Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.
 
 
PREVIEW

Night Call

hohun par hohun,  email  @hohunlevrai
Développeur / Editeur : Monkey Moon
« C’est beau une ville la nuit », disait un célèbre écrivain. Oui, bon, d’accord, c’était Richard Bohringer. Peu importe, on ne saurait lui donner tort malgré tout. La littérature vidéoludique, malgré l’explosion des propos et des gameplays de cette dernière décennie, est relativement avare sur le thème de la nuit. Personnellement, le dernier jeu « nocturne » qui m’a marqué, c’était Vampire Bloodlines. Autant vous dire que j’attends beaucoup de Night Call.
Night Call est un jeu d’enquête en taxi qui débute... sur un lit d’hôpital. À peine vous réveillez-vous qu’on vous apprend que vous avez été la cible d’un tueur. Vous l’avez échappée belle mais votre passager, lui, n’a pas eu cette chance. Une policière en profite pour vous faire du chantage pour vous pousser à enquêter pour elle.



Cette introduction est l’occasion de se familiariser avec le système textuel, qui mêle dialogues à choix multiples et narration descriptive. Un peu comme si vous jouiez à un polar, quoi. Le jeu est tout en nuances de noir et de gris, et je ne parle pas seulement de la patte graphique, qui est par ailleurs assez réussie. Les clients que vous prenez, l’ambiance solitaire, la bande-son électro, tout participe à créer une ambiance pesante voire déprimante.

Le gameplay est assez simple : chaque soir, vous pouvez prendre un certain nombre de clients, qui s’affichent sur la carte de Paris dans la partie supérieure de l’écran, ou encore vous rendre dans une station-service pour faire le plein et glaner des infos. À la fin de la nuit, vous rentrez chez vous pour analyser les pistes trouvées (chaque piste analysée fait avancer l’horloge et vous ne pouvez en analyser plus de deux ou trois) et les placer sur votre panneau d’enquête. Cette phase est assez simple et rapide : vous n’analysez pas vraiment les dossiers, vous cliquez dessus et ils affichent un indice qui tient en une ou deux lignes sur un panneau. Malgré tout, cela nous laisse entrevoir une affaire un minimum complexe, même si le cœur du gameplay n’est pas là.



Il est évident que la qualité principale de Night Call, celle qui va déterminer en grande partie si ce sera un bon jeu ou non, est l’interaction avec les clients. La nuit offre un cadre propice et crédible à des conversations intimes et développées, où chaque personne avoue facilement ses faiblesses, ses préoccupations, son désespoir. C’est une petite galerie de mondes différents qui se révèlent au joueur par le truchement de son rôle de chauffeur, ou plutôt de confident. Et du peu que j’en ai tâté, ça fonctionne. L’écriture est correcte, voire parfois subtile, les détails de la personne se révélant au fur et à mesure de la conversation en vous faisant comprendre que vous aviez imaginé des choses incorrectes. Night Call intrigue et on espère que ça tiendra sur la longueur.

Car s’il y a une chose que je n’ai pas pu jauger, c’est la durée de vie du titre. La version preview est en fait une courte démo, certes alléchante, mais qui laisse encore entrevoir des erreurs de jeunesse. L’impossibilité de quitter le jeu, par exemple. J’ai eu beau tripoter tous les boutons de ma manette ou revenir au clavier pour appuyer sur échap comme un malpropre, la seule option « quitter » renvoie à l’écran-titre, et j’ai dû fermer le jeu à la sauvage. Ou encore quelques bugs de carte, qui reste parfois figée pendant toute la conversation avec le client. Ou encore le bug d’arrière-plan du taxi qui, au lieu de faire défiler la ville par rapport à ce qui est affiché sur la carte (initiative louable, par ailleurs, pour plus d’immersion), nous fait traverser la moitié de Paris en deux secondes en passant au travers des bâtiments (reconstitution). On pourra enfin émettre quelques critiques sur la version anglaise, qui contient une dose non négligeable de fautes d’orthographe (« your » au lieu de « you’re », « cuting » au lieu de « cutting », etc.). Impossible de jauger la version française car je n’ai pas vu l’option pour l’activer.

 
Alors, Night Call, ça fait envie ou non ? Jugez vous-même : malgré les bugs et les fautes qui cassent un peu l’ambiance, j’ai toujours envie de voir où le jeu va nous mener et quelles histoires il va nous raconter. Si l’assurance qualité est faite correctement, Night Call aura tout pour être un bon petit jeu indé comme on les aime.
 
Rechercher sur Factornews