TEST
iRacing Arcade fait un peu de la Verstapeine
Développeur / Editeur : iRacing Studios Original Fire Games
Ça y est ! Après qu'iRacing s'est illustré dans le domaine de la course de voitures sérieuse, voilà que débarque son pendant rigolard et coloré. Malheureusement, au premier regard, cet iRacing Arcade nous rappelle plus un F1 Race Stars de sombre mémoire qu’un flamboyant Forza Horizon. Rassurez-vous malgré tout, car derrière cette alternative au simulateur le plus cher du marché, nous retrouvons Original Fire Games, responsable du sympatoche Circuit Superstars.
Sorti fin 2021, Circuit Superstars était un jeu de voitures coloré permettant de courir dans de multiples catégories allant des classiques Formule 1 aux cametards de course en passant par les Sprint Cars (ces tables de ping-pong roulantes qui tournent en rond dans la boue). Il y avait donc de quoi faire et la conduite se voulait de plus relativement exigeante, avec des transferts de masse appuyés ainsi que une gestion des pneus et du carburant nécessitant alors des arrêts aux stands.Son gros défaut était finalement d’être en vue du dessus. Personnellement, ce point de vue pour les jeux de courses, je le conchie, je trouve ça injouable. Il n’y a bien que Micro Machine V3 et Micro Maniacs qui ont pu m’y convertir à l’époque. Néanmoins, les développeurs ont expérimenté une vue arrière plus classique sur le toujours en accès anticipé Karting Superstars et l’ont donc appliqué à iRacing Arcade. Le point de vue est beaucoup plus agréable, même si je trouve curieux le fait qu’il soit impossible d’avoir accès à d’autres caméras comme une vue capot. Le jeu a une jolie p'tite gueule, c’est toujours très coloré et les circuits sont très détaillés malgré le côté un peu aseptisé de la direction artistique. C’était déjà de toute façon déjà le cas de Circuit Superstars et cet iRacing Arcade est grosso modo Circuit Superstars 2 avec une fausse moustache qui se décolle.

En plus de l’aspect graphique, des circuits sont repris du jeu original, certains éléments d’interface sont les mêmes ainsi que certains bruitages. La surcouche iRacing se remarque surtout via l’ajout des licences officielles. En plus des circuits inventés pour l’occasion, nous retrouvons de véritables tracés comme le franchouillard Circuit Paul Ricard ou des classiques du simulateur hors de prix tel Tsukuba. Nous retrouvons aussi des véhicules réels comme la Porsche GT3 ainsi que des noms de série officielles comme l’IMSA. Malheureusement, ce rapprochement avec la réalité se fait au détriment de la diversité et il y a beaucoup moins de catégories rigolotes que dans Circuit Superstars.

Il y a malgré tout une compensation : le titre possède un mode carrière permettant d’avancer dans les catégories, de débloquer des bonus temporaires, de recruter des coéquipiers qui iront rouler à votre place dans certaines catégories, etc. Le petit twist est que tout cela ne se gère pas via un bête menu mais au travers de la construction d’une petite ville. Chaque bâtiment représente un département technique, on les place là où on le souhaite et ils sont améliorables. Cela permet de débloquer des bonus à activer au début de chaque course comme un boost moteur ou une aspiration plus efficace. La construction de son petit QG automobile est très mignonne mais cela reste un menu glorifié. Malgré tout, la carrière se laisse suivre. À noter que j’ai trouvé les autres menus bordéliques et pas très clairs en plus d’être un peu moches. L’interface utilisateur était beaucoup plus propre sur l’épisode précédent.
IA rien qui va !
Nous ne sommes pas encore en piste que l’on peut déjà sentir une tendance assez marquée : le jeu souffle le chaud et le froid, les bonnes idées étant souvent contrebalancées par des oublis, des éléments manquants ou mal exécutés. Ce qui se confirme malheureusement une fois les fesses dans le baquet.
Tout d’abord, la conduite est très agréable et il est assez grisant d’enchaîner les tours, les voitures ayant juste ce qu’il faut d’inertie pour être joueuses. Ce qui est dommage, c'est que l’on n'est pas tout seul sur la route. L’IA est d’une agressivité assez folle et passe son temps à nous rentrer dedans, à nous faire sortir de la piste ou carrément à nous pousser juste ce qu’il faut pour que l’on se prenne une pénalité de deux secondes. Les courses sont des foires d’empoigne où le peloton est extrêmement chaotique et j’ai perdu plusieurs courses juste parce qu’un Verstappen du dimanche a décidé de m’envoyer dans le mur. D’ailleurs, plus le niveau de l’ordinateur est faible, plus c’est n’importe quoi, avec par exemple une demi-douzaine de bagnoles qui coupent un virage. Pour un jeu dérivé d’une simulation connue pour être stricte et où chaque échange de peinture dégrade sa voiture, c’est assez cocasse.

Il suffit de relancer Circuit Superstars pour se rendre compte qu'iRacing Arcade a peut-être commis un faux départ. Outre les interfaces peu pratiques et grossières, le jeu se roule sur le pied tout seul en piste, faute d'IA sympa avec laquelle jouer. Vous pouvez avoir le meilleur mode carrière du monde, si vous quittez une course sur deux de rage, ça ne sert pas à grand chose. C’est d’autant plus con que le jeu est joli et les voitures amusantes à conduire. J’espère que d’éventuels patchs viendront reéquilibrer un titre qui a toute sa place sur Steam Deck (sur lequel il tourne bien) entre deux sessions d'iRacing pas Arcade.




