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Stranglehold

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
« They were dead.... They were all dead. The final gunshot was an exclamation mark to everything that had led to this point. I released my finger from the trigger. And then it was all over. » disait Max Payne au début du jeu. Le jeu vidéo a fait du chemin depuis les aventures du policier New-Yorkais. Mais on en revient toujours à la même réflexion. Surtout quand on vient de passer une dizaine d’heures à sauter dans tous les sens deux flingues à la main pour tuer quelques 931 mafieux russes et Hong-Kongais dans Stranglehold.
Qui a copié sur qui ? Stranglehold emprunte beaucoup à Max Payne qui emprunte beaucoup à John Woo. Stranglehold étant la suite spirituelle de « Hard Boiled », un des meilleurs John Woo, on peut estimer que la boucle est bouclée. Cela n’excuse pas le manque flagrant d’originalité de ce third person shooter que ce soit au niveau des armes ou des niveaux. On se tape encore le même parking souterrain, l’éternel temple chinois, le même port avec ses containers ou le même gratte-ciel en verre attaqué par un hélicoptère. Stranglehold prend quand même le temps de nous emmener dans des endroits un peu moins classiques comme un bidonville fort réussi.

Tequila Paf



On lui pardonne car le gameplay est vraiment d’une grande réussite. On peut plonger et mettre le jeu au ralenti à la Max Payne grâce à une jauge de Tequila Time qui remonte automatiquement. Dès que vous êtes près d’un morceau de décor intéressant, vous pouvez interagir avec. Ca consiste à glisser sur une table, à monter un escalier en grimpant sur la rampe, à redescendre cette dernière en glissant, à se suspendre à un lustre, à escalader un squelette de dinosaure … S’il y a des ennemis à l’écran quand vous faites cela, l’action passe automatiquement au ralenti pour peu que vous ayez encore un peu de Tequila Time. C’est vraiment au joueur de créer ses propres moments de bravoure et on se prend rapidement au jeu. Plus on avance dans le jeu et plus les ennemis sont nombreux et coriaces. L’utilisation des décors devient alors obligatoire pour être le plus possible au ralenti sous peine de tomber rapidement sous les balles car ça tire vraiment dans tous les sens.

Flinguer quelqu’un en mode Tequila Time augmente sa barre de pouvoirs et permet de les déclencher. Leur puissance est bien dosée et ils sont au nombre de quatre : récupérer de la vie, sniper, barrage et le spin. Avec le sniper, on suit la balle jusqu’à sa cible et si elle le touche, on a le droit à une jolie animation qui diffère selon l’endroit où se loge la balle. C’est rigolo au début quoi qu’un peu glauque mais ça devient un peu lourd sur la fin. En barrage, on est invincible une poignée de secondes et la puissance de notre arme est décuplée. Enfin, le spin permet d’éliminer tous ceux qui sont autour de soi dans une animation très classe à grand renfort de colombes.

Une balle dans la tête



Il est possible de se mettre à couvert et c’est souvent fort utile. Là encore, tirer à couvert déclenche automatiquement le ralenti. La gestion des « couverts » reste un peu rigide et il arrive qu’on ne puisse pas se planquer pour des raisons inconnues. En tout cas, il ne faut pas rester au même endroit trop longtemps car le décor est très largement destructible. Depuis Half-Life 2, on n’avait pas vu un havok aussi bien utilisé. Quand je dis destructible, ça ne se limite pas à quelques vases et autres aquariums. Je parle des murs, des piliers, de statues, de dragons en bois ... Un ennemi se cache derrière un panneau de bois ? Dégommez le panneau ou visez le lustre qui est au-dessus de lui pour qu’il lui tombe dessus. En plus d’être un élément de gameplay à part entière, c’est vraiment jouissif surtout quand on active le pouvoir barrage. Ce n’est pas spécialement malin de détruire un musée entier au SPAS-12 mais ça fait un bien fou (ceux qui ont passé de longs dimanches en famille au Louvre me comprendront).

On rencontre souvent dans les niveaux des sortes d’arènes : on ne peut pas passer tant qu’on n’a pas dégommé les vagues d’ennemis qui arrivent. Le jeu abuse un peu trop de ce procédé et on se lasse un peu au bout de la quatrième vague mais ça reste très défoulant. En plus, le level design est soigné et les développeurs se sont tapé quelques délires comme ce passage fortement inspiré de Serious Sam. Sans qu'ils soient complètement cons, on ne peut pas non plus dire que les méchants brillent par leur intelligence. Ils misent plutôt sur leur grand nombre. Heureusement, le jeu met à notre disposition une jolie panoplie de joujous. Si les premiers niveaux se font avec le double Beretta, les derniers se font plutôt à la grenade au fusil d’assaut. Les combats contre les différents boss sont sympa sans être exceptionnels . Au détour d’un niveau, on doit affronter quelques ennemis en stand-off, une phase rigolote où on est immobile et où il faut éviter les balles tout en tirant sur ceux d’en face.

Tequila Sunrise



Le jeu est assez joli. Le filtre sépia qui s'active lors des ralentis est un peu lourd à la longue (surtout pour prendre des screenshots) mais l’ensemble est propre et coloré. Etrangement, les cinématiques n’utilisent que rarement le moteur du jeu. La conséquence est qu’en plus d’être moins belles que le jeu en lui-même, elles prennent énormément de place (3 Go sur les 12 du jeu) et font que le jeu tient sur deux DVDs. Au niveau technique, j’atteins péniblement les 30 fps avec des chutes fréquentes à 20. Le jeu est probablement mal porté depuis la 360 mais ce n’est pas la seule raison : l’omniprésence du moteur physique rend le jeu très gourmand et les pauvres mono-cœur vont ramer sec. Pour vous simplifier la config des touches, passez votre clavier en qwerty (shift+alt sous XP). Pour autant, je conseille d’y jouer sur PC plutôt que sur console si vous le pouvez car la précision du clavier-souris fait qu’on s’amuse bien plus (headshots !). La partie sonore est mitigée : les bruits des armes et des morceaux de décors qui volent sont réussis mais les doublages font peur et la musique est sans plus.

Testé sur un T7400, 2 Go de ram, Geforce Go 7950 GTX (Forceware 163.71) et XP
Des centaines de morts, des décors qui volent en morceaux, des armes qu’on ne recharge jamais, une histoire uniquement prétexte à des tueries chorégraphiées, des mecs qui résistent à trente balles dans la peau, des ralentis fréquents… Rarement un jeu n’aura été aussi fidèle à une œuvre. Stranglehold colle à John Woo comme du sang séché sur des vêtements. Pour autant, le jeu n’oublie pas de faire plaisir aux non-fans en offrant un gameplay solide et une durée de vie convenable. C’est abusé, bourrin et décérébré du début à la fin mais on prend tellement son pied qu’on espère qu’ils en feront un autre, adapté pourquoi pas de The Killer.

SCREENSHOTS

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