ACTU
Netflix rachète Warner Bros.
par CBL,
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La saga Warner Bros. continue. AT&T avait racheté le studio en 2018 puis s'en était débarrassé en 2022 en le fusionnant avec Discovery. Après trois ans de gestion désastreuse, le groupe Warner Bros. Discovery est méchamment dans le rouge (avec 10 milliards de dollars de pertes nettes en 2024 pour un chiffre d'affaires de 40 milliards de dollars) et les patrons ont décidé qu'il était temps de vendre. L'activité TV regroupant CNN, TNT, Discovery et Cartoon Network va devenir une entreprise à part appelée Global Networks et la branche studios vient d'être rachetée par Netflix pour la coquette somme de 72 milliards de dollars.
Ça regroupe les studios Warner, le catalogue Warner (films et TV), HBO, HBO Max (appelé Max en France), DC Comics et Warner Bros. Games, dans lequel on trouve Traveller's Tales alias TT Games (les jeux Lego), Avalanche Software (Disney Infinity et Hogwarts Legacy), NetherRealm Studios (Mortal Kombat et Injustice), Rocksteady Studios (Batman Arkham et Suicide Squad: Kill the Justice League), Portkey Games (les jeux Harry Potter sur mobile) ainsi que WB Games Boston, Montréal, New York et San Francisco. En clair Netflix s'empare d'un nombre de licences totalement dingue allant de The Big Bang Theory à Game of Thrones en passant par Mad Max et Matrix. En théorie.
En pratique, les choses ne sont pas encore faites. Les avocats et les financiers se sont mis d'accord en suivant le rituel traditionnel (steak, whisky, coke, prostituées et serrage de louches) mais il va falloir maintenant montrer patte blanche aux différents gouvernements pour qu'ils ne bloquent pas le tout. Et le premier obstacle est Donald Trump. David Ellison, propriétaire de Paramount Skydance, comptait aussi racheter Warner Bros. et discutait avec la Maison-Blanche du rachat ce mercredi. Papa Ellison, le patron d'Oracle, est un gros soutien de Trump et n'aurait aucun mal à convaincre ce dernier d'utiliser le Department of Justice et la FTC pour bloquer le rachat par Netflix.
Et Paramount sera soutenu par le reste d'Hollywood qui voit le rachat de Warner Bros. par Netflix comme la mort des salles de cinéma. En effet, le géant du streaming ne sort pas ses films en salle et quand il le fait, c'est juste pour quelques jours à l'occasion d'événements promotionnels et pour se conformer aux règles des Oscars, qui stipulent qu'un film doit sortir en salle pour être oscarisé. Universal, Paramount, Disney, Sony et Apple ne proposent pas de service de streaming aussi puissant que celui de Netflix. Si les salles de cinéma sont désertées, c'est donc leur gagne-pain qui est attaqué. De son côté, Netflix a promis qu'il continuerait de sortir les films Warner en salle tout en précisant qu'ils arriveraient plus vite qu'auparavant en streaming.
L'Europe pourrait aussi mettre la zone. Netflix représente déjà plus de 50 % de parts de marché en Europe pour le streaming (y compris en France) dans un marché dominé à 85 % par les services américains. Avec la catalogue Warner, la firme de Reed Hastings deviendrait intouchable.
On est surtout curieux de savoir ce que l'entreprise va faire de l'activité jeux vidéo si le rachat se conclut. Netflix a massivement revu ses ambitions vidéoludiques à la baisse et la nouvelle stratégie consiste à sortir des party games qui se jouent directement sur sa TV en utilisant son téléphone comme manette, à la manière de Jackbox.
Ça regroupe les studios Warner, le catalogue Warner (films et TV), HBO, HBO Max (appelé Max en France), DC Comics et Warner Bros. Games, dans lequel on trouve Traveller's Tales alias TT Games (les jeux Lego), Avalanche Software (Disney Infinity et Hogwarts Legacy), NetherRealm Studios (Mortal Kombat et Injustice), Rocksteady Studios (Batman Arkham et Suicide Squad: Kill the Justice League), Portkey Games (les jeux Harry Potter sur mobile) ainsi que WB Games Boston, Montréal, New York et San Francisco. En clair Netflix s'empare d'un nombre de licences totalement dingue allant de The Big Bang Theory à Game of Thrones en passant par Mad Max et Matrix. En théorie.
En pratique, les choses ne sont pas encore faites. Les avocats et les financiers se sont mis d'accord en suivant le rituel traditionnel (steak, whisky, coke, prostituées et serrage de louches) mais il va falloir maintenant montrer patte blanche aux différents gouvernements pour qu'ils ne bloquent pas le tout. Et le premier obstacle est Donald Trump. David Ellison, propriétaire de Paramount Skydance, comptait aussi racheter Warner Bros. et discutait avec la Maison-Blanche du rachat ce mercredi. Papa Ellison, le patron d'Oracle, est un gros soutien de Trump et n'aurait aucun mal à convaincre ce dernier d'utiliser le Department of Justice et la FTC pour bloquer le rachat par Netflix.
Et Paramount sera soutenu par le reste d'Hollywood qui voit le rachat de Warner Bros. par Netflix comme la mort des salles de cinéma. En effet, le géant du streaming ne sort pas ses films en salle et quand il le fait, c'est juste pour quelques jours à l'occasion d'événements promotionnels et pour se conformer aux règles des Oscars, qui stipulent qu'un film doit sortir en salle pour être oscarisé. Universal, Paramount, Disney, Sony et Apple ne proposent pas de service de streaming aussi puissant que celui de Netflix. Si les salles de cinéma sont désertées, c'est donc leur gagne-pain qui est attaqué. De son côté, Netflix a promis qu'il continuerait de sortir les films Warner en salle tout en précisant qu'ils arriveraient plus vite qu'auparavant en streaming.
L'Europe pourrait aussi mettre la zone. Netflix représente déjà plus de 50 % de parts de marché en Europe pour le streaming (y compris en France) dans un marché dominé à 85 % par les services américains. Avec la catalogue Warner, la firme de Reed Hastings deviendrait intouchable.
On est surtout curieux de savoir ce que l'entreprise va faire de l'activité jeux vidéo si le rachat se conclut. Netflix a massivement revu ses ambitions vidéoludiques à la baisse et la nouvelle stratégie consiste à sortir des party games qui se jouent directement sur sa TV en utilisant son téléphone comme manette, à la manière de Jackbox.