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Skellboy

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Fabraz Umaiki Games
Support : Switch
Abonnés aux prototypes Game Maker et autres projets IndieDB jamais terminés, on peut dire que le petit studio teuton Umaiki Games n'avait jusqu'à présent pas marqué les esprits. Ça n'a toutefois pas refroidi Fabian Rastorfer alias Fabraz, le développeur de l'excellent Slime-San et éditeur de jeux indépendants à ses heures perdues d'investir dans leur premier vrai "objet visuel Non-identifié" assez ambitieux pour l'instant exclusif à la Switch : Skellboy.
Teasé à grand renfort de GIFs depuis maintenant deux ans, ce pur rétro-jeu d'action-aventure rend autant hommage aux gros pixels de la Master System qu'à la 3D maladroite de la Nintendo 64 et honnêtement en vidéo, même si on pouvait se poser des questions sur la technique, ça rendait pas si mal. Les textures sont posées sur des modèles aux formes aplaties façon rouleau compresseur qui évoluent dans un monde en 3D vieille école aux jointures ratées. Y'a un petit côté Super Paper Mario grossier, un chouilla de Super Mario 64 et beaucoup de l'esprit années 80 là-dedans. Seulement voilà, la blagounette prend fin dès que le jeu nous laisse prendre en main Skippy, son héros littéralement squelettique. La première chose qui choque c'est la lenteur générale du jeu. C'est bien simple, on se croirait au beau milieu de la salle d'activités d'un EHPAD un dimanche après-midi. Si les PNJs se traînent, c'est encore pire pour le héros. Tout prend trois plombes à faire ! Chacune des animations dure un temps exagérément long. Donner un coup de gourdin ou balancer une estocade avec une épée bâtarde prend bien 1 à 2 secondes. Même avec des bottes qui soi-disant boostent la vitesse, le jeu reste un enfer à arpenter.

Des os lents

Pour ne rien arranger, le jeu ne fait pas dans le palpitant. Passée la rapide séquence d'introduction textuelle qui nous explique que le royaume de Cubold est en proie au grand méchant Squaruman et que la princesse a disparu, on nous met dans la peau de ce sac d'os sans véritable explication. Si le studio ne s'est pas embêté avec le scénario très convenu qui vient piocher dans tout ce qu'ont fait la fantasy et le jeu vidéo depuis 30 ans, il avait par contre absolument besoin de son squelette pour mettre en avant le gimmick de Skellboy : le changement de parties du corps à la volée.

Ce Monsieur Patate là peut intervertir sa tête, son tronc ou ses jambes avec celles des ennemis une fois terrassés. Une bonne idée déjà utilisée par le passé par exemple dans Headlander, mais qui s'avère ici très mal mise en pratique. Tout d'abord, ces attributs corporels ne possèdent pas de pouvoirs vraiment indispensables, tout au plus quelques gadgets sans réelle influence sur le gameplay (ici un petit nuage de poison lorsqu'on retombe au sol, là une tête-bombe qui explose sur demande). Idem pour les différentes armes dont l'effet sur la puissance de Skippy est toute relative, il faut à peu de choses près le même nombre de coups pour abattre un ennemi de base avec la première arme et la hache en diamant... Enfin, la plupart sont quasi-incompatibles avec les déplacements en 3D asthmatique infligés par le jeu. 

On se contentera donc de trouver la combinaison qui offre le maximum de protection et ce jusqu'à l'affrontement final en laissant le reste soigneusement rangé sur les rateliers dans notre crypte. La même tactique s'applique aux armes dont on s'équipera dans cette courte aventure. Le seul couteau à beurre efficace est le Cuttana qui semble avoir une animation plus rapide que les autres. Enfin, ça demande vérification, on laissera les experts de Digital Foundry analyser ça à la frame près. Oui, on en est là... On a vu mieux comme stratégie, surtout lorsqu'on mise toute l'originalité d'un titre sur ces fonctionnalités, alors qu'à côté, on y fait pas grand-chose à part taper des monstres, débloquer des raccourcis entre les zones et pourquoi pas accomplir quelques quêtes secondaires 100% Fedex pour récupérer des armes spéciales (mais quel est l'intérêt de cette foutue baguette magique ?).

Ah si, les aller-retours sont légions, le jeu nous faisant revenir deux ou trois fois dans la même zone, histoire de grappiller quelques heures de plus au compteur ou donner une fausse impression de monde ouvert ou les deux mon capitaine. En tout cas, entre l'absence de mini-carte et une IA aux fraises qui fait n'importe quoi le plus souvent en notre défaveur, on a pas fini de souffler fort devant notre console.

Monsieur Patraque

On passera sur le dosage de la difficulté avec quelques passages à la limite du supportable (oh toi le donjon non-éclairé, je vais te tuer jusqu'à ce que tu sois mort !). Mais ce qui cloue ce spectacle qui tient du tragi-comique, c'est la technique complètement à la ramasse. Osé à la fois pour de la Switch et pour une petite équipe plus habituée aux expérimentations en 2D qu'à l'exploitation d'un moteur 3D, le château de cartes qu'est Skellboy n'en fini plus de s'effondrer sur lui-même : framerate qui fait du yoyo et passe souvent en-dessous des 15 images par seconde sans que l'on sache vraiment pourquoi, freezes de l'image pendant de longues secondes en pleine action au chargement des plus grosses zones, jointures grossières entre les polys et certains oublis des designers la faute à la perspective isométrique provoquant des bugs bloquants qu'on a pas vu depuis justement l'ère N64/PlayStation (notamment dans le niveau des égouts à revoir totalement), le titre dont la sortie a pourtant été repoussée d'un mois sort truffé d'errances techniques. Alors certes, les développeurs ont prévu une première rustine 1.01 qui devrait pointer le bout de son nez d'ici quelques jours/semaines (merci pour rien la certification Nintendo) mais j'ai déjà identifié un nouveau bug bloquant et nécessitant le reboot du jeu pour continuer pendant mon run. On a donc pas fini de voir le jeu retapé au fil d'une QA effectuée par les joueurs eux-mêmes.

Faiblesses dans le design, artifices maladroits aux sévices d'un gameplay plombé par son incompréhensible lenteur, problèmes techniques récurrents et inacceptables, bande originale qui tourne en boucle sur les deux mêmes thèmes réarrangés pendant toute l'aventure : Skellboy collectionne les bourdes et il nous est impossible de vous recommander son achat en l'état. Dans le petit monde impitoyable des sorties Swich, ce sont des défauts qui ne pardonnent pas pour un titre qui ne fera comme beaucoup pas de vieux os sur l'eShop.

SCREENSHOTS

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