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On Tsioque à la porte

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
Développeur / Editeur : OhNoo Studio
Support : PC
Pour être honnête, on n'avait pas vraiment vu venir Tsioque, jeu d'aventure développé en Pologne par OhNoo Studio, et kickstarté à hauteur de 40 000$ à l'été 2015. C'est en voyant le trailer de lancement qu'on s'est dit "oh, voilà un jeu fort mignon". Mais les backers, eux, devaient trépigner d'impatience puisque le jeu était alors initialement prévu pour octobre 2016. Avec deux ans de retard au compteur, on peut enfin mettre la main sur ce point'n click en 2D qui fleure bon le film d'animation. Tout ce que des vieux cons comme nous devraient aimer. A moins que...
Certes, Tsioque est mignon comme tout. Tout y est soigné, détaillé, et surtout parfaitement animé. C'est clairement le gros point fort du jeu. Même les très (trop) gros yeux de la princesse Tsioque, l'héroïne, passent finalement très bien à l'écran, puisqu'ils permettent une palette d'expressions irrésistibles, allant de "je vais botter tous les culs d'ici jusqu'au Mordor" à "oups, je viens de te tuer de sang-froid, désolé" en passant par "alors, oui, j'étais en train de voler vos clés, mais c'est pas ce que vous croivez, je peux tout expliquer". On n'irait pas jusqu'à dire que c'est un jeu parfait pour faire rire les enfants, mais quand on voit les mimiques et les déplacements des monstres du château, sortes de rats mutants en armure tous plus débiles les uns que les autres et qui finissent tous par être éliminés comme dans un Tex Avery, un peu quand même. Tout le jeu transpire l'amour de l'animation à l'ancienne et du travail bien fait, avec notamment une intégration impeccable des personnages dans les décors (ce qui est habituellement un point faible des jeux d'aventure en 2D avec des décors dessinés comme ici). Le sound design est à l'avenant, avec des monstres qui grommellent comme dans un dessin animé.



Certes, ses énigmes "traditionnelles", dans lesquelles on va ramasser des objets à droite ou à gauche pour les réutiliser ou les combiner, ont précisément le mérite d'être traditionnelles, en ce sens qu'elles sont suffisamment logiques pour qu'on progresse sans trop de frustration, et suffisamment loufoques pour prêter à sourire. Fait rare dans les point'n clicks qui surjouent la carte de l'hommage au genre, on trouve du foreshadowing intelligemment placé un peu partout, ce qui permet de lier les énigmes entre elles et de fluidifier la réflexion. La gamelle du chat dans la cuisine, par exemple, laissera penser qu'il y a quelque chose à faire avec ledit félidé dans la salle des gardes, les affiches sur les murs peuvent être des indices pour plus tard, etc. On trouve certes un ou deux passages un peu plus abstraits (la baguette et le miroir, le canard), et certains items restent si longtemps inutilisés qu'on va oublier leur existence jusqu'à ce qu'on en ait besoin, mais rien de dramatique.



Certes. Mais Tsioque est aussi bourré de mauvaises idées. Côté gameplay, ce sont principalement les séquences à la Dragon's Lair qui font pester. Rien d'aussi punitif qu'à l'époque de Don Bluth, puisque tout fonctionne avec des checkpoints et qu'il n'y a pas de game over. Mais parfois, on va recommencer la même série d'actions timées, jusqu'à trouver la bonne combinaison d'input, d'item et de timing, et c'est aussi horripilant que vous pouvez l'imaginer. On trouve également des mini-jeux très peu inventifs, et c'est un euphémisme. On a cru faire un AVC au moment où il faut faire de la couture avec des interactions encore moins compliquées qu'un Léa Passion sur DS. Et quelle drôle d'idée de faire durer les séquences des remparts (de l'infiltration basique où il faut avancer quand l'ennemi ne regarde pas) et de l'escalier (des QTE de plus en plus difficiles pendant plusieurs minutes) aussi longtemps ? 



Reste enfin à évoquer l'histoire. Le problème n'est pas tellement le point de départ (une reine part à la guerre pour défendre son royaume, laissant sa fille seule au château, et le sorcier de la cour en profite pour devenir le maître des lieux et enfermer la princesse). C'est classique, mais finalement efficace pour poser rapidement l'ambiance cartoon sur laquelle repose les gags. Le problème survient plutôt au deux tiers du jeu, quand un plot twist méta fait un peu grincer des dents par sa facilité. Et même si on voit bien que l'intention est, pour le développeur principal, de remercier sa famille qui l'a soutenu pendant le développement du jeu, on ne peut s'empêcher d'être un poil mal à l'aise devant l'espèce de chantage affectif qui en découle. Ou à cause du fait que c'est maladroitement amené et que du coup pendant un moment on a cru qu'il s'agissait d'une énième métaphore sur la maltraitance des enfants. Mais peut-être qu'on voit le mal partout et que vous trouverez ça parfaitement mignon jusqu'au bout.

Tsioque est remarquablement joli, souvent drôle et pas si mal construit pour un point'n click. Mais il est aussi plombé par des séquences lourdes et interminables, ainsi que par un dénouement qui pourra laisser perplexe les plus aigris d'entre nous.
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