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Shadow of the Colossus

toof par toof,  email
Tandis que les premières notes de la musique d'introduction résonnent, on découvre un cavalier, chevauchant dans la nuit sur des falaises éclairées par la lune. Dans son périple, ce cavalier emporte le corps d'une jeune fille, apparemment sans vie, vers une destination qui changera à jamais son destin. Au petit jour, il arrive aux frontières de ces terres inexplorées, protégées par un pont immense et un temple habité par la peur.
Au sein de ces contrées interdites, sur des kilomètres de terres paisibles, se cachent des colosses mythiques, dont la taille monstrueuse fait penser à des montagnes. Tandis que ces colosses errent librement et pacifiquement sur leur territoire, on dit qu'à l'intérieur de chacun d'eux se trouve un secret d'une puissance inimaginable, capable de ramener les morts à la vie...

C'est il y a presque quatre ans jour pour jour que les européens découvraient ICO, un jeu surprenant, sortant du commun des productions d’alors, où le joueur emmenait Yorda, main dans la main dans une aventure envoûtante. Le jeu qui avec Devil May Cry m'avait fait acheter une Playstation 2. Le papa de ce petit bijou, Fumito Ueda, revient aujourd’hui avec un jeu très ambitieux. Il y a des jeux qui marquent la mémoire d'un joueur. Selon notre âge, les références ne sont pas les mêmes et souvent, ce sont des jeux anciens, qui semblent désuets et obsolètes aux plus jeunes. Pour moi, je ne citerai que Streets of Rage 2 et Tomb Raider, qui ont respectivement une quinzaine et une dizaine d'années. Pourtant, Fumito Ueda et son équipe viennent de réussir à ajouter un titre à ma liste : il s'agit de Shadow of the Colossus.

Certaines montagnes doivent être conquises...


Lorsque notre cavalier, le joueur, atteint le temple, il s'adresse à des divinités qui lui expliquent que pour ramener l'âme de sa compagne, il va devoir affronter ces colosses, au nombre de seize. C'est alors que tout commence, dans ce temple, et c'est aux côtés d'Agro, le fidèle destrier, que l'on prend enfin les commandes. Les premiers pas résonnent dans l'immense salle du temple, mais c'est le soleil éblouissant qui attire maintenant mon attention. Je grimpe sur Agro et l’éperonne doucement, et il avance d’un pas très léger, d'une grande grâce. Je décide alors de descendre les marches du temple, toujours aveuglé mais découvrant une gigantesque étendue devant moi. Lorsque mes yeux s'habituent à cette luminosité, je suis complètement abasourdi par l'immensité de la plaine qui s'étale devant moi. Je lance alors Agro dans un galop effréné, poussant un peu à droite, un peu à gauche. Un rapace s'approche alors de nous et accompagne notre progression pour nous abandonner peu après, vacant à son tour à ses propres occupations.

Au premier abord, diriger le cheval ne semble pas particulièrement intuitif. Doté en quelque sorte de sa volonté propre, Agro n'en fait qu'à sa tête. Bien sûr, on peut lui dire d'avancer, d'aller vers la droite ou la gauche, mais jamais on ne prend directement le contrôle de ses déplacements. C'est au travers des rênes et des éperons qu’on peut lui dicter notre volonté, qu'il s'empressera de contester si on lui demande de franchir un obstacle trop important ou si on tente de l'envoyer se télescoper dans un rocher ou un arbre. Mais face à la plaine, et à force d'hésitation, on finit par aller droit devant soi pour atteindre les falaises qu’on distinguait tout juste quelques instants plus tôt. On se retrouve alors au pied de quelques architectures vieillies par le temps, qu’on commence à gravir. Les contrôles sont très semblables à ceux d'ICO, le personnage commence toujours par quelques enjambées avant de se mettre à courir, mais il réagit vivement à nos sollicitations. Les quelques sauts qu’on est obligé de faire pour franchir ces quelques obstacles nous font ressentir une jouabilité assez étrange, avec une certaine inertie qui rend les sauts hasardeux. Toutefois, après quelques instants, on se sent à l'aise dans les déplacements et les quelques mètres de hauteur de roches sont vite franchies grâce aux quelques conseils que nous donne le jeu, avec à la clé une bien étrange rencontre.

... d'autres vaincues


A peine arrivé au sommet de ces rochers, foulant à nouveau l'herbe verte et confortable, l'air s'assombrit et l'atmosphère lourde annonce ce qui ne tarde pas arriver : je découvre le premier colosse, soulevant la poussière de ses pas lourds, marchant nonchalamment sans même me remarquer. Inévitablement, j’oriente la caméra vers le sommet du géant, et c'est un mélange de méfiance et de stupeur qui m’anime à nouveau, me forçant bien malgré moi à me diriger vers ce titan, sans pour autant oublier de le contourner. Le colosse, toujours imperturbable avance sans s’être rendu compte de ma présence, et ne se retourne qu'à l'instant où je lui décoche une flèche dans le dos, bien décidé à en découdre avec lui. La musique se fait alors entendre, mélangeant des mélodies qu'on croirait faites pour encourager ma bravoure, mais aussi annoncer un grand danger. Danger qu’on voit bien vite arriver, le colosse franchissant les dizaines de mètres qui nous séparent en quelques pas. Ce n'est que lorsque la terre se soulève autour de nous que je comprends que le géant tente de m’écraser violemment. Battre en retraite en partant dans son dos pour le moment est la seule chose à faire. C'est alors que levant mon épée au soleil, elle fait converger plus ou moins les rayons réfléchis vers une partie du colosse. Lorsque ces rayons se touchent, je comprends alors ce qu'il reste à faire, je dégaine l’arc et je me lance à toute vitesse vers l’adversaire.

Une flèche dans son talon le fait violemment tituber, jusqu'à tomber, un genou à terre. J’en profite pour m'agripper à sa fourrure et commencer à l'escalader alors qu'il se redresse. J’arrive sur les pièces de pierre qui composent son espère d'armure, avec un rebord sur lequel je peux m'arrêter un bref instant pour me reposer. Sans cet instant de répit, la jauge d'endurance se serait vidée, me forçant à lâcher prise de peur de me retrouver aux pieds du colosse, face à un grand danger. Mais alors qu'il commence à faire quelques mouvements qui mettent en péril mon équilibre, je m’agrippe à nouveau à quelques rebords pour attendre la fourrure du colosse, pour m’amener directement au sommet de sa tête. C'est alors que je découvre un bien étrange symbole, un emblème laissant s'échapper une curieuse lumière. Cette zone lumineuse, annonciatrice de salut pour moi mais de mort pour le colosse, ne résiste pas un seul instant lorsque j’y enfonce mon épée, faisant jaillir le sang noirci de mon adversaire. Celui-ci, sous la douleur, s'agite violemment et ne me laisse d’autre choix que de m'agripper sous peine de faire un vol plané suivi d'une chute mortelle de plusieurs dizaines de mètres. La barre d'endurance commence alors à atteindre un seuil dangereusement bas, tandis que le colosse tente désespérément de se débarrasser du petit moucheron que je suis et qui lui inflige tant de souffrance. Lorsque le colosse cesse un peu de gesticuler, j'en profite pour lui asséner le coup de grâce et dans un grand cri de douleur, il s'effondre, libérant une force qui s'empare alors de moi, me laissant à terre, inconscient.

Magique


Sur les seize colosses rencontrés durant toute l'aventure de Shadow of the Colossus, pas un seul ne nous a pas tiré quelques signes d'admiration. Comme face à une terrible tempête ou une quelconque manifestation de la nature, on se sent bien peu de chose face à ces colosses, entre l'émerveillement, voulant profiter jusqu'au dernier instant de ce monstre qui se dresse là, et la crainte, se demandant alors ce qu'il faut faire maintenant que le titan est déchaîné. Que ce soit debout sur un colosse volant, luttant contre la vitesse et le vent, ou s'accrochant à celui qui tente de nous emmener par le fond, ou encore debout sur Agro, lancé dans un impétueux galop afin d'atteindre les ailes d’un colosse immense, chaque combat est une épopée inoubliable. Même si les contrôles du personnage et du cheval peuvent sembler étranges au premier abord, une fois lancé dans l'affrontement, tout se fait naturellement. Agro trouve naturellement son chemin tandis qu'on garde la caméra verrouillée sur le colosse, afin de l'attaquer ou d'en trouver le point faible. Dans le souci de laisser la surprise et le plaisir de la découverte des colosses, je ne m'étendrai pas plus sur ce sujet, mais il faut tout de même ajouter que ces combats peuvent durer, allant de quelques minutes à plusieurs dizaines. Pour chacun, il va falloir trouver leur point faible, mais surtout comment y accéder. Alors que pour certains il faudra faire preuve d'agilité, pour d'autres la ruse sera de rigueur, la force et les prouesses physiques n'y changeant rien. Chaque colosse apporte son lot d'exaltation, représentant un défi chaque fois différent.

Mais Shadow of the Colossus ne se résume pas à ses colosses car en son sein, tout y respire la beauté. L'immensité est remplie de sublimes recoins, de plaines entourées de montagnes infranchissables, de déserts tourmentés par les vents, de lacs abritant des sanctuaires oubliés, de plages ou l'écume vient se déposer inlassablement, de forêts où chaque arbre semble n’avoir poussé que pour l'harmonie de l'endroit, pour ne laisser passer que de petits rayons de soleil afin d'éclairer les quelques rochers d'où s'écoule un ruisseau. Jamais le moindre petit détail n'a été placé avec autant de soin, chaque arbre, rocher ou dune de sable semble avoir été sujet d'une extraordinaire attention de la part des concepteurs du jeu. Les couleurs de chaque paysage, le design de chaque lieu invite à la balade, aux longues chevauchées sur le dos d'Agro pour essayer de trouver quelles merveilles peut renfermer chaque recoin du royaume des colosses, à un point où après avoir affronté le premier colosse, j'ai erré à cheval pendant plus de deux heures, m'émerveillant devant les paysages somptueux qu'offre le jeu. A vrai dire, affronter les colosses les uns après les autres sans profiter du paysage qui nous est offert serait vraiment passer à côté d'une grosse partie du jeu, celle qui nous plonge au coeur de ce monde qui est celui des colosses, celui dans lequel ils vivent, qui est à leur image : immense, paisible, beau...

Car c'est ici que Shadow of the Colossus peut ne pas toucher tous les joueurs. En effet, à part ses seize colosses et sa gigantesque étendue, le jeu ne propose rien d'autre. La force et l'endurance du personnage évoluent au fur et à mesure des combats mais il est possible de l'augmenter en cherchant les quelques fruits disséminés dans des arbres, ou bien les lézards, nombreux, mais dont seuls ceux qui ont une queue blanche offrent du bonus d'endurance au joueur, et qu'il faudra chasser à l'arc. Il n'y a donc pas âme - humaine, s’entend - qui vive dans le royaume des colosses, hormis celle du joueur. Pas de villes, pas de NPC avec qui discuter, d'items à acheter ou de quêtes secondaires à effectuer. En prenant son temps, le jeu se conclut en une petite quinzaine d'heures mais les plus acharnés pourront sans doute diviser par trois cette durée de vie. Par contre, lorsque le jeu est terminé une première fois, deux nouveaux modes de jeu se débloquent, un mode difficile puis un mode contre la montre, dans lesquels il sera possible d’affronter à nouveau les colosses avec à la clé quelques goodies. Mais rien que la conclusion de l'histoire de Shadow of the Colossus est une magnifique récompense, une des plus belles et émouvantes qu'il m'ait été permis de vivre et qu'on visionnera à plusieurs reprises afin d'en saisir toute la beauté et la complexité.

Quand le colosse sombre


Là ou le bât blesse, car il fallait bien reprocher quelque chose à Shadow of the Colossus, c'est d'un point de vue technique. Ca non, ce dernier point est loin d'être raté, bien au contraire. Graphiquement, le jeu est tout simplement superbe, d'une part grâce à son design magnifique, mais aussi par toutes les spécificités techniques qu'il introduit. Allant du pseudo HDR, qui simule la surexposition lors de forts contrastes, ou le blur, comme celui qu'on retrouve sur Xbox 360, lors de mouvements rapides de la caméra. Le jeu gère également le streaming des paysages avec les arrière-plans visibles à des kilomètres, si bien que traverser le Royaume Interdit se fera d'une traite, sans aucun temps de chargement. Non, là où le jeu pêche, c'est par sa gourmandise. En effet, la Playstation est sérieusement mise à contribution, si bien qu'elle n'arrive plus à suivre. Conséquence, le framerate est extrêmement bas, tellement, que des titres comme GTA San Andreas pourraient passer pour des modèles de fluidité. Pourtant, lors des chevauchées à travers le monde de Shadow of the Colossus, l'attention du joueur est tellement absorbée par la beauté du monde qui l'entoure qu'il fait abstraction de ce problème qui dans n'importe quel autre cas le pousserait à mettre la galette au placard.

Même pendant les combats contre les colosses, les environnements un peu plus fermés font que le framerate est un peu à la hausse, le jeu reste jouable. Pour ma part, j'avoue ne pas avoir pesté une seule fois contre la vitesse d'affichage, tellement j'étais absorbé par tout ce qui se passait devant mes yeux. Toutefois, j'imagine le joueur terre à terre qui n'a que faire du côté magique du jeu ou qui, passant par là et jetant un oeil par dessus mon épaule, me fera remarquer que sortir un jeu avec un framerate aussi bas est inadmissible. Mais on s'en fout, si tous les jeux avaient cette qualité, on pourrait se permettre de faire la fine bouche. De plus, avec un peu d'optimisme, on peut espérer que la Playstation 3 nous proposera une rétro-compatibilité digne de ce nom et pourrait, pourquoi pas, nous permettre de jouer à Shadow of the Colossus en haute résolution et avec un framerate à la hauteur de la qualité du titre ? En cet instant de magie vidéo ludique, on peut se permettre d'y croire.



merci à jeuxvideo.com pour les images
Qui aurait pu croire que la Playstation 2, en passe d'être remplacée et sacrifiée sur l'autel de la next-gen, puisse nous offrir l'un des plus beaux et plus somptueux jeux qui soit. Certes, le tableau n'est pas idyllique, la faute à un hardware vieillissant à qui on en demande trop, mais toutes les qualités de Shadow of the Colossus font oublier sans peine ce défaut et le joueur à l'âme aventureuse se régalera la rétine, les oreilles et se laissera emporter par ce morceau de rêve.

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