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Un Rédacteur Factornews vous demande :

PREVIEW

The Duskbloods

Rozzo par Rozzo,  email
 
Lorsque notre Billou national m’a proposé un accès au test du jeu qui m’excitait le plus du line-up de la Switch 2, ma foi en fort manque de nouveautés croustillantes, j’ai sauté sur l’occasion en mode triple dash-double-saut-glide-glissade-roulade. Peut-être aurais-je dû moins me précipiter et lire la notice.
La notice des horaires par exemple, parce que le “test réseau” de The Duskbloods avait des créneaux pour le moins alambiqués et limités dans le temps. Heureusement, j’ai réussi à me verrouiller deux-trois heures pour me faire un (très très) rapide avis. À ce titre, l'appellation “test réseau” a le mérite de ne pas promettre quoi que ce soit. C’est comme si FromSoftware nous disait en préambule : “Ce n’est pas une démo, ce n’est pas une bêta, on ne vous promet même pas de pouvoir jouer, et si c’est le cas, ça sera dans des conditions sur lesquelles on ne s’engage à rien. Votre amusement n’est même pas une variable que nous considérons”. Bon, ils ont quand même la sympathie de nous offrir quelques tutoriels. Grands Princes.

“On dirait pas un peu Bloodborn ?”


Même si je n’ai pas joué à Elden Ring: NightReign avec lequel le prochain bébé semble avoir moult similitudes, je me considère comme un joueur “honnête” de Souls. J’ai globalement terminé chaque jeu de la série sauf Demon's Souls. J'ai fait Elden Ring sans aucune invocation et j'ai même acheté un super T-shirt de Malenia quand j'étais au Japon. Je me permets de préciser mon profil de joueur puisque je pense qu’il est contextuellement important dans l'opinion à suivre.



Bref, une fois que l’on passe la fameuse barrière du “trop de gens se connectent en même temps, vais-je avoir plus de chance que 10 000 personnes qui appuient sur la touche de connexion en même temps que moi ?”, on n’est pas surpris de l’accueil que le titre nous réserve. Je dirais presque qu’on est comme à la maison, dans les mêmes pantoufles que depuis 10 ans déjà : une cinématique cryptique, une lune qui brille, du sang... et paf, on se retrouve à diriger notre personnage dans un décor qui ressemble à s’y méprendre à une zone de jeu de Bloodborne.

Et on n’est pas dépaysé, tant le titre semble capitaliser sur les acquis des précédents opus. Les contrôles ont la même réactivité ; la caméra est placée au même endroit ; certaines animations semblent même reprises tout droit du grand frère. Cette “mutualisation” des assets est intelligente d’un point de vue de la production. Côté joueur, on pourra quand même y trouver une certaine lassitude esthétique, car on a déjà parcouru les environnements qu’il propose à maintes reprises. On espère que les autres cartes de jeu (il n’y en avait qu’une sur trois) apporteront plus de fraîcheur.

Sprint cathartique


Si critiquer le paysage était nécessaire, dire que j’ai eu le temps de le contempler est une autre histoire, car le titre impose de lui-même un rythme qui va presser le joueur comme un citron. Très succinctement, on va incarner, pendant une nuit d’apocalypse, un edgelord un prétendant qui doit gagner les faveurs d’une divinité en accumulant plus de vertus (des points) que les autres (au nombre de huit par partie). Cette fameuse nuit va se dérouler en quatre phases qui vont faire monter les enjeux en éliminant les joueurs au compte-goutte. Le tout pour culminer à un final où les trois derniers prétendants s’affronteront en même temps dans une arène circulaire.

Et c’est ce contre-la-montre permanent qui est à la source de toute la tension que le jeu fait naître. Grâce à des options de mobilité décuplées (saut concentré, dash), on va parcourir la map comme un dératé et essayer d’engranger autant de points et de ressources qu’on le peut. Durant ces phases, le jeu ne pénalise pas la mort, car il est très conscient que le temps, c’est de l’argent, et que perdre ces précieuses secondes est déjà une sentence suffisante.



Si depuis une éternité on est au courant que mettre un chronomètre est un très bon moyen de mettre la pression, on sait aussi que globalement une bonne partie de la population n’aime pas qu’on la presse dans ses activités de détente. De mon côté, je suis pris entre “je comprends l’idée et ça fonctionne” et “foutez-moi la paix !”. Si le temps joue contre nous, le déroulement d’une partie laisse une grande latitude au joueur en lui laissant choisir son personnage parmi plusieurs autres, mais aussi en choisissant comment aiguiller son évolution avec des perks, des compagnons qui nous suivent, voire des effets rajoutés à nos armes.

Et le fun dans tout ça ?


On va donc osciller entre arpenter la map pour y flinguer tout ce qui bouge pour prendre de l’expérience et des points, et affronter les joueurs qu’on croise pour les ralentir et les affaiblir sur le long terme. Certaines situations lancent ces derniers sur des affrontements de boss que les autres peuvent rejoindre et aider pour gagner de grosses récompenses. D’autres situations sont très axées joueur contre joueur et donnent de gros bonus lorsqu’on les gagne. Pour les frileux de la bagarre en solitaire, il est possible de s'allier avec des joueurs rencontrés en signant un “Pacte” qui permet de coopérer et d’essayer d’aller jusqu’aux portes de l’affrontement final ensemble.



Bref, tout ça, c’est bien beau, mais est-ce qu’on s’amuse ? Eh bien, tout dépend de vos attentes. Si vous avez accroché à Nightreign et que le PvP des jeux From vous amuse, alors oui, vous n’allez pas être déçu du voyage. Les parties sont rapides, pleines de tension et demandent de faire des choix stratégiques en permanence. Par contre, si comme moi, vous préférez l’approche “historique” du studio avec de l’exploration et du multijoueur asymétrique, vous allez être un peu déboussolé. D’autant plus que personnellement, j’ai souvent trouvé les affrontements contre d’autres joueurs dans ces jeux au mieux brouillons, au pire carrément frustrants.

D’autant plus que pour le moment, test “réseau” oblige, beaucoup de questions restent en suspens. Comment va se passer la personnalisation du personnage ? Comment relancer l’intérêt et engager les joueurs sur la durée ? Du contenu plus axé PvE semble avoir été mentionné, comment ça va se passer ?

 
S’il est encore trop tôt pour juger de la qualité de The Duskbloods, ce test réseau aura tout du moins servi à clarifier les intentions de son développeur auprès du public. Deuxième parenthèse “tout multijoueur” après Nightreign, il semble capitaliser sur les acquis du studio pour livrer une expérience haletante et exigeante. De mon côté, je suis un poil triste car j’espérais que le titre, en exclusivité sur la console de Nintendo, allait enfin me redonner envie de dépoussiérer la Switch 2. Pour le moment et pour moi, c’est raté.
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