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Minishoot' Adventures donne Touhou sur consoles

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Seaven Studio SoulGame Studio
Supports : Switch / PS5 / Xbox Series / Switch 2
Attendez, quoi ? Deux ans que Minishoot' Adventures est sorti sur PC et pas une seule ligne à son sujet sur Factor ? Pourtant, le jeu ose le mélange des drogues en combinant une aventure à la The Legend of Zelda: A Link to the Past et un twin-stick shooter tendance bullet hell. Alors, on profite de son portage tant attendu sur à peu près toutes les consoles pour lui donner un petit coup de projecteur.
On en a vu passer des combinaisons farfelues autour de la licence phare de Nintendo, mais celle là, elle était juste pas dans notre bingo. Et qui plus est quand l'idée de troquer l'épée par des boulettes ne nous vient pas du bout du monde, mais du pays du bon vivre puisque le duo de développeurs derrière son studio, SoulGame, est basé à Toulouse. Le concept reprend tout simplement le meilleur de ceux à qui il emprunte, en laissant de côté tout ce qui pourrait nuire au plaisir de jeu. Et ça commence par une esthétique minimaliste et une direction artistique à la fois pensées pour la lecture de l'action, mais également aux tons faisant un hommage appuyé aux consoles 16 bits (couleurs vives, gros sprites, ennemis rondouillards et mignons).

Des forêts touffues qui rappellent les Bois Perdus aux environnements arides faisant écho au Désert du Mystère, Minishoot Adventures s'inspire sans jamais faire dans le plagiat. Surtout, il innove dès qu'il peut. Nous mettant dans la peau d'un petit vaisseau, rien ne lui empêche par exemple de nous faire nous mouvoir sur l'eau et à ses développeurs d'imaginer de nouvelles zones explorables, lorsque c'est justifié par une upgrade assez loin dans le jeu.

 
Le scénario, lui, ne fait pas dans la complexité. Un mystérieux grand méchant, le désélu, débarque avec ses sbires dans un monde paisible où des vaisseaux vivaient en paix et vitrifie tous ses habitants dans d'obscurs cristaux corrompus. Seul un petit vaisseau arrive à s'extraire de sa prison cristalline, et il entame une longue quête (comptez une douzaine d'heures pour atteindre le contenu end game) pour sauver ses amis. Voilà, ça c'est fait, circulez, y'a plus rien à voir côté narration. Oh, il y a bien quelques tablettes permettant d'apprendre quelques bribes de lore, mais le plaisir de jeu s'articule surtout autour de ses deux gros piliers, l'exploration et l'action. On reconnaît un bon Zelda-like à la fluidité de notre progression dans l'aventure, et de ce côté-là, Minishoot' Adventures a tout compris. On se balade librement dans un monde plus ou moins ouvert, et on arpente des donjons à la recherche des upgrades qui nous permettront de débloquer d'autres pans de la carte. Mais même si on avance à tâtons, on ne reste jamais bloqué très longtemps dans le jeu.
 
Il y a toujours quelque chose à découvrir, de subtiles indications sur les passages secrets à dénicher, des zones plus ouvertes qui laissent entrevoir la porte d'un donjon pas encore accessible un peu plus loin, des mini-donjons optionnels nécessitant une nouvelle amélioration, etc. Pour pimenter un peu l'exploration, le titre nous laissera nous balader dans certains pans de la map à l'aveugle et c'est en trouvant la tablette de la zone qu'on déverrouillera enfin la carte dans les menus.

Et même lorsqu'on doit immanquablement revenir sur nos pas, le jeu s'arrange pour nous débloquer des raccourcis et faciliter autant que possible les allers-retours vers la ville-hub de départ et éviter les frictions. L'autre sans-faute des développeurs, c'est son gameplay twin-stick shooter qui remplace les combats classiques du genre. Ici, chaque ennemi aura un pattern de boulettes. D'abord simples à appréhender, ils deviendront de plus en plus complexes : des simples projectiles à ceux à tête chercheuse puis aux vagues de dizaines de boulettes. Certains motifs alternent gros lasers et boulettes, obligeant à tournoyer autour des adversaires.

 
D'autres allant jusqu'à faire s'agiter les boulettes de gauche à droite alors qu'elles nous viennent dessus, nous invitant à danser en les frôlant et les esquivant. Sans être vicelard comme un Touhou Project (quoique par moments...), le jeu ne manque pas d'idées pour varier les plaisirs. Les ennemis eux-mêmes ont différents patterns, de ceux qui nous sautent dessus aux kamikazes qui passent leur temps à nous foncer dessus, en passant par des tourelles et autres boss immenses. Le bestiaire du jeu ne manque pas de panache. Les effets visuels d'explosion lorsqu'on abat un ennemi vont de pair avec sa taille et renforcent la satisfaction, manette en main. Idem pour la résistance des cristaux ou de certaines matières lorsqu'on tire dessus. On sent vraiment la puissance de notre vaisseau sous nos doigts. Et justement, pour survivre dans ce monde hostile, notre héros de métal dispose de diverses capacités qu'on obtiendra en récompense des donjons et autres challenges annexes, ou qu'on achètera auprès de marchands, mais surtout d'un canon qu'on pourra améliorer pour tirer jusqu'à cinq projectiles différents. Il en sera de même pour les compétences de base (dégâts, cadence de tir, vitesse, etc.) qu'on pourra augmenter à l'aide de cristaux rouges glanés dans l'environnement et qui offriront des niveaux de puissance supplémentaires.
 
Dans sa grande générosité, le jeu permet de réattribuer ses points de compétence à la volée, ce qui est très pratique, par exemple lorsqu'un donjon est plus orienté adresse que les combats bruts (je pense à vous, les challenges de course-poursuite). Malgré ses penchants bullet hell qui pourraient en réfréner plus d'un, le titre se veut également très accessible. Déjà, il propose plusieurs niveaux de difficulté, mais surtout, il offre un système de visée à braquets, du mode manuel qui s'appuie classiquement sur la direction donnée au stick droit à la visée automatique, Minishoot' Adventures laissant le joueur se concentrer sur l'esquive.

Au global, le titre reste quand même très abordable sans avoir à débrayer l'une de ces options, même pour des néophytes. Finalement, le vrai pic de difficulté sera atteint après avoir battu le dernier boss du jeu et accompli tous les challenges optionnels. Cela débloquera en effet l'accès à une nouvelle zone demandant d'accomplir différents challenges de combat assez ardus qui viendront à bout des derniers coeurs de la barre de vie des joueurs les plus endurants. La fluidité, indispensable pour le genre, fait elle aussi dans le quasi parfait. À l'exception d'un passage sous une canopée avec des parallaxes présentant des lianes au premier plan qui mettent à mal les 60 images par seconde vantées par notre édition Switch 2 de test, le travail réalisé par Seaven Studio sur le portage est impeccable.

Vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas vous laisser happer par Minishoot' Adventures avec ce portage multiconsole tant attendu. Ici, le maître mot est la satisfaction, que ce soit dans l'exploration de son monde jamais pénible ou dans son gameplay accessible à tous. Bravo !

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