Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.

Un Rédacteur Factornews vous demande :

 
TEST

Looking for Fael, le casse-tête au carré

Xavor2Charme par Xavor2Charme,  email
Supports : PC / Switch / PS5 / Xbox Series
Si la colocation amène son lot de joies et de praticités, en premier lieu un loyer réduit, elle peut aussi charrier de multiples désagréments. Un colocataire parano ; un colocataire volant dans le frigo ; un colocataire, qui faute de pouvoir payer sa part du loyer, s'enfuit dans des dimensions alternatives... Nous avons toutes et tous connu ça. Ce dernier souci sert donc de point de départ à Looking for Fael, nouveau jeu de réflexion conjointement développé par les vieux briscards du genre Swing Swing Submarine et les artistes talentueux et rigolos de La Poule Noire. Le tout est sorti le 16 juillet dernier et est édité par ARTE France car c’est un jeu d’intellectuels.
Jeu testé sur Steam Deck sur une version fournie par l'éditeur

Looking for Fael débute donc sur un message du personnage-titre, déclarant au téléphone qu’il s’est paumé dans l’appartement. Le logement est situé à Angoulême, dont on peut admirer la skyline avec notamment la mairie à côté de laquelle j’ai dégobillé un déjeuner d'huîtres probablement pas fraîches. Nous y débarquons et notons la présence de quelques bizarreries : les meubles ont pratiquement tous disparu et de petites stations étranges sont reliées entre elles via de gros câbles. Nous récupérons assez vite la Game Leaf, sorte de Game Boy permettant d'interagir avec les dispositifs laissés par Fael, puis nous activons les différentes stations en jouant à une sorte de mini-jeu de hacking demandant de poser et d’aligner d’une certaine manière des tetrominos.



Une fois toutes les stations activées, nous pouvons accéder à un digicode sur le bord de la porte d’entrée et c’est là que ça part en sucette. En composant la forme d’un tetromino, la cage d’escalier se transforme alors en une autre version de l’appartement. Deux logements dans deux dimensions distinctes sont à ce moment-là côte à côte et il est possible d’en changer de chaque côté de la porte d'entrée. Il existe alors plusieurs combinaisons d'appartements, ce qui permet la résolution de certains puzzles. Nous avons donc ici les principales mécaniques et le but va être de lever le mystère autour de chaque version de l’appartement en résolvant des énigmes à base de codes, d’indices glanés ou de mécanismes dans les autres logements, d’utiliser sa logique et son observation, puis d’activer différentes stations via le mini-jeu pour enfin résoudre un méta puzzle.

Riven bien qui Mystera le dernier

Cette structure répétitive pourrait être un souci mais le jeu arrive habilement à varier les types d'énigmes et la structure plus ouverte de la deuxième partie permet d’aller voir ailleurs si des casses-têtes nous résistent. Cela permet de ne pas se retrouver submergé comme au début de Myst et surtout Riven, inspirations revendiquées des développeurs. Looking for Fael a aussi le bon goût de n’être ni trop long ni trop dur, réservant les puzzles les plus complexes aux complétionnistes et aux amateurs de fins cachées.


 
Si le titre n’est pas trop compliqué (et il est possible d’activer plusieurs types d’aides), il demande de prendre des notes mais ne propose aucun outil en jeu. Le remake de Riven permet de prendre des captures d’écrans et des notes par exemple et il n’y a pas d’enregistrement automatique des textes croisés comme dans Lorelei and the Laser Eyes. Je me suis donc débrouillé avec les outils internes au Steam Deck ainsi qu’avec le bon vieux duo papier-crayon. Le seul gros défaut selon moi est la vitesse leeeeente de déplacement du personnage, qui si elle est cohérente vis-à-vis du lieu (on se met rarement à sprinter dans un petit appart), peut s'avérer agaçante quand on enchaîne les allers-retours.

En plus des énigmes, la petite histoire de Fael, explorateur timide et fasciné par son phasme, parvient à entretenir le mystère et la pléthore de références à l’environnement franco-libanais du titre est rafraîchissante. J’ai beaucoup aimé le fait que les différentes versions de l’appartement ainsi que les énigmes proposées contribuent à dresser un portrait du protagoniste du titre, plutôt que de servir de simple prétexte à refiler des énigmes compliqués entre plusieurs dimensions. Finalement, nous ne sommes pas dans un simulateur d’escape game mais bien dans un jeu vidéo avec un discours.



L'esthétique 3D dessinée rend un hommage tout particulier à la ville où se déroule le jeu et le reste de l’habillage graphique est de bon goût. Instant copinage, la typographie utilisée dans les menus est l’Avara, police open source dessinée par mon copain Raphaël Bastide, une rencontre importante dans ma vie professionnelle. N’hésitez pas à jeter un œil à son site ainsi qu’à Use & Modify, un annuaire de typographie libres et gratuites.

J’ai parcouru Looking for Fael sur Steam Deck sur lequel il tourne très bien malgré le fait qu’il ne soit pas ultra bien adapté à la manette. Comme il n’y a pas de manipulations complexes ou rapides à effectuer, ce n’est pas vraiment un souci.
Bien conçu, joli et agréable à parcourir sans être interminable comme Blue Prince, Looking for Fael est l’équivalent d’un bon bouquin d’été. Je pourrais pester contre quelques puzzles un peu tarabiscotés ou sa vitesse de déplacement mais le titre mérite tout votre amour. Il constitue aussi une bonne porte d’entrée au genre, grâce à un niveau de difficulté contenu et un prologue pédagogique. Allez-y d’autant plus que le jeu n’a pas l’air de se vendre à la pelle malgré les bons retours.
Rechercher sur Factornews