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TEST

Night Call, éloge des petits producteurs locaux

hohun par hohun,  email  @hohunlevrai
Développeur / Editeur : Monkey Moon BlackMuffin
Franchement, je lis très peu les dialogues des jeux vidéo. C’est souvent écrit sans aucune imagination, sans aucun mordant, dans un style presque impersonnel même quand les locuteurs sont censés être colorés, bref, le blabla du jeu vidéo, je m’y fais souvent chier. Encore l’autre jour, je jouais à Fallout 4, bon sang, si les dialogues de ce jeu étaient un plat, ce serait une pelletée de patates au rat mort sans sel. Alors quand un jeu réussit à me faire rester justement pour les dialogues, ben croyez bien que je le souligne.
Je vais passer rapidement sur le gameplay de Night Call, que j’avais déjà décrit dans une preview récente. Vous incarnez un chauffeur de taxi qui doit gérer sa trésorerie tout en enquêtant sur l’assassin qui a failli le tuer. À la fin de votre service, vous avez accès à un tableau pour récapituler les indices glanés sur les divers suspects.

Le gameplay, au final, est assez passif, à la limite du minimaliste. En mode normal, vous n’êtes jamais dans le rouge niveau argent, donc le seul acte de « survie » à faire est d’aller faire le plein. Du coup, on pourra se demander l’utilité d’un tel système, d’autant plus qu’il n’apporte pas grand-chose au jeu (pourquoi ne pas l’avoir mis uniquement en mode difficile ?). Jeu qui contient, par ailleurs, toujours des bugs, notamment quand la personne que vous allez chercher sur la carte n’est pas la même que celle qui monte dans le taxi... Même le tableau des indices, au fur et à mesure des journées, a tendance à devenir brouillon, et les faisceaux d’indices ne sont pas nécessairement très probants pour désigner le coupable.



À ce sujet, je me permets de faire une petite parenthèse sur le test consacré à ce jeu dans Canard PC. L’ont-ils testé avant un patch salvateur ? Toujours est-il que le testeur parle d’un indice qui lui a permis de désigner immédiatement le coupable dès le premier jour. Si j’ai moi-même trouvé cet indice, j’ai également découvert au fur et à mesure de la partie que parfois, et sans que le jeu ne vous l’aie signalé, certains indices sont faux. Faux ? Ou buggués ? Sinon, pourquoi ne pas l’évoquer avant le début de la partie ? Toujours est-il que l’exemple donné dans le test de CPC n’est pas représentatif de ce qui peut se produire dans une partie, et qu’il ne faut pas prendre les indices pour argent comptant.

Bon avec tout ça, j’ai dû vous dégoûter du jeu, non ? Allez, restez ! Je vous promets que ça s’améliore.



Le gameplay de Night Call n’est en fait guère plus qu’une excuse, car c’est dans ses dialogues et dans son ambiance que le jeu rayonne. Et parlons-en, des dialogues. Ce sont certainement les plus franchouillards que j’ai pu lire dans un jeu, et dans le bon sens du terme. Au fur et à mesure des personnages rencontrés, on se surprend à se reconnaître dans des bribes de dialogues, ou à découvrir des situations du quotidien écrites avec naturel, comme un français les raconterait, avec des petites phrases par-ci par-là font toute la différence. On réalise toute la différence entre une traduction, qui n’est jamais qu’une adaptation et qui, par dictature du contexte, est souvent entravée, et une écriture native, qui brise le mur de givre entre le créateur et le joueur. Ce qui donne à Night Call cette sensation d’être un jeu écrit par un pote (qui saurait un tant soit peu écrire). Certes, ce n’est pas du Zola, mais ça n’en a pas la prétention, et encore heureux, car le propos sert le contexte. Vous êtes un chauffeur de taxi qui prend des quidams la nuit, donc le style des dialogues est plus proche de la bonne franquette que de la métaphore filée sur trois paragraphes. Malgré tout, le scénariste n’est pas prisonnier de son cadre : certains personnages sont bariolés à la limite du surréaliste… quand ils ne sont pas purement imaginaires. Et bizarrement, ça fonctionne, sans casser l’ambiance, qui reste contenue grâce à la DA et aux musiques qui forment un socle solide.


 
Des défauts, Night Call en a, c’est certain. Mais ça ne m’a pas empêché d’aimer sa galerie d’oiseaux de nuit et leurs belles histoires qui, paradoxalement, m’éloignent de mon quotidien en m’y ramenant irrésistiblement. Le jeu vidéo, c’est comme les fruits et légumes, ça a plus d’âme quand ça vient du coin.
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