TEST
Call of Duty: Black Ops 7
Quand l’occasion de tester le dernier jeu d’une des plus grosses licences du moment se pose devant moi, j’avoue, je suis souvent tenté. Principalement par curiosité, mais aussi parce que dans le cas de Call of Duty: Black Ops 7, cela me donne la possibilité de comprendre pourquoi ça fonctionne si bien. Et pour être honnête, je ne m’attendais vraiment pas à ça.
Lors du Xbox Showcase 2025 en juin dernier, Xbox avait dévoilé quelques gros titres, dont ce fameux Call of Duty: Black Ops 7, attendu comme d'habitude pour la fin d'année. Et je l’avoue, sa bande-annonce avait titillé ma curiosité. Je ne connais pas la licence dans les détails, donc je m'étais fait avoir à la fin de la vidéo quand le logo a débarqué. Mais pour celles et ceux qui sont à fond depuis des années, le fait de voir David Mason et le méchant Menendez a probablement dû les faire sauter de leur canapé. Mais pas moi, puisque la dernière fois que j’ai touché à un Black Ops, c’était sur Wii U en 2012, avec Call of Duty: Black Ops II. Et j’en garde un bon souvenir en plus !Retour dans le passé
Ce qu’il faut savoir, et cela va être d’une grande aide pour les joueurs et joueuses ne connaissant pas du tout cette série, c’est que les Call of Duty: Black Ops (on dira Black Ops pour plus de simplicité), se déroulent sur plusieurs périodes de temps. Le premier Black Ops mettait en scène Alex Mason, mais avec des missions en mode flashback dans les années 1960. Concernant Black Ops II, il se déroulait en 1980, toujours avec Alex Mason et un certain Raul Menendez comme antagoniste, mais aussi en 2025, avec David Mason, mettant donc en scène le fils contre le même méchant. Pour Black Ops III, Activision avait abandonné cette intrigue pourtant pas si mal, pour aller faire piou piou en 2065, avec des robots et un agent cybernétique. Le virage a continué avec Black Ops 4, qui ne proposait carrément pas de mode de jeu solo, juste quelques vidéos ici et là.Le cinquième épisode, nommé Black Ops Cold War, avait tenté de réparer les dégâts, remettant l’équipe d’Alex Mason sur le devant de la scène, le tout dans les années 80. Ensuite, Black Ops 6 a tenté la transition entre la fin de la guerre froide et le début de la guerre du Golfe, au début de l’année 1990, sur fond d’armes non conventionnelles.

On en arrive donc à ce Black Ops 7, qui fait comme il peut pour se placer dans tout ce bazard, et met en scène les personnages qui sont finalement le cœur de cette série spin-off. L’histoire se déroule en 2035 et fait suite à Black Ops II. On retrouve David Mason et son équipe devant enquêter sur une nouvelle menace qui pourrait faire sombrer le monde encore un peu plus, puisque déjà bien fragmenté, entre tensions géopolitiques et technologies militaires utilisant de la robotique, de l’IA et de la manipulation de population.
De tout ce bordel sort une entreprise technologique appelée La Guilde, qui est en fait un ancien syndicat du crime. Elle est menée par sa CEO, Emma Kagan, qui souhaite libérer l’humanité du chaos ambiant. Mais en vrai, c’est une méchante à la tête d’une organisation pas cool, le tout avec le doigt sur le bouton rouge pour lancer son arme bactériologique appelée Berceau, le tout planqué sur l’île d’Avalon. C’est totalement cliché, mais ça fait le boulot pour un film d'espionnage du dimanche après-midi. Et si vous voyez quelques bribes de ce qui se déroule dans notre vie actuelle, avec un président américain qui se comporte comme un patron de syndicat du crime et des géants de la tech souhaitant libérer nos conscience grâce à l’IA, il n’y a qu’un pas.
Call of Disaster
On incarne donc David Mason, le fils beau gosse d’Alex, accompagné de Mike Harper, le rigolo de service, de Leilani Tupuola, le personnage 50 % meuf et 50 % robot, d'Eric Samuels, le mec hyper costaud et de Karma, la meuf qui donne des indications en radio et qui trouve tout sur tout. À la limite, je me demande même pourquoi on s’embête à partir en mission. Mais on y va tout de même et dans l’idée générale, il faut empêcher La Guilde de dominer le monde avec son Berceau, un gaz rouge provoquant quelques hallucinations à pas piquer des hannetons.Et là, permettez-moi de soupirer très fort, puisque cette campagne solo est un désastre de bout en bout. Déjà, il est compliqué de s’y retrouver dans toutes ces intrigues et j’aurais aimé avoir un petit résumé. Mais si ce n’était que cela, ce serait tout à fait ok. L'un des autres problèmes réside surtout dans l'écriture des missions. Là où les autres jeux de ce style, à savoir des FPS survitaminés qui tiennent sur le fil rouge de leur scénario, Black Ops 7 se perd totalement entre flashbacks qui n’en sont pas, réalité qui n’existe pas vraiment et délires psychédéliques constants. On s’y perd très rapidement. Concrètement, chaque mission est une occasion de respirer ce fameux gaz rouge et de nous transporter dans des lieux qui n’existent pas, ou en tout cas, qui existent uniquement dans le cerveau de la personne qui a respiré ce gaz.

Du coup, on est en droit de se demander si ce que l’on fait est réel ou non. Pourquoi nos copains de guerre nous accompagnent “dans notre tête” ? Comment le scénario peut-il avancer si notre équipe est défoncée H24 au Berceau ? Pourquoi je me trouve dans cette jungle luxuriante avec ces bouts d’îles flottantes, avec mon équipe, si c’est dans ma tête ? Que se passe-t-il lorsque mon personnage reprend conscience ? On avance dans le scénario ? Bref, c’est vraiment très mal écrit et on a cette impression d’une campagne solo qui a été construite au travers d’un assemblage de petites zones que l’on pourrait retrouver dans n’importe quel Battle Royale, et qu’on a tenté de coller avec des bouts de scénario et pas mal de scotch.
Je me suis très rapidement perdu dans cette histoire anormalement complexe, probablement après la seconde mission et, dès ce point précis, j’ai instantanément lâché l’affaire pour tracer en ligne droite dans ces niveaux sans queue ni tête. Et ce ne sont pas les paysages qui m'ont fait prendre une pause, puisque là aussi, on tombe dans le classique, même s'il y a de bonnes idées ici et là, notamment avec l'utilisation du grappin.

Cachez ce Battle Royale que je ne saurais voir
De plus, je me suis vraiment pris une crise de soupirs avec le level design général du jeu. Déjà, j’ai remarqué le nombre sidérant d’armes qui traînent ici et là dans les niveaux, de caisses de munitions en veux-tu en voilà et d’objets permettant de se mettre à couvert, sans aucune cohérence. Que font ces barils de je ne sais quoi en plein milieu d’un couloir alors qu’on est dans une sorte de laboratoire ultra secret qui doit bosser sur une arme biologique ? Qui a laissé un bazooka, des fusils automatiques, des flingues et tout un tas de munitions, à l’entrée d’une salle serveur ? Pourquoi ? Cela n’a aucun sens. À la limite, je peux tout de même donner quelques bons points pour certains passages assez chouettes, mélangeant phases de plateformes avec un grappin et vols avec une wingsuit. Mais ne vous attendez pas à l'intelligence d'un level design à la Titanfall 2.Mais tout prend sens quand on obtient notre première arme… de couleur. Verte, bleue, rouge, violette, tout est là pour signifier le niveau de rareté de l’arme et votre expérience avec celle-ci, comme dans tout bon Battle Royale.

Et comme tout cela est relié aux différents modes multijoueurs, le fait de faire grimper le niveau d’une arme (pour obtenir des cosmétiques) se fait en tirant sur des ennemis. Pas une balle. Pas deux. Mais des chargeurs entiers, sinon, notre niveau grimperait beaucoup trop vite. De fait, la campagne qui se veut hyperréaliste nous propose des ennemis en mode sacs à PV et absolument idiots. Je ne sais pas pour vous, mais moi, lorsqu’un ennemi dit ce qu’il va faire à voix haute, ça me sort assez rapidement de l’aspect réel de l’histoire. Les “attention, je jette une grenade”, ou encore “merde, j’ai plus de munitions !” sans compter les “je vais le prendre à revers” sont légions, et ce n’est pas pire que les dialogues de nos camarades de guerre. Je ne parlerai même pas du bestiaire, puisqu'il n'existe pas ou peu.
J’ai donc passé le plus clair de mon temps avec le doigt appuyé sur la gâchette, en rechargeant mon arme toutes les 10 secondes, sans trop me soucier du nombre de balles qui me restent puisque quasiment infinie. Pourtant, les armes ont du style et le gameplay est toujours aussi nerveux, mais désespérément inintéressant, puisque ces armes n’ont justement pas trop de patate. Utiliser celle-ci ou celle-là ne m’a pas fait beaucoup plus d’effet que “oh, j’vois moins loin dans le viseur”.
Campagne solo mais pas trop
Allez savoir pourquoi, les petits gars de Treyarch et Raven Software se sont dit que ce serait une super idée de proposer une campagne solo, mais pas vraiment, puisqu'une connexion Internet est obligatoire pour y jouer. Cela a fait grand bruit lors de la sortie du jeu en novembre 2025 et j’avoue avoir été assez surpris lors du lancement de ma partie. D'ailleurs, Activision impose un compte, et ne propose pas de mode pause pour le mode campagne. Un comble.Premier constat, je suis tout seul. Sauf que j’entends mes compagnons de mission, mais je ne les vois pas. J’ai très rapidement compris que les studios derrière le jeu ne s’étaient pas trop embêtés à développer cela proprement, avec par exemple comme dans Gears of War qui date de 2006 et que j’ai refais il y a peu, des personnages IA présents avec moi. Non ici, il n’est question que de dialogues avec des compagnons fantômes lors des missions, mais qui sont pourtant bien présents dans les cinématiques. J’aurais très largement accepté cet écueil pour un jeu d’un petit studio indépendant, mais clairement pas d’un Call of Duty, l’un des mastodontes de l’industrie.

De plus, la plupart des missions sont très clairement pensées pour se jouer en multijoueur, avec par exemple une baraque à protéger de tous les côtés, ou l’inverse, planqué dans un bâtiment avec des sortes de zombies et des robots débarquant dans tous les sens (bah oui, pourquoi pas, avec le Berceau, tout peut arriver). De fait, j’ai galéré dans certaines missions, puisque seul et avec un nombre d’ennemis qui ne s’adapte pas au nombre de joueurs. J’ai donc terminé le jeu avec des gens sur le net, sans micro, passant les cinématiques et allant à 200 à l’heure. Une expérience très loin d’un Journey qui a marqué ma vie de joueur.
Aussi, quand j’ai terminé cette campagne, j’ai eu la belle surprise de voir le générique, suivi d’une nouvelle mission, Phase Finale, qui est une sorte d'extraction shooter en PvE dans une énorme carte, probablement tirée du mode multijoueur, dans laquelle on doit faire des missions toutes plus inintéressantes les unes que les autres. Mais comme je fais bien mon boulot, j’y ai joué environ une heure, avant de me demander si j’avais pas de la vaisselle à faire, chose qui a bien plus d’importance que de faire des trucs pour faire grimper le niveau de mon personnage et donc, pouvoir avoir un gros chiffre sur ma plaque de joueur dessinée en mode “IA qui vole la direction artistique de Studio Ghibli”, et je ne rigole pas quand je dis ça.
Call of Money
Comme dit plus haut, je ne suis pas spécialement un gros joueur de jeux multijoueurs en ligne, principalement parce que j’ai du mal à gérer mon planning avec celui de mes amis. Je suis donc parti tout seul dans cette interface absolument désastreuse et bordélique, pour trouver le mode multijoueur, et pas Warzone (le Battle Royale gratuit), qui a tout de même sa petite case dans le menu. Et là, c’est plus du tout le même jeu, ou presque. Si dans le solo, il faut une tonne de chargeurs pour éliminer un ennemi, ici, deux ou trois balles suffisent, si bien que les nouveaux venus passent leur temps à mourir pour revenir dans le combat et… bah mourir une nouvelle fois.
L’autre souci que je note, est qu’il n’est même pas nécessaire d’avoir un super flingue. Celui de base fait largement l’affaire et aura quasiment la même patate qu’une autre arme. Du coup, partir au charbon à l’affrontement n’a pas vraiment de sens, surtout que les armes ont assez peu de recul. Pour un nouveau venu comme moi, mieux vaut se planquer derrière une caisse avec un fusil sniper et attendre quelqu’un qui passe pas trop loin. En plus de ça, les armes ont tendance à se recharger assez vite, donc c’est bien plus efficace. Par contre, cela casse totalement l’ambiance, puisqu’il n’est pas rare de tomber sur des parties où tout le monde joue un peu comme cela. Pour un FPS qui se veut nerveux, entendre le bruit des oiseaux au lieu de celui des tirs et des explosions, c’est assez bizarre.
Néanmoins, tout n’est pas à jeter dans ce mode multijoueur. Il est assez bien fourni, avec tout un tas de modes plus ou moins connus allant du Team Deathmatch en 6v6, en passant par de la capture de zone, ou encore Kill Confirmed qui est pas trop mal si on est bon, Kill Order et tout le tralala. À cela s'ajoutent quelques variantes comme l’Escarmouche en 20v20, des duels en 2v2, etc. Notons aussi les fameux modes Zombies, avec différentes variantes là aussi. Honnêtement, rien de nouveau sous le soleil, mais si vous aimez ce style de jeu et la licence, cela pourrait vous combler quelques soirées. De mon côté, j'ai profité de l'écriture de ce test pour désinstaller le jeu, ce qui me fait gagner environ 170 Go, puisque j'avais tout installé.
J’ai autant souffert à l'écriture de ce papier que lors de mes quelques heures passées sur Call of Duty: Black Ops 7. Le scénario est ridiculement nul, les missions de la campagne solo sont inintéressantes, le mode multijoueur est refermé sur lui-même depuis des années, la communauté est toxique ou muette, et tout cela est vendu 80 balles minimum avec une tonne de cosmétiques à acheter via l’interface du jeu qui ressemble plus à une boutique qu’à autre chose. Si vous aimez les FPS, passez votre tour, il y a très largement mieux ailleurs.