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Bad Taste

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
Comment définir le mauvais goût en matière de jeux vidéo ? Après tout, c’est très subjectif comme notion. Essayons quand même de poser quelques bases. Il ne faut pas forcément que ce soit violent ou trash même si cela aide beaucoup. On ne parle pas non plus de mauvais jeux ou de nanars (même si certains ont un petit côté nanar). Il faut juste que ce soit particulièrement gras et qu’on éprouve un plaisir malsain à y jouer et si possible à bien se marrer. Prévenez Jack Thompson et Familles de France et éloignez les femmes et les enfants de votre écran car on va parler de jeux un peu tordus.

Tout a commencé en 1975 avec un film, Death Race 2000, dans lequel jouent David Carradine et Sylvester Stallone. Dans ce long-métrage, les USA sont devenus un état fasciste où chaque année se déroule une course transcontinentale. La particularité de cette course est que les pilotes marquent des points en écrasant des passants, sachant que les enfants, les femmes et les vieux rapportent plus de points que les hommes. Paul Anderson (un réalisateur amateur de mauvais goût avec les fabuleux Mortal Kombat et Soldier) est en train d’en tourner un remake. Des fans de cette course poussent même d'autres gens sous les roues des voitures...



Un an plus tard, Exidy s’en inspirait et sortait Death Race en arcade, un jeu de voiture où on devait écraser des gens avec une voiture. Les gens étaient alors remplacés par des tombes qu’il fallait éviter. Le mauvais goût était né (ainsi que la controverse sur les jeux violents). Mais il faudra attendre le 13 octobre 1982 pour que le mauvais goût prenne des couleurs avec la sortie de Custer’s Revenge sur Atari 2600. Dans ce titre de Mystique (un éditeur-développeur qui produisait des jeux de cul), on jouait le rôle du général Custer qui se promenait tout nu (avec érection bien visible) dans l’ouest américain à la recherche d’une indienne à violer. Forcément, les graphismes de l’époque font sourire aujourd’hui mais il fallait oser.



Comme pas mal de créateurs de jeux de cette époque, Mystique a disparu dans l’effondrement des jeux vidéo au début des années 80. Ce crash a permis à Nintendo de s’imposer avec la NES. Les guidelines Nintendo étant très strictes au sujet de la violence et du sexe, le mauvais goût a disparu des écrans. On pouvait toujours filer des coups de genou dans la tête de punks dans Double Dragon mais c’est uniquement pour sauver une demoiselle en détresse. L’apparition de l’Amiga et particulièrement de l’Amiga 500 a été une bénédiction pour de nombreux créateurs de jeux. Outre la quasi-absence de censure, la machine en avait sacrément sous le capot.


En 1987, Barbarian est apparu sur Amiga (et sur CPC). La jaquette est déjà énorme : un gros barbare avec une épée de deux mètres à coté d’une fille à forte poitrine en bikini. Le jeu en lui-même était un jeu de combat à l’épée avec une panoplie de coups assez poussée. Mais il est surtout célèbre pour ses décapitations. En faisant une certaine manipulation, la tête de l’adversaire volait avec quelques jets de sang. Le gobelin ramasseur de corps shootait avec un bonheur dans la tête gisante. Bien plus tard (en 1998), Treyarch reprit le concept avec Die By The Sword, un beat’em up assez moche en 3D dans lequel on pouvait décapiter et démembrer.



La même année apparaissait Wings Of Fury, toujours sur Amiga. Dans ce shoot’em up particulièrement dur, on pilonnait avec un F6F Hellcat des îles et des navires japonais durant la Seconde Guerre Mondiale. Pour nettoyer une île, il fallait commencer par détruire les barraquements et les canons DCA. Puis on voyait des petits japonais en sortir et courir comme des Lemmings. Il fallait foncer dessus en piqué et les mitrailler (ou leur balancer des bombes sur la gueule) pour les voir crever en poussant un petit cri aigue. Imaginez des parties rythmées au son des "Ratatatata Ahi ! Ahi !". De nos jours les ennemis meurent de façon hypocrite, en silence.



Deux ans après sortait sur Amiga The Persian Gulf Inferno appelé aussi North Sea Inferno. C’était un mélange de Metroid et de Rolling Thunder remarquablement bien animé. On jouait le rôle d’un membre des forces spéciales envoyée dans un complexe pétrolier pris en otage par des terroristes arabes qui menaçaient de faire sauter une bombe atomique. Outre ce scénario digne d’un bon Steven Seagal, c’est surtout une collection fascinante de stéréotypes. Les méchants, des terroristes enturbannés, sortaient de nulle part et couraient vers vous en gueulant en arabe « Ya Nardine ! » ou « Allah Ouakbar ! » et on les plombait à la chaine avec son pistolet ou son SPAS-12. Ubi Soft a pris la relève de nos jours avec les Rainbow Six Vegas et autre GRAW où on bute du terroriste moustachu dans les rues de Mexico au son de la Cucaracha.


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