoup la base et elle galère déjà plus lorsque l’on branche une rondelle plus large.

Alors, entre le kit Moza R5 et celui pour le PXN V6, lequel choisir ? Ces deux bases sont d'excellents premiers Direct Drive pour des joueurs qui savent qu’ils vont y mettre du temps. Le kit de PXN est moins cher (même si le kit Moza en solde au même prix en ce moment), la base est plus puissante, dispose d’un volant plus qualitatif et l’option pour la pédale de frein est disponible d’office. Reste que la partie logicielle chez Moza est bien plus aboutie et l’écosystème plus varié, même si sur ces deux points, PXN peut encore évoluer. Puis nous sommes sur PC et il est tout à fait possible de s’offrir un pédalier Load Cell de chez la concurrence pour pallier ce manque chez PXN.
Excellente base que ce PXN VD6 ! Pas (trop) chère, réactive et dotée d’un très bon volant et pédalier, je ne peux que la recommander. Surtout que vis-à-vis de la concurrence, le rapport qualité-prix est assez imbattable. La partie logicielle va par contre devoir s’améliorer et je ne suis pas fan de leur design et direction artistique, mais rien de vraiment rebutant pour l’instant.