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The Room 4 : Old Sins

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
Développeur / Editeur : Fireproof Games
Support : PC
Née sur mobiles, sur iOS en particulier, la série des The Room continue de privilégier les smartphones et tablettes. Mais Fireproof Games finit toujours par porter ses jeux sur PC. Après un détour réussi par la VR l’an dernier, c’est donc le quatrième épisode canonique, intitulé Old Sins, qui vient de débarquer sur Steam deux ans après sa sortie sur l’Apple Store.
Peu importe la plateforme, le principe des The Room n’a jamais varié. Des escape games virtuels où on va manipuler pléthore d’objets, activer des mécanismes et résoudre des énigmes jusqu’à sortir de la pièce ou récupérer l’artefact qu’on était venu chercher. L’originalité vient surtout de l’univers, de l’esthétique et de l’ambiance. Souvent situés dans l’Angleterre du début du XXe siècle, les jeux mélangent steampunk victorien et fantastique lovecraftien, le cuivre et la vapeur côtoyant le surnaturel et la fantasmagorie. Les énigmes jouent d’ailleurs souvent sur des distorsions de l’espace et du temps. Une fois équipé de l’Oculaire, seul item présent en permanence dans l’inventaire, on déchire le voile de la réalité pour voir à travers les dimensions ou rentrer à l’intérieur des mécaniques et en manipuler les rouages…



Ce cinquième épisode ne déroge pas aux traditions, et celles et ceux d’entre vous qui ont fini les trois premiers épisodes « classiques » retrouveront immédiatement leurs repères. La principale originalité réside en fait dans le scénario, moins cryptique et plus détaillé que ses prédécesseurs. Le lore de l’univers n’y progressera pas beaucoup, et l’idée générale reste assez classique. Mais dans une série qui cultive les zones d’ombres de son histoire, il est appréciable de suivre une trame claire et à dimension humaine. Old Sins nous met donc dans la peau d’un détective privé engagé par le Cercle, une mystérieuse organisation présente dans tous les jeux. Une confrérie qui cherche à comprendre et maîtriser le Zéro, la source d’énergie alimentant les machineries surnaturelles qu’on évoquait plus haut. Le Cercle avait engagé Edward Lockwood, un brillant scientifique, pour mener des recherches sur le Zéro, lui confiant même un échantillon. Mais lui et son épouse Abigail Waldegrave, héritière d’un explorateur et propriétaire d’un manoir rempli des découvertes de son père et des machines de son mari, ont totalement disparu. Envoyé au Waldegrave Manor pour tirer les choses au clair et récupérer l’échantillon, on trouve dans le grenier une maison de poupées, fidèle reproduction de la bâtisse. Une miniature avec laquelle on pourra évidemment interagir au travers de l’Oculaire, pour en découvrir progressivement toutes les pièces et les recoins.



Cette exploration s’avère étonnamment satisfaisante. Contrairement aux jeux précédents où on enchaînait des niveaux indépendants dans l’ordre prévu par les développeurs et sans liberté de mouvement (à l’exception de la fin de The Room 3 et l’énigme de ses fins multiples), il s’agira ici de progresser en parallèle dans différentes pièces de la maison interconnectées par des énigmes. Bien sûr, l’ordre reste prédéfini, les pièces se débloquant au fur et à mesure de la progression. Mais il y a un plaisir enfantin régressif à voir le manoir se déplier petit à petit, et à naviguer d’une pièce à l’autre pour voir les interactions entre elles. D’autant plus que les lieux suintent l’exotisme, l’ésotérisme et le drame familial. Une salle de marine, une galerie japonaise, un écorché anatomique dans la bibliothèque, une machine à vapeur dans le bureau… Et partout, des morceaux de journaux intimes des époux Lockwood permettant de recoller les morceaux de l’histoire des lieux et du couple. D’ailleurs, si le côté Lovecraft de l’univers rend la chose assez prévisible, la fin est plutôt touchante. Le tout est magnifié par le passage au PC : loin d'être un simple portage paresseux, la version Steam d'Old Sins propose de bien plus jolis décors.



Quant aux énigmes, elles sont dans la droite lignée des jeux précédents, en reprenant même certains éléments. On n’aurait pas craché sur quelques surprises, d’autant plus que l’ensemble du jeu semble légèrement trop facile. Les The Room n’ont jamais été particulièrement compliqués, surtout avec leur système optionnel d’indices consultables lorsqu’on galère trop longtemps. Mais ils réussissaient à allonger la sauce en cachant arbitrairement certains items ou en profitant de l’esthétique surnaturelle pour rendre moins évidentes les solutions. Je sais immédiatement à quoi sert une clé, mais pas à quoi sert un artefact chelou gravé de runes nordiques, quand bien même les deux ouvrent une porte. Ici, étant donné qu’une grande partie des items sert à débloquer de nouvelles pièces dans la maison, tout est plus simple. La cheminée ira sur le toit, la statue dans le jardin, la grille en fer forgé sur le balcon… Sans compter que le scénario « bloque » les pièces une fois qu’on n’a plus rien à y faire : à un instant T, on jongle donc avec seulement 3 pièces et pas la totalité du manoir. Il reste bien quelques passages alambiqués (la galerie japonaise, notamment), mais les habitués boucleront l’affaire en moins de 5 heures… ce qui n’est pas si mal, finalement ? Les autres jeux se finissaient en 3 heures maximum, peut-être un poil plus pour le troisième qui embarquait des fins alternatives assez longues à dénicher. Pas de fins multiples ici, mais tout de même une poignée d’heures bien remplies et plaisantes à suivre.
Pas trop de changement, beaucoup de continuité : Fireproof Games livre avec Old Sins le portage soigné d'un épisode très classique mais toujours aussi intéressant, quoiqu’un peu trop facile par moment.

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