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ACTU

Les stagiaires dans le JV, c'est plus ce que c'était

Joule par Joule,  email  @j0ule  
Il y a quelques jours, nous avions reçu un communiqué de presse pour nous annoncer le lancement d'un énième Kickstarter d'un énième petit studio comme on en reçoit toutes les semaines. Comme on aime bien jouer le rôle de filtre pour vous mâcher le boulot, chers lecteurs, nous n'avions pas jugé le jeu suffisamment digne d'intérêt, avec son design pompé sur Miyazaki et une vidéo franchement pas très emballante, pour vous le relayer par ici. 

Appelez ça le hasard, l'instinct ou simplement le talent, mais depuis hier, ce projet fait l'objet d'une véritable volée de bois vert sur les réseaux sociaux (due à des témoignages terribles à lire ici, ou ). À la belle époque, ma bonne dame, un stagiaire dans le monde du jeu vidéo, c'était un esclave à qui l'on faisait faire plein de taf gratos, et s'il était pas content, ben c'était pareil. Maintenant, avec cette saloperie d'internet et ces démons de réseaux sociaux, ils ont l'outrecuidance de la ramener. Tout se perd...

Dans l'œil du cylone, David Tollari, boss du studio Bloomylight, à qui l'on reproche plusieurs choses :
- ce monsieur ne ferait bosser que des stagiaires, alors que lui bosse à temps partiel en tant que surveillant scolaire.
- ce monsieur leur mettrait la pression (grillé dans le milieu, pas de certificat de fin de stage) pour qu'ils bossent plus 
- ce monsieur ne les paierait pas, et leur ferait signer de faux papiers en fin de stage attestant de l'inverse, en usant des mêmes pressions



On passera sur le fait que le projet n'en est encore qu'à l'état d'embryon (ce qui n'est pas rare pour un Kickstarter), que les très nombreux stagiaires ayant participé au projet ne sont pas crédités ni sur le site ni sur le KS (ce qui n'est hélas pas rare dans le vilain petit milieu du jeu vidéo), que la société semble capitalisée à plus de 250 000 € (ce qui est plutôt cocasse pour une SASU, qui demande du financement participatif de surcroît).

Nous avons tenté de contacter l'intéressé par mail pour en savoir plus, sans réponse depuis ce midi. Ses profils disparaissent d'ailleurs petit à petit sur les réseaux sociaux. Dans l'attente, et au vu des nombreux témoignages qui continuent de fleurir sur la toile, nous vous invitons à vous rendre sur la page du Kickstarter en question (qui se vautre la tronche depuis hier) pour le signaler.



Ce sera déjà une bonne chose de faite, en attendant que l'on analyse désormais comment on en a pu en arriver là. La situation du jeu vidéo est tellement critique en France, avec des débouchés quasi nuls, que les stagiaires feraient tout pour avoir une première expérience. Trop d'écoles ? Pas assez d'accompagnement ? Il faut aussi regarder du côté des entreprises, car si nous avons aujourd'hui un cas extrême, il n'est pas rare de voir circuler des recherches "urgentes" de stagiaire, des stages où l'on demande quasiment un profil de senior au candidat et des abus régulièrement constatés. Une situation qui perdure, et dont tout le monde se contrefout. Faut dire, y a quand même moins de pognon en jeu que sur d'autres segments du secteur...

[MAJ] Suite à l'ampleur qu'a pris cette affaire, le SNJV a souhaité réagir en précisant qu'il était en train de créer le réseau des écoles du Jeu vidéo, qui devrait être opérationnel à la rentrée 2016 et mettra en relation stagiaires, écoles et professionnels de confiance.

[MAJ 2] Le Kickstarter du projet vient tout juste d'être annulé par son créateur, qui laisse un message sans réelle explication.