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Utopiales 2017

Frostis Advance par Frostis Advance,  email  @FrostisAdvance  
Entre la Paris Games Week, l’IndieCade Europe et Game Connection Europe, cette fin d’année 2017 a été riche en salons jeux vidéo en France. Mais en tant que Nantais, j’ai décidé de ne pas suivre tout le monde à Paris et d’aller plutôt aux Utopiales, un salon certes moins grand public, mais dans lequel conférences, sciences, jeux vidéo, littératures, BD, comics, mangas, cinéma, jeux de rôle, se côtoient dans une ambiance calme et reposante.

C’est quoi les Utopiales ?

Je vais citer l’introduction du site officiel des Utopiales, parce que je pense que cela résume bien le but et l’envie de ce festival : « Depuis sa création en l’an 2000, Les Utopiales, Festival International de Science-Fiction de Nantes, se donne pour objectifs d’ouvrir au plus grand nombre et faire découvrir de manière très qualitative le monde de la prospective, des technologies nouvelles et de l’imaginaire. » Ça synthétise plutôt bien les choses non ?

Chaque année, un thème est abordé comme un fil rouge pour ne pas se perdre dans un programme très dense et varié. Pour cette 18ème édition, qui s’est étalée du 1er au 6 novembre 2017 à la Cité des Congrès de Nantes, il était donc question que tout se déroule au fil du Temps. Un thème évidemment plus vaste qu’il n’y parait au premier abord, puisque l’on peut de suite penser au voyage dans le temps passé ou futur, jusqu’à la fin des temps (le post apo), ou encore l’exploration de temps intérieur ou collectif dessinant nos souvenirs et nos prémonitions, tout en passant par la prédiction du temps.

Ok mais alors pourquoi Factornews y était ? Et bien tout simplement parce que les Utopiales proposent une partie jeux vidéo, et aussi parce que ce medium est très lié à la science-fiction. Rien que pour cette année 2017, les gros titres touchant de près ou de loin à la SF ou au voyage dans un temps ont été plus que nombreux : Horizon: Zero Dawn, Mass Effect: AndromedaAssassin's Creed Origins, Wolfenstein II: The New Colossus, Metroid II : Return of Samus, Prey, Star Citizen, Star Wars Battlefront II, etc. J’en oublie forcément, mais il semble évident que le jeu vidéo est fortement lié à la SF, même si le public ne s’en rend pas forcément compte. Et puis, je n’avais pas envie de crier « le double X de la Xbox One X » pour gagner un porte-clés.
 

Le U de Utopiales !

Le salon se déroulant sur 6 journées complètes (de 10h à 22h, sauf le samedi de 9h à 21h), il fallait forcément trouver deux ou trois trucs pour remplir la grille des programmes. Parce qu’au contraire d’un salon comme la PGW, les Utopiales se positionnent plus comme l’IndieCade, à savoir un salon mêlant tables rondes, expositions et stands. Et autant le dire toute de suite : même à deux, nous n’avons pas pu couvrir tout le festival tellement le programme est blindé de partout. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 220 invités de 12 nationalités différentes, 149 tables rondes, 11 cours du soir, 67 films longs et courts, une demi-journée scolaire, 4 conférences interprétées en langues des signes françaises, un stand VR pour se balader sur Mars et une énorme salle de jeux de rôle. Ajoutons à cela le regroupement des Librairies Complices de Nantes proposant pas moins de 25 000 ouvrages, offrant aux Nantais la plus grande librairie de science-fiction au monde le temps d’un festival, sans compter d’autres lieux de la ville se joignant aussi à la fête afin de coller à l’évènement.



S’il est question d’énormément de tables rondes, les Utopiales proposent aussi à chaque édition une exposition de l’artiste réalisant l’affiche du festival. Cette année, il s’agissait de Laurent Durieux, un artiste très connu dans le monde du détournement d’affiches de cinéma. Il est donc venu pour exposer une bonne centaine de ses œuvres toutes plus belles les unes que les autres, mais aussi pour effectuer une master class ultra intéressante, révélant quelques secrets de son travail. L’autre grande exposition était centrée sur le travail d’Éric Henninot, qui a réussi à adapter en bande dessinée La Horde du Contrevent, le roman culte d’Alain Damasio (Prix Utopiales 2007). Un travail d’une grande qualité, mis en couleur par Gaëtan Georges et réécrit par Henninot lui-même. Parce que oui, il s’agit d’une adaptation, donc les dialogues sont assez différents, mais les personnages et l’histoire ne bougent pas.

Tout cela était visible toute la journée puisque disposé dans les allées, contrairement aux tables rondes qui sont proposées à heures fixes. Alors évidemment, j’ai varié un peu les plaisirs, notamment en commençant dès le mercredi matin avec « La leçon du président » de Roland Lehoucq, puis une réflexion sur « Demain sans internet » de David Calvo, en enchaînant sur « Un petit déjeuner post-apocalyptique » d’Olivier Gechter, ou sur une conférence complètement barrée sur les timelines de Lost et Twin Peaks. D’autres tables rondes étaient aussi exclusivement centrées sur la littérature, notamment une sur les nouvelles avec des auteurs et une maison d’édition numérique Nantaise pleine d’avenir, les Bookonautes. Bref, avec trois scènes et une conférence par heure, il est clair que tout le monde y trouve son compte. Petite déception tout de même, Michael Morcook, auteur ultra connu pour le Cycle d'Elric, Le Cycle du guerrier de Mars ou encore Gloriana ou la reine inassouvie, n'a malheureusement pas pu venir, suite à des problèmes de santé. Vu son amour pour les Utopiales, il sera probablement de retour l'an prochain, si tout va bien. 



Et si par malheur, aucune conférence ne vous branche, il est toujours possible d’aller dans l’une des trois salles de projection afin de regarder un bon film. J’ai notamment pu voir Jojo Bizarre Adventure Diamond Is Unbreakable Chapitre 1, Salyut 7, The Box, Bandits Bandits, ou encore A Day. Là aussi, la sélection est très large mais suivent toujours le fil rouge du Temps, même si je n’aurais pas craché sur un petit Retour vers le Futur. Un programme cinéma absolument fou pour qui aime la SF.

J’allais presque oublier de parler du pôle ludique, qui lui, est orienté jeux rôle. Mais attention, il s’agit bien de toutes les formes : jeux de plateau, jeux de figurines, jeux de rôle sur table ou jeu grandeur nature, sans parler des rencontres et des nouveautés. Mais je dois avouer y être juste passé, par curiosité. J’aime les jeux de plateau, mais pas forcément lors d’un festival. Et puis, il y avait un peu trop de conférences à suivre entre temps.

Et niveau jeux vidéo ?

Cette année, le jeu vidéo a eu droit à une très belle mise en avant, puisqu’il n’était pas cloisonné dans une salle mais carrément dans le hall principal des Utopiales. Cela a donc été l’occasion pour tous les studios d’être mieux vus, mais aussi de proposer au public de tester les différents jeux présentés, en versions finales ou encore en développement.

Il était aussi question de quelques tables rondes, avec pas mal d’invités : Michael Peiffert et Fibre Tigre (Mi-Clos Studios), Jehanne Rousseau (Spiders), William David (Swing Swing Submarine), David Calvo, Jeffrey Spock (Amplitude Studios) et Vanessa Desbiens (Bishop Games), le tout animé par Florent de Grissac. J'ai particulièrement aimé la discussion « Jeu vidéo : le temps de la création », mais aussi la table ronde  « Quand le jeu vidéo joue avec notre temps », ou encore ce débat concernant la « Narration procédurale: quand le joueur écrit l'histoire », où tous les intervenants n'avaient pas vraiment le même avis. Au moins, cela pousse à la réflexion. Et entre ces conférences, il était possible d'aller sur les différents stands. 

Out There: Ω Edition

Genre : aventure spatiale / roguelike
Plateforme : PC, iOS et Android
Développeur : Mi-Clos Studio
Sortie : 2 avril 2015

Out There Chronicles

Genre : visual novel
Plateforme : iOS et Android
Développeur : Mi-Clos Studio
Sortie : été 2016

On notera par exemple la présence de Mi-Clos Studio, que tout le monde connait pour Out There: Ω Edition et Out There Chronicles. Evidemment, ces deux jeux étaient en démo libre et nous avons eu l’honneur de la présence de Michael Peiffert (Producer, Creative director et UI Design), FibreTigre (Game Designer et Writer) et Benjamin Carré (Artist), toujours là pour discuter avec le public. D’ailleurs, en plus de présenter ces deux jeux, le studio est aussi venu avec de multiples artworks de Out There Chronicles histoire d’en faire une exposition et de se mettre dans l’ambiance de ce jeu, qui verra sa suite arriver dans quelques semaines. On vous en reparlera forcément. Quant aux autres jeux du studio, ils ont été présentés lors de l’Indiecade Europe 2017, dont vous pouvez lire notre résumé ici.

Samurai Riot

Genre : Beat’em Up 2D coopératif
Plateforme : Steam
Développeur : Wako Factory
Sortie : 13 septembre 2017

Atlangames, le cluster réunissant des studios principalement des régions Pays de la Loire et Bretagne, a aussi eu la bonne idée de faire venir quelques studios, comme les Nantais du Wako Factory, qui sont revenus présenter Samurai Riot en version finale, puisqu’il est disponible sur Steam depuis septembre. Pour rappel, il s’agit d'un beat'em all coopératif à 2 joueurs en scrolling horizontal, comme à la bonne époque des salles d’arcades. Mais contrairement à un Street of Rage, le jeu propose un gameplay un peu plus profond que de bourriner comme un sauvage les boutons du pad. La subtilité tient dans la coopération des deux personnages, avec des bonus pouvant s’obtenir de différentes manières, comme par exemple en coordonnant les attaques en duo pour remplir la jauge de coopération. C’est franchement hyper jouable et plutôt joli puisque Wako Factory a opté pour un digital painting du plus bel effet.

Endless Space 2

Genre : 4X spatial / stratégie au tour par tour
Plateforme : Steam
Développeur : Amplitude Studios
Sortie : 18 mai 2017

L’excellent Amplitude Studios était aussi présent et même si le stand était un peu petit, ils ont eu la bonne idée de mettre en place une petite exposition d'artworks signés par le talentueux Aurelien Rantet (allez voir son site, ça donne envie de tout imprimer), mais aussi de laisser un PC en accès libre avec Endless Space 2, un 4X spatial bien connu de Factornews, puisque d’après notre test, Endless Space 2 est une réussite. D’ailleurs, un certain Jeffrey Spock (Narrative Director et Lead Writer) était présent le dimanche pour une table ronde très intéressante nommée « Chronologies chronophages dans l’univers d’Endless ». Un résumé serait peut-être un peu compliqué…autant que la chronologie des événements dans le jeu en lui-même.

Light Fall

Genre : plateforme
Plateforme : PC, PS4, Xbox One et Nintendo Switch
Développeur : Bishop Games
Sortie : mars 2018

On pouvait aussi trouver un studio venant de Québec, Bishop Games. Honnêtement, je ne le connaissais pas et ce fût l’occasion de tester Light Fall, leur prochain jeu à sortir sur PC, PS4, Xbox One et Nintendo Switch. En attendant mon tour pour jouer, j’ai pu discuter avec Vanessa Desbiens (Senior Artist) qui m’a expliqué pas mal de choses concernant le gameplay et l’envie du studio concernant ce jeu. Au premier abord, il s’agit d’un simple jeu de plateforme comme un autre, dans lequel on dirige un petit personnage. Sauf que nous avons la possibilité de faire apparaitre un cube, que l’on peut utiliser comme plateforme, comme bouclier, ou encore sous d’autres formes suivant l’action en cours. J’ai vraiment été surpris par la nervosité du titre une fois que l’on maîtrise un peu ce petit cube et sur le fait que, même sans être pressé par quoi que ce soit, le gameplay encourage au speed run. D’ailleurs, ce n’est certainement pas pour rien que Light Fall a gagné le prix du Best Hardcore Game à la Game Connection Europe 2017 !

EMMA

Genre : visual novel
Plateforme : iOS, Android et PC
Développeur : Hiver Prod
Sortie : décembre 2017

Suite à cette petite dose d’adrénaline, je me suis penché sur un titre bien plus posé : EMMA. Proposé par Hiver Prod, un studio indépendant basé à Paris développant et réalisant des jeux vidéo et des expériences interactives, je me suis pris dans l’histoire de ce petit Visual Novel attendu sur iOS, Android et Steam. J’ai testé ce début d’aventure sur un téléphone Android et j’ai pu découvrir la mise en place de l’histoire, pendant une dizaine de minutes. Je ne me souviens absolument pas des noms des personnages, mais le pitch de base m’a donné envie de continuer l’aventure et de savoir ce qui pourrait se passer. On y découvre un gars, qui attend un bus pour aller à une fête organisée par ses amis. Pendant ce temps d'attente, il faut la rencontre d'un autre homme, plus âgé que lui, attendant lui aussi "quelque chose". Le courant passe bien et la discussion s'engage. Le premier gars explique qu'il doit partir voir "EMMA". Au fil de la discussion, on se rend compte qu'EMMA n'est pas une personne, mais une planète... L'homme semble hésiter à y aller et son compagnon d'attente le fait encore plus réfléchir, pendant que ses amis le harcèlent au téléphone via des sms du genre "Hey, on attend que toi ! T'es où ?" Finalement, le dernier bus passe... Est-il parti rejoindre ses amis ? Va t-il partir sur cette fameuse planète, sachant qu'à son retour, il sera plus jeune ? Pas mal de question se posent en quelques minutes et je me suis pris d'attachement pour ce personnage que je vennais de découvrir. Reste plus qu'à attendre décembre, le mois de sa sortie !

Game Jam

Comme chaque année, les Utopiales ont organisé une Game Jam. Pour les personnes au fond de la salle qui ne savent toujours pas en quoi ça consiste, il s’agissait de se regrouper les 20, 21 e 22 octobre dans les locaux de e-artsup Nantes, afin de développer un jeu en 48h. C’était ouvert à tout le monde, professionnels ou amateurs, et surtout, les jeux étaient tous (ou presque) jouables lors du salon. Vous pouvez même les télécharger directement via le site de la Game Jam Utopiales, et ça c’est cool ! 
Avec 90 000 festivaliers cette année, soit 8000 de plus qu’en 2016 (en augmentation constante), les Utopiales prouvent encore une fois que l’on peut faire un festival intelligent, sans non plus tomber dans l’élitisme. Si vous aimez la SF sous toutes ses formes et que vous ne supportez pas les salons type PGW, c’est peut-être une bonne destination pour l’an prochain. Et oui, rendez-vous du 31 octobre au 5 novembre 2018, avec pour thème principal : Corps.
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