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Mes excuses officielles à DOOM: The Dark Ages

Xavor2Charme par Xavor2Charme,  email
Développeur / Editeur : id Software Bethesda Softworks
Supports : PC / PS5 / Xbox Series
Mon adolescence ayant eu lieu dans la première décennie des années 2000, j’ai naturellement été biberonné aux FPS solo : Half-Life et Half-Life 2, Far Cry et Crysis, No One Lives Forever et F.E.A.R., S.T.A.L.K.E.R. et compagnie. Ma console était même une Xbox pour être sûr de ne pas louper les Halo et The Chronicles of Riddick. N’ayant par contre jamais accroché aux Call of Duty plus que cela, j’ai évidemment vécu les années entre 2008 et 2016 comme une traversée du désert vidéoludique qui, couplée avec mes études supérieures, m’a presque fait arrêter les jeux vidéo. J’ai écrit jusqu’en 2016 et vous savez sûrement ce qu’il s’est passé lors de cette année bénite pour les gens comme moi : la sortie de DOOM.
Tout a déjà été raconté sur ce titre : le retour à un gameplay furieux, peu de narration et quelques innovations qui ont mis en lumière l’ennui intersidéral qu’ont été les années marronnasses de la Xbox 360. Il reste quelques stigmates malgré tout, comme des designs de monstres assez sages ainsi que des décors répétitifs et grisous mais les potards sont mis à fond sur tout le reste pour le plus grand plaisir d’à peu près tout le monde. Même la bande-son de Mick Gordon devient un classique instantané, finissant de donner ses lettres de noblesse à cette réinvention.

DOOM 2016 est encore assez terre-à-terre et sage dans ses environnements

La suite se fait donc attendre et cela donnera DOOM Eternal en 2020, sorti en plein COVID. Je le considère comme l'un des meilleurs jeu vidéo jamais fait au sens noble. id Software reprend la formule de DOOM 2016 et corrige tous les points faibles : les démons deviennent joyeusement dégueulasses, les niveaux sont longs et variés (nous passons de la ville à la glace, à l’usine, à la montagne, etc.), c’est coloré et surtout la palette de mouvements s'enrichit débilement car le but du jeu est de ne surtout pas s’arrêter de dasher, double-sauter ou se téléporter vers un ennemi pour lui asséner les fameux Glory Kills, signatures de cette relance de la série (dont les épisodes modernes sont des sortes de suites aux DOOM originaux et à DOOM 64 et donc techniquement pas des reboots).

BFG Divisé

Tout chef-d’œuvre du FPS qu’il est, le titre fait des choix tranchés, et je sais que tout le monde ne sera du coup pas forcément d’accord avec moi : des phases de plateforme qui personnellement ne me dérangent pas ; l’obligation d’utiliser certaines armes dans certaines situations, ce qui oblige selon moi à  ne pas s'accrocher au super shotgun ; l’aspect très “jeu vidéo” de l’interface graphique et de certains bruitages. J’ai toujours apprécié quand les jeux assument leurs décisions et expérimentations plutôt que d’essayer de faire plaisir à tout le monde et c’est ce que fait Eternal.

Donc ici, nous sautons, la tronçonneuse en l'air, prêt à découper ce gros Mancubus (Doom Eternal).

Malheureusement c’est aussi ici que l’on sent poindre quelques Doom-fashion-faux-pas qui inquièteront plus tard lors de l’annonce de The Dark Ages. Dis-donc DOOM, c’est quoi cette insistance sur la narration et le lore dans cet épisode ? Dites-donc id Software, qu’est-ce que c’est que ce manque de respect pour Mick Gordon qui en plus vous livre une bande-son à la hauteur de l’épisode précédent ? 
Les deux très bon contenus additionnel d’Eternal auront entre temps rassuré tout le monde quand vient donc 2025 et l’arrivée de DOOM: The Dark Ages.

Je l’avais fébrilement lancé l’année passée et j’avais été passablement refroidi : ça blablate, c’est tristoune et il n’y a plus de double-saut ! En plus, il ne tournait pas à 140 000 FPS pour cause de carte graphique un peu âgée mais je suis désolé, Eternal est encore joli et tourne comme un charme sur Steam Deck. Le premier niveau n'était même pas terminé que je désinstallai donc le jeu énervé, tout en chouinant d’avoir perdu le DOOM que j’aimais.

Nous sommes aujourd’hui quasiment un an plus tard et je me suis dépêché d’upgrader mon PC avant que les cartes graphiques ne disparaissent de la surface de la Terre, avalées par les démonIAques LLM. Je cherchais de quoi me flatter la rétine avec ma nouvelle RX9070 XT et il était temps de redonner sa chance à The Dark Ages…

PokéDOOM Epée & Bouclier

… et j’ai eu raison ! Si je pense qu'Eternal restera mon DOOM préféré, passé les premiers pas un peu patauds, ce nouveau DOOM reste un très bon défouloir réussissant encore une fois à changer la formule et à nous offrir une nouvelle perspective dans le dégommage de suppôts de Satan. Eternal est très vertical, nous demandant d’être toujours en l’air ; le DOOM Slayer y est très léger et le rythme du jeu se divise entre acrobaties relativement lentes et enchaînements de Glory Kills une fois revenu au sol (surtout avec les améliorations augmentant la distance d’activation des mises à mort et la vitesse consécutive de notre avatar). The Dark Ages est quant à lui très horizontal.

Les gros bidules derrière sont animés.

Le jeu met une emphase particulière sur la lourdeur et la puissance de notre personnage : ses sauts ne sont pas bien hauts, chaque pas résonne comme c’est pas permis et le fait de se laisser tomber d’une falaise provoque une onde de choc fatale. Le jeu ajoute le bouclier, permettant de jouer au ping-pong avec certaines attaques ennemies mais aussi de venir cogner un méchant de très très loin avec. Les affrontements se transforment en mêlées dans lesquelles le DOOM Slayer est une sorte de bille de flipper increvable rebondissant d'un adversaire à l'autre sans jamais s’arrêter. Les bagarres arrivent alors à être encore plus dynamiques, plus hypnotisantes mais perdant peut-être un peu le panache d’un Eternal. Ma compagne est passée derrière mon écran et s'est demandée comment un truc pareil pouvait se jouer. Le titre est généreux en signaux sonores et visuels et je pense qu'il est presque impossible de se rendre compte de l'intensité des combats sans les vivre. En tout cas, il est impressionnant de voir qu’après un DOOM 2016 posant les bases, id Software soit parvenu en deux suites à proposer deux styles différents et pertinents.

Le jeu multiplie aussi les ennemis spéciaux, ceux en armure ou autres demandant de changer d’arme de façon plus organique que dans l’opus précédent. Certains niveaux sont aussi un peu ouverts, proposant des phases d’explorations ma foi pas désagréables et d'autres en gros robot ou à dos de dragon ont la politesse de ne pas durer des plombes. Par contre, les Glory Kills en tant que tels ont disparu de la circulation ; je pense pour le mieux au niveau du rythme des combats.

Cinquante nuances de gris.

Pour le reste, ce qui empêche cet épisode d’être le meilleur, c’est qu’il accentue les Doom-fashion-faux-pas : l’histoire est omniprésente, les gentils comme les méchants sont ennuyeux et la direction artistique enferme la série dans une sorte de Warhammer d’occasion. Le jeu est certes très beau, propose des arrières-plans dingo mais le marronnasse que l’on a jamais aimé fait son retour rendant le titre terne comparé à ses prédécesseurs. Malgré tout, mention spéciale aux armes qui sont incroyables de patate et de styles ainsi qu’au duo de musiciens Finishing Move Inc parvenant à ne pas être ridicule vis-à-vis de Mick Gordon.
Ce DOOM est un très bon DOOM. Passez les cinématiques, concentrez-vous sur l’essentiel en serrant peut-être les dents au début du jeu, d’autant plus qu’il a été optimisé depuis (à ce qu’il paraît, c’est même jouable sur Steam Deck, je n’ai pas essayé). Je le redis mais je suis impressionné par la capacité d’id Software à réimaginer son gameplay même si la réinvention thématique est quant à elle plus faible. Le manque de flamboyance de sa sortie me fait dire que nous lui avons fait payer, moi le premier, ses Doom-fashion-faux-pas peut être un peu trop cher au regard de ce qu’il propose en terme d'expérience de jeu. Nous sommes peut-être des enfants gâtés et dans un monde où une grosse licence peut disparaître au moindre pet de travers, cela me paraît dangereux de pinailler sur celles que l'on aime.
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