TEST
Quarantine Zone: The Last Check, tri, soupçon et sentence
Développeur / Editeur : Devolver Digital Brigada Games
Dans la longue liste des simulations improbables sur PC, nous voici cette fois cantonné en tant qu’inspecteur sanitaire militaire en pleine apocalypse zombie dans Quarantine Zone: The Last Check, développé par Brigada Games et édité par Devolver Digital, que l’on ne présente plus. Je ne les présenterai donc pas. Sur le papier, ça sent le concept intéressant. En pratique… ça sent aussi un peu la fosse commune, comme vous le verrez.
Test réalisé sur une version commerciale du jeu.
Diagnosi Dellamorte
Après un bref tour d’hélicoptère, nous incarnons un officier militaire anonyme d’un organisme qui serait un mixte entre la Garde nationale des États-Unis d’Amérique et la Federal Emergency Management Agency (FEMA) en mode Éco+, posté au dernier checkpoint avant un refuge possiblement salutaire pour les survivants. Votre mission, Jim, si toutefois vous l'acceptez, consiste à examiner les survivants, détecter de problables infections ou contrebandes et décider de leur sort.
Et là, le jeu ne fait vraiment aucun compromis moral et ne fait pas non plus dans la dentelle. Nous aurons trois possibilités concernant les survivants qui viendront à notre rencontre : soit nous les laissons entrer, soit nous les envoyons en quarantaine ou soit… bah nous les éliminons. Eh non, on ne peut pas dire "allez mon gaillard, repartez dans cette belle nature luxuriante". Le monde extérieur est ainsi considéré comme mort et venir au checkpoint un point de non-retour.
Les survivants qui auront réussi les tests n’obtiendront qu’un sursis : un refuge surpeuplé et sous-équipé, avant un "dispatch" inquiétant menant à une évacuation qui n’aura lieu que tous les cinq jours. Quarantine Zone: The Last Check fait donc partie de ces jeux donnant un pouvoir absolu et surtout irrévocable. Le gameplay serait une sorte de Papers, Please ou No, I’m Not a Human sous amphétamines, avec des zombies au lieu de "clandestins" ou de visiteurs.
Un Jour sans fin de l’Apocalypse
Le cœur du jeu, lui, consiste vraiment en une inspection "médico-bureaucratique", avec des outils à notre disposition pour détecter les symptômes suspects, histoire de voir si on a un mort-vivant en devenir en face de nous. On a à notre disposition une sorte de scanner stéthoscope / thermomètre, un marteau pour les réflexes, une machine à rayon X, etc. Sachant qu'une analyse visuelle (plaies, yeux, peau…) révélera de loin les meilleurs premiers indices.Les symptômes devenant de plus en plus subtils et fourbes, on finit par devenir une véritable machine à diagnostiquer. De ce côté, en mode campagne, la boucle de gameplay est relativement satisfaisante voire immersive pour une durée de vie du titre d’environ douze heures, avec trois fins à la clé. En revanche pour le mode infini, on va dire que malheureusement la répétitivité s’installe très vite et on constate à un moment que les symptômes manquent de variété.

Aussi, il faut reconnaître que Quarantine Zone: The Last Check est assez généreux en possibilités, entre les "mini-jeux" de labo, parfois la défense du camp avec un drone la nuit mais également la gestion légère de la base (le générateur, l’infirmerie, la cantine…). Toutefois, ne comptez pas passer du temps dessus non plus, il s’agit vraiment d’une approche très simplifiée. Du reste, vous pouvez gagner des Research Points qui vous permettent de débloquer de nouveaux outils médicaux. On les gagne en faisant des diagnostics corrects, en complétant des objectifs, en progressant dans la campagne et parfois via les activités de laboratoire.
Infection prometteuse mais Contagion trop contenue
Précisons que comme quasiment toutes les œuvres vidéoludiques de ce type, il y a un vrai sujet un peu dérangeant, et c’est aussi là que le jeu devient intéressant. Derrière ces possibilités d’accepter, de refuser voire d’éliminer des survivants, se trouve une mécanique brutale. On réduit les êtres humains à une somme de symptômes et de risques. En aucun cas on ne nous propose d'être compatissant en laissant repartir les gens de peur qu’ils ne gonflent les rangs des zombies. Il n’y a donc pas de voie alternative.
Là encore, bien que cela reste un jeu vidéo, nous sommes bien d’accord, notre approche au départ en dira quand même beaucoup sur nous-même. Car chaque individu devient ainsi un vecteur de contamination potentiel, une série de données biologiques (oui, on jouera un peu les savants fous dans le laboratoire) et une simple variable dans notre système. Si ça, ce n’est pas de la déshumanisation…
Concernant la réalisation technique, le jeu est sorti en janvier dernier et il y a toujours des bugs comme des symptômes invisibles, des problèmes de collisions, des outils qui parfois ne répondent pas et aussi quelques problèmes de son. De plus, le titre est quand même gourmand pour les graphismes qu’il propose. Par ailleurs, les mécaniques ne sont parfois pas super bien expliquées, mais sur ce dernier point et avec un peu de curiosité, cela se règle vite.
Force est de constater que l’idée reste excellente et la boucle de gameplay hypnotique, et il y a cette ambiance moralement dérangeante. Malheureusement, même si le jeu est régulièrement mis à jour, l’exécution est encore elle-même en quarantaine, avec une répétitivité qui s’installe rapidement, surtout en mode infini, sans parler des bugs encore présents. Néanmoins, il est parfois rafraîchissant de ne pas incarner le héros chargé de sauver l’humanité entière. Quarantine Zone: The Last Check esquisse un futur pas si lointain où un groupe d’individus s’arroge le droit de décider que ceux qui ne cochent pas les bonnes cases doivent être éliminés. Comment ça, cela s’est déjà produit à plusieurs reprises dans notre histoire… ?














