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ACTU

PEGI durcit ses critères… mais pas trop

Buck Rogers par Buck Rogers,  email
 
Le système européen de classification des jeux vidéo Pan European Game Information (PEGI) a annoncé ce 12 mars 2026 une évolution importante de ses critères d’âge. À partir de juin, les jeux soumis à la classification seront évalués non seulement sur leur contenu (violence, langage, sexualité…) mais aussi leurs mécaniques d’interaction et de monétisation : achats intégrés, objets aléatoires payants, communication en ligne ou encore mécanismes incitant les joueurs à revenir régulièrement. Sur le papier, cela a l’air formidable, mais dans les faits, c’est une autre histoire.

À l'origine, l'organisme est parti du simple constat qu'il fallait mieux refléter les risques liés au jeu en ligne et aux modèles économiques modernes, mais surtout que des indications plus précises devaient être données aux parents. On rappelle que ces derniers ne sont pas forcément très à l'aise avec le contrôle parental. Aussi, PEGI explique notamment s’être inspiré de l’expérience allemande de l'Unterhaltungssoftware Selbstkontrolle (USK) qui avait déjà introduit des critères similaires après la réforme de la loi allemande sur la protection des mineurs en 2023.

Mais lorsque l’on regarde en détail les nouvelles règles, il y a comme un malaise. Bienvenue au FOMO (Fear Of Missing Out) pour les enfants qui désigne la « peur de passer à côté de quelque chose » et le casino pour les ados. Rien que ça. Vous pourrez constater par vous même que les nouvelles catégories introduisent plusieurs seuils assez délirants :

- les offres d’achat limitées dans le temps ou en quantité (FOMO) mèneront désormais à un classement PEGI 12
- les objets aléatoires payants (lootboxes) proches du jeu d’argent auront par défaut un PEGI 16 et non PEGI 18
- les mécaniques de connexion quotidienne qui encouragent à revenir jouer encore et encore seront classées PEGI 7 ou PEGI 12 si le jeu pénalise l’absence du joueur

On rappelle que ce sont des mécaniques qui ont été spécialement conçues pour créer un engagement très compulsif auprès d’un public très jeune, qui de plus en plein développement cognitif.



D’ailleurs, la situation frôle parfois l’absurde. L’épisode Balatro est un exemple parfait de l’aberration du système. Le titre, sans aucune monétisation et sans argent réel en jeu, s’est retrouvé classé PEGI 18 pour avoir utilisé les règles du poker. À l’inverse, les mécaniques de récompenses aléatoires payantes, pourtant bien plus proches d’un pari financier, peuvent encore relever du PEGI 16. Autrement dit, simuler le casino semble parfois plus problématique que d’en reproduire les mécanismes économiques réels. Même combat pour Luck Be a Landlord, un jeu basé sur une machine à sous fictive.

Après appel auprès du PEGI Complaints Board, les deux jeux ont finalement été reclassés PEGI 12, l’argument principal étant la présence d’éléments fantastiques et l’absence de compétences de jeu transférables vers le vrai gambling, alors qu’une mécanique payante avec récompense aléatoire, c’est-à-dire un système beaucoup plus proche d’un véritable pari financier, reste classée PEGI 16.

Toutefois, tout n’est pas à jeter. Certaines décisions vont clairement dans le sens d’une prise de conscience des dérives économiques du jeu vidéo moderne. Par exemple :

- les mécanismes liés à la blockchain ou aux NFT seront automatiquement classés PEGI 18
- les jeux proposant une communication en ligne dépourvue de système de modération pourront également être classés PEGI 18

C’est sûr que mettre ces éléments en lumière avec la classification PEGI au lieu de simples pictogrammes informatifs sans influence directe sur la classification d’âge aura une bien meilleure lisibilité pour les parents, même si le système manque encore malheureusement de cohérence.
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