TEST
Minute Test : Ratcheteer DX survivra-t-il sans sa manivelle ?
Développeur / Editeur : Panic Shaun Inman
Lancé en grandes pompes pendant la saison 1 de la Playdate (on vous en parle dans notre test de la console), Ratcheteer sortait déjà du lot en proposant rien de plus qu'un Zelda de poche assez long en comparaison des autres jeux de la machine, et avec quelques atouts dont l'utilisation parcimonieuse de la manivelle. Trois ans et demi plus tard, il nous revient cette fois-ci sur PC et Switch dans une version Deluxe, forcément amputée du gimmick qui a fait le succès de l'original.
Ils ne sont pas nombreux a s'écarter du carcan "action-aventure à la Nintendo" et pourtant, comme Under The Island testé plus tôt en février, Ratcheteer a prouvé qu'on pouvait raconter une histoire singulière sans princesse ni épée/bouclier. Dans un futur qu'on espère pas si proche, les restes de l'humanité survivent endormis dans des cryo-colonies construites dans les profondeurs de la Terre après qu'une catastrophe a créé un nouvel hiver post-apocalyptique interminable. Seule une poignée d'humains s'occupe de la maintenance des générateurs permettant de maintenir lesdites colonies en fonction au fil des siècles. Le héros du jeu est un apprenti-mécanicien affublé d'une chapka qui va bientôt se retrouver mêlé à une aventure plus grande que lui après que le chef-mécanicien s'est fait enlever par de mystérieux agresseurs. Armé de sa clé à molette et d'une indispensable lampe à dynamo, il aura la lourde tâche d'aller réparer une à une les installations qui maintiennent les colonies en vie, et de démêler cette affaire de kidnapping.
Dès les premières secondes de jeu, Ratcheteer DX annonce (littéralement) la couleur. Pour sa sortie sur plus grand écran, le titre ne touche pas à sa patte graphique rétro. Au contraire, il la sublime. Et ça commence par une palette de couleurs qui délaisse les niveaux de gris de la Playdate pour le modernisme de la Game Boy Color. Un petit tour dans les options permet tout de même de pimper l'aventure en sélectionnant d'autres palettes (DMG verdâtre, noir et blanc ou Playdate qui simule le rendu gris-à-gris de l'écran 1-bit). Mieux encore, les options de quadrillage permettent de rajouter des scanlines, un rendu pixel et même en pointillés, mon préféré. Mis à part une très bonne bande originale remasterisée en qualité CD, la seule vraie entorse à la modernité est, forcément, la suppression des actions à la manivelle. Par défaut, il suffit d'appuyer sur L pour allumer ou éteindre la lampe à dynamo. Idem pour les coups puissants ou certaines fonctionnalités avancées qui se font d'une simple pression d'un bouton. Pour le reste, c'est peu ou prou le même jeu.


Ratcheteer DX reprend la structure d'un Link’s Awakening-like avec ses niveaux-écrans caractéristiques. Sorti du hub des mécaniciens du début, on apprend vite à utiliser les pouvoirs qui s'offrent à nous pour progresser, sans que le titre ne nous prenne par la main. Et si la carte nous indique pas mal de trésors cachés, il faudra attendre la dernière heure (sur les quatre que compte la minuscule campagne) pour espérer les dénicher. Par contre, on ne s'ennuiera jamais dans le jeu. Que ce soit dans ses usines et autres générateurs qui font office de donjon, avec des boss qui là aussi ne vous prendront pas par la main (c'est là la vraie difficulté, comprendre comment les battre). Bien que l'esthétique soit minimaliste, elle retranscrit très bien les lieux traversés, des sombres cavernes du début à un océan de glace, car oui, on ira même faire un tour à la surface ! Les assets ont beau être la plupart du temps grossiers, ils s'intègrent parfaitement dans les niveaux et n'entravent pas la progression ou la résolution des puzzles du jeu.
En prime, le développeur a intégré un système de runes qui permet de déchiffrer un langage ancien et de dévoiler un lore plus costaud qu'il n'y paraît sur son univers. Le jeu n'est pas non plus avare en gadgets, dont une armure qui permettra de rouler sur des rails et un exosquelette qu'on vous demandera de réparer contre des ressources. D'ailleurs, on vous invite fortement à retourner régulièrement au camp de base pour donner des ressources au forgeron pour éviter d'avoir à passer une heure à les farmer à la toute fin du jeu. Si l'on devait reprocher quelque chose à Ratcheteer, ça serait sa relative rigidité qui peut jouer des tours. En effet, entre des déplacements qui ne sont pas calqués sur une grille virtuelle mais au pixel près et des monstres qui ont tendance à faire reculer le héros lorsqu'il est touché, cela peut devenir compliqué lorsqu'on veut se glisser entre eux pour atteindre un passage qui fait quelques pixels de large. C'est d'ailleurs problématique sur le tout dernier boss du jeu qui demande de la précision, tout en nous tirant dessus de toute part.
Son développeur Shaun Inman a bien fait de ressortir Ratcheteer dans une version DX, car le jeu ne manque pas de qualités, à commencer par un univers étonnant et qui donne envie de s'y plonger. On espère qu'il trouvera son public au-delà de la console de Panic pour que les aventures du nobody mécanicien continuent, pourquoi pas dans une suite.



