TEST
Dynasty Warriors Origins sur Switch 2, casque bleu et turbans jaunes
Développeur / Editeur : Omega Force Koei Tecmo
Ce qui a commencé comme un innocent test des performances d'un gros AAA japonais sur Switch 2 s'est peu à peu transformé en un voyage initiatique au pays du Musou. Et pour un quasi novice comme moi, ayant à peine effleuré la série sur l'un des épisodes PS2 avant de passer à autre chose, écoeuré par un fan service déjà à son apogée et une certaine rigidité dans l'action, le dernier-né de la saga iconique d'Omega Force est sûrement le meilleur moyen pour faire table rase de mes a priori et enfin essayer de comprendre l'engouement autour de Dynasty Warriors.
Et il faut bien dire que le développeur déploie les gros moyens pour reconquérir le coeur de ses fans et séduire un nouveau public. Parce qu'après une trentaine de jeux et encore plus de dérivés (dont Hyrule Warriors : Les Chroniques du sceau vanté dans les Fact'Or 2025 de Frostis), Omega Force et son éditeur Koei Tecmo se sont perdus, capitalisant sur le nombre de personnages jouables (pas loin d'une centaine sur les derniers opus canoniques) plutôt que sur une modernisation du système de combat, du moteur de jeu, ou de la narration liée à l'un des pavés fondateurs de la littérature chinoise. D'où un épisode du renouveau sobrement appelé Dynasty Warriors Origins. Comme son nom l'indique, on retourne ici aux premières pages des chroniques des Trois Royaumes, narrant la fin de l'ère des Han, de la révolte des Turbans Jaunes jusqu'au partage du royaume entre les trois grandes dynasties Wei, Shu et Wu. Et plutôt que de nous faire jouer un vulgaire général présent en page 538 du roman, le studio ouvre la porte aux néophytes en nous mettant dans la peau d'un nobody, un vagabond amnésique insignifiant qui retrouvera rapidement la mémoire et découvrira qu'il est une sentinelle de la paix, à mi-chemin entre un casque bleu et le beau gosse d'un groupe de K-POP.

Un prétexte plus qu'autre chose pour le studio pour nous faire graviter autour des trois grandes figures de l'histoire, à savoir le justicier des faibles et des opprimés Lui-Bei, l'aristocrate qui se veut calife à la place du calife Cao Cao et enfin Sun Jian, aka. la rectitude incarnée, prêt à mourir pour protéger le sceau de l'empereur. L'aventure commence par l'avènement des Turbans Jaunes de Zhang Jiao qu'on affrontera avec Lui-Bei avant de partir en campagne dans tout le royaume. L'histoire se déroule sur quelques dizaines d'années (bien que notre héros ne prenne pas une ride au fil des chapitres) et nous demandera à mi-campagne de choisir notre camp entre les trois royaumes, puis de réécrire l'histoire en anéantissant nos adversaires un par un dans des batailles toujours plus épiques. Parce que c'est bien là le concept des Musou, affronter des armées gigantesques de milliers de soldats sur des cartes aux multiples goulots d'étranglement, avec des bases à conquérir et des plaines propices aux batailles de grande envergure. Le tout en fauchant des dizaines d'ennemis à la fois à l'aide d'armes généreuses en allonge et aux coups spéciaux dévastateurs.
Et on attaque le gros morceau du jeu, puisque Dynasty Warriors Origins souhaite apporter un peu de sang neuf dans son système de jeu, à commencer par plus d'impact dans ses combats. Ça passe tout d'abord par un tout nouveau moteur graphique faisant la part belle à la météo, aux éclairages ou tout simplement aux effets visuels liés au maniement des armes. Tout ça apporte à la fois une dimension plus réaliste aux querelles, plus d'intensité tout au long des batailles et d'impact dans les coups portés. Le nombre d'animations différentes et de modèles de guerriers a aussi été décuplé, ce qui gomme l'effet copier-coller des ennemis qui se ressemblaient tous, il faut bien l'avouer, dans les épisodes précédents. Les développeurs ont aussi fait en sorte que chaque champ de bataille soit unique, dans sa construction comme dans les scénarios proposés, pour éviter la répétitivité inhérente au genre. Ils vont même jusqu'à proposer des événements uniques en notre faveur ou défaveur qui se déclenchent si on n'a pas rempli tel ou tel objectif pendant la bataille. Et puis il y a ces affrontements épiques de fin de chapitre, contre des armadas comme celle de Dong Zhuo qu'on affronte aux portes de son château alors que résonne le tonnerre. Entre les hurlements des nuées de soldats harangués par leurs généraux et les explosions des projectiles enflammés propulsés par les trébuchets, l'ambiance est juste dingue et mérite à elle seule la découverte.

L'autre grande nouveauté des rixes de ce Dynasty Warriors Origins, et c'est une première dans la série, c'est la possibilité de reprendre la partie à l'un des moments clés de la baston après un game over prématuré, ce qui permet d'éviter de se refader des débuts à la stratégie toujours un peu ronflante, à savoir nettoyer les bases ennemies et progresser sur la carte jusqu'au premier gros général à abattre. C'est surtout qu'en plus de se faire occire par un second couteau, il est désormais possible de perdre la faute à un allié tombé au combat. Ainsi, lorsque le jeu demande de venir en aide à l'un de nos militaires, il faut prendre le réflexe de grimper sur son cheval et faire le tour de la carte pour aider le PNJ en question en activant un mode de vision permettant de localiser plus facilement les têtes pensantes. Pour le reste, c'est du Dynasty Warriors dans le texte, ou presque. Huit armes différentes (dont des gantelets qui troquent l'allonge pour du DPS) qu'il faudra patiemment améliorer, pour débloquer des niveaux de personnages donnant accès à des arbres de compétences dans lesquels investir son XP (ouf). Les coups spéciaux des armes permettent de faucher des armées entières, ou de casser les patterns des attaques spéciales des généraux adverses. La sensation d'impact est bonne et les barres de spécial (et super spécial !) se chargent assez vite, ce qui offre régulièrement des instants de satisfaction en combat.
Entre les engagements, on passera un peu de temps sur la carte des trois royaumes présentée sous forme de diorama qu'on parcourt à cheval. Celle-ci nous permet de faire le plein de consommables au village du coin, de taper la discussion avec l'aubergiste ou certains PNJ et de récolter des ressources. Mais elle contient surtout de nouvelles options de baston, des escarmouches de quelques minutes contre un gang de bandits ou des rencontres avec le chef des pirates du coin. Ces petites bagarres permettent de monter le niveau des armes ou de pratiquer ses spéciaux. Au-delà de ça, le jeu est très bavard, que ce soit dans ses briefings de mission ou dans les interminables discussions avec les trois protagonistes et leurs commandants qui ont tous quelque chose à nous dire, et le plus souvent pour louer les exploits d'un héros désespérément mutique, jusque dans les options de dialogue qui servent de réponse. On ne peut pourtant pas reprocher au jeu ses efforts pour nous embarquer dans une littérature réputée indigeste, tout en douceur. Mais on rencontre tellement de PNJ qu'on a honnêtement du mal à raccrocher les wagons lorsqu'on nous parle de la cousine du frère d'arme de Cao Cao, passée la quinzième heure de jeu.

Et la Switch 2 dans tout ça ? Non, parce que c'était pour ça que j'étais venu dessus à la base. Eh bien, le jeu s'en sort pas si mal, malgré une proposition à 30 images par seconde. Oh, il y a bien un mode framerate déverrouillé qui arrive péniblement aux 60 FPS dans les cartes en intérieur, mais il fait trop de yoyo en pratique pour être utile. Il devient même handicapant lorsqu'on utilise le chakram, arme dont le principe repose sur le timing demandant d'appuyer sur X au moment où le projectile revient vers le héros. Par ailleurs, je ne sais pas si c'est parce que le jeu doit tourner en mode portable et docké, mais les sous-titres sont beaucoup trop illisibles à 2 mètres 50 de son téléviseur, ce qui pose problème pour un jeu où l'on préfèrera jouer en version "originale" japonaise (pas de chinois sur cette version). Pour le reste, c'est graphiquement vraiment très honnête. Les plans rapprochés sur les personnages, par exemple, ne jurent pas avec leur équivalent PS5. Enfin, et c'est un reproche plus général, je trouve la carte toujours un peu bordélique à lire en pleine action, surtout quand le jeu me hurle dessus pour aller secourir un allié en difficulté et que j'ai toute les peines du monde à le trouver.
Pour terminer, un DLC est sorti en même temps que la version Switch 2 du jeu. Visions de quatre héros, c'est son nom, propose de réimaginer les tribulations des despotes Zhang Jiao, Dong Zhuo, Yuan Shao et Lu Bu en rejoignant leurs armées. Je ne l'ai hélas pas testé, mais il contient, outre quatre nouvelles campagnes donc, des armes à flèches qui viennent compléter l'attirail du héros.

Un prétexte plus qu'autre chose pour le studio pour nous faire graviter autour des trois grandes figures de l'histoire, à savoir le justicier des faibles et des opprimés Lui-Bei, l'aristocrate qui se veut calife à la place du calife Cao Cao et enfin Sun Jian, aka. la rectitude incarnée, prêt à mourir pour protéger le sceau de l'empereur. L'aventure commence par l'avènement des Turbans Jaunes de Zhang Jiao qu'on affrontera avec Lui-Bei avant de partir en campagne dans tout le royaume. L'histoire se déroule sur quelques dizaines d'années (bien que notre héros ne prenne pas une ride au fil des chapitres) et nous demandera à mi-campagne de choisir notre camp entre les trois royaumes, puis de réécrire l'histoire en anéantissant nos adversaires un par un dans des batailles toujours plus épiques. Parce que c'est bien là le concept des Musou, affronter des armées gigantesques de milliers de soldats sur des cartes aux multiples goulots d'étranglement, avec des bases à conquérir et des plaines propices aux batailles de grande envergure. Le tout en fauchant des dizaines d'ennemis à la fois à l'aide d'armes généreuses en allonge et aux coups spéciaux dévastateurs.
Et on attaque le gros morceau du jeu, puisque Dynasty Warriors Origins souhaite apporter un peu de sang neuf dans son système de jeu, à commencer par plus d'impact dans ses combats. Ça passe tout d'abord par un tout nouveau moteur graphique faisant la part belle à la météo, aux éclairages ou tout simplement aux effets visuels liés au maniement des armes. Tout ça apporte à la fois une dimension plus réaliste aux querelles, plus d'intensité tout au long des batailles et d'impact dans les coups portés. Le nombre d'animations différentes et de modèles de guerriers a aussi été décuplé, ce qui gomme l'effet copier-coller des ennemis qui se ressemblaient tous, il faut bien l'avouer, dans les épisodes précédents. Les développeurs ont aussi fait en sorte que chaque champ de bataille soit unique, dans sa construction comme dans les scénarios proposés, pour éviter la répétitivité inhérente au genre. Ils vont même jusqu'à proposer des événements uniques en notre faveur ou défaveur qui se déclenchent si on n'a pas rempli tel ou tel objectif pendant la bataille. Et puis il y a ces affrontements épiques de fin de chapitre, contre des armadas comme celle de Dong Zhuo qu'on affronte aux portes de son château alors que résonne le tonnerre. Entre les hurlements des nuées de soldats harangués par leurs généraux et les explosions des projectiles enflammés propulsés par les trébuchets, l'ambiance est juste dingue et mérite à elle seule la découverte.

L'autre grande nouveauté des rixes de ce Dynasty Warriors Origins, et c'est une première dans la série, c'est la possibilité de reprendre la partie à l'un des moments clés de la baston après un game over prématuré, ce qui permet d'éviter de se refader des débuts à la stratégie toujours un peu ronflante, à savoir nettoyer les bases ennemies et progresser sur la carte jusqu'au premier gros général à abattre. C'est surtout qu'en plus de se faire occire par un second couteau, il est désormais possible de perdre la faute à un allié tombé au combat. Ainsi, lorsque le jeu demande de venir en aide à l'un de nos militaires, il faut prendre le réflexe de grimper sur son cheval et faire le tour de la carte pour aider le PNJ en question en activant un mode de vision permettant de localiser plus facilement les têtes pensantes. Pour le reste, c'est du Dynasty Warriors dans le texte, ou presque. Huit armes différentes (dont des gantelets qui troquent l'allonge pour du DPS) qu'il faudra patiemment améliorer, pour débloquer des niveaux de personnages donnant accès à des arbres de compétences dans lesquels investir son XP (ouf). Les coups spéciaux des armes permettent de faucher des armées entières, ou de casser les patterns des attaques spéciales des généraux adverses. La sensation d'impact est bonne et les barres de spécial (et super spécial !) se chargent assez vite, ce qui offre régulièrement des instants de satisfaction en combat.
Entre les engagements, on passera un peu de temps sur la carte des trois royaumes présentée sous forme de diorama qu'on parcourt à cheval. Celle-ci nous permet de faire le plein de consommables au village du coin, de taper la discussion avec l'aubergiste ou certains PNJ et de récolter des ressources. Mais elle contient surtout de nouvelles options de baston, des escarmouches de quelques minutes contre un gang de bandits ou des rencontres avec le chef des pirates du coin. Ces petites bagarres permettent de monter le niveau des armes ou de pratiquer ses spéciaux. Au-delà de ça, le jeu est très bavard, que ce soit dans ses briefings de mission ou dans les interminables discussions avec les trois protagonistes et leurs commandants qui ont tous quelque chose à nous dire, et le plus souvent pour louer les exploits d'un héros désespérément mutique, jusque dans les options de dialogue qui servent de réponse. On ne peut pourtant pas reprocher au jeu ses efforts pour nous embarquer dans une littérature réputée indigeste, tout en douceur. Mais on rencontre tellement de PNJ qu'on a honnêtement du mal à raccrocher les wagons lorsqu'on nous parle de la cousine du frère d'arme de Cao Cao, passée la quinzième heure de jeu.

Et la Switch 2 dans tout ça ? Non, parce que c'était pour ça que j'étais venu dessus à la base. Eh bien, le jeu s'en sort pas si mal, malgré une proposition à 30 images par seconde. Oh, il y a bien un mode framerate déverrouillé qui arrive péniblement aux 60 FPS dans les cartes en intérieur, mais il fait trop de yoyo en pratique pour être utile. Il devient même handicapant lorsqu'on utilise le chakram, arme dont le principe repose sur le timing demandant d'appuyer sur X au moment où le projectile revient vers le héros. Par ailleurs, je ne sais pas si c'est parce que le jeu doit tourner en mode portable et docké, mais les sous-titres sont beaucoup trop illisibles à 2 mètres 50 de son téléviseur, ce qui pose problème pour un jeu où l'on préfèrera jouer en version "originale" japonaise (pas de chinois sur cette version). Pour le reste, c'est graphiquement vraiment très honnête. Les plans rapprochés sur les personnages, par exemple, ne jurent pas avec leur équivalent PS5. Enfin, et c'est un reproche plus général, je trouve la carte toujours un peu bordélique à lire en pleine action, surtout quand le jeu me hurle dessus pour aller secourir un allié en difficulté et que j'ai toute les peines du monde à le trouver.
Pour terminer, un DLC est sorti en même temps que la version Switch 2 du jeu. Visions de quatre héros, c'est son nom, propose de réimaginer les tribulations des despotes Zhang Jiao, Dong Zhuo, Yuan Shao et Lu Bu en rejoignant leurs armées. Je ne l'ai hélas pas testé, mais il contient, outre quatre nouvelles campagnes donc, des armes à flèches qui viennent compléter l'attirail du héros.
À ma grande surprise, j'ai passé un très bon moment sur Dynasty Warriors Origins. C'est probablement la preuve que les efforts d'Omega Force pour rendre la série accessible ont porté leurs fruits. Un meilleur impact dans des combats plus réalistes, plus intenses, une narration qui fait tout ce qu'il faut pour nous faire apprécier ce premier volume des Trois Royaumes et le plaisir de moissonner jusqu'à 10 000 ennemis… Si je n'ai pas le courage de me retaper le meilleur des deux générations de Dynasty Warriors pour la culture, j'attends la suite du reboot avec curiosité.




