TEST
Lego Batman: Legacy of Batman Arkham
Développeur / Editeur : Warner Bros. Interactive Entertainment Rocksteady Studios Warner Bros Games Montreal DC Entertainment TT Games
Développé par TT Games avec le renfort des petites mains qui ont déjà manipulé des Batarangs, à savoir les équipes de Rocksteady et Warner Bros. Montreal, édité par Warner Bros. Games, Lego Batman : L'Héritage du Chevalier noir est sorti le 22 mai dernier sur PC, PS5 et Xbox Series (la version Switch 2 quant à elle attendra le 18 septembre prochain). Moins d’un mois après, le test arrive sur Factor et, comme souvent, nous arrivons bien après la tempête (médiatique). Est-ce que cette fois encore nous allons apporter de la nuance ? Spoiler : non, pas du tout. Lego Batman Arkham, c'est de la tuerie en Croc, madame, monsieur.
Test réalisé sur PC avec une version commerciale du jeu, config : Win 11, 32 GB, i9-12900KS, RTX 4070, SSD NVMe.
Brique à BrArkham
Dans la famille Wayne, on hérite d'une fortune, d'un traumatisme infantile et d'une cave remplie de voitures hors de prix. C’est ainsi que de manière intelligente, les développeurs ont choisi de ne pas réinventer les quatre roues d’une Batmobile et de "simplement" bâtir leur titre sur les fondations laissées par Rocksteady, un des nombreux sens du mot "héritage" dans le nom du jeu. Au point que comme déjà dit en introduction, Lego Batman: Legacy of the Dark Knight ressemble fort à un Batman Arkham qui aurait découvert la joie de la marque de briques à assembler danoises. Et franchement, ça fonctionne vachement bien.Aussi, dès les premières minutes, impossible de ne pas penser à Arkham City mais surtout Arkham Knight, avec des combats qui reprennent, certes avec moins de profondeur, le rythme du free flow des œuvres de Rocksteady, avec à notre disposition des contre-attaques, des gadgets et des enchaînements qui donnent à notre Batman de briques l'air d'être un expert pour en casser. Nous avons même droit à des phases d'infiltration, plus accessibles certes, mais qui font la part belle aux gargouilles, aux neutralisations silencieuses et une Detective Vision plus proche du sonar de Gotham Knights. Même si dans certaines circonstances, il pourra l’activer contextuellement pour suivre des indices. Le coup de main de Rocksteady et Warner Bros. Montreal se sent dans la mise en scène, dans les affrontements contre les boss et même jusque dans certains déplacements, comme avec le grappin.
Une Bat-terie de références
Un autre point fort de l’œuvre vidéoludique est la quantité délirante de fan service assumée et distillée, et les équipes de TT Games ne font pas dans la référence discrète. Elles reprennent sans sourciller tout ce qui fait désormais partie de la culture populaire, qu’elles abordent même avec humour, comme avec el famoso répulsif anti-requin du Batman de la série des années 1960. Nous sommes devant un gigantesque gloubi-boulga de clins d'œil qui reste pourtant tout du long cohérent, passant aussi bien du film The Batman au comic Batman: Zero Year avant de revenir aux films de Tim Burton, Schumacher (avec bien plus de réussite), Nolan, etc. (avec même la reprise de leurs propres thèmes musicaux emblématiques). Le résultat est une quête principale d’une quinzaine d’heures en prenant son temps, où l’on ne s’ennuie pas un instant.Du reste, pour notre plus grand bonheur, la Batcave ressemble à un salon automobile pour gens très fortunés. Le nombre de Batmobiles et Batcycles se rapproche de la quinzaine (même plus de trente-cinq si l'on ajoute les véhicules de la Bat-Family) : des modèles classiques inspirés de comics, la version de Tim Burton, le Tumbler des films de Christopher Nolan, celle de la série animée des années 1990. Il y en a tellement que l’on ne sait plus où donner de la tête. On retrouve la même largesse du côté des costumes, puisque quasiment tous répondent à l'appel. Difficile de nier la générosité des développeurs sur ce point.
We are Bat-Family
Notre cher Batounet n’accomplira pas sa mission seul, mais sera toujours accompagné d’un acolyte durant l’aventure (jouable en solo comme en coopération locale avec un écran partagé), et plus l’histoire avancera, plus le choix des compagnons s’étoffera. Chacun apportera ses capacités spécifiques et encouragera l'exploration puisque certaines manœuvres demanderont d’avoir le bon sidekick pour débloquer l’action. Cela se traduira souvent par des énigmes environnementales où l’on vous précisera quel coéquipier "exploiter".
De plus, sachez que chaque partenaire aura sa propre collection de costumes et de véhicules, bien évidemment pas aussi étoffée que celle de notre Chevalier Noir fait de "briques" et de broc. De toute façon, très franchement vous passerez votre temps dans les Batmobiles version Lego, qui sont clairement réussies, où la conduite est à la fois agréable tout en pouvant devenir rapidement nerveuse grâce au boost disponible en illimité. Le bruit des moteurs rugissants est même relativement proche du matériau d’origine, si bien qu'on finit par ne plus savoir laquelle choisir. Problèmes de riche.
Blockbugster
Tout n'est cependant pas rose et quelques bugs viennent parfois entacher l’expérience. Nous avons des personnages qui restent coincés dans le décor, une animation qui décide soudainement de partir vivre sa vie au soleil, une caméra qui semble, elle, vouloir rejoindre Metropolis sans prévenir, les traditionnelles chutes dans le vide (le personnage finit par réapparaître au bon endroit). Rien cependant de dramatique ni de bloquant, ou de quoi faire redémarrer votre Bat-ordinateur, mais suffisamment fréquent pour arracher parfois un soupir.On pourrait par ailleurs reprocher au titre d’être un peu trop proche des Batman Arkham. Cependant, c’est justement sa plus grande qualité et, d’ailleurs, les développeurs auraient peut-être dû pousser le curseur encore plus loin je pense, en prenant également exemple sur la saga en ce qui concerne les quêtes secondaires. Car celles de Batman : L'Héritage du Chevalier noir sont peu nombreuses et peu inspirées. Nous avons plutôt affaire à une gigantesque chasse au trésor pour collectionneurs compulsifs dans une Lego de Gotham, ce qui certes ne ravira pas tout le monde.
Pour Lego Batman: Legacy of the Dark Knight, les développeurs ont tellement joué la carte de l'hommage que certains passages donnent davantage l'impression de revisiter des souvenirs que de découvrir quelque chose de neuf. Ce n'est pas non plus du plagiat, mais plutôt une véritable lettre d'amour écrite avec des briques et beaucoup d'affection à plus de quatre-vingts ans de mythologie DC. Car après tout, lorsqu'on dispose d'une formule qui fonctionne aussi bien, pourquoi la remplacer ? Ainsi, TT Games, épaulé par Rocksteady et Warner Bros. Montreal, a réussi l'exploit de fabriquer ce qui ressemble à un Batman Arkham version Lego sans sacrifier l'humour et la générosité qui caractérisent leur propre série, tout en faisant cohabiter les univers d’Adam West, Tim Burton ou Christopher Nolan et d’autres, le tout avec un certain brio.







