TEST
Aphelion, l'aventure sous oxygène
Développeur / Editeur : DONTNOD
Le jeu vidéo a souvent fantasmé des mondes au-delà de l'orbite de notre soleil, propices à toutes les excentricités scénaristiques et technologiques. Mais lorsque DontNod se lance dans son nouveau projet Aphelion, en coopération avec l'Agence Spatiale Européenne s'il vous plait, il imagine plutôt à quoi pourrait ressembler la première mission humaine en route pour l'hypothétique neuvième planète activement recherchée et qui se cacherait peut-être au fin fond de notre système solaire, par-delà la ceinture de Kuiper. Dans un futur proche où la Terre serait encore une fois à l'agonie, un duo de scientifiques aurait pour but d'explorer un monde de glace qui pourrait accueillir la vie, et les restes de l'humanité.
Les premières bandes-annonces donnaient plutôt envie et pour cause : si on connaît le pedigree du studio lorsqu'il s'agit de raconter des histoires, on ne s'attendait pas à ce qu'il se lance dans un jeu mettant aussi en avant un gameplay orienté action-aventure à la Uncharted, qui ferait survivre un couple d'astronautes sur une planète aussi gelée qu'hostile. Seulement voilà, disons le tout de suite, le titre a été bouffé par ses ambitions et une production qu'on imagine compliquée. Et il ne faut pas longtemps pour s'en rendre compte. La séquence d'introduction présente les protagonistes, Ariane Montclair et Thomas Cross, à bord de l'immense vaisseau HOPE-01 en approche de l'orbite de la planète Perséphone.
À l'intérieur, l'ambiance est morose. Le duo a visiblement une histoire amoureuse derrière lui. L'a-t-il développé pendant le vol ? Ce n'est pas expliqué. En tout cas, Ariane préfère mettre de côté ses sentiments pour se concentrer sur la mission. Thomas part faire un tour à la salle des machines, fondu au noir, musique de danger et sirènes d'alerte. Un instant plus tard, on se retrouve dans la peau d'Ariane dans ce qui reste du cockpit du vaisseau qui s'est visiblement crashé à la surface.

À l'intérieur, l'ambiance est morose. Le duo a visiblement une histoire amoureuse derrière lui. L'a-t-il développé pendant le vol ? Ce n'est pas expliqué. En tout cas, Ariane préfère mettre de côté ses sentiments pour se concentrer sur la mission. Thomas part faire un tour à la salle des machines, fondu au noir, musique de danger et sirènes d'alerte. Un instant plus tard, on se retrouve dans la peau d'Ariane dans ce qui reste du cockpit du vaisseau qui s'est visiblement crashé à la surface.

Rapidement, le jeu nous met dans le bain. Ariane est la plus agile des deux et va passer le plus clair de son aventure à se balader de corniche en rebord, en sautant et s'agrippant au dernier moment sur un promontoire plus loin. Ou en jouant avec son grappin pour se balancer entre deux carcasses métalliques et plus tard des crevasses avant de rejoindre une position en hauteur. Après s'être extraite tant bien que mal de l'épave et avoir découvert qu'une capsule de survie a été éjectée, ce qui pourrait laisser penser que Thomas est vivant, elle décide non pas de fouiller les débris pour dénicher des bonbonnes d'oxygène, mais de "poursuivre sa mission" qui devait conduire le groupe à chercher une mystérieuse source de chaleur susceptible de rendre la planète habitable. Et c'est la première d'une longue série d'incohérences scénaristiques qui casse l'immersion dès que l'on s'en rend compte. Parce que c'est certain que vous, moi et le premier astronaute venu, dans ce cas de figure, on partirait vers l'inconnu avec notre seule réserve d'oxygène, sans eau ni nourriture. Bah oui, évidemment... Après avoir approfondi quelque peu le gameplay grimpette d'Ariane, le jeu change de point de vue et nous met dans la peau de son compagnon d'infortune.
Thomas s'est lui aussi écrasé, mais beaucoup plus loin, et il n'a pas eu la même chance qu'Ariane. Il se réveille alors qu'une barre en métal lui transperce le bide. Après avoir extrait l'objet et s'être rafistolé avec du scotch industriel par-dessus sa combinaison (oui, sans rire), il décide lui aussi de quitter sa capsule et de partir à l'aventure avec une simple bonbonne d'oxygène.
Deuxième incohérence, ou bien alors les technologies de scotch ont bien évolué dans le futur, mais sa combinaison est miraculeusement hermétique à l'atmosphère de la planète... Bref, on va la faire courte, mais Thomas arrive sur une autre partie de la planète dans laquelle la glace est en train de fondre, dévoilant des rivières et des paysages plus proches de Mars. Plus étrange, il découvre des installations apparemment humaines, alors qu'ils sont censés être les premiers sur la planète. Manque de bol, son réservoir d'oxygène se perce et il se retrouve à devoir le remplir régulièrement auprès de stations d'oxygène disposées un peu partout sur la carte. On passe donc son temps à remplir temporairement sa bonbonne et à courir pour chercher une station plus loin avant d'arriver à court.

Deuxième incohérence, ou bien alors les technologies de scotch ont bien évolué dans le futur, mais sa combinaison est miraculeusement hermétique à l'atmosphère de la planète... Bref, on va la faire courte, mais Thomas arrive sur une autre partie de la planète dans laquelle la glace est en train de fondre, dévoilant des rivières et des paysages plus proches de Mars. Plus étrange, il découvre des installations apparemment humaines, alors qu'ils sont censés être les premiers sur la planète. Manque de bol, son réservoir d'oxygène se perce et il se retrouve à devoir le remplir régulièrement auprès de stations d'oxygène disposées un peu partout sur la carte. On passe donc son temps à remplir temporairement sa bonbonne et à courir pour chercher une station plus loin avant d'arriver à court.

Plus tard, Thomas évoluera dans les restes d'une station désertée et accomplira quelques légers puzzles, mais on n'est pas loin du walking simulator. Ariane, quant à elle, est l'occasion d'un gameplay plus ortienté action : échapper à une tempête magnétique, marcher au pas sur un lac gelé pour ne pas briser la glace, utiliser le scanner à ondes électromagnétiques, faire entrer la planète en résonance et déverrouiller des passages. Rien d'incroyable ou qu'on n'ait déjà vu ailleurs. On l'a vu sur les bandes-annonces, l'héroïne va bientôt faire la connaissance d'une créature extraterrestre aveugle mais à l'ouïe extrêmement développée, ce qui sera le prétexte à des phases d'infiltration dans lesquelles on joue au chat et à la souris, en avançant à pas feutrés, se faufilant entre des colonnes de glace pour échapper au monstre. Il n'y a franchement rien de mémorable dans ces mécaniques, même si plus tard le jeu varie les plaisirs en nous permettant de leurrer la bestiole pour y échapper plus facilement, même si ces phases sont pas mal scriptées. Ce gameplay est surtout handicapé par une technique au ras des pâquerettes qui nous fait faire du bruit accidentellement, par exemple lorsqu'on rate l'accroche sur une corniche et que notre personnage se met à hurler, tout ça parce que le jeu n'a pas enregistré l'input de la manette à temps.
Les éclairages lors des premières séquences en intérieur sont assez mal fichus et on est souvent perdu dans les immensités de glace où chaque mur ressemble à un autre et où l'on doit chercher un tout petit espace où se faufiler pour échapper à la créature. Cette technique aux fraises, on la subit hélas un peu partout pendant les sept à huit heures qui nous séparent du générique de fin. Je ne compte plus les OOB (NDLR : Out Of Bounds) lorsqu'on saute par-dessus une crevasse et qu'on se rate, dévoilant ainsi l'envers du décor.
Le jeu est truffé de bugs parfois irritants, comme lorsqu'on fait un saut un peu trop audacieux vers une plateforme deux mètres plus bas et qu'on meurt par "chute fatale d'une grande hauteur", ou alors... qu'il ne déclenche tout simplement pas des scripts rendant certains objets interactifs ! Ça m'a par exemple bloqué pendant plus d'une heure lors de l'exploration d'une base, le jeu ne me présentant aucune icône d'interaction avec un objet indispensable pour avancer, avant que je comprenne qu'il avait juste bugué pour le redémarrer en désespoir de cause. Et pour ne rien arranger, la narration est insipide, Ariane n'ayant de cesse de penser à Thomas après avoir acté froidement une rupture difficile quelques heures plus tôt. Il y a là-dedans quelque chose de factice qui me gêne.

Le jeu est truffé de bugs parfois irritants, comme lorsqu'on fait un saut un peu trop audacieux vers une plateforme deux mètres plus bas et qu'on meurt par "chute fatale d'une grande hauteur", ou alors... qu'il ne déclenche tout simplement pas des scripts rendant certains objets interactifs ! Ça m'a par exemple bloqué pendant plus d'une heure lors de l'exploration d'une base, le jeu ne me présentant aucune icône d'interaction avec un objet indispensable pour avancer, avant que je comprenne qu'il avait juste bugué pour le redémarrer en désespoir de cause. Et pour ne rien arranger, la narration est insipide, Ariane n'ayant de cesse de penser à Thomas après avoir acté froidement une rupture difficile quelques heures plus tôt. Il y a là-dedans quelque chose de factice qui me gêne.

Les dialogues oscillent entre le gnangnan d'un épisode de Virgin River dans l'espace et des exclamations dignes d'influenceurs IA sur Tiktok, à grands coups de "It could change everything!" rabâché par les héros lorsqu'ils découvrent qu'ils ne sont a priori pas les premiers humains sur Perséphone. Là encore, ça sonne creux et forcé. Et puis selon moi, le plus gros problème du jeu est son manque de cohérence dans les mécaniques mêmes de survie qui va faire hurler Sophie Adenot depuis l'ISS. Thomas et sa combinaison magiquement recollée au scotch futuriste passent presque, mais vers la fin du jeu, alors qu'il se balade en extérieur, de nombreuses phases se déroulent sans réserve d'oxygène sur laquelle brancher sa bonbonne. Et pourtant, ça n'a pas l'air de l'affecter. Le pinnacle est atteint à la toute fin lorsqu'Ariane retire son casque tranquillement dans une grotte comme ça, sans suffoquer. Un vrai crève-coeur car à côté de ça, le jeu a des qualités, comme ses assets futuristes que je trouve super réussis et "crédibles", ou sa bande originale composée par Amine Bouhafa à fond dans la mélancolie et qui colle parfaitement au côté "Seule sur Perséphone". Mention spéciale aussi aux cinématiques qui enchaînent les angles de caméra tordus qui mettent bien en avant le gigantisme de ces étendues de glace et dans lesquelles on distingue à peine les héros du jeu.
Pour un jeu à ambiance mâtinée d'aventure, Aphelion ne réussit ni vraiment l'un ni jamais l'autre. Entre des mécaniques de gameplay déjà vues ailleurs, combinées avec une technique handicapante et surtout un scénario inintéressant, bourré d'incohérences irritantes et de dialogues sans âme, il n'y a hélas pas grand-chose à sauver. Une bien belle déception.






