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Luigi's Mansion 3, GOTY-quoi ?

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Nintendo Next Level Games
Support : Switch
Les congés c'est un peu toujours la même chose. On se fait une joie d'en profiter mais à peine sont-ils commencés qu'une tonne de tâches nous tombe sur le coin du pif et on se retrouve à cravacher presqu'autant qu'au boulot. Et faut pas croire que parce qu'on s'appelle Luigi et qu'on arbore fièrement une moustache fournie tout en chassant les pires spectres du Royaume Champignon, on a droit à un traitement de faveur. Non non.
Tout avait pourtant bien démarré : une virée en mini van par un weekend ensoleillé avec le frérot plombier, sa copine couronnée, le fidèle Ectochien et quelques Toads (parce qu'il en faut toujours une poignée pour des vacances réussies) avec comme point de chute, un luxueux hôtel perdu dans une superbe vallée reculée : le Repos Eternel. C'est d'ailleurs pour profiter d'une nuit offerte par la tenancière des lieux, Ambre Brusquade, que le petit groupe y fait une escale... pour le moins mortelle. Réveillé en sursaut au beau milieu de la nuit orageuse, notre chasseur de fantômes va vite se rendre compte que cette invitation n'était pas innocente et que le Roi Boo mène la danse dans les couloirs de l'hôtel. Ce grand nemesis emprisonne bientôt Mario, Peach et les 3 Toads (snif) dans des tableaux, c'est donc à Luigi et son toutou d'aller délivrer tout ce beau monde et d'"aspiroter" ce faisant les différents ectoplasmes qui peuplent chacun des 15 étages de l'auberge, jusqu'à confronter le rondouillard nouveau maître des lieux. Bref, Luigi's Mansion 3 reprend le concept qui l'a accompagné déjà sur ses deux premiers épisodes à savoir le nettoyage des différentes pièces d'un manoir lugubre dans une vue 3e personne à caméra fixe, à grand renfort de jump-scares gentillets et de puzzles plus ou moins environnementaux.

Mais avant de se lancer dans l'exploration des étages, il va falloir penser à s'équiper car Luigi ne peut hélas pas faire grand-chose avec sa simple lampe-torche. Heureusement pour notre héros, le professeur tête-en-l'air Karl Tastroff était de passage dans le coin et se propose d'installer son laboratoire itinérant dans la buanderie de la bâtisse. Le génial inventeur confie surtout au froussard moustachu sa toute dernière création : l'Ectoblast GL-U, équipé des derniers raffinements en matière de lutte contre les apparitions spectrales.

Le vrai sot de l'angoisse

S'il reprend les principes de l'Ectoblast 5000 de Luigi's Mansion 2 (Spectroflash pour éblouir les fantômes avant de les capturer, Révéloscope pour dénicher des secrets dans l'environnement), il intègre de nouvelles fonctionnalités qui dynamisent pas mal l'action d'une licence réputée mollassonne. Tout d'abord, en appuyant sur les tranches ZL/ZR simultanément, Luigi saute et effectue une Bourrasque qui peut servir à éviter des pièges et repousser les ennemis environnants ou certains objets. Après amélioration de son aspirateur, le héros pourra également disposer d'un lance-ventouses, très efficace pour tirer vers soi et bazarder des gros objets ou envoyer valdinguer les éléments de protection de certains fantômes précautionneux.



Enfin et surtout, le nouveau système d'aspiration breveté du GL-U permet de projeter les esprits au sol une fois capturés et de répéter l'action plusieurs fois pour leur assener un max de dégâts. Encore mieux, il est tout à fait possible de faire s'entrechoquer plusieurs ennemis via cette technique ! Il en résulte surement l'aspect le plus clivant et pourtant fondamentalement novateur du titre : son véritable statut de jeu d'action-aventure. Enfin !

On ne se contente plus de subir les assauts des fantômes dans la peau de notre frêle Luigi et on prend plaisir à aller au contact, à utiliser l'environnement à notre avantage pour faire des dégâts en cascade en coinçant des groupes d'ennemis dans des couloirs par exemple ou en flashouillant une grappe d'apparitions avant de les capturer tous ensemble. Tout bonnement excellent. Les rixes sont plus nerveuses et les nombreuses animations soignées de Luigi et de toute la ménagerie renforcent le très bon feeling des combats, tout en gommant la relative répétitivité du gameplay. On a aussi affaire à des affrontements de boss aux mises en scène souvent dantesques comme ceux contre le pianiste timbré ou le requin marteau. Encore une fois, du très bon boulot de la part de Next Level Games. Mais ces nouvelles aventures n'en oublient pas les Ghostbusters du dimanche avides de puzzles Chacun des étage s'articule autour d'une suite à thème : arboretum, studio de tournage, salle de sport, cirque, etc. sans compter les bas-fonds de l'hôtel. Ce sont autant de bac à sables exploités par les développeurs pour pondre des univers riches et bourrés d'objets interactifs qui occasionnent des énigmes originales et à-propos, voire des petits aller-retours entre les étages pas si redondants qu'il y parait. Grande nouveauté de cet épisode, on peut désormais convoquer le double en jelly de Luigi, Gluigi, pour se frayer un chemin dans la tuyauterie de l'hôtel et dénicher des salles cachées bourrées de pièces, d'un des mini-Boo ou pourquoi pas d'une des 6 gemmes à trouver par étage, résoudre des énigmes nécessitant plus d'un personnage, etc. et ce seul comme à deux en coopératif. A contrario des dernières productions Nintendo mêlant plateforme et aventure, ce personnage secondaire ne l'est que de nom car il dispose des mêmes caractéristiques que l'original, à la différence près qu'il fond dès qu'il se frotte à l'eau ou une source de chaleur.

En tiep par ses ex

Côté maniabilité, les contrôles du jeu hérités de la version 3DS de son prédécesseur restent peut-être la seule petite ombre au tableau : eh oui, on y retrouve des mouvements en 3D avec une caméra fixe et c'est surtout problématique lorsqu'on doit viser et shooter des ventouses. Ok le gyroscope est bien utile, Ok l'aide à la visée donne un coup de main efficace mais ça n'est tout de même pas parfait.



Toujours concernant les couacs et là pour le coup on s'y attendait : l'anecdotique mode multi Tour hantée repris du second volet et les Jeux de l'étrange additionnels eux-aussi gadgets ne combleront pas vos potes réunis lors d'une soirée jeu vidéo autour du canapé. Dans sa campagne par contre, le jeu n'a de cesse de tester des choses et ce jusqu'à sa toute fin, après une bonne quinzaine d'heures. Souvent il ne nous donne pas toutes les pistes et nous laisse expérimenter. C'est dans ces petits détails non-expliqués que Luigi's Mansion 3 nous surprend encore et toujours. Prenez les ventouses par exemple, en les collant sur la tête des fantômes puis en les aspirant, elles permettent de sonner un temps les ectoplasmes. Nouveau signe de la générosité des développeurs canadiens, on est toujours agréablement surpris lorsqu'on arrive à aspirer tel ou tel élément de décors mobile qui aurait probablement été figé dans un autre jeu. Chaque salle, chaque pièce, chaque couloir recèle une foule de bidules, de secrets, de boumchtatraps et autres micro-saynètes qui sont prétexte à rire devant un Luigi flippé, continuellement au bout de sa vie et doublé avec amour par un Charles Martinet au meilleur de sa forme. La direction artistique est assez spectaculaire d'inventivité et de fidélité au thème, rapport aux lieux visités. Le nombre d'objets créés par les développeurs pour illustrer telle ou telle suite est assez dingue.

Et quand ce n'est pas son look qui fait son charme, ce sont ses éclairages et sa mise en scène impeccables. Luigi's Mansion 3 a du peps et sait parfaitement retranscrire ses ambiances lugubres et tout ce qui passe devant la Maglite de l'anti-héros en salopette verte. Attardons-nous encore un peu sur la technique pour évoquer les cahots de notre version preview. On avait noté une baisse de qualité lors des cinématiques en jeu (probablement liée à l'utilisation de la résolution adaptative en docké ?) et même si cela demande confirmation, il semblerait que le patch day one ait fait son affaire puisqu'on a du mal à déceler à nouveau ces différences sur la version finale. Le jeu se comporte très bien, sans baisse de framerate même lorsqu'on se retrouve avec un bon paquet d'assets à l'écran, ce qui reste une petite prouesse pour la portable de Nintendo, bien qu'on soit ici en face d'un jeu first-party qui profite de tout le savoir-faire des équipes japonaises (mais aussi des ingénieurs de Nvidia remerciés dans les crédits).

Et puisqu'on en est aux remerciements, on tient à tirer notre chapeau au duo en interne Chad York et Darren Radtke qui reviennent à la composition sur ce troisième volume de Luigi's Mansion avec des morceaux qui collent parfaitement aux univers rencontrés et qui s'écoutent sans modération une fois le jeu terminé.

Généreux comme jamais, inventif, drôle et mignon, Luigi's Mansion 3 n'est pas juste un coup de coeur, c'est une petite révolution comme on en voit rarement dans les productions de l'éditeur nippon. En apportant un dynamisme inattendu dans une formule qui "pantouflardait" depuis bien trop longtemps, Next Level Games peut fièrement s’enorgueillir d'avoir fait passer la vieille licence dans la catégorie action-aventure. Assurément l'une des meilleures surprises de 2019, les nouvelles aventures du froussard Luigi méritent clairement leur place au pied du sapin cette année.

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