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TEST

Persona 5 Strikers

Rozzo par Rozzo,  email
Développeur / Editeur : Atlus Omega Force P Studio
Supports : PC / PS4 / Switch / PS5
En 2016, Persona 5 est arrivé tout droit du Japon comme un bus propulsé à la nitroglycérine et nous a montré, avec audace, ce que pouvait être un J-RPG Moderne. Après une sortie remarquée de la version Royale de Persona 5, c’est au tour de Persona 5 Strikers (anciennement Persona 5 Scramble : The Phantom Strikers), sorti il y a tout pile un an en terre nippone, de venir montrer le bout de son masque sur PC, Playstation 4/5 et Switch. Un Spin-Off qui entend montrer à tous que quand il le veut, il peut tout faire comme son grand frère. À son échelle.
[Attention, on va essayer de ne pas trop spoiler ici, mais des petits éléments de l’intrigue du P5 originel risquent de se faufiler jusqu’entre ces lignes. Désolé pour ça.]

Bye-bye les jeunes habitants de villages qui sauvent le monde. Au revoir les gameplays transposables d’un jeu à l’autre. Sayonara les filles à poitrine trop lourdes pour leurs lombaires. 
Et bonjour les Phantom Thieves ! Comment oublier Persona 5 et sa classe absolue, son assurance folle, et sa confiance qui frise l’insolence ? Atlus accouchait en 2017 d’un jeu qui reste à l’heure actuelle une référence absolue, un objet vidéoludique unique posant son drapeau en toute simplicité sur le « State of The Art » du J-RPG moderne. 

Hold-Up mental

« Oui bon, il est bien gentil Rozzo-kun avec tous ses superlatifs hypra subjectifs, mais moi je suis venu pour un test de Strikers, pas de Personna 5 ! » vous entends-je dire dans le fond de la salle. 
On y arrive, patience patience. (Rassurez-vous, dans ce palais mental dédié à mon hubris de journaliste amateur, nous portons tous des masques sanitaires) 

Pour la petite histoire, Persona 5 Strikers est le fruit du savoir de deux studios dont la réputation n’est plus à faire au pays des gens qui disent bonjour en se penchant. D’un côté, les pros d’Omega Force, qui sont visiblement depuis quelques années sur tous les fronts de guerre, qu’il soient en Hyrule, dans les Trois Royaumes ou dans les rues de Tokyo. Et de l’autre, le fameux (et plutôt discret) P Studio, qui comme un artisan de kimonos dans une review décidément pleine de clichés, travaille et retravaille depuis maintenant plusieurs années sa licence chérie sur le métier à tisser. 



Sur le papier, l’idée des Musou repose en très grande partie sur un petit plaisir simple : celui de tatanner par milliers des soldats à coup de baffes que n’auraient pas reniées nos Gaulois préférés. « Oh, mais en plus il grossit le trait, ça se voit qu’il n’y connaît rien  c’est beaucoup plus tactique ce genre de jeux ! » vous entends-je dire, une fois de plus, au fond de la salle. Et il va falloir arrêter parce que j’ai une critique à faire, mon bon monsieur. Mais vous n’avez pas tort. C’est effectivement un type de titre que votre senpai ne maîtrise que peu, puisqu’il ne l’éclate pas outre mesure. Feed-sensei en a bien mieux parlé que nous. Bref, Persona 5 Strikers reprend donc ces codes-là, qui sont bien plus proches du hack’n slash et du beat em up que du RPG, les frappes à coup de Marteau, rajoute la pincée magique de P Studio, et nous livre une confiserie surprenante sur bien des aspects. 

Guillaume Musou (pardon) 

On retrouve alors toute la clique qu’on a déjà connue dans le « premier » opus, puisque l’histoire de Strikers se déroule seulement 6 mois après Persona 5. Rien n’a changé, ou presque. Au milieu de cette réunion de famille, on découvre un nouveau personnage qui semble être une IA intégrée à un téléphone, et une action en entraînant une autre (un spoil en retenant un autre aussi). On se trouve de nouveau propulsé dans le Métavers, cet univers si spécial, constitué de l’ensemble de la cognition de ses occupants. Les « Palaces » à cambrioler sont devenus des « Prisons » à détruire, mais le principe reste le même. Le tout évolue rapidement en un "road-trip" de fort bon aloi qui rendrait jaloux Noctis et sa bande, mais dont on va bien se garder de vous raconter les tenants et aboutissants. 



Et d’emblée, on a bien plus l’impression d’être face à un titre qui a beaucoup plus tiré la couette du côté Persona que du côté Musou. On retrouve cette UI qui, si elle est parfois peu ergonomique, est tellement COOL qu’on lui pardonne, ces musiques emblématiques et ses effets visuels dingues. Et tant pis si la lisibilité en prend un coup. Ce début de jeu est là pour rassurer les fans, et ça se sent : On se bataille quelques secondes, juste le temps de voir ce qui nous attend, et hop ! On est parti pour trente minutes de dialogues et de balade dans Yongen-Jaya et Shibuya.

On a déjà parcouru ces lieux, mais y revenir, même dans une version beaucoup plus réduite, ça fait quand même son petit effet. Avis à ceux qui ne sont présents que pour la bagarre : Vous allez être déçu ! Personna 5 Strikers, comme son grand frère, va très souvent vous envoyer des cinématiques au visage et entrecouper le gameplay de moment ou vous n’aurez rien d’autre à faire que lire et appuyer sur A. On vous aura prévenu. 



Strikers assume son statut d’héritier d’un univers qui hybride le visual novel et le J-RPG, et ça fait plaisir… Tout du moins quelque temps. Si la fidélité au matériau de base est un délice à voir, l’épopée que raconte Strikers est plus légère, plus enjouée. Et même si certains personnages passent l’aventure à nous parler de l’importance de notre lutte, difficile de s’y retrouver quand on a connu les enjeux maboules de P5. C’est d’autant plus critiquable que Strikers raccroche les wagons narrativement sans faire dans la dentelle, et si le gameplay peut trouver écho chez les amateurs de Muso, l’histoire, elle, encourt de laisser sur le bord de la route toute personne n’ayant jamais posé ses mains sur P5 avant. C’est le risque lorsque l’on crée un spin-off, et si on ne peut pas en vouloir aux développeurs sur le coup, un petit guide optionnel qui résumerait les évènements de P5 ou un Codex auraient été les bienvenus pour les néophytes. 

Troubles cognitifs

Globalement, on a souvent l’impression de se retrouver face à une version poche de Persona 5. Le plus important est là, mais tout le reste a été gommé : la pression du temps à gérer via le calendrier n’existe plus, on peut quitter à notre guise le Métavers sans mettre fin à la journée, le système de confident a été remplacé par le dispositif de Lien. Au lieu d’entretenir des relations avec des camarades, on se retrouve face à un système d’expérience qui nous laisse des bonus à débloquer comme on l’entend. La fusion des Persona, ces fameux « monstres » qui donnent à nos personnages leur puissance a elle aussi été simplifiées à l’extrême. Quelques sacrifices, des points que l’on obtient à dépenser pour monter en niveau, et voilou. 

Tout ce que le titre perd en subtilité est regagné sur le champs de bataille, où toute la maîtrise d’Omega Force dans son genre roi fait des étincelles. On reprend donc l’affrontement contre un grand nombre d’adversaires, les coups fusent, les contre pleuvent, notre matador réalise des mouvements très stylisés face à des opposants qui proposent un vrai challenge. On retrouve les affinités élémentaires des ennemis à exploiter tout en veillant aux nôtres, et aussi l’Assaut général que l’on peut exécuter sur les adversaires qui sont étourdis. 



Le système semble en tout cas suffisamment riche pour tenir sur la longueur, même si, avec ou sans licence forte, ce type de jeu tend vite vers la répétitivité. Les explorations du Métavers nous font souvent courir de Mac-Guffin en Mac-Guffin dans des environnements qui se réitèrent parfois trop et c’est dommage, puisque c’était déjà l’un des défauts de Persona 5 et des précédents jeux d’Omega Force. 

Strikers importe tout ce qu’il peut de Persona pour les adapter dans un Muso, et forcément tout ce qui marche dans un J-RPG en tour par tour ne fonctionne pas dans un jeu à l’action effrénée. À ce titre, on peut aisément critiquer la manière dont le jeu nous introduit ses mécaniques : Très vite, on se retrouve envahi de popups qui, si elles donnent des instructions claires, sont tellement nombreuses et intrusives que notre cerveau a du mal à suivre. Pour une œuvre qui a la cognition au cœur de son discours, c’est un peu ballot. L’apprentissage du Musou se fait dans la douleur, peu aidé par une caméra qui semble faire ce qu’elle veut et un déluge d’effets visuels qui ne fait qu’augmenter la confusion. Mais on s’y fait et on commence même à y prendre plaisir.

Si l’ont s’attendait clairement au gros virage action que le titre nous propose, avec ses coups normaux et spéciaux propres à chaque personnage, chacun ayant sa petite subtilité (Joker peut utiliser toutes les Persona, Yusuke peut contrer les adversaires, etc.), on ne pensait pas que l’aspect infiltration y survivrait, et pourtant ! Il est toujours possible de se cacher, pour prendre les méchantes cognitions en embuscade, on peut désormais leur faire tomber de pièges dessus, etc. Et c’est là tout le tour de force du titre, celui d’être fidèle à ses origines, tout en dispensant un gameplay original et audacieux. Dommage que le level design et la réceptivité inhérente au genre ternissent le tableau.

Cela ne vous aura sans doute pas échappé que ce test raconte presque autant de Persona 5 que de Strikers. C’est que Strikers s’adresse majoritairement à ceux qui ont apprécié son grand frère. Alors certes, le titre jouit d’une durée de vie honorable (35-40h) et d’un gameplay rafraîchissant pour le Muso, mais il nous semble difficile de le recommander aux personnes étrangères à la série phare d’Atlus. Si vous êtes fan du style et/ou que vous maîtrisez bien la licence, n’hésitez pas ! Si, au contraire vous ne connaissez pas bien l’univers de Persona ni le genre du musou, on vous conseillera plutôt de vous rabattre sur Persona 5 Royal. Le jeu en vaut la chandelle. 
 
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