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​Maquette, pas tout à fait à la hauteur

Laurent par Laurent,  email
Développeur / Editeur : Annapurna Interactive Graceful Decay
Supports : PC / PS4 / PS5
Que diriez-vous de vivre dans 3 dimensions à la fois ? Je veux dire : vivre dans un petit monde à 3 dimensions, mais qui serait répété 3 fois, autours de vous, et en maquette devant vous. Un monde en poupées russes si vous voulez. C'est ce que Maquette propose, un peu comme un A Fisherman's Tale, mais sans marin d'eau douce.
Développé par Graceful Decay et édité par Annapurna Interactive, Maquette a tout du petit jeu indé expérimental qui va retourner nos sens.
On commence dos à un cloitre, au milieu d'un jardin par une nuit claire, et des messages en lettres blanches se découvrent au gré de notre promenade en ce lieu enchanteur sur fond de musique groovy pour nous raconter une histoire. Des souvenirs d'une vie passée, celle de Michael, et d'une rencontre en particulier, celle d'une jeune femme nommée Kenzie.
Puis vient une clé. Une clé comme celles qu'on cherchait à une époque. Une clé qui ouvre la porte à côté. La porte de nos souvenirs enfouis.

Maquette du Graal

Maquette joue sur deux tableaux. Il est allégorique.
Il représente de l'intime, du pathos, comme une fenêtre sur l'âme de Michael, celui à qui appartiennent ces mémoires. Comme une partie de lui, il va donc évoluer au fil des souvenirs, heureux ou malheureux qui vont ressurgir.
Pour se faire, Maquette offre un décors enchanteur, dans un stylé épuré rapellant The Witness et qui fait plaisir à regarder.
On se balade dans un petit monde en forme de croix, la maquette étant dans le carré central et les 4 autres carrés dédiés à des constructions évoquant autant de souvenirs, chacun nécessitant de résoudre un puzzle environnemental pour se dévoiler complètement.
Et à chaque fois que vous y parviendrez, une animation viendra illustrer les conversations d'un autre temps, dévoilant l'histoire de Michael et de Kenzie, toujours un peu plus.

Alors ce chat : vivant ou mort ?

C'est un jeu difficile à décrire au final. On y retrouve en tous cas de nombreuses mécaniques, souvent liées à la notion d'échelle, d'abord de certains objets autours de nous que l'on peut poser sur la maquette pour qu'ils deviennent 10 fois plus grands dans notre monde, ou au contraire les faire sortir de notre monde, pour les trouver 10 fois plus petits dans la maquette.
Puis vient le temps de soi-même changer de taille : de passer de géant enjambant la maquette à lilliputien parcourant à pieds les étendues de notre monde pas si petit que ça finalement.
Le jeu poussera même les choses encore plus loin, jusqu'à sa conclusion, et malgré le défi technique, tout est parfaitement exécuté. Du début à la fin de l'expérience, tout marche parfaitement. La mécanique fonctionne.

Comme un grain de sable

Malgré tout, il manque quelque chose. Les puzzles s'enchainent, ou pas. Il n'y a jamais de tutorial, de première étape pour introduire une nouvelle mécanique de puzzle, et quand vous commencez à chercher, vous vous retrouvez vite à tourner en rond, et en rond, et en rond. Et rien ne vient vraiment vous ramener sur la voie. Parfois un petit indicateur vous met la puce à l'oreille : un bruitage qui se répète, indiquant un mécanisme à actionner, ou un texte disposé à un endroit spécifique pour vous dire que c'est par là, mais c'est très, très, subtil, et certaines solutions sont quand même ardues à deviner, même si toujours assez simples au final.

On notera aussi une rigidité des contrôles qui ne devrait pas être là dans un jeu où on ne fait que marcher, sauter, prendre et poser des objets. D'ailleurs en parlant de marcher, on voudrait souvent pouvoir appuyer sur "Maj" pour accélérer notre rythme... pour découvrir que "Maj" active la marche... car on est déjà en course par défaut.

The sound of silence

Au niveau sonore, le jeu est très silencieux. Peut être pour profiter un peu plus des chansons qui ponctuent le titre de fort belle manière, ou les dialogues entre Michael et Kenzie, toujours assez riches. Deux autres points à noter mais qui seront sûrement patchés rapidement : le son de nos pas ne correspond jamais à notre déplacement et certains textes ne sont pas toujours sous-titrés en français (le jeu est en anglais sous-titré fr).
Enfin, pour peu de ne pas perdre 2 heures bêtement sur certains puzzles, le jeu est très court. Moins de 5h dans mon cas et au vu des succès steam, il est même prévu pour être fini en moins d'une heure.

Maquette est une boite de Pandore : sous son emballage soigné, on y découvre autant de merveilles que de souffrances.
Le jeu est beau, propose des énigmes variées et une histoire qui sent le vécu mais il n'est peut-être pas à mettre entre toutes les mains, et si vous êtes en dépression ou en cours de rupture, ce jeu ne va pas vous aider.

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