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Un Rédacteur Factornews vous demande :

Forums

Mixtape
GTB
Membre Factor
Membre 2245 msgs
Sir_carma a écrit :
Peux-tu me préciser où/quand dans le jeu ils "suggèrent implicitement qu'on a raté quelque chose ou qu'on a pas eu la bonne adolescence" si on a pas eu celle qu'ils dépeignent ? C'est pas une attaque, je suis vraiment curieux. Car j'ai fini le jeu et y'a pas un moment où j'ai ressenti cela.


Alors, de ce que je comprends de son propos, il est moins question de ce qui est dit ou suggérer que de ce qui est tu/non représenté. Un peu comme les minorités pointaient que la non représentation dictait implicitement des choix de vie, non représentatifs de la diversité du monde. En tout cas, c'est ainsi que je comprends ce qu'il dit.

T'façon, au delà de ce que le jeu cherche à traiter. Il y a le problème de comment il le traite.
 
Sir_carma
Fils de pute ©
Redac 1321 msgs
Je vois toujours pas où le jeu suggère qu'on a raté quelque chose ou qu'on a pas eu la bonne adolescence...
Tu as ressenti la même chose en regardant Superbad ou Ferris Bueller's Day Off ?
C'est une proposition (classique et (trop ?) déjà vue, je te l'accorde), qu'elle te convienne pas, que tu n'aimes pas, ok, mais de là à dire que le jeu a un agenda ou suggère que TON adolescence n'est pas le bonne, faut pas déconner.

Je suis pour ma part sidéré de voir à quel point ce jeu est controversif/déchaîne les passions, alors que je n'y vois rien de particulier (que ce soit le thème ou le non-gameplay). Pourquoi ce jeu ? Y'a un truc qui m'échappe et ça m'intrigue.
 
choo.t
Saint rââle
Redac 4365 msgs
Le vertueux a écrit :
"Je n'ai pas acheté le jeu, j'ai simplement regardé les trente premières minutes d'un let's play"

"Je parle de l'impossibilité d'éviter le bruit médiatique au moment de la sortie"

(¬_¬")


C'est pas incohérent, c'est justement car il y'a bruit médiatique qu'il est allé s'intéresser à ce qui serait le nouveau chouchou de la doxa de la presse JV.
Et de l'avis même du test ici présent, un let's play fait le taf sans avoir à délier la bourse pour s'acheter le jeu.
 
Fernand
Membre Factor
Membre 153 msgs
Sir_carma a écrit :
Tu as ressenti la même chose en regardant Superbad ou Ferris Bueller's Day Off ?

Honnêtement je les ai vus il y a trop longtemps pour te répondre avec certitude. Je n'ai clairement pas le souvenir de positions aussi affirmatives sur la supériorité des normes ou des situations qui y sont mises en scène, ni d'ailleurs d'univers aussi résolument et fièrement bourgeois, mais je ne les ai pas non plus gardés en mémoire dans mon petit Panthéon personnel. Dans le genre Clerks m'avait plus intéressé, et récemment j'en ai vu un qui m'a vraiment enthousiasmé, Jeunesse dorée de Zaïda Ghorab-Volta (2001, pas celui de 2019). Messidor d'Alain Tanner aussi, même si les protagonistes sont plus de jeunes adultes que des adolescentes. Ou certains Pialat aussi. A l'écrire on dirait que je préfère les ados qui se barrent de chez leurs parents plutôt que ceux qui bataillent pour y organiser une soirée :).
Je n'ai pas dit que Mixtape - en particulier - avait un agenda. Ou plutôt, cet agenda, il d'une telle banalité qu'il passe quasiment inaperçu. C'est celui qui fait dire à Jaco que puisqu'il faut bien faire un décor, qu'y a-t-il de singulier à choisir un fauteuil Eames plutôt qu'un autre, ou puisqu'il faut garnir tout cela avec de la musique, n'est il pas naturel de choisir les pistes les plus légitimes culturellement pour le faire? Et surtout de bien insister sur le fait qu'on a bien choisi les plus légitimes, quand bien même on n'est qu'un petit studio indé. Je trouve que le début du jeu nous fait tout de même beaucoup de leçons de bon gout.
 
Xavor2Charme
Membre Factor
Redac 208 msgs
Une des critiques que j'ai vu passer sur la musique est assez intéressante : les choix musicaux sont effectivement ceux d'un petit ado snobinard (j'ai été le même mais dans les années 2000) de la classe moyenne (la même que CBL d'ailleurs, nous sommes du même coin) car les premiers du top 50 USA en 1999 c'était Cher, Britney et Ricky Martin. Donc le jeu n'est nostalgique que pour une fraction de personne et donc c'est logique qu'une majorité de joueuses et joueurs ne sentent pas concernés.
 
Latium
Membre Factor
Membre 292 msgs
J'ai eu l'impression que le jeu se passe bien avant les années 90.
Moi, en tout cas, j'avais déjà un skate normal, j'écoutais du Nirvana et j'adorais Coolio et Offspring.
Les musiques du jeu, sonnent de la génération avant moi. Pour moi c'est plus du 75-85 que je n’ai pas connu en tant qu'ado.
 
Prezspurer
Membre Factor
Membre 292 msgs
Merci @Fernand pour le complément de réponse.
C'est donc tout le fantasme actuel de l'adolescence des 90s pour lequel tu n'es pas client. Le mot fantasme est bien important, et je serais d'accord qu'une partie des devs ne l'a pas connu ou a choisi de peindre cette période selon les canons actuels car :

Fernand a écrit :
Elle contient, comme toutes les piaules des gamins middle class de l'époque: un pc desktop avec graveur de cd, une télé avec magnéto (négligemment installée sur des caisses en plastiques, pour ne pas faire trop bourge), un clavier électronique, une énorme paire d'enceintes vintage avec une platine et une petite centaine de vinyles, une guirlande de polas, artefact bien connu des classes populaires, une tétrachiée qu'équipements d'enregistrement et de lecture dont j'ignore la nature, dispersés dans la pièce... et elle fait, à vue de nez, une petite vingtaine de mètres carré. So middle class.


dans la vraie vie :
- les vinyles avaient disparu, même chez les hipsters en devenir, c'était l'ère du CD et des clips MTV
- plus personne n'avait de polaroid, au mieux on avait des appareils jetables
- Joy Division, seul le gotha des lycéens pouvaient connaitre et on était pas nombreux je te l'assure


Ce genre de production soulève beaucoup de questions intéressantes sur la société actuelle, les changements sociétaux de la perception de la période de l'adolescence. En vrai c'est plutôt triste comme constat.
 
CBL
L.A.mming
Admin 17977 msgs
Xavor2Charme a écrit :
Une des critiques que j'ai vu passer sur la musique est assez intéressante : les choix musicaux sont effectivement ceux d'un petit ado snobinard (j'ai été le même mais dans les années 2000) de la classe moyenne (la même que CBL d'ailleurs, nous sommes du même coin) car les premiers du top 50 USA en 1999 c'était Cher, Britney et Ricky Martin. Donc le jeu n'est nostalgique que pour une fraction de personne et donc c'est logique qu'une majorité de joueuses et joueurs ne sentent pas concernés.


On joue quand même des ados rebelles et l'héroine a des gouts musicaux assez vastes donc il y a zéro chance qu'elle s'intéresse au top 50 de l'époque.
J'étais pareil à l'époque : je conchiais la musique populaire. Et je la conchie toujours.
 
Latium
Membre Factor
Membre 292 msgs
Joy Division c'est quand même de la pure musique de Skinhead, je pense qu'en dehors de la pire extrême droite les lycéens ne connaissaient pas en effet.
Heureusement que vous n'étiez pas nombreux..
 
Fernand
Membre Factor
Membre 153 msgs
Mmh. Je ne suis pas allé au bout mais ce de qu'en j'ai vu il y avait quand même de bonnes grosses balises qui encadraient la rébellion de ces jeunes, non? Ils se rebellent sur quoi d’ailleurs? L'age légal pour acheter de la tise?

Question sérieuse: la musique populaire c'est quoi au juste? Les compils Ocora ou Lyricord tu mets ça dedans? Et Joy D ou Portishead qui passent dans les pubs ou les séries Netflix, c'est devenu populaire du coup?
 
Xavor2Charme
Membre Factor
Redac 208 msgs
CBL a écrit :
On joue quand même des ados rebelles et l'héroine a des gouts musicaux assez vastes donc il y a zéro chance qu'elle s'intéresse au top 50 de l'époque.
J'étais pareil à l'époque : je conchiais la musique populaire. Et je la conchie toujours.


Je crois qu'il manque au monde un jeu narratif avec Believe de Cher et Ricky Martin en bande-son. En tout cas perso ça m'excite plus. Et j'étais le même ado conchieur jadis.
 
Jaco
Simple Jac
Membre 1294 msgs
Believe c'est 1998 c'est un album génial, donc oui je suis pour : on a eut assez de jeu avec du rock indé/folk
 
Palido
Carloser
Membre 1668 msgs
Et Joy D ou Portishead qui passent dans les pubs ou les séries Netflix, c'est devenu populaire du coup?


Les titres du jeu ne réflètent pas le top 50 des titres pop de l'époque, mais sont bien représentatifs de la génération MTV des années 90 : celle de la pseudo contre culture de l'époque. Et en réalité, un bon nombre de critiques que vous faites de Mixtape vont dans ce sens : Mixtape est le portrait d'une fin d'adolescence pseudo rebelle. Un chouïa caricatural, mais au même titre que peut l'être Stranger Things vis à vis des années 80, mais qui reste en réalité plutôt juste (dans ses codes, ses clichés, ses références).

Portishead était déjà ultra populaire pour le coup. Au début des années 2000, Glory Box était -entre autres- déjà utilisé dans des pubs Renault, en plus de passer en boucle sur toutes les radios. Toute la scène trip-hop de l'époque était loin d'être une scène underground : Massive Attack, Tricky, etc. La scène rock était ultra mainstream, surtout aux US (on sort quand même de la période ultra grunge Nirvana, Pearl Jam, Smashing Pumpkins, etc). Il s'agissait "juste" d'une scène alternative, mais très populaire et très représentée dans les médias de l'époque.

Mais il faut distinguer "musique pop" (en tant que "genre") et musique populaire (en tant que public).
 
Prezspurer
Membre Factor
Membre 292 msgs
Latium a écrit :
Joy Division c'est quand même de la pure musique de Skinhead, je pense qu'en dehors de la pire extrême droite les lycéens ne connaissaient pas en effet.
Heureusement que vous n'étiez pas nombreux..


Heuuuuu quoi?
Joy Division est assez fondateur des mouvements post-punk et indus, raison pour laquelle je m'y étais intéressé ado mais extrême droite?
Leur nom était justement une référence anti nazi...
 
Frostis Advance
Membre Factor
Redac 2819 msgs
Xavor2Charme a écrit :
Une des critiques que j'ai vu passer sur la musique est assez intéressante : les choix musicaux sont effectivement ceux d'un petit ado snobinard (j'ai été le même mais dans les années 2000) de la classe moyenne (la même que CBL d'ailleurs, nous sommes du même coin) car les premiers du top 50 USA en 1999 c'était Cher, Britney et Ricky Martin. Donc le jeu n'est nostalgique que pour une fraction de personne et donc c'est logique qu'une majorité de joueuses et joueurs ne sentent pas concernés.

Bah oui. Et je suis même étonné que les gens s'offusque pour ça.
Ca parle d'un personnage. Evidemment que ce personnage ne ressemble en rien à tout le monde.

Perso, j'avais une chambre de 30m2, deux TV dont une 16/9, pleins de consoles, des magazines de jeux vidéo et de basket partout, un canapé, une chaîne Hi-Fi connectée à ma TV pour avoir le son qui va bien, des posters partout sur les murs, des livres, etc. Juste le PC était dans la salon, et encore, je l'ai eu assez tard. Mais dans les grandes lignes, je n'ai pas été choqué parce que je sais que c'est typiquement le genre de chambre que beaucoup d'ado ont eu. Juste que leur vie n'a pas été la même. Moi par exemple, je ne me reconnais en pas grand chose dans les 3 personnages principaux du jeu. J'ai pas eu la même vie, même si matériellement, tout était ok.
 
Fernand
Membre Factor
Membre 153 msgs
Frostis Advance a écrit :
Mais dans les grandes lignes, je n'ai pas été choqué parce que je sais que c'est typiquement le genre de chambre que beaucoup d'ado ont eu.

Tu planes complètement.
 
Palido
Carloser
Membre 1668 msgs
Je suis originaire du tier monde parisien, issu d'une famille aux revenus bien plus que modestes et j'ai côtoyé des gens qui ne sont pas issus des quartiers favorisés mais de banlieue proche (et donc du sous-tier monde parisien). Mais il ne faut pas croire : on était tous exposés aux mêmes choses hein.

Et encore une fois, croire que The Cure, The Jesus and Mary Chain, Portishead, Silverchair, Smashing Pumpkins, Iggy Pop c'est de la culture réservée à l'élite snob, c'est n'importe quoi ? Ou alors vous avez adhéré au branding MTV au 1er degré (et c'est triste pour vous). Mon entourage de l'époque, partageant forcément plus ou moins les mêmes centres d'intérêts (parce que ça marche comme ça) était aussi issu du même milieu social. Et ne venez pas me dire que j'étais un privilégié d'avoir accès à tout ça : je n'avais ni câble, ni MTV, ni même magnétoscope. En fait, on se faisait des... mixtapes. J'ai plus tard (plus proches des années 2000, soit) participé à des communautés en rapport à la musique, géré des sites de musique, ai rencontré plein de gens : ce n'était pas le club fermé que vous semblez évoquer.

Quant à l'univers du jeu : c'est l'imaginaire avec lequel j'ai grandi ayant quand bien même grandi dans un HML pourri en bordure de périphérique. Ce n'était pas mon quotidien réel, mais lequel dans lequel je m'évadais quand je regardais des séries ou des films.

Je ne nie pas que ce qui est montré dans le jeu n'est pas représentatif du quotidien de la jeunesse de l'époque. Par contre, le jeu reflète bien l'imaginaire collectif qui était déjà sublimé à l'époque. Et quand je replonge dans ce jeu, n'ayant néanmoins absolument pas vécu ce qui y est montré, ben... ça marche. Parce que ca représente l'imaginaire que j'ai des années 90. Ce n'est pas un imaginaire que j'ai nécessairement envié ou que je regrette aujourd'hui. C'est juste celui que j'avais et que j'ai.

J'ai bien en tête que tout ce qui m'entourait n'était bien évidemment pas représentatif de la culture populaire tel que vous l'entendez : ça restait ma bulle. Mais une grande bulle. Il s'agissait d'une contre culture ou plutôt d'une culture alternative. Ce qui ne veut pas dire "underground" au public niche, mais celle dont on parle moins, mais qui touchait un grand nombre de gens. Et pour l'avoir vécu de l'intérieur, ce qui m'agace-là, c'est qu'en affirmant que cela ne correspondait qu'à un groupe de gens aux goûts "snobs" et "bourgeois", vous répétez ce qui était déjà fait à l'époque : vous invibilisez et privez tout le reste des gens qui ont -eux aussi- vécu tout ça, d'une manière ou d'une autre, sans que cela que vous avez en tête.

Quant à Mixtape, s'il ne raconte rien (c'est vrai) et s'il ne prend aucun risque (on peut difficilement faire plus safe), s'il n'y a pas grand chose de progressiste, il fait ce qu'il fait plutôt bien : c'est une madeleine de proust ultra basique, mais efficace.

(ou peut être que ce n'était pas du tout ce que vous disiez : m'en veuillez pas je suis mal réveillé, ou mal couché, vu l'heure c'est au choix).
 
GTB
Membre Factor
Membre 2245 msgs
Frostis Advance a écrit :
Perso, j'avais une chambre de 30m2, deux TV donc une 16/9, pleins de consoles, des magazines de jeux vidéo et de basket partout, un canapé, une chaîne Hi-Fi connectée à ma TV pour avoir le son qui va bien, etc. Juste le PC était dans la salon, et encore, je l'ai eu assez tard.


Attends, c'est ta chambre que tu décris là ? ^^ Oula, c'était pas vraiment la même de mon côté, ni aucun de mes potes chez qui j'étais allé. Ado (dans les 90's donc) c'était une chambre de 17m² à partager avec un frère,les deux autres en partageaient une autre. Vers la fin du lycée l'aîné avait sa propre chambre (9m²). Même pas en rêve il y avait tv ou écrans dans les chambres. La tv est arrivé assez tard (je dirai 85-86), et c'était UNE tv familiale et c'est marre. Et le son sortait des enceintes intégrées. Les consoles de jeux (une à la fois, NES, Megadrive, puis Playstation) c'était bien évidemment dans le salon également. Pas de canap' non plus dans les chambres d'ailleurs. Lits, bureaux, placards grosso modo. J'avais bien quelques revues JV qui se battaient en duel, mais je pouvais pas en prendre chaque mois. Mon frère c'était quelques rares revues de foot. Essentiellement lecture au kiosque, toi-même tu sais :p. Pas de chaine hifi dans la chambre non plus. Mais les trucs tout en 1 lecteurs disques/k7/radio (avec contrôle horaire et du type d'émission). Vers les 15-16 ans, walkman/disc-man pour écouter sans faire chier personne.
C'est mon frère qui a introduit le PC dans la maison (passionné d'informatique, codage etc...) vers 1995. Et bien évidemment pas dans la chambre.

Et pour ma part, je devais bien choisir mes jeux-vidéos parce que je devais tenir des mois avec (2 dans l'année max). Heureusement il y avait les potes et la location (qui s'en souviens de ça?). Plus tard il y a eut le piratage de la PS ^^.
 
Frostis Advance
Membre Factor
Redac 2819 msgs
Fernand a écrit :
Frostis Advance a écrit :
Mais dans les grandes lignes, je n'ai pas été choqué parce que je sais que c'est typiquement le genre de chambre que beaucoup d'ado ont eu.

Tu planes complètement.

Je zappe volontairement quelques détails de ma vie hein, mais c'était pas "la fête trop bien" :p
Mais globalement, les chambres des copains / copines, c'était un peu comme la mienne (plus ou moins).
Côté finance, on était pas "foufou" non plus. Faut rien s'imaginer. Ahah.

GTB a écrit :
Frostis Advance a écrit :
Perso, j'avais une chambre de 30m2, deux TV donc une 16/9, pleins de consoles, des magazines de jeux vidéo et de basket partout, un canapé, une chaîne Hi-Fi connectée à ma TV pour avoir le son qui va bien, etc. Juste le PC était dans la salon, et encore, je l'ai eu assez tard.


Attends, c'est ta chambre que tu décris là ? ^^ [...]

Disons que j'ai eu 2 vies quand j'étais petit / ado.

Une comme tu le décris. J'habitais à Dreux (dans le 28), en immeuble, avec une chambre de 20m² environ, que je partageais avec mon frère. Mon demi frère étant plus âgé, il ne vivait pas chez nous. J'ai eu pas mal de consoles et jeux par lui, parce qu'on était à Dreux et que beaucoup de consoles "tombaient du camion" à l'époque :D J'ai quand même eu des consoles achetées Day One que mes parents m'ont acheté, vraiment pas à me plaindre. Mais je ne sortais jamais jusqu'à mes 9 ans parce que j'étais petit et que le quartier n'était pas franchement très safe. Et on ne partait pas en vacances, à part un peu en Bretagne (la neige, l'étranger, toussa, j'ai connu qu'en étant adulte).

Ensuite on a déménagé en Bretagne, en (toute petite) maison. Au début, on était à 5 à l'étage dans une seule pièce (30m²), avec une cage d'escalier au milieu et les toilettes dehors au fond du jardin. C'était en 90 ou 91, je ne sais plus. Pour le reste, la maison s'est agrandie au fil des années, j'ai pu déménagé dans une immense chambre avec mon frère, on a récupéré du matos ici et là, et on a bossé dès qu'on a pu pour s'acheter des trucs.

Mais dans les grandes lignes, voir une chambre d'ados dans les années 90 avec des posters au mur, une console de jeu et une TV (ou un PC), une chaîne HiFi et des magazines, et une guirlande lumineuse, c'est pas non plus totalement hors sol. Par exemple, j'ai eu mon premier PC qu'en 2001. Peut-être que maintenant, les ados n'ont pas grand chose, mais ils ont des smartphones à 1000 balles.
 
Fernand
Membre Factor
Membre 153 msgs
Frostis Advance a écrit :
Côté finance, on était pas "foufou" non plus. Faut rien s'imaginer. Ahah.

Je n'insinuais rien sur ton niveau de vie ou sur tes origines sociales. Et je ne suis pas sur que l'on puisse éclaircir grand chose en comparant le contenu respectif de nos chambres ainsi que celles des potes qu'on a fréquentés. Si je te réponds qu'en mixant collège/lycée je n'en connais qu'un seul dont la piaule pouvait ressembler à celle du jeu - et que c'était de loin le plus favorisé matériellement -, que pourrions nous en conclure : 1-1 partout balle au centre? Comment savoir qu'une expérience personnelle est plus représentative de la réalité qu'une autre?

A l'instar d'autres réactions tu te focalises sur la dimension matérielle, alors que je parle depuis le début de valeurs, au sens entendu de normes. J'ai bien vu que ces gamins n'organisaient pas un rallye pour rencontrer leur futur conjoint et qu'ils ne s’apprêtaient pas à partir dans le Vermont durant l'été.

Exceptions faites de l'ordinateur et du graveur qui étaient objectivement des équipements luxueux pour l'époque, ça n'est pas tant et seulement le coût de tous ces objets qui situe l'héroïne socialement. C'est leur nature, le capital culturel qu'ils représentent et les pratiques qu'ils sous entendent. La chaîne vintage, par exemple, ça n'est pas une chaîne Grundig de prolo achetée chez Darty. Elle induit un rapport esthétique à l'objet lui-même. Ça suppose du temps, de l'espace, quelqu'un dans l'entourage pour transmettre ce goût. La guirlande de polas pareil, ça ne coûte pas grand chose mais c'est un objet qui dit "je construis une mémoire mise en scène de ma propre vie", ce qui est un luxe temporel et symbolique assez précis.
Pris ensemble, réuni sur une surface généreuse non partagée avec une fratrie, ce full-set ne dessine pas une chambre d'une ado de classe moyenne. Il dessine un idéal où le capital culturel a été transmis, cultivé, et ou sa consommation constitue un vecteur d'individualisation. Ce qui est une pure valeur bourgeoise, assez pompeusement scandée d'ailleurs durant la première demi heure, j'imagine ensuite.
 
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