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Un gars damné, The Surge gît lors de la nuit

miniblob par miniblob,  email  @ptiblob
Développeur / Editeur : Focus Deck 13
Supports : PC / Xbox One / PS4
Le futur c'est moche. En même temps ça fait un bail qu'on nous avait prévenus : des déchets toxiques partout, des robots qui deviennent agressifs, des implants neuronaux qui nous transforment en zombies mécanisés... tout ça fait partie des thèmes traditionnels de la SF. Par contre, on avait oublié de nous préciser que le sens de l'orientation deviendrait la qualité essentielle pour survivre dans ce monde dévasté.
Ça a été scientifiquement démontré, personne ne parle de The Surge sans évoquer à un moment ou à un autre une certaine licence issue des écuries de From Software. L'exercice de la comparaison étant tout sauf agréable, autant expédier d'entrée de jeu ce « point Dark Souls » visiblement incontournable. Non, From Software n'a pas inventé l'action-RPG, tout juste a-t-il donné au genre un nouveau souffle. D'autres titres ont profité de cette dynamique, c'était notamment le cas de Lords of the Fallen, le précédent jeu du studio Deck 13 qui surfait incontestablement sur cette vague. Le résultat était tout juste satisfaisant mais le développeur n'a pas baissé les bras et s'attaque de nouveau au genre avec The Surge. Petite particularité, cette fois-ci c'est dans un contexte futuriste cradingue qu'on nous propose de traîner notre carcasse.

Si c'est ça la médecine, je préfère la guillotine

Le héros de The Surge n'est pas du genre chanceux : non content d'être handicapé moteur et de vivre sur une planète qui part méchamment en vrille, il ne trouve rien de mieux à faire que d'être embauché par CREO, la compagnie qui, sous couvert de belles promesses, prépare en réalité une petite apocalypse. Son nouveau job ne sera pas une partie de plaisir et les premiers instants dans les locaux annoncent tout de suite la couleur : pour retrouver l'usage de ses jambes et pour décupler sa force, on lui colle d'emblée un exosquelette. En théorie ça paraît sympa, mais dans les faits il se fait surtout visser tout le matos à même les os et sans anesthésie préalable, suite à quoi il se réveille sans explication dans un cimetière de fusées avec des robots à ses trousses qui cherchent à le démonter.



Le scénario n'est pas franchement compliqué à décrypter, non seulement on croise assez rapidement quelques rares survivants humains prêts à taper la discute, mais surtout les environnements regorgent d'audiologs plus ou moins instructifs sur les conditions de la catastrophe qui vous a mystérieusement épargné. En effet, on peut parler de catastrophe sans trop s'avancer vu que les locaux de CREO baignent littéralement dans le sang et que la plupart des humanoïdes ou des robots qu'on y croise veulent vous mettre en morceaux. Le seul impératif pour comprendre tout ce bazar sera donc de défendre chèrement sa vie. Sans déflorer l'intrigue, précisons tout de même qu'elle aborde de grands thèmes à la mode comme l'intelligence artificielle ou le transhumanisme. Malheureusement elle ne parvient jamais à approfondir ces sujets et son propos reste toujours superficiel. On aurait aimé un peu plus de réflexion mais c'est plutôt du côté de l'action musclée que les équipes de Deck 13 ont placé leurs billes.

Machines destinées à fendre des pattes

S'il fallait qualifier The Surge en un mot, l'adjectif « brutal » lui irait comme un gant. Ce n'est pas un jeu qui vous veut du bien, chaque affrontement est prévu pour être intense et il faut rarement plus de deux coups pour qu'un ennemi vous envoie mordre la poussière. En cas de décès, il vous faudra revenir sur les lieux de votre trépas pour récupérer votre butin. La mécanique est connue sauf qu'ici il faut le faire en temps limité, un délai supplémentaire de quelques secondes étant attribué à chaque fois que vous trucidez un adversaire. Globalement le jeu cherche à récompenser l'agressivité. Le fait par exemple de se mettre simplement en position de parade va venir taper dans la jauge d'endurance. D'ailleurs, en dessous des traditionnelles barres de vie et de stamina se trouve une jauge d'énergie qui vient se remplir à chaque fois qu'on porte un coup.



Cette fameuse énergie a diverses fonctions, elle permet notamment de clore un combat avec une belle exécution. En gros c'est simple, on fait le plein de jus en cognant comme un sourd, un gros QTE apparaît, on appuie sur notre bouton et une mise à mort spectaculaire se lance. The Surge ne fait pas dans la dentelle mais introduit dans son système de combat une toute petite subtilité : on peut locker indépendamment les membres, la tête ou le torse de son adversaire. L'idée c'est soit de taper là où il n'y a pas de protection pour maximiser les dégâts, soit au contraire de viser une pièce d'armure en particulier pour ensuite avoir une chance de trancher la partie en question et de repartir avec l'arme ou le bout d'équipement correspondant. Bref, The Surge remet au goût du jour le démembrement tactique cher à Dead Space, sauf qu'il y ajoute une grosse dimension de farm.

Surge le muto

Vous serez amené à monter de niveau au fil de votre périple mais vous ne ferez pas de vieux os si vous ne vous intéressez pas de près à votre stuff. C'est en effet l'équipement qui fait généralement la différence et qui acte réellement la progression de votre personnage. Vous n'aurez certainement pas le loisir de construire toutes les pièces dont vous aurez récupéré les plans auprès de vos ennemis, et encore moins la possibilité de toutes les améliorer. Il faudra donc faire des choix en fonction des caractéristiques propres à chaque morceau mais aussi en fonction du bonus particulier à chaque set d'armure. Il en va de même pour les armes : certes il n'en existe que cinq types différents, mais chacun de ces types est associé à un niveau de maîtrise propre. En gros, mieux vaut se spécialiser plutôt que de chercher à courir plusieurs lièvres à la fois.



Vous avez peur d'être enfermé dans un build figé ? Rassurez-vous, la souplesse vient d'autres éléments, notamment de la gestion des drones et des implants. Ces derniers vont vous octroyer des compétences passives ou actives indispensables à votre survie. C'est par exemple par là que se passent les injections de soins, mais aussi des buffs bien pratiques, ou des bonus divers et variés. On trouve des implants un peu partout dans les locaux de CREO mais le nombre et la qualité de ceux que vous pouvez équiper dépendent directement de votre niveau. Certains utilisent la fameuse énergie dont on parlait plus haut, c'est aussi le cas des différentes fonctions de votre drone. Au début ce dernier se limite à attirer l'aggro, mais ensuite il sera capable de vous fournir un bouclier ou de se transformer en lance-flammes ambulant. Et si les implants ne se changent pas tous à la volée, le drone peut lui passer d'un rôle à l'autre d'une simple pression de touche, autant dire qu’ils apportent un soupçon de flexibilité à des combats qui paraîtraient sinon un peu trop tristounets.

Lendemain de Surge : mains flasques et perte d'amour propre

Malgré ces quelques efforts louables, la monotonie finit malheureusement par pointer le bout de son nez à un moment ou à un autre. Lors des combats, l'accent a clairement été mis sur la force des coups plutôt que sur une quelconque technicité. Les adversaires ne sont pas bien malins, les hitboxs parfois un peu pétées, mais on retient surtout des exécutions impressionnantes et des combos qui se veulent spectaculaires. Seulement voilà, ces derniers dénotent aussi d'une certaine lourdeur : même si les coups pleuvent parfois rapidement, il est difficile voire impossible de casser un combo en cours pour se défendre ou pour reprendre de la vie. La technique la plus efficace devient alors le hit'n run, l'équivalent ludique de la pichenette dans le dos avant de prendre ses jambes à son coup. Si visuellement c'est plutôt bien rendu avec de jolies glissades, ce n'est ni très glorieux, ni très amusant à la longue.



L'autre soucis du jeu tient à ce qui aurait dû pourtant être sa force : son level-design. En tout il y a six zones distinctes, chacune fonctionne un peu comme une termitière labyrinthique organisée autour d'une pièce sécurisée : c'est toujours très dense, composé d'une multitude de boyaux plus ou moins étroits qui s'échelonnent sur un nombre incroyable d'étages. Sur le papier c'est tout bon, dans les faits on regrette qu'il n'y ait généralement qu'un seul vrai chemin et que tous les autres détours ne soient là que pour finir en cul de sac avec un petit élément à récupérer. Et puis on se perd : on se perd dans le noir, on se perd parce que les environnements industriels finissent par tous se ressembler, on se perd parce qu'à force d'enchaîner les combats tous les trois mètres on ne sait plus d'où on vient... On en arrive à se demander comment une technologie capable de mettre au point des robots et des exosquelettes ultra puissants ne soit pas foutue d'accoucher d'une lampe de poche ou d'une carte efficaces.



Bref, on s'agace, on rage quand la difficulté est artificiellement boostée en multipliant les ennemis ou en rétrécissant les couloirs, on soupire quand on perd sa route pour la centième fois, on s'exaspère quand on constate qu'il faut encore passer par les mêmes zones qu'on a déjà traversé dans l'espoir peut-être de continuer l'aventure... Tout ça aurait pu passer si The Surge proposait un système de combat raffiné ou une quelconque forme de profondeur, mais ce n'est pas le cas et du coup, après la trentaine d'heures réglementaires, on ne voit pas trop l'intérêt de prolonger l'expérience avec le NG +.

On ne va pas cracher dans la soupe, les allemands de Deck 13 ont effectivement revu leur copie et proposent un action-RPG un peu plus réussi que Lords of the Fallen. The Surge peut donc compter sur quelques idées sympathiques et globalement ses combats ne manquent pas de pèche. Mais ce n'est pas pour autant qu'il parvient à renouveler le plaisir de jeu sur la longueur : que ce soit à cause de son manque de diversité ou de son level design trop tarabiscoté, il finit par lasser. Dommage, les ingrédients étaient pourtant réunis pour nous proposer un titre d'une autre trempe.
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