TEST
NBA 2K27
Développeur / Editeur : Visual Concepts 2K Games
Cette année en NBA, il va se passer des choses totalement folles. Déjà, on va voir LeBron James rejouer à l’Est, mais aux 76ers. Ensuite, on va potentiellement voir Victor Wembanyama encore plus fort que l’an passé. Sans compter que Giannis Antetokounmpo va casser des bouches chez le Heat. Alors du coup, peut-on s'attendre à un vrai changement aussi du côté de NBA 2K27 ? On va entrer sur le parquet et voir cela en détails.
Le jeu m’a été fourni par l'éditeur en édition Ultra au format dématérialisé et testé sur ma PS5, ainsi que sur mon PS Portal en streaming Cloud.
La saison reprend enfin !
Comme chaque année depuis plus de 20 ans, 2K Games et Visual Concepts nous livrent une nouvelle version de NBA 2K. De quoi faire monter la sauce jusqu’à la reprise de la NBA, qui cette année, ouvrira officiellement ses portes le 20 octobre prochain. Une saison qui annonce déjà un max de rebondissement, avec LeBron et Giannis qui ont changé de crémeries, mais aussi Jaylen Brown (Celtics vers 76ers), Kawhi Leonard (Clippers vers Raptors), Ja Morant (Grizzlies vers Trail Blazers), LaMelo Ball (Hornets vers Timberwolves) et tout un tas d’excellents rookies à suivre de près, sans oublier nos frenchis avec Victor Wembanyama en tête de gondole. Ça va être du très lourd, j’ai super hâte.
Mais en attendant de glander devant mon écran à dire “nan mais comment il court pas lui !”, place à NBA 2K27. Cette nouvelle version a la bonne idée d’enfin abandonner les consoles d’anciennes générations pour se focaliser uniquement sur Switch 2, PS5, Xbox Series et PC Windows. C’est déjà un bon point pour les futures mises à jour du jeu, puisqu’il n’est plus question de maintenir une version sur des machines qui ont 13 ans. Malgré ce bon point, autant mettre les pieds dans la raquette dès le début : les changements par rapport à NBA 2K26 ne sont pas forcément visibles au premier coup d'œil. Et pour le coup, j’ai un peu d’expérience sur le sujet, puisque c’est ma 11ème édition de NBA 2K depuis NBA 2K2 que j’ai toujours sur Dreamcast. Oui, j’aime le basket plus que les chaises de bureau.
Ma Carrière, mon mode solo, laissez-moi tranquille
Comme à chaque itération de NBA 2K, je vais à contre-courant de la mouvance collective. Si on regarde sur YouTube et Twitch, la plupart des joueurs filent tout droit vers les modes en ligne et le mode MyTeam. Alors que moi ce qui m’intéresse, c’est le mode carrière solo qui s’appelle toujours Ma Carrière. Du coup je préviens maintenant, mais cet article sera fortement orienté vers le solo. Parce que moi, j’aime bien créer mon joueur via l’éditeur de personnage, en essayant de faire en sorte d’avoir un joueur qui me ressemble un peu, puis grimper les échelons dans une équipes moisie, pour enfin terminer champion NBA et planter 40 points de moyenne en playoffs. C’est mon petit plaisir à moi.
Si jamais cela colle à vos habitudes de jeu, sachez que ce mode devrait déjà vous combler un paquet d’heures, puisqu’il propose plusieurs choses assez intéressantes en essayant de jouer la variété avec un contenu gargantuesque. Par exemple, nous avons le mode scénario, qui s’appelle Fire & Concrete cette année, dans lequel il est question de tracer sa carrière avec un personnage que l’on peut créer de A à Z, tout au long de 11 chapitres narratifs allant du lycée jusqu’à l’arrivée sur les parquets NBA. Manque de bol, ce n’est pas cette année que je vais en redire du bien, parce que ce n’est vraiment pas terrible. Je le fais par habitude chaque année et parce que je suis curieux, mais encore une fois depuis au moins 3 ans, l’histoire est assez mal écrite en plus d’être vue et revue : un joueur prometteur qui se blesse au lycée, puis revient sur les terrains en passant par du playground à New York, le fameux Rucker Park, pour ensuite se faire recruter en G League et enfin, se faire drafter en NBA et continuer sa carrière.

Sur le papier, c‘est vraiment chouette, mais en vrai, ça commence à se voir que Visual Concepts ne fait absolument aucun effort sur ce point. La narration est assez molle, mon personnage n’a aucun charisme (alors qu'il me ressemble un peu de loin !), les personnages annexes sont tous assez random et l’intrigue n’a rien d'excitante. Sans compter que nos choix sont minimes, bref, ce n’est pas passionnant comme c’était le cas il y a plusieurs années. La seule vraie bonne idée, c’est d’avoir intégré un mode coopératif qui arrive à un certain moment de l’histoire, permettant de jouer avec un ami. Et c’est d’ailleurs une bonne idée qui n’en est pas une, puisque cela force le fait d’utiliser des foutues stratégies de jeu, sous peine de ne pas passer le chapitre alors qu’on a roulé sur le match. Moi qui ne les utilise que très rarement, c’est un calvaire.

Aussi, et là on sent que 2K Games et Visual Concepts jouent avec cela, il faut être patient. Dans une époque où les joueurs sont prêts à payer plus cher leur jeu pour y jouer 3 jours avant la sortie, que penser du fait qu’il faudra s’armer de patience pour faire grimper les stats de notre personnage pour atteindre un niveau correct ? D’ailleurs, c’est une chose qui va à contre-sens quand on sait qu’au final, on se fait drafter en première place… Bref, la patience est donc de mise, ou alors il faut passer par la case boutique pour acheter de la monnaie virtuelle et accélérer la prise de statistiques et de compétences. Encore que, comme chaque année, il existe de nombreux sites web mettant à disposition des builds taillés par poste, histoire d’avoir des statistiques plus que correctes. C'est ce que je fais régulièrement, et ça se passe très bien.
Personnellement, même si je possède l’édition Ultra, je n’ai pas eu besoin de piocher dans mes 100 000 VC, à part pour acheter des jolies chaussures et des fringues dans “la ville” pour arrêter de ressembler à rien. Et oui, je mets la ville entre guillemets parce que plus les éditions passent et plus cette ville devient juste une rue avec des boutiques de vraies marques et tout un tas de mecs déguisés en mode Fortnite. Dans tous les cas, il suffit de prendre le temps de bien créer son personnage, de s’appliquer en match et d’être patient. Une carrière ne se fait pas en un jour et une bonne paire de chaussures n’a rien d’autre qu’un effet esthétique (dans le jeu).

Au-delà de cela, il est aussi possible de créer son joueur, d’esquiver ce mode histoire et d’aller tâter les parquets de quatre ères historiques différentes, en plus de celle actuelle. Nous avons donc l’ère Magic vs Bird (1984-1991), puis l’ère Jordan (1991-2003), sans oublier l’ère Kone (2003-2010), en passant par le meilleur joueur de l’histoire, donc l’ère LeBron (2010-2016) et enfin l’ère Steph (2016-2023). C’est franchement pas mal pour la nostalgie, surtout avec les filtres cathodiques pour faire comme à l’époque, même si ça dézingue un peu les yeux à la longue.

Il est aussi évidemment possible de jouer en mode exhibition avec les équipes de cette année, les all-stars, Team USA, etc, mais ça semble tellement logique que je n'ai rien à dire de plus.
Jouer comme GM
Pour les fifous de stratégie, pour les fans de cap space et de luxury tax, pour les dingos des aprons, bref, pour toutes celles et ceux qui ne veulent pas jouer au basket, mais gérer une équipe de basket, le mode MyNBA est juste une référence. C’est un jeu complet dans le jeu. Je ne connais franchement pas mieux et tous les ans, c’est toujours aussi bien. Faut aimer les interfaces un peu austères, les tableaux et parier sur le fait qu'un autre General Manager (GM) fasse n’importe quoi quand on lui propose 2 seconds tours de draft dans 4 ans contre le meilleur joueur actuel, mais globalement, ça se passe plutôt bien. On peut même jouer sur les règles du CBA, faire des transferts de gros contrats entre 4 équipes, etc. Je pense que je pourrais même écrire un second test uniquement sur cette section tellement c’est complet.À fond dans la WNBA mais pas trop
Enfin, notons que la dernière roue du carrosse appartient à la WNBA qui ne décolle pas plus que cela avec NBA 2K27. Déjà parce que Visual Concepts propose plus ou moins la même chose que dans NBA 2K25 et NBA 2K26, à savoir un mode carrière pour la ligue féminine, avec une création de joueuse de A à Z, mais pas d’histoire ou si peu. On se contente de jouer et de répondre par une réponse A ou une réponse B à une question posée en conférence de presse d’après match, et ça s’arrête globalement là. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils ne font pas de mode histoire alors qu’il y aurait à dire, vu la difficulté pour les femmes de se faire voir via la WNBA, malgré les talents de zinzins que possède cette ligue.
D’ailleurs, la statistique qui montre aussi que NBA 2K est principalement joué par des hommes qui s’en foutent bien de la WNBA : gagner un simple match féminin en mode exhibition se conclut par un trophée Bronze d’une rareté Ultra Rare à 0,3% au moment où j’écris cette phrase. C'est dire l’engouement…
Gameplay de all-stars
Heureusement, même si je dépeins un tableau un peu mitigé dans les modes proposés, NBA 2K27 s’en sort avec les applaudissements quand il s’agit de parler de son système de jeu. C'est toujours aussi agréable à jouer, c'est fluide, les mouvements des joueurs frôlent le réalisme et les techniques de dribbles ne sont pas très compliquées. Aussi, même en étant un joueur plutôt moyen, j’ai tout de suite repéré que cette année, l’accent a été mis sur la défense. C’est assez compliqué à expliquer, mais il est maintenant question de ne plus juste défendre en levant les bras, mais de part sa présence proche de l’attaquant adverse en se positionnant comme il le faut. Ou au contraire, il faudra bien jouer le timing de shoot face à un défenseur élite quand on a la gonfle. Bon par contre, je vous préviens : prendre un tir à l'arrache face à Wemby, ça se termine comme dans la vraie vie, avec un contre à nous faire arrêter le basket.
Côté attaque, l’équipe de développement a encore mis à jour les centaines de mouvements signatures de chaque joueur, quitte à faire une overdose de “mais je vais choisir quoi dans tout ça ?”. Parce que oui, on peut choisir le tir de Curry, le crossover d’Iverson, les mouvements au poste de Duncan, les dunks du Shaq, etc, et faire de notre personnage une sorte de chimère un peu bizarre. Je note aussi une évolution sur certains mouvements comme le Step-Through Up-and-Under, un meilleur timing pour les dunks, une tonne de nouveaux dribbles, une IA de coaching un peu plus intelligente avec notamment des prises à deux lorsqu’on est un peu on fire, des temps morts pris aux bons moments, et forcément, des animations encore un peu plus travaillées grâce à ProPlay.
Il ne reste que le timing de tir qui, comme chaque année, change encore un peu. Donc il faut tout réapprendre. On peut passer quelques matchs à lancer des briques du parking sans trop comprendre pourquoi et d’autres à faire des ficelles en mode green shoot. Néanmoins, avec un peu d’entrainement (je parle d’une dizaine de matchs à peine et non de 150 heures de jeu), on s’y fait et on apprend à tirer au meilleur moment.
Une technique qui stagne
On ne va pas se le cacher, même si NBA 2K27 dispose d’un bon paquet d’atouts esthétiques, notamment sur la modélisation des plus grands joueurs NBA, sa technique commence doucement à stagner sur consoles. C’est bien simple : j’ai du mal à voir la différence avec l’opus précédent sur la même console. Et depuis 2018, ils n’ont même plus de concurrence, puisqu’Electronic Arts a lâché l’affaire suite à NBA Live 19. Sans concurrence, pourquoi se forcer à faire mieux ?Mais ne vous méprenez pas ! Il reste tout de même magnifique, surtout lorsqu’on arrive sur les parquets NBA, bien mieux modélisés et avec beaucoup plus de détails que les terrains de lycée ou de G League. Les stades de la WNBA ne sont pas en reste, et les stars féminines ont toutes eu un petit soin du visage très appréciable. Quand à la fluidité, c’est impeccable depuis des années.

Mais oui, il n’y a plus de gap. Vous savez, ce petit cran au-dessus qui nous fait dire “ah oui quand même, là, la différence est notable”. On retrouve les mêmes petits soucis de public un peu carton, tout comme certaines personnes connues de la ligue qui semblent un peu trop crispées, les roles players du fond de banc bloqués en mode NBA 2K20, ou encore toutes les personnes en costard avec des épaules à la Anthony Davis. Peut-être que sur un gros PC avec une carte Nvidia de la série RTX 5000 ou via le service GeForce Now, le tout avec le avec du DLSS 5 activé, l’ambiance n’est pas la même. Je n'ai malheureusement pas pu tester cela. C’est d’ailleurs probablement un aperçu de la prochaine génération à venir, mais il faudra patienter et surtout, débourser une somme rondelette pour voir les poils de barbe de Lebron James.
Je note aussi que sur PlayStation Portal, c’est un petit bonheur. Mine de rien, je joue souvent avec ce périphérique, le tout en via le service de Cloud Gaming de PlayStation, et franchement, tout fonctionne parfaitement. Et comme l’écran est petit, l’impression que tout est plus fin est d’autant plus impressionnant.
La carte bancaire 2K27
Passons au moment qui fâche : le jeu est blindé de microtransactions et de publicités. J’ai parlé du monde MyTeam tout à l’heure et il en est le porte étendard. Pour rappel, il s’agit d’un mode de jeu ressemblant comme deux gouttes d’eau au mode FUT de EA SPORTS FC. Globalement, il s’agit d’obtenir des decks de cartes, de les ouvrir et de découvrir qu’on a choppé un joueur tout claqué, un maillot osef et un ballon vert pomme. Le but est ensuite de se construire une équipe avec un effectif mixte, ce qui est cool, un terrain, des maillots, un coach en mousse et de se la coller en ligne ou offline. Mais bon, le mieux est tout de même de jouer en ligne.
Problème, tout est là pour ressembler à un casino un peu dégueux avec une interface criarde et typique des jeux mobiles gacha mal fait, forçant un peu (beaucoup) à dépenser quelques pièces virtuelles durement gagné en mode solo. Et comme tout le monde s’en fout du mode solo, les joueurs passent à la caisse, que ce soit dès l'achat du jeu, ou plus tard en boutique. On est donc dans un pay to win même pas caché, avec déjà des équipes en ligne totalement imbattables, puisque possédant des joueurs de niveau all-stars alors que nous, on a juste le 32e choix de draft de 2023 en meilleur joueur. Le plaisir de jeu est donc instantané pour les premiers jours parce que tout le monde est un peu au même niveau, mais vraiment pénible passé cette courte période si on ne met pas la main à la caisse. Du coup, je n'y vais que rarement.
Je ne peux pas dire que NBA 2K27 est tout claqué, puisque Visual Concepts livre chaque année une édition meilleure que celle de l’an passé. C'est un excellent jeu de basket, très loin devant une concurrence qui n'existe plus. Mais seulement, on sent que la licence se repose sur ses acquis et que son modèle économique prend beaucoup trop de place. Néanmoins, le contenu est zinzin, la bande son est cool (et paramétrable), et cela reste un plaisir de repartir dans une carrière en attendant la saison NBA.