TEST
Marvel Tokon: Fighting Souls
En tant que gros lecteur de comics, fan de la première heure du Marvel Cinematic Universe et joueur de jeux de bagarre à mes heures perdues, l’arrivée de Marvel Tokon: Fighting Souls par Arc System Works a sonné en moi comme un gros “I love you 3000”, tellement son esthétique m’a conquis dès la première bande-annonce. Voyons voir ce que cela donne manette en main.
Jeu testé sur PS5 avec une clé offerte par l’éditeur
What If...?
Cela faisait pas loin de neuf longues années que l’on attendait un jeu de baston dans l’univers de Marvel. Pourtant, on a eu un paquet de titres Marvel ces dernières années et pour tous les goûts, avec de l’action-aventure, du hero shooter, du deck building, etc. Mais les jeux de bagarre se sont fait rares. Et pour en retrouver un, il faut remonter à l’année 2017 avec le pas fifou Marvel vs. Capcom: Infinite chez Capcom. Une douche tellement froide que la Maison des Idées a probablement souhaité prendre son temps pour revenir sur ce terrain.Et pour ce faire, c’est Sony Interactive Entertainment qui est allé voir Marvel avec une idée : un jeu de combat en mode tag fighting, le tout avec le même soin apporté que pour les jeux Marvel's Spider-Man et bientôt Marvel's Wolverine (et aussi la communication). Sans trop de surprise, Marvel a accepté et Sony Interactive Entertainment s’est donc fait une joie de jouer le rôle d’éditeur avec à la clé une jolie exclusivité pour la PlayStation 5, tout en n’oubliant pas de sortir tout de même sur PC.

Ni une ni deux, Sony n’est pas parti bien loin pour trouver un studio expert en jeux de combat : Arc System Works. Il n’y a qu’à voir sa présence lors de l’EVO 2026, en tant que développeur ou éditeur : BlazBlue: Central Fiction, Guilty Gear: Strive, Granblue Fantasy Versus: Rising et Under Night In-Birth II Sys:Celes, rien que ça. Et puis, qui se souvient de la patate dans la gueule qu’était, et est toujours, Dragon Ball FighterZ, sorti en 2018 ?
Peut-être que Marvel s’est dit “What if… ?” on arrêtait de faire comme d’habitude et on donnait vraiment carte blanche à ce duo pour redorer notre blason et pas forcément faire un jeu de commande qui ressemble à tous les autres jeux de combat ?
Avengers, assemble!
Cela a beau être un jeu de combat, je m’attendais à un scénario un peu plus élevé que la normale, surtout dans l’univers Marvel. J’ai peut-être des attentes un peu plus élevées que la moyenne sur ce point et il y a tellement de matière à bien faire que ce serait dommage de se planter. Bon, force est de constater que je ne vais pas arrêter de lire des comics de sitôt, même si les bonnes idées sont quand même présentes dans le scénario de Marvel Tokon: Fighting Souls.D’ailleurs, j’aime beaucoup le fait de miser sur un méchant pas super connu du grand public, le Champion. Ça change un peu des antogonistes qui doivent coller aux différents films. Il s’agit d’un des Doyens de l'univers (Elders of the Universe) qui est comme ses congénères, immortel et obsédé par une passion, un désir, lui permettant de passer le temps. Et des Doyens, il en existe des milliers, comme par exemple le Collectionneur qui adore collectionner tout un tas de trucs et surtout des êtres vivants, ou encore Ego la planète vivante cherchant d’autres formes de vie comme la sienne, pour ne reprendre que des personnages vus dans le MCU.

Cette fois-ci, c’est donc au tour du Champion d'être mis en avant, un zinzin du combat et de toutes les compétitions physiques. Il fait appel à sa pote, la Promotrice, que l’on connaît sous le nom de Xirena Awhina dans les comics, dans le but d’organiser de grands tournois.
Mais pas n’importe lesquels ! Des tournois pour sauver des mondes, rien que ça. En effet, le Champion se balade de monde en monde, dans le seul but de trouver des adversaires à sa taille. Si ce n’est pas le cas, il dézingue la planète et part en trouver une autre. Cette fois, ils arrivent sur Terre et la promotrice débarque un peu partout pour fixer les règles du Challenge of the Champion. Elle va créer cinq équipes composées de quatre personnages. On retrouvera Captain America en leader des Fighting Avengers, Storm pour gérer les Unbreakable X-Men, Spider-Man pour l’équipe The Amazing Guardians, le Ghost Rider pour les Samurai Outriders et enfin, l’équipe des Knights of Doom sera celle de Victor von Fatalis, le fameux Doctor Doom que l’on verra au cinéma en fin d’année dans Avengers: Doomsday.

Le scénario est en fait découpé en cinq petites histoires, toutes racontant plus ou moins la même chose, à savoir que l’équipe qui sera mise en avant devra se battre contre les autres, jusqu’à arriver face au Champion et lui péter la gueule. Honnêtement, ça ne vole pas très haut et on finit assez rapidement par passer les dialogues pour vite aller dans l’action. C’est assez dommage, puisque tout cela est mis en scène avec des cases de comics, le tout avec des petites animations, rendant le tout assez dynamique. Dans tous les cas, Arc System Works n'a donc pas eu besoin d'inventer quoi que ce soit, le studio a juste pioché dans l’énorme lore Marvel et s’est même inspiré de la mini série publiée uniquement en numérique en 2017-2018, Thor vs. Hulk: Champions of the Universe, sans que cela ne saute trop aux yeux du grand public. Malin comme studio.
I can do this all day
Comme dit plus haut, Marvel Tokon: Fighting Souls est un tag fighter, à savoir un jeu de combat se jouant en équipe contre une autre équipe. Et là, ce ne sont pas des teams de deux, ni de trois, mais carrément de quatre personnages qui devront s’affronter. C’est déjà bien et suffisamment rare, mais Arc System Works a aussi décidé de ne pas faire comme tout le monde. Au lieu d’avoir une barre de vie par personnage, nous n’en avons qu’une seule pour l’intégralité de l’équipe. Cela rend les combats plus dynamiques, mais aussi orientés vers un personnage principal/préféré, qui se fait aider ici et là par le reste de l’équipe suivant les situations. C’est en tout cas comme cela que j’ai appréhendé le jeu au début, en attendant de maîtriser un peu plus plusieurs combattants.
Sachez qu’il est aussi possible de garder à tout moment le personnage appelé sur le terrain. On comprend assez vite que c’est donc une réelle équipe avec laquelle il faut jouer, et non juste un capitaine et des assists. Et c’est tout à fait normal de commençer par cette manière de jouer. Les jeux Arc System Works sont assez denses, donc n’espérez pas maîtriser la totalité des mouvements des 20 protagonistes (+ un bonus) en quelques parties. C’est impossible pour le commun des mortels.
Fort heureusement, le jeu propose beaucoup d’options de tutoriels pour apprendre à jouer. D’ailleurs, le même solo est totalement là pour cela, nous faisant essayer les divers combattants, de confrontation en confrontation. J’ai particulièrement apprécié cette idée, parce que cela permet de faire un peu le tour du roster, quand on sait que généralement, quand on aime bien un personnage, on le garde quasiment tout le temps (coucou Ryu). En plus de cela, chaque début de combat en mode scénario commence par une sorte de mini tuto avec objectifs (non obligatoires) permettant d’apprendre les différentes manières d’approcher chaque protagoniste.
True believer
Tout est donc une affaire de temps et d'entraînement. Le jeu nous fait rapidement comprendre que chaque combat ne commence qu’avec deux personnages de l’équipe, les deux suivants se débloquant sous certaines conditions, comme le fait de balancer l’adversaire à travers le niveau pour arriver sur une nouvelle zone (Wall Breaks), ou en perdant un round, histoire de revenir avec plus de chance. La formation de son équipe est donc assez importante, surtout que les combos possibles avec une team complète sont démultipliés.Pour autant, Marvel Tokon est assez simple à prendre en main dès les premières minutes. Un soin tout particulier a été apporté à l’accessibilité, comme par exemple le fait de pouvoir faire des attaques spéciales assez simplement en appuyant sur R2 + une touche. Il est évidemment aussi possible de faire cela à l’ancienne et seule l’expérience nous orientera dans tel ou tel choix de maniabilité. Reste que pour le moment, je m’amuse comme un petit fou en solo et le niveau de difficulté est assez bien dosé pour ne pas être bloquant.

Néanmoins, je le répète, il faudra s’armer de patience et s'entraîner pour espérer tout comprendre. Je ne vais pas faire un tutoriel complet pour vous apprendre à jouer, vous en trouverez d’excellents sur les Internets. Cependant, sachez que le vocabulaire à connaître pour bien appréhender chaque situation fait assez mal au crâne au début, m6eme si au final, c’est assez simple. Par exemple, enchaîner plusieurs attaques faibles déclenche une Link Attack (soit un enchaînement de coups dans la gueule pour faire des combos). Si vous faites de même mais avec des attaques moyennes, cela déclenche une Super Skill, mais consomme 50 points de la jauge de skill. Et si vous utilisez des attaques lourdes, cela déclenche l'Ultimate Skill, consommant 100 points. Tout cela est donc à savoir et à balancer au bon moment lors du match.

De même que les Assemble Counter, les Tokon Assemble et tout l’équilibrage des personnages qui est, pour le moment, un peu claqué par moment. Mais comme dans chaque jeu de combat, tout cela sera remanié au fur et à mesure du temps.
Reste que l’on est dans un jeu Arc Sys et que la maniabilité des personnages est assez raide tout en étant rapide, avec des micro arrêts à chaque coup et une lisibilité qui fait parfois un peu mal aux yeux, surtout lors des assists avec nos personnages attendant de prendre part au combat. Il est parfois un peu compliqué de savoir qui est en train de taper qui, mais globalement, ça se passe tellement vite que l’on finit par comprendre instinctivement.
Part of the journey is the end
Comme je le disais, j’ai surtout joué en solo pour le moment. Outre le mode Episode avec ses cinq scénarios qui prennent un peu moins de dix heures pour en venir à bout, le titre propose tout un tas d’autres modes assez chouettes. Le plus classique est évidemment le mode Versus, avec du combat contre une IA ou un ami pour des soirées endiablées. Un mode Entraînement est évidemment de la partie avec pas mal de contenu là aussi, dont des trucs assez tendax à débloquer. On peut aussi noter deux autres modes qui changent un peu de l’ordinaire.
Le All-Star Arena propose deux variantes. La première est Arena, une sorte de circuit de cinq combats avec difficulté et routes variables. La seconde, Survival, demande d'enchaîner 100 adversaires de suite pour débloquer des skins pour nos personnages. Oui, sans dépenser un centime. Ça fait presque bizarre. Enfin, il y a l’Arcadia Rumble, sorte de mélange de beat’em up avec des personnages chibi (Japon oblige) et de combats classiques, pouvant aller jusqu’à huit joueurs. Personnellement, je n'ai absolument pas accroché à ce mode.
Du côté des modes en ligne, Arc System Works propose du classique mais efficace. On y retrouve en vrac des Ranked Match, des Casual Match, une partie Room Match pour se taper en privé, mais évidemment aussi une partie Open Lobby dans laquelle on peut trouver tout un tas d’adversaires à notre niveau ou plus ou moins fort dans une sorte de mini map avec des personnages chibi. Et là, je me permets vivement de vous conseiller de passer quelques heures sur les différents modes solo avant d’aller vous frotter au monde des Internets, parce que le niveau est déjà assez élevé. En tout cas, de mon côté, j’ai pris quelques fessées qui m’ont vite fait comprendre qu’il faut mieux rester hors ligne pour le moment, ou juste en versus sur canapé.
Excelsior
Faire le tour de Marvel Tokon: Fighting Souls est assez compliqué tant il regorge de subtilités dans son gameplay. Mais ce qui frappe en premier lieu, c'est sa patte graphique. On commence à avoir l’habitude avec Arc System Works, mais là, c’est encore un cran au-dessus. En tant qu’amateur de comic book, chaque personnage me fait baver tellement les détails du monde Marvel sont nombreux, surtout quand ils sont mêlés à la personnalité du studio qui n’a pas hésité à donner une esthétique toute japonaise aux protagonistes, Mention spéciale à Iron Man et son armure en mode samouraï (sans compter toutes les variantes).Les décors des sept niveaux disponibles pour le moment ne sont pas en reste, fourmillant de détails ici et là, et d’animations donnant vraiment vie aux différents lieux. Des rues de New York, en passant par la salle d’Odin en Asgard, le QG des X-Men avec la fameuse X-Mansion, ou encore l’espace avec Knowhere, tout y passe. J’avoue avoir un petit faible aussi pour le délire de Savage Land et le palais royal du Wakanda. Tout bouge merveilleusement bien et les combattants ne ralentissent pas un seul instant. C’est un perfect sur toute la ligne. Et je ne compte même pas les clins d'œil assumés de Deadpool qui brise le quatrième mur en 1 000 morceaux avec ses vannes et ses références à d’autres jeux de combat ainsi qu'à l’animation japonaise. C’est un délice et on est très largement au niveau de la baffe visuelle qu’était déjà à l’époque Dragon Ball FigherZ.

La seule chose qui déconne est, pour moi, les thèmes musicaux, tous réarrangés et remixés. C’est bien simple, à part celui de Spider-Man que je reconnais dès les premières notes, tout le reste est passable ou oubliable. Rien ne m’est resté en tête, alors que j’ai encore des partitions de Guilty Gear qui me reviennent de temps en temps. C’est vraiment le gros point faible du jeu.
C’est donc un grand oui pour Marvel Tokon: Fighting Souls, qui est bel et bien une réussite. Le titre est magnifique, fluide, rapide, assez facilement jouable, exigeant si on veut briller en ligne, et clairement pas avare en contenus. On se doute aussi que le suivi sera exemplaire avec des Season Pass tant le nombre de personnages Marvel est un puits sans fond. L’idée du 4v4 est excellente et cela ne pose pas Marvel Tokon comme un concurrent direct à Street Fighter VI et Tekken 8, mais bien comme un excellent jeu de combat supplémentaire.