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Mobapad M12S, la chute du Faux-Con noir

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Mobapad
Support : Switch 2
Je sais pas pour vous, mais moi tous les matins j'ouvre mon agenda et j'inscris une croix rouge dans la case du jour, un jour de plus sans drift sur mes Joy-Cons 2. Oui, car plutôt que de corriger l'un des plus gros problèmes de la Switch, Nintendo a juste choisi de serrer les dents et de continuer sur la lancée des sticks qui driftent. On ne peut donc pas en vouloir aux constructeurs tiers de dégainer des alternatives aux Joy-Cons avec plus ou moins de réussite.
Il y a deux écoles. Ceux qui vont droit au profit et sortent des périphériques Bluetooth compatibles, au design vaguement compatible avec la console, mais qui ne sont reconnus que comme un joypad standard. Et il y a ceux qui se creusent la tête et font un vrai travail de reverse-engineering autour du Joy-Con pour reproduire ses fonctionnalités uniques : allumage de la console avec le bouton power, bouton GameChat, vibrations HD Rumble. Et c'est le cas du constructeur chinois Mobapad qui avait déjà sorti une gamme M6 à destination de la Switch première du nom début 2022. Quelques années après et un an d'analyse du protocole de connexion Switch 2 plus tard, le voilà qui revient avec ses nouvelles répliques de Joy-Cons à destination de la Switch 2. Et n'ayant pas encore réussi à percer tous les secrets du constructeur nippon, il sort deux produits.



D'un côté, le M12HD vendu 100 $ est considéré par la console comme un Pro Controller. Il prend comme parti de combiner des contrôleurs ergonomiques adaptés pour la petite dernière de Nintendo, mais avec le protocole de communication Switch 1, ce qui leur permet d'offrir en plus des sticks TMR, des microswitches mécaniques et d'un gyroscope 6 axes une puce NFC servant à détecter les Amiibo et surtout le HD Rumble première génération. Mais en contrepartie, il n'est pas détecté comme un Joy-Con 2 et ne peut donc pas pouvait donc pas jusqu'à peu démarrer nativement la console. Par contre, impossible d'activer le GameChat en jeu, car cette fonctionnalité est bien propriétaire au protocole Switch 2, ce qui est peu pratique, et impossible également de charger le M12HD en veille sur le dock. Autre détail, pour que le M12HD soit reconnu en tant que faux Joy-Con, il faut activer l'option de connexion filaire du Pro Controller (??) dans les options de la console, ce qui reste de la bidouille.

Celui qui nous intéresse et qu'on a pu tester pendant quelques semaines, c'est son petit frère qui sort d'usine au moment où on écrit ces lignes. Le M12S, proposé à 80 $, offre tout ce que le constructeur a pu dénicher à ce jour en explorant le firmware du Joy-Con 2. On retrouve donc en plus des mêmes sticks TMR, des mêmes microswitchs mécaniques, d'un gyroscope 9 axes cette fois-ci, du même form factor que le M12HD, un vrai bouton GameChat fonctionnel, un bouton power qui allume bien la machine comme un grand, mais pas de NFC et un moteur de vibration standard à la place du HD Rumble 2. A noter que le capteur de souris est lui aussi aux abonnés absents. Le choix est donc primordial dès le panier d'achat, à savoir accepter de renier oui ou non sur les vibrations HD, certes incompatibles avec les jeux Switch 2, et les Amiibo (mais qui les utilise vraiment encore, à part pour décorer son bureau ?) pour avoir une expérience au quotidien un peu plus proche de l'original.

Ca c'est pour l'avertissement autour d'une gamme qui n'est pas forcément claire sur la différence entre les deux modèles HD et S. Pour ce qui est du reste, les deux modèles sont livrés en standard avec une coque de protection en plastique fumé assez pratique, puisqu'elle permet de trimballer la paire de Faux-Cons (marque déposée) dans un sac sans risquer d'aller la machine par inadvertance. A la première prise en main, on a d'office une impression de qualité.



Le matériau plastique mat utilisé ressemble vraiment au toucher à celui du Pro Controller 2 et est super confortable. L'arrière des M12S est bombé avec une texture grip très agréable, et côté proportions, une fois les Faux-Cons branchés sur la Switch 2, on est sur quelque chose d'assez similaire au Steam Deck, que ce soit dans la hauteur de l'ensemble et dans la taille générale des manettes. Ce qui en fait un ensemble que je trouve bien plus plaisant sur des longues sessions de jeux couché dans le canapé. Certes, Nintendo avait déjà élargi ses manettes, mais on est ici un niveau au dessus, et c'est bien plus agréable pour ceux qui, comme moi, ont des pelles à tarte à la place des mains. Attention tout de même, je ne recommande pas ces gros boudins pour des jeux jouables les Joy-Cons détachés comme Nintendo Switch Sports ou The Legend of Zelda: Skyward Sword HD, ils tiennent bien moins en main détachés que les manettes Nintendo à la fois petites et plates.

Le premier élément technique essentiel des M12, c'est leurs sticks TMR. Cette technologie dérivée des sticks à effet Hall offre une durabilité accrue et une consommation électrique moindre. Surtout, le stick est ici plus haut et plus grand, ce qui permet une excellente prise en main et une meilleure amplitude de mouvements, sans le côté wobbly des Joy-Cons 2. On est sur un feeling équivalent au Pro Controller 2, mais avec un capuchon concave, VS les convexes sur les accessoires de Nintendo, ce que je préfère personnellement. Et puis accessoirement, on est certains que ces sticks ne drifteront JA-MAIS ! Les 4 boutons A/B/X/Y ainsi que les gâchettes arrière et sur la tranche sont eux disposés sur des microswitchs mécaniques typés souris gamer, ce qui permet de gagner en réactivité, notamment sur les gâchettes, et on ne perd finalement pas grand-chose vu que les gâchettes des Joy-Cons ne sont pas analogiques.

Malgré les cliquetis forcément plus audibles pendant mes sessions de jeu sur le remake de StarFox, je me suis bien habitué à ces boutons. Sur chaque M12S, on retrouve également deux plus gros boutons + et -, ce qui n'est pas un mal vu les minuscules boutons des Joy-Cons 2, ainsi qu'un bouton Paramètres qui permet, en faisant des combinaisons de touches, d'activer un mode Turbo ou de créer des macros. A l'arrière, une palette qui tombe un peu plus proche du majeur que celle du Pro Controller 2 et qui est moins protubérante, donc moins propice aux appuis accidentels, vient compléter l'ensemble des boutons disponibles. Enfin, la manette comprend un pad 4 directions sur des microswitchs mécaniques qui vient avec deux capuches, un circulaire similaire à celui de la Xbox Elite Series 2, interchangeable avec une croix plus standard. Si leur utilisation est très agréable, le passage de l'un à l'autre est un véritable calvaire et nécessiterait de faire levier avec un tournevis en le glissant dessous à l'aveugle, ce qui n'est jamais très rassurant. On aurait bien aimé que Mobapad inclue un petit ustensile pour faciliter la mise en place de l'un et l'autre, histoire de nous rassurer. Notre prise en main se termine avec l'accroche des manettes sur la console. Sans être aussi puissants que ceux des Joy-Cons 2 (le "clac!" est un peu moins satisfaisant), les aimants du M12S sont assez efficaces pour qu'on puisse tenir sa console d'une main à la verticale sans risquer quoi que ce soit.



A la différence de certains concurrents comme les NYXI Hyperion 3, le plastique est ici complètement raccord avec celui de l'écran (en plus d'être de bien meilleure facture), sans jeu ni aspérité particulière lorsqu'on passe ses doigts de l'écran à la manette, ce qui renforce l'impression de qualité de l'ensemble.

Enfin, des petits switchs à l'arrière de la manette permettent de basculer dans un mode d'économie d'énergie assez gadget (un vrai mode Bluetooth), qui empêche les manettes d'être chargées naturellement par les ports de la console, et ainsi de grappiller quelques minutes de batterie sur la Switch 2, selon le constructeur. Enfin il est à signaler que l'application mobile Mobapad permet de mettre à jour le firmware des manettes, ce qui a permis notamment d'activer le mode Turbo ces dernières semaines, de reprogrammer tous les boutons de la manette, ou encore de désactiver les LEDs arc-en-ciel kitschissimes M-O-B-A-P-A-D (il va falloir arrêter avec ça, vraiment, hein). La dernière mise à jour apporte également l'ajustement précis de la deadzone des sticks.

Par contre toujours pas d'ajustement du niveau de vibration en dehors de la simple désactivation, alors que le moteur est assez mal réglé et a tendance à vibrer assez fort. C'est surtout très prégnant et peu élégant sur des jeux exploitant à fond le HD Rumble 2 des Joy-Cons 2 et leurs vibrations subtiles, ici remplacées par des effets grossiers et un moteur bruyant. Au-delà de ça, on ne peut qu'être un peu frustrés face aux dernières fonctionnalités manquantes. On n'est pourtant pas devant un produit pas terminé ou aux finitions douteuses, mais on sent que les ingénieurs du chinois ont buté sur la dernière marche et ont préféré sortir un Faux-Con sur trois pattes. Autre remarque, il est désormais indispensable d'opter pour une housse signée Mobapad pour transporter sa Switch 2 avec les M12S attachés en toute sécurité (et non, la housse du Deck n'est pas compatible).

On se doute que Mobapad nous sortira un M12 "Pro" dans quelques temps avec le support complet du protocole de communication des Joy-Cons 2, alors foncer maintenant sur le M12S (ou la version HD et son fonctionnement bancal) ou bien attendre un hypothétique Faux-Con parfait ? C'est à vous de choisir. Ce qui est certain, c'est qu'au regard de la concurrence, et en attendant la sortie d'un Nitro Deck 2 qui n'en finit plus d'être repoussé, on est face à un accessoire de qualité qui propose le meilleur compromis de sa catégorie à l'heure actuelle.

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