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Mother Russia Bleeds

Le vertueux par Le vertueux,  email
Développeur / Editeur : Devolver Digital Le Cartel
Qu'il était bon de jouer dans les années 90, le beat'em all était en vogue et nous avions la joie de massacrer tout un tas de voyous dans des déclinaisons fort variées, des saletés de punk de Street of Rage en passant par les contrebandiers de Cadillacs and Dinosaurs ou encore des nombreuses adaptations plus ou moins réussies comme Aliens vs predators, Batman, ou Power Rangers. On savait ce qui était bon : frapper, frapper, frapper jusqu'à ce que l'antagoniste s'écroule et ne se relève plus, plus jamais.
 
Malgré quelques tentatives récentes de résurrection dans le monde indépendant, le beat'em all n'a plus la côte. Que s'est il donc passé pour qu'un genre tout entier, d'une qualité intrinsèquement jouissive finisse par passer aux oubliettes ? L'édulcoration de l'ensemble des œuvres culturelles dans les années 2000 ? L'explosion du grand public dans le monde du jeu vidéo insensible à la beauté du combat de rue ? La lassitude d'un genre qui a du mal à innover ?
Peu importe la réponse pour le moment, Frédéric Coispeau, le concepteur de Mother Russia Bleeds rêvait de sortir son beat'em all et il l'a fait.



La première chose qui frappe dans Mother Russia Bleeds vient de la direction artistique, malgré parfois une bouillie de pixels qui nous fait regretter les supers sprites des jeux neo geo d'il y a 20 ans, on sent que les gars du studio Le cartel ont reçu une éducation sophistiquée et savent comment la transmettre. Une atmosphère pesante, oppressante, glauque teintée d'une légère pointe de mélancolie, on navigue à travers des niveaux à demi-réels, fantasmagoriques qui rappellent fortement l'ambiance de Hot Line Miami et qui partage aussi son goût pour le gore.



Et du sang il y en a, rarement dans un beat em all on aura vu le liquide rouge se répandre autant sur le sol. Mais c'est aussi là que le premier défaut de Mother Russia Bleeds apparaît : c'est bien beau tous ces litres de sang mais finalement le jeu ne nous donne que peu de possibilité d'exprimer toute notre créativité dans le martellement de crânes. On tourne vite en rond et on se lasse rapidement de la façon dont les ennemis crèvent, toujours de la même manière, sans surprise aucune. C'est somme toute assez classique dans les beat'em all, mais ici il est vrai que toute cette violence nous donne à rêver de diversité et de créativité dans la manière de neutraliser nos ennemis.



Un manque de variété qui se retrouve aussi dans les mécaniques de jeu très basiques, des combos peu nombreux sans grandes différences d'effet, des adversaires beaucoup trop endurants qui demandent encore et encore à recevoir les coups renforçant le côté mollasson de l'ensemble, peu de patterns chez les ennemis, même si la monotonie est brisée par des boss assez bien foutus, et quelques mécaniques de pièges dans les niveaux qui vous obligent à jouer un peu différemment. Mother Russia Bleeds est dans son gameplay un beat'em all classique, dans la lignée de ses ancêtres, pas moins, pas beaucoup plus.



Mais finalement que retient-on de Mother Russia Bleeds ? Derrière son manque de modernité et ses petits défauts se cache tout de même un trésor : un super jeu familial.
L'occasion de vous rapprocher de votre neveu (pas votre propre enfant, on ne sait jamais, famille de France pourrait avoir raison au sujet de l'influence des jeux vidéo sur le comportement) et de créer avec lui des souvenirs impérissables. Il se rappellera, l'oeil humide, ces moments passés avec vous, pad en main, travaillant côte à côte en un effort commun, comme vous vous rappelez des parties de Street of rage lorsque que vous étiez enfant devant la tv avec vos amis ou devant l’émulateur, l'un prenant une partie du clavier, l'autre prenant le restant.
C'est ça qu'est Mother Russia Bleeds, la transmission de l'héritage, l'entretien de la nostalgie, un formidable outil pour tisser des liens, un moment agréable le temps d'un après midi ou d'une soirée.

Mother Russia Bleeds, même si l'on aurait pu apprécier une pointe de modernité, fait bien son travail. Party game familial efficace pour égayer la soirée, il propose même un univers en décalage avec le reste de l'industrie qui nous enfonce des étoiles en plein dans les orbites. On espère que Le cartel apprenne de ses petites erreurs et nous construise d'autres beat'em all dans des univers tout aussi originaux et tourmentés.
 
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